<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091</id><updated>2012-01-23T13:59:50.471-08:00</updated><category term='Cinéma 1930'/><category term='Cinéma Muet'/><category term='Cinéma 1940'/><category term='Série TV'/><category term='Cinéma 2000'/><category term='Cinéma 1970'/><category term='[Mes Poètes]'/><category term='Cinéma 1980'/><category term='Opera'/><category term='Peintres'/><category term='Cinéma 1950'/><category term='Cinéma 1990'/><category term='Divers'/><category term='Cinéma 1960'/><title type='text'>alapoursuiteduvent</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default?start-index=101&amp;max-results=100'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>176</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4240679341722151500</id><published>2012-01-14T15:33:00.000-08:00</published><updated>2012-01-15T04:20:00.132-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Hannah et ses Soeurs (Woody Allen)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J’avoue ne pas aller vers le cinéma de Woody Allen autrement que poussé par ma petite chérie.  Cela dit, pour Hannah et ses sœurs, elle n’a pas dû, cette fois, trop faire des pieds et des mains pour qu’à ce film je consacre l’une de mes soirées, car j’avais trouvé le titre joli et que c’est souvent que je regarde un film rien que parce que je trouve le titre joli.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hannah et ses sœurs, c’est, oui, joli comme titre.  On dirait du Bergman. En fait, c’est bergmanien en diable. Et, du reste, choisi par un cinéaste admirateur inconditionnel de Bergman, on pourrait presque y voir une sorte d’hommage rendu par le premier au second. Mais, il y a mieux que cela, parce qu’après coup, une fois la fin arrivée, on se rend compte que,  dans ce film que Woody Allen tournait en 1986, à une époque où j’étais vraiment loin de me douter de son fort entichement pour l’œuvre du cinéaste suédois, et pour cause, de lui je ne connaissais que Manhattan et de Bergman que le prénom, il y a réellement d’un côté Hannah et de l’autre ses sœurs. Hannah ne possède-t-elle pas, en effet, une vie de femme active et sereine, pleine et organisée, et ses sœurs, Lee et Holly, des existences confuses, agitées, incertaines, hésitantes, exactement comme l’eau lorsqu’elle n’a pas devant elle, pour s’écouler, un sillon, une rigole, une pente?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et Hannah et ses sœurs,  c’est encore joli comme titre, parce qu’à nommer Hannah par son prénom et à laisser ses deux sœurs dans l’anonymat, à la privilégier donc, il fait savoir, prévient en quelque sorte, que c’est sur elle que notre attention doit principalement se focaliser, sur elle et sur son mode de vie à la fois actif et tranquille, un univers à la mécanique extraordinairement bien huilée mais qui, par l’entremise d’indéfectibles liens de parenté et de deux existences un rien chaotiques, va se mettre à trembler sur ses bases. &lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-ImMtE65fjME/TxID2hhUj4I/AAAAAAAAERY/cXwJ8Yw52II/s1600/hannah3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-ImMtE65fjME/TxID2hhUj4I/AAAAAAAAERY/cXwJ8Yw52II/s1600/hannah3.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;"Dieu, ce qu'elle est belle. Elle a les plus beaux du monde et elle est si sexy dans ce pull."&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Au début du film, Hannah ne sait rien encore de la tourmente dans laquelle ses deux sœurs vont la plonger. Et pour cause, Holly n’a pas encore écrit son livre, ce livre qui lui fera si mal, et, en cette journée de Thanksgiving, elle bien trop occupée à dorloter ses invités pour pouvoir s’apercevoir que Lee ne rentre jamais dans le champ de vision de son mari Elliott sans que celui-ci n’éprouve au niveau du cœur quelques fortes palpitations et sous la ceinture quelques gênants débuts de raideurs.&lt;i&gt; « Dieu, ce qu’elle est belle. Elle a les plus beaux yeux du monde et elle est si sexy dans ce pull »&lt;/i&gt; dit en effet celui-là, avec, comme fond sonore, les gloussements libidineux émis par sa belle-mère et un énième&lt;i&gt; Bewitched &lt;/i&gt;joué au piano par son beau-père,&amp;nbsp; gloussements libidineux et vieil air d’autrefois pour oublier le déclin et les rhumatismes d’aujourd’hui qui me font dire, au passage, que si ces deux charmantes vieilles branches avaient eu à écrire cette citation d’Ibsen : &lt;i&gt;« Si l'on est créé pour jouir, il faut jouir - ce qui est perdu est perdu et ce qui est parti est parti »&lt;/i&gt;, madame lui aurait, très certainement, ôté le si et monsieur, sûrement, toute la seconde partie, de cette femme, de cette Lee, dont, oui,&amp;nbsp; même le chômage en fin de droits est perçu comme un avantage, car cette quasi absence de revenus, ajoutée aux maigres ressources d’un&amp;nbsp; compagnon bien trop artiste et orgueilleux dans l’âme pour pouvoir accepter de vendre son art &lt;i&gt;« au mètre »&lt;/i&gt;,&amp;nbsp; va rapidement&amp;nbsp; lui donner une occasion de l’approcher. Certes, l’idée d’Elliot ne va pas vraiment&amp;nbsp; relever du plan d’enfer, puisqu’elle consistera à amener au ménage désargenté des amis dont le portefeuille est suffisamment épais pour qu’ils puissent convertir leur argent en huiles et de là, renflouer les finances du couple dans la dèche, mais qu’importeront, après tout, au jour J de l’exécution de la combine, la présence à ses côtés du potentiel acheteur et celle de l’éventuel vendeur quand cette combine lui permettra non seulement de rencontrer celle qui titille son cœur, mais aussi celle qui taquine ses sens, Lee, à ses heures perdues, à ses heures quasiment toutes perdues, posant nue pour son partenaire artiste, pour son partenaire artiste un peu trop âgé et un tantinet trop austère pour que je puisse l’appeler son petit ami.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-XJDYLWpi8ac/TxID2SSpH0I/AAAAAAAAERQ/6ugq_2AkioA/s1600/hannah4.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-XJDYLWpi8ac/TxID2SSpH0I/AAAAAAAAERQ/6ugq_2AkioA/s1600/hannah4.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;"Le moindre de tes regards pourrait m’ouvrir, moi, qui suis fermé comme un poing"&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Et parce que les amours qu’on mène en dehors du mariage demandent toujours beaucoup de discrétion, Hannah ignorera tout aussi de ce jour, où pour voir Lee, Elliott prétextera&amp;nbsp; rechercher, dans le quartier qu’elle habite, une librairie et répondre, au moment de la délicieuse rencontre, à cette femme terriblement étonnée de le voir chercher si loin de chez lui une librairie, le ridicule, parce qu’éculé,&amp;nbsp; mais ô combien excusable, car pris de court : &lt;i&gt;«En réalité, j’attends un client et je suis en avance. »&lt;/i&gt; Hannah ne saura rien non plus du baiser qu’il volera à sa sœur, rien de ce baiser&amp;nbsp; gauchement donné, car moins pressé sur les lèvres de l’aimée par l’amour que par le ne plus pouvoir attendre,&amp;nbsp; rien encore du &lt;i&gt;« Oui, je ressens quelque chose pour toi »&lt;/i&gt; que celle-ci lui donnera en réponse, et rien, forcément, de la chambre du Sheraton où tous&amp;nbsp; les deux convertiront leurs réciproques attirances en une nuit d’amour si fusionnelle qu’ils ne pourront qu’en envisager d’autres.&lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-jPdEZFP54K0/TxID2jzHbFI/AAAAAAAAERU/XVOSuTcg-ug/s1600/hannah5.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-jPdEZFP54K0/TxID2jzHbFI/AAAAAAAAERU/XVOSuTcg-ug/s1600/hannah5.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;"Mourrez maintenant, payez par traites..."&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;A voir ainsi Lee et Elliott batifoler dans le dos d’Hannah, on pourrait, bien évidemment, être tenté de prendre parti pour celle qui, à tout ignorer de ces amours clandestines, continue sagement de s’affairer dans&amp;nbsp; son petit univers feutré, partageant équitablement ses heures, sans temps morts et parfaitement planifiées, entre son devoir de mère et sa carrière de comédienne de théâtre. Mais, fichtre, prendre en pitié le sort d’Hannah&amp;nbsp; et mépriser la conduite des deux autres, ce serait ni plus ni moins entendre, dans le film de Woody Allen, un discours bienpensant qu’il n’a nullement tenu. Car, quand même, que trouve Elliott auprès de Lee qu’il ne trouve pas en la compagnie d’Hannah?&amp;nbsp; Au soir du stratagème de la librairie, de cette ruse qui n’avait pas d’autre but que celui de faire connaitre à Lee son fort goût pour la poésie, autrement dit de lui ouvrir la porte de son jardin secret, de bâtir un pont entre elle et cet espace où, à n’être partout ailleurs qu’un homme d’affaires et le mari d’une épouse qui fait ronronner son couple comme ronronnent les usines, il vit absolument seul, Elliott va trouver auprès de cette femme quelqu’un avec qui il est possible d’être totalement lui-même, une personne avec laquelle il peut enfin se débarrasser, tel un homme qui laisserait son chapeau, son écharpe et son imper au vestiaire, de tous ces masques un peu pesants pour lui, à ne tromper que les autres, que la vie, dans son quotidien fonctionnel, conventionnel et routinier, l’oblige à porter. Et que trouve-t-il encore sous les draps du lit de la chambre du Sheraton, après avoir vécu les baisers et les caresses, les rondeurs et les moiteurs, si ce n’est tout ce qu'Hannah ne semble pas être, soit une femme qui réclame, bouche et&amp;nbsp; bras tendus, ce qu’il désire le plus donner : son aide ? Et si Elliott est excusable pour toutes ces raisons, Lee l’est bien évidemment&amp;nbsp; aussi, car si d’un côté, l’amour, cet enfant de bohème, se comporte avec elle comme il se comportait avec le Don José de Bizet, de l’autre, on est quand même franchement tenté de se dire pourquoi, diable, cette femme, &lt;i&gt;« si&amp;nbsp; belle et si sexy dans ses pulls »&lt;/i&gt;, donnerait-elle plus longtemps l’exclusivité de son âme, de son cœur et son entrejambe à un type qui n’a comme seule définition de l’amour celle de transmettre à sa compagne l’ensemble de son inutile savoir ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-37GQTDnDWyE/TxID3OwetnI/AAAAAAAAERc/kQcMhywsX6A/s1600/hannah6.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-37GQTDnDWyE/TxID3OwetnI/AAAAAAAAERc/kQcMhywsX6A/s1600/hannah6.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;"We all had a terrific time" &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Il faudra finalement des semaines et des semaines pour qu’Hannah s’aperçoive que son mari s’éloigne d’elle - &lt;i&gt;« Ils ont beau se cacher. L'amour le plus discret laisse par quelque marque échapper son secret. »&lt;/i&gt;, dixit Racine. Inquiétée par sa froideur et par ses nombreux silences, silences durant lesquels il comparera la sécurité que lui apporte son épouse au monde &lt;i&gt;« d’épanouissement total »&lt;/i&gt; que lui promet Lee, elle l’interrogera. Inquiété à son tour par l’inquiétude de son épouse, Elliott sollicitera l’aide un psy, lequel, à n’être que le prolongement de sa propre oreille, n’allègera que son portefeuille, lequel, à n’être, en définitive, que le prolongement de sa propre oreille bouchée, sera tout aussi incapable que lui de remarquer qu’il y a dans cette phrase :&lt;i&gt; « Malgré mes études et ma sagesse, je n’arrive pas à sonder mon propre cœur »&lt;/i&gt;, qu’il y a, oui, dans cette phrase, qu’il prononcera aussi éteint que la cigarette qu’il aura écrasée en la disant, la cause de son problème. A trop réfléchir, ce qu’imposent&amp;nbsp; ses études, à trop peser le pour et le contre, ce que lui dicte sa sagesse, à finalement trop s’écouter, ce à quoi on arrive toujours quand on ne cesse pas de réfléchir et de peser le pour et le contre, Elliott ne peut en effet que rester prisonnier du choix qu’il a à faire et, bien sûr, attendre qu’on décide pour lui.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Décider à sa place, c’est ce que fera finalement Lee. Patiente comme femme de marin, à attendre, comme elle longuement et devant la mer, la venue de l’éternel indécis, mais plus impatiente que la Pénélope d’Ulysse pour pouvoir enfin vivre &lt;i&gt;« une vie plus simple »&lt;/i&gt;, une vie loin loin loin de son artiste savant, broyeur de noir et plus amoureux d’elle transcendée par ses pinceaux que nue sous ses draps, cette femme qui, pour sa part, agit, va dans la vie, ne reste pas coincée en elle-même, ramènera en effet de ces cours, qu’elle suivra à l’université pour principalement tuer le temps de l’interminable réflexion d’Elliott, un type, un gentil prof de fac en fait, qui, à s’intéresser à elle, qui, à la voir s’intéresser à lui, s’intéressera de plus en plus à elle, et qui, à venir l’aimer à un moment où celle-ci commencera à comprendre qu’à sans cesse remettre au lendemain sa décision de divorcer, Elliott doit sûrement encore aimer son épouse, que dans cette autre citation d’Ibsen, celle qui dit : &lt;i&gt;« Il y a ceux qu’on aime et il y a ceux avec qui on se plait »&lt;/i&gt; elle n’a peut-être pas le meilleur rôle, prendra définitivement la place d’Elliott.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-SvjGZ0WT5eo/TxID3R2BGAI/AAAAAAAAERk/-91C7ajdX2M/s1600/hannah7.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-SvjGZ0WT5eo/TxID3R2BGAI/AAAAAAAAERk/-91C7ajdX2M/s1600/hannah7.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;"J’ai eu de la chance de te rencontrer" &lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;La rupture entre Lee et Elliott se fera exactement un an après que celui-ci ait dit d’elle :&lt;i&gt; « Dieu, ce qu’elle est belle. Elle a les plus beaux yeux du monde et elle est si sexy dans ce pull. »&lt;/i&gt; Irrévocable, elle aurait dû jeter Elliott dans les bras de son épouse; cause de souvenir, de par son irrévocabilité justement, elle ne fera que lui ramener en mémoire la nuit d’amour vécue en plein jour du Sheraton et Lee, alors fabuleusement adorable à lui réclamer son aide, bouche et bras tendus. Et fichtre, heureusement qu’en ce second Thanksgiving Day, Holly, cette Holly qui, me semble-t-il, a, ici, pour rôle principal, celui de dire qu’à vivre sans bénéficier de l’appui de l’amour, on a toutes les chances de se vautrer dans ce qu’on entreprend et comme rôle secondaire, celui de dire que les amis, c’est bien joli, c’est bien gentil, mais la plupart du temps ça ne pense qu’à chiper la place qu’on convoite, fera lire à Hannah son roman, à ce moment-là tout juste achevé, car ces pages, à laisser entendre qu’Hannah ne doit sa réussite et son insolente perfection qu’à l’amour qu’elle a reçu, d’abord, de leurs parents, fichtrement maladroits à lui offrir leur préférence – &lt;i&gt;« Hannah, tu es la seule de mes enfants qui possède du talent »&lt;/i&gt; dira en effet leur mère – puis de son mari Elliot, et que c’est encore cet amour sans cesse reçu et la confiance en soi qu’il lui a inéluctablement apporté qui, à lui épargner les doutes et les affreuses questions sur soi qu’inévitablement ils génèrent, lui ont permis de bâtir son petit paradis, la feront tant vaciller qu’il lui faudra illico aller questionner son mari sur sa froideur et ses silences afin de savoir si, en ce second Thanksgiving Day, on n’est pas tout simplement en train d’enterrer sa vie de femme active et sereine, pleine et organisée, grâce à l’amour reçu. A penser encore au Sheraton, Elliott répondra aux interrogations de son épouse par des mots directement inspirés par ce que Lee lui avait offert ce jour-là. &lt;i&gt;« On dirait que tu peux tout donner et que tu n’as besoin de rien »&lt;/i&gt; lui dira-t-il, en effet. Sonnée par Holly, sonnée par son mari pour l’avoir entendu critiquer sa manière de se comporter dans la vie et sonnée par elle-même pour avoir longtemps cru que la perfection c’était aussi pouvoir garder ses soucis pour soi, et cela,&lt;i&gt; « pour n’embêter personne »&lt;/i&gt;, Hannah rejoindra le lit conjugal aussi &lt;i&gt;sola, perduta, abbandonata &lt;/i&gt;que ne l’est, au dernier acte, la Manon de Puccini. A le faire savoir à Elliott par le biais d’un &lt;i&gt;« Il fait si noir ce soir, je me sens perdue »&lt;/i&gt; émis comme on lancerait un SOS, à créer ainsi une brèche en sa carapace de femme parfaite grâce aux pages noircies de souffrance et de revanche d’Holly, Hannah récupérera finalement tout l’amour de son mari.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Ce sont peut-être les poètes qui ont raison. C’est peut-être l’amour qui est la seule réponse. »&lt;/i&gt; dit Mickey Sachs, après avoir constaté que, pas plus que lui, les grands écrivains n’avaient réglé l'épineuse question du sens de la vie. Mais nul doute que si ce même Mickey Sachs, sur lequel, soit dit en passant, je ne m’appesantirai pas, attendu qu’a peu de choses près il véhicule le même discours que le quatuor formé par Elliott, Hannah et ses sœurs et que le comique de Woody Allen, qui interprète ce personnage, c’est bien mieux vécu à l’écran que raconté, avait eu à prononcer cette phrase au moment où, enfin débarrassé des questionnements stériles, des apitoiements sur soi et de ses problèmes d’insensibilité aux autres, il épouserait Holly, oui, nul doute qu’à ce moment-là, il l’aurait dite en omettant ses deux peut-être. Ces deux peut-être de trop.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4240679341722151500?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4240679341722151500/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2012/01/hannah-et-ses-soeurs-woody-allen.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4240679341722151500'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4240679341722151500'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2012/01/hannah-et-ses-soeurs-woody-allen.html' title='Hannah et ses Soeurs (Woody Allen)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-ImMtE65fjME/TxID2hhUj4I/AAAAAAAAERY/cXwJ8Yw52II/s72-c/hannah3.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4574957217936256894</id><published>2011-11-13T11:00:00.001-08:00</published><updated>2011-11-13T13:44:50.685-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Les Amants de Salzbourg (Douglas Sirk)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ce film, que Douglas Sirk commettait en 1957, il ne faut guère plus trois minutes pour comprendre  que son héroïne, Helen Banning, n’a pas quitté sa Philadelphie natale pour Munich dans le seul but d’occuper, dans cette ville, un poste d’assistante-bibliothécaire. Il y a en effet bien trop de soleil dans ses yeux et dans son sourire lorsqu’elle découvre la capitale bavaroise, où on la rencontre pour la première fois, et la caméra du cinéaste est, quant à elle, bien trop focalisée sur son émerveillement pour qu’on ne puisse pas déjà la croire plus guidée par le rêve et les amours romanesques qu’intéressée par son futur métier. Dans la scène suivante, l’héroïne des Amants de Salzbourg va certes nier à Prue Stubbins, sa supérieure hiérarchique, n’être venue à Munich que pour y vivre&lt;i&gt; « une nouvelle et romantique existence »&lt;/i&gt;, mais, fichtre, elle aura beau lancer sur son interlocutrice du moment des regards sincèrement étonnés, des regards qui n’expriment que des désirs de carrière, des regards qui lui disent clairement que non, elle n’est pas la fille qu’elle croit, des regards du genre de ceux que font les gens quand ils ne comprennent  pas la question qui leur est posée, elle ne la convaincra pas pour autant. Comment le pourrait-elle d’ailleurs ? Prue Stubbins, qui est elle-même américaine et qui a, elle aussi, traversé l’Atlantique, ne sait que trop bien pourquoi on quitte son pays, sa ville, son village, son coin de rue étroit! Sirkienne jusqu’au bout des ongles, sirkienne on ne pourrait plus, elle paye du reste chaque jour, par le truchement d’un travail qui l’assomme et l’irrite au point d’ailleurs d’être désagréable avec tout le monde, sa folie d’avoir cru un jour qu’il lui serait possible d’aimer au-delà de l’amour d’une épouse ordinaire, de remplacer le modeste pavillon de banlieue, le mari et les enfants à chouchouter qui vont avec - tout ce pourquoi elle est faite, en fait - pour le palais des mille et une nuits et son prince charmant. Bref, le rôle de Prue Stubbins, c’est celui de dire qu’Helen Banning rêve, elle aussi, de devenir l’héroïne d’un merveilleux roman d’amour et qu’au moment de prendre ses fonctions d’assistante-bibliothécaire à Munich, elle ignore qu’elle rêve de devenir l’héroïne d’un magnifique roman d’amour. &lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-zmxVB7Hm5KQ/TsAT9C7TfkI/AAAAAAAAEMo/EitYIlLZb7w/s1600/lesamantsdesalzbourg%255B%2528004020%252919-51-33%255D.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-zmxVB7Hm5KQ/TsAT9C7TfkI/AAAAAAAAEMo/EitYIlLZb7w/s1600/lesamantsdesalzbourg%255B%2528004020%252919-51-33%255D.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec l’entrée en scène du bon docteur Dwyer, une vieille connaissance d’Helen Banning, on saura aussi très vite - très vite en effet puisque cette entrée en scène se fait aussitôt Prue Stubbins partie - qu’à ne faire que rêver sa vie on se trompe de route ou on perd son temps, Dwyer, qui a lui aussi quitté l’Amérique pour Munich - soit dit en passant, que de trafic sur cet axe Amérique-Munich ! - lâchant, un peu désabusé, sur son expérience européenne  que &lt;i&gt;« tout ce qu’il avait appris à Munich il aurait pu l’apprendre là-bas, chez lui, en Amérique. »&lt;/i&gt; Comme on saura encore qu’à posséder une vraie finesse psychologique, celle-là même qui  va lui permettre de faire avouer dare-dare à Dwyer qu’il n’est venu dans la capitale bavaroise que pour pouvoir, à son retour en Amérique, &lt;i&gt;« orner sa salle d’attente du prestige d’un diplôme européen »,&lt;/i&gt;  Helen Banning aurait pu, si bien sûr elle avait su appliquer cette lucidité à elle-même, s’éviter  la douloureuse aventure avec  Tonio Fischer, le chef d’orchestre mondialement réputé et si aimé des femmes que son épouse Reni en est devenue folle.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit minutes.  Oui, tout ce que je viens d’écrire n’a pas demandé à Douglas Sirk plus de huit minutes de film. Huit minutes de film et l’on sait déjà que l’histoire d’amour entre Helen Banning et Tonio Fischer va déboucher sur un fiasco, puisque cette femme, plutôt que d’accomplir sa vie dans la mesure de ses moyens, s’est mise à rêver, sans le savoir, d’une vie de femme extraordinaire, d’une vie qui imiterait un conte de fée, d’une vie que le cinéaste ne pouvait que punir ou remettre dans le droit chemin parce que non résignée. &lt;i&gt;« Deviens ce que tu es »&lt;/i&gt;, disait Nietzsche,  ne tente pas de devenir ce que tu ne peux pas être, aurait pu dire Sirk. En plus de cela, on connait déjà le nom du futur sauveur d’Helen Banning,  puisque pressé, vraiment pressé de nous faire savoir que son héroïne ne devait pas demander à la vie plus qu’un statut d’épouse ordinaire, avec modeste pavillon de banlieue, un mari qui, seul, fournit l’argent du ménage et des enfants à chouchouter, Douglas Sirk, faisait dire lors de ces huit premières minutes  au bon mais banal et désargenté docteur Dwyer que son désir le plus cher était celui de devenir le médecin personnel d’Helen Banning, sous-entendu son époux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit minutes, les Amants de Salzbourg s’étalant sur près d’une heure trente, il reste donc environ quatre-vingt minutes au film pour nous apprendre ce que l’on sait déjà. Euh, comment passer tout ce temps ?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si on pense comme Douglas Sirk, on peut tranquillement se laisser aller, puisque la fin est connue avant la fin, puisque le cinéaste, dans le reste de son film, n’a pas cessé de faire des croche-pieds à son héroïne. Si on pense comme Coelho,  qui disait que &lt;i&gt;« c'est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante»&lt;/i&gt;, alors, durant ces quatre-vingt dernières minutes, on se doit de se demander pourquoi Douglas Sirk faisait capoter le rêve de son héroïne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Autant le dire de suite, essayer de savoir pourquoi Douglas Sirk faisait capoter le rêve de son héroïne n’occupe pas vraiment, ne prend pas de temps non plus, car non seulement le cinéaste disait clairement pourquoi Helen Banning se nuisait à elle-même à tenter de concrétiser son grand rêve d’amour, mais le disait aussi très vite. En effet, il faut quoi ? deux ou trois rendez-vous entre les deux amants de Salzbourg pour que celle-ci apprenne, par la bouche de Tonio Fischer, que son rêve qui commence alors à se réaliser, et qui, à commencer à se réaliser lui permet de vivre des instants de pure exaltation, ne va déboucher que sur de la souffrance, parce que, dit-il : &lt;i&gt;« le bonheur et la joie ne sont pas faits pour durer. »&lt;/i&gt; Trop amoureuse à ce moment-là de son amant pour pouvoir geindre, comme lui, sur la douloureuse éphémérité du bonheur,&lt;i&gt; « ne dites plus rien, ne gâchez rien »&lt;/i&gt; dit-elle en effet,  il faudra finalement  la jalousie suicidaire de Reni et la prise de conscience du mal qu’elle fait à cette femme à vouloir lui chiper son mari pour qu’Helen Banning coupe le fil qui la relie à son rêve. Libérée de lui, elle pourra alors tomber direct dans la voiture du bon docteur Dwyer, puis, arrivée en Amérique, se jeter, en épouse, bien évidemment, ordinaire dans les bras de ce médecin qui n’était sûrement pas cardiologue pour rien puisque son rôle à lui était celui de soigner le cœur malade de rêve d’Helen Banning.&lt;/div&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-dny4rxjSeNU/TsAUJzkkJmI/AAAAAAAAEMw/FUU-cRJ41GI/s1600/lesamantsdesalzbourg%255B%2528064924%252920-03-18%255D.JPG" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-dny4rxjSeNU/TsAUJzkkJmI/AAAAAAAAEMw/FUU-cRJ41GI/s1600/lesamantsdesalzbourg%255B%2528064924%252920-03-18%255D.JPG" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;N'est-il pas révoltant ...&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;object data="http://www.archive-host.com/files/1290098/3b83aa787b522c63b0247b61b6a2d4b842ec06ff/dewplayer.swf" height="20" id="dewplayer" name="dewplayer" type="application/x-shockwave-flash" width="220"&gt; &lt;param name="movie" value="http://URL/dewplayer.swf" /&gt;    &lt;param name="flashvars" value="mp3=http://www.archive-host.com/files/1308465/3b83aa787b522c63b0247b61b6a2d4b842ec06ff/lesamantsdesalzbourg.MP3" /&gt;    &lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Tout passe et tout lasse, et les instants de bonheur rare sont si douloureux, à s’enfuir pour ne plus  jamais revenir, qu’on se doit, pour se préserver, ne pas tenter de vivre ces rêves qui, tentés justement, peuvent, seuls,  les permettre. A renvoyer Helen Banning à son Amérique natale, à faire d’elle une épouse ordinaire, Douglas Sirk, certes, protégeait son héroïne contre elle-même, la mettait à l’abri d’une part de rêve délétère parce que trop grande, mais en même temps, à la faire aller contre sa nature profondément rêveuse, il l’empêchait carrément de vivre, d’être elle, tout simplement. Du reste, comment pourrait-on imaginer cette femme ne plus être en Amérique la rêveuse de Munich, la rêveuse qui s’ignorait avant Munich ? Douglas Sirk ne disait-il pas : « &lt;i&gt;Personne ne peut échapper à ce qu’il est »&lt;/i&gt; ?&lt;/div&gt;&lt;/center&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4574957217936256894?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4574957217936256894/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/11/les-amants-de-salzbourg-douglas-sirk.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4574957217936256894'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4574957217936256894'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/11/les-amants-de-salzbourg-douglas-sirk.html' title='Les Amants de Salzbourg (Douglas Sirk)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-zmxVB7Hm5KQ/TsAT9C7TfkI/AAAAAAAAEMo/EitYIlLZb7w/s72-c/lesamantsdesalzbourg%255B%2528004020%252919-51-33%255D.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7086089226769088882</id><published>2011-11-01T11:22:00.000-07:00</published><updated>2011-11-02T14:28:53.617-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>Apocalypse Now - Redux (Francis Ford Coppola)</title><content type='html'>&lt;table cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: left;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-EgsliYf6CD0/TrA2K1DdwRI/AAAAAAAAEHw/0K7QrkcTe-M/s1600/vlcsnap-2011-10-09-13h45m14s58.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-EgsliYf6CD0/TrA2K1DdwRI/AAAAAAAAEHw/0K7QrkcTe-M/s1600/vlcsnap-2011-10-09-13h45m14s58.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;J'ai observé un escargot ...&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;center&gt;&lt;br /&gt;&lt;object type="application/x-shockwave-flash"data="http://www.archive-host.com/files/1290098/3b83aa787b522c63b0247b61b6a2d4b842ec06ff/dewplayer.swf"width="220" height="20" id="dewplayer" name="dewplayer"&gt;&lt;param name="movie" value="http://URL/dewplayer.swf" /&gt;&lt;param name="flashvars" value="mp3=http://www.archive-host.com/files/1290103/3b83aa787b522c63b0247b61b6a2d4b842ec06ff/kurtz.MP3" /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«  L’horreur … l’horreur … »&lt;/i&gt; murmure Walter Kurtz au moment de mourir, ou plutôt devrais-je dire au moment de passer l’arme à gauche, le principal personnage d’Apocalypse Now étant militaire de carrière, pour tout dire : colonel chez les Bérets Verts. &lt;i&gt; « L’horreur … l’horreur … »&lt;/i&gt; murmure Walter Kurtz au moment de mourir et, zut, à ne prononcer ces mots  qu’en toute fin de film, à un moment où on a déjà oublié une partie de sa vie qui les explique, à l’instar de celle de Kane qui résolvait l’énigmatique et cultissime Rosebud, le bougre nous oblige, pour pouvoir percer le mystère de ses dernières paroles, à revoir Apocalypse Now. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cela dit, devoir revoir Apocalypse Now afin de pouvoir comprendre pourquoi Walter Kurtz dit deux fois l’horreur, et pas autre chose, au moment de sa mort n’est pas qu’une affaire de mémoire. C’est aussi une affaire de surplus de beauté.  Bah oui, de beauté il y en a un peu trop ici. Un peu trop pour un film dont le principal but était celui de dénoncer la laideur de la guerre. Et un peu trop encore  pour qu’au cours d’un tout premier visionnage on ne se fasse pas piéger par elle ou pour qu’on ne laisse pas filer certaines choses. &lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-LSGdFbMiHRM/TrA2KQNB9LI/AAAAAAAAEHs/6zH8V0sLchw/s1600/vlcsnap-2011-10-09-12h50m03s209.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-LSGdFbMiHRM/TrA2KQNB9LI/AAAAAAAAEHs/6zH8V0sLchw/s1600/vlcsnap-2011-10-09-12h50m03s209.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;L’intro, par exemple, est si bien fichue, si esthétique, que l’agitation nerveuse du capitaine Willard parait d’abord plus attrayante qu’effrayante. Pour un peu, on vivrait les ravages psychologiques de la guerre à sa place. Du reste,  avec sa tête filmée à l’envers et sa chouette danse de guerrier mystique, l’homme à la crise de nerfs est bien trop beau, bien trop fantastique, bien trop mis en scène et en lumière, bien trop fait pour les yeux en fait pour pouvoir de suite réaliser qu’il fait déjà savoir là, dans cette toute première scène, qu’il est bien plus proche, de par sa nature,  de Walter Kurtz, le brillant officier aux méthodes devenues tout-à-coup &lt;i&gt;« malsaines »&lt;/i&gt;, la guerre, à mélanger &lt;i&gt;« le bien, le mal,  le pouvoir, les idéaux, la morale et les besoins militaires »&lt;/i&gt;, bref à tout mélanger, lui ayant fait franchir &lt;i&gt;« son point de rupture »&lt;/i&gt;, que des pontes du PC de Nha Trang qui vont le charger de l’éliminer. «&lt;i&gt; Chaque minute passée ici m’affaiblit ; chaque minute passée dans la jungle endurcit les viets. »&lt;/i&gt; dit en effet ici le capitaine Willard comme en écho des rapports de Kurtz, rapports dont on se doute bien qu’ils devaient doublement déplaire à ses supérieurs à exprimer tout haut ce qu’ils pensaient tout bas et à être rédigés dans une langue qui n’était pas tout à fait la leur à n’être pas faite de bois, elle : &lt;i&gt;« Tant que la présence au front sera limitée à un an, officiers et soldats resteront des dilettantes et des touristes. Tant que bière et repas chauds et autres luxes resteront la norme, notre impuissance dans cette guerre ira croissant. »&lt;/i&gt; écrivait en effet Kurtz avant de mener sa propre guerre depuis le Cambodge.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quant à la chanson des Doors, &lt;i&gt;This is the end&lt;/i&gt;, elle est, certes, adorable et réellement bien choisie pour exprimer l’état d’esprit momentanément vacillant du capitaine Willard, mais, à mon sens, il y a bien mieux pour sonoriser des images d’une forêt vietnamienne incendiée au napalm. Les crépitements des arbres qui brûlent et qui ne repousseront pas avant longtemps, et d’éventuels cris de douleur, par exemple. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et il en va un peu de même avec la longue et célèbre séquence où le colonel Kilgore apparait. Son ballet d’hélicos rasant Vin Drin Dop, ce village qui, selon moi, aurait été bien mieux sans sa maitresse d’école attentionnée et sa double rangée d’enfants sages, vu que la guerre, on le sait bien que ça ne fait pas que des victimes chez les militaires, demande presque à ce qu’on se lasse de sa sublime photogénie et à ce qu’on le&amp;nbsp; débarrasse de sa troublante musique, de sa troublante musique en effet parce que le Wagner des Valkyries, ça incite quand même plus à se glisser dans la peau de l’envahisseur que dans celle de l’envahi, pour qu’on puisse illico comprendre que ce colonel, aux allures de John Wayne, fait la guerre comme si elle n’était qu’un jeu ; raison pour laquelle du reste le capitaine Willard, alors sur la piste de Kurtz, dira de lui que &lt;i&gt;« rien ne pouvait l’atteindre »&lt;/i&gt;,  qu’il sortirait du Vietnam totalement indemne. Il sous-entendait, bien évidemment, moralement.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;N’ayant pas pu, lors d’un premier visionnage, éclaircir le mystère des dernières paroles de Walter Kurtz pour les raisons évoquées plus haut, et parce que ce mystère me paraissait bien trop beau pour ne pas tenter de l’éclaircir par moi-même, j’ai revu  l’autre jour le presque trop bien fichu   Apocalypse Now. Pour cette relecture, j’avais opté pour la version Redux, plus longue que la version de 1979 d’une cinquantaine de minutes.  Disons-le de suite, j’ai regretté ce choix, notamment pour la séquence de la colonie française. Certes les de Marais, cette famille de colons, planteurs d’arbres à caoutchouc, venue s’installer dans les environs de Do Lung au bon temps de l’Indochine française ne sont pas inintéressants, mais force est de constater qu’on est un peu prié de s’asseoir à leur table, étonnamment bien fournie en ces temps de guerre, afin de suivre un magistral cours d’histoire et sans avoir, hélas, la possibilité, durant cette leçon, laquelle dit principalement  que ce sont les américains qui ont inventé le Viêt-Cong afin de chasser les français d’Indochine, que les nord-vietnamiens ont dit oui aux Russes comme aux Chinois dans le seul but de profiter de leurs soutiens financiers ou militaires et que les américains ont perdu la guerre du Vietnam à cause de leur toute puissante opinion publique et de leurs soldats qui, sur le sol vietnamien, ne défendaient rien qui leur appartenaient, de répondre, comme le fait capitaine Willard, aux yeux doux de la belle Roxane Sarrault. Etrange personnage d’ailleurs que celui de Roxane Sarrault. A si promptement dégainer les armes de ses charmes sur Willard et à être à l’origine de l’une des plus belles photos de film qui soient, elle semble à la fois appartenir au monde de ces films de guerre qu’on ne regarde que pour les images et à l’univers fouillé d’un Terrence Malick. &lt;i&gt;« Il y a deux hommes en vous, celui qui tue et celui qui aime. » &lt;/i&gt;dit en effet Roxane Sarrault au capitaine Willard dans son sublime plan de sortie tout en amour, finesse psychologique et voile décliné.&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-yCaZjQJnnso/TrA2LExCKHI/AAAAAAAAEH4/MUAMBwgKZgQ/s1600/vlcsnap-2011-10-09-14h14m19s89.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-yCaZjQJnnso/TrA2LExCKHI/AAAAAAAAEH4/MUAMBwgKZgQ/s1600/vlcsnap-2011-10-09-14h14m19s89.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Avec ses scènes ajoutées qui me semblaient parfois ne rien apporter du tout au film – Willard vole la planche de surf du colonel Kilgore et alors ? – Redux me donnait aussi l’impression de considérablement détendre le fil qui relie Willard à Kurtz. Certes, la guerre c’est sûrement aussi des histoires de planche de surf volée, des crises de fou rire, des pinups et des soldats qui s’envoient en l’air dans des hélicos définitivement cloués au sol en croyant se donner de l’amour, mais fichtre, quand on a un Kurtz, un Willard à montrer, pourquoi s’embarrasser de tout cela ? Le montage de 1979, qui ramenait le film à environ deux heures pour des raisons purement commerciales, avait ceci de bon : plus court de plus de trois quarts d’heure de scènes d’intérêt pour le moins discutable, il ne nous distrayait pas de l’inestimable relation Kurtz-Willard. A montrer que là était tout l’intérêt du film, la bonne route à suivre, l’axe sur lequel tout le reste ne ferait que graviter, y compris la bande &lt;i&gt;« de rockers, déjà un pied dans la tombe »&lt;/i&gt; qui servait d’escorte au capitaine Willard – ces gars-là, à avoir &lt;i&gt;« l’air de ne jamais avoir tiré un coup de fusil »&lt;/i&gt; ou bien à être &lt;i&gt;« déjà trop à cran pour la Nouvelle-Orléans »&lt;/i&gt; on les rencontre déjà dans la prose de Kurtz, ils sont en effet les &lt;i&gt;« dilettantes »&lt;/i&gt; dont il ne voulait plus et les exacts contraires de ces &lt;i&gt;« soldats moraux et capables en même temps d’utiliser leur instinct de tuer sans sentiment et jugement »&lt;/i&gt; qu’il désirait – cette version, oui, nous faisait remonter la rivière Nung seulement préoccupés de Willard et de son objectif final : ce Kurtz réfugié au Cambodge et là-bas, à son corps défendant &lt;i&gt;« vénéré comme un dieu par son armée de montagnards. »&lt;/i&gt; Perturbés par rien, ni par la planche de surf volée, ni par la leçon d’histoire des de Marais, ni par la belle Roxane ou les seins à l’air des pinups des hélicos en rade, on n’avait pas encore vu Kurtz, l’homme&lt;i&gt; « qui avait quitté le bateau »&lt;/i&gt; suite à une tournée d’inspection et qui avait préféré se refaire chez les Bérets Verts plutôt que de se contrefaire en acceptant le grade de général, qu’on savait déjà ce que Willard ne savait pas encore sur lui, soit que Kurtz et lui étaient faits exactement pareils, qu’ils partageaient, en fait, une même lucidité à faire peur et à se faire peur, de laquelle découlait forcément une même haine pour le mensonge :&lt;i&gt; « Ils mentent, ils mentent et on ne doit pas accabler les menteurs. Ces nababs, je les hais. Vraiment, je les hais. »&lt;/i&gt; disait l’un, &lt;i&gt;« C’était comme ça qu’on se supportait, on les criblait de balles et on leur refilait des pansements. C’était un mensonge et plus j’en voyais, plus je détestais les mensonges. »&lt;/i&gt; lui répondait, pour ainsi dire, l’autre. Apocalypse Now édition 1979, expurgé des presqu’inutiles planche volée etc…,  suivait du reste de si près ses deux héros qu’au moment où Willard abattait Kurtz dans son antre voué au culte de la mort – la mort, pour avoir fait exploser toutes les couches du mensonge, le malheureux ne pouvait plus y échapper, à moins bien sûr de se remettre à mentir – on avait même plus besoin de réfléchir pour savoir que le premier n’avait pas assassiné le second mais l’avait libéré du poids de son existence. Soit dit en passant, à ôter la vie à un frère d’âme sur sa demande, Willard en commettait une bien triste horreur de guerre!&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-9pfw8FSDMek/TrA2LolpLSI/AAAAAAAAEIA/fRPj6oI-z3k/s1600/vlcsnap-2011-10-09-15h19m25s249.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-9pfw8FSDMek/TrA2LolpLSI/AAAAAAAAEIA/fRPj6oI-z3k/s1600/vlcsnap-2011-10-09-15h19m25s249.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bon, j’ai l’air comme ça de pester contre Redux mais c’est dû principalement au fait qu’il me tardait de savoir pourquoi Walter Kurtz disait deux fois l’horreur au moment de sa mort. Toutes ces scènes, pas si mauvaises au fond, freinaient en effet ma démarche, une démarche qui, sans nul doute, aurait été bien moins longue si je n’avais fait que revisionner la scène où Kurtz se rappelle sa tournée d’inspection, vu que tout se passe là, à vrai dire au plein milieu de cette séquence de génie, de génie vraiment.&lt;br /&gt;Au  moment où il a déjà fait savoir à Willard le tas de petits bras vietnamiens coupés parce que vaccinés contre la polio par l’armée américaine mais ne lui a pas encore dit la conclusion qu’il a tirée de cette vision de cauchemar, soit que les types qui avaient commis ces atrocités n’étaient pas des monstres mais seulement des hommes capables de gagner une guerre, Kurtz fait en effet un geste qui explique ses tous dernières mots. Ce geste, c’est le trajet d’une larme qui resterait invisible si on ne remarquait pas son doigt qui la simule. Et cette larme, ce n’est pas une larme ordinaire parce qu’elle part du milieu du front, de là exactement où se situe le troisième œil de certaines religions. A faire couler une larme virtuelle depuis cet œil, Kurtz fait donc savoir, puisque cet œil symbolise la connaissance de soi et que cet œil, chez lui, « pleure », qu’il y a une vraie douleur à parfaitement se connaitre. Pour lui, qui a pu réaliser, à cause de la guerre, que sa part de mal l’autorisait, pourquoi pas, à couper le bras d’un enfant vietnamien si cet acte, bien sûr, lui permettait de gagner une bataille et qui s’était rendu compte, dans le même temps, que sa part de mal ne serait jamais assez puissante pour faire taire la force de bien et d’amour qui, comme tout à chacun, l’habitait aussi, cette douleur, due à la parfaite connaissance de soi, se ferait insupportable. Devenu incapable de la gérer plus longtemps dans ce conflit vietnamien parce que les actes qu’il était obligé commettre pour le gagner étaient à la fois autorisés par sa part de mal et condamnés par sa part de bien – cette guerre  intérieure sans vainqueur, bien et mal, de forces égales, s’annulant, le faisait du reste &lt;i&gt; «ramper le long du fil de la lame d’un rasoir »&lt;/i&gt; – il dirait, au moment de sa mort, de la douleur, due à la parfaite connaissance de soi, que c’est &lt;i&gt;« l’horreur … l’horreur… »&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7086089226769088882?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7086089226769088882/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/11/jai-observe-un-escargot.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7086089226769088882'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7086089226769088882'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/11/jai-observe-un-escargot.html' title='Apocalypse Now - Redux (Francis Ford Coppola)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-EgsliYf6CD0/TrA2K1DdwRI/AAAAAAAAEHw/0K7QrkcTe-M/s72-c/vlcsnap-2011-10-09-13h45m14s58.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1081497535291830922</id><published>2011-09-11T08:38:00.000-07:00</published><updated>2011-09-11T08:38:16.942-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>Brève Rencontre (David Lean)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Rien ne dure, ni le bonheur ni le désespoir, même la vie ne dure pas très longtemps. Il viendra un moment où je pourrais regarder en arrière et dire dans un paisible sourire que j’étais bête. Non, je ne veux pas que ce moment vienne. Je veux me rappeler chaque minute, toujours, toujours, jusqu’à la fin de mes jours. »&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces mots sont de Laura Jesson, l’héroïne de Brève Rencontre. Elle les prononce dans ce train qui la ramène chez elle, à Ketchworth, peu de temps après avoir vécu, à Milford, les derniers instants d’une aventure extraconjugale particulièrement heureuse avec Alec Harvey, un médecin de Churley, un homme marié tout comme elle et, tout comme elle, plus lié à son conjoint par la vie que par l’amour. Ces mots, qu’elle accompagne d’un regard qui fait savoir que plus elle se rapproche de Fred, son mari, moins Alec Harvey s’éloigne d’elle, sont ceux d’une lutte qui se fait non plus entre raison et sentiments – cette lutte-là, l’étroit conformisme de son époque ajouté  à un sens irréprochable du devoir y ont mis fin et cela, bien avant la scène des douloureux adieux de Milford, à vrai dire, au moment précis où Alec Harvey, pressé par le désir de consommer une nuit d’amour, rendait décisifs les deux puissants garde-fous de cette femme – mais entre une forte envie de tout retenir de cet homme et un besoin presque vital de l’oublier, l’immense bonheur vécu en sa compagnie motivant la première,  la profonde douleur causée par la rupture lui faisant éprouver le second. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-n4dsNaVP5qw/TmzKV6ZLy2I/AAAAAAAAEHM/ATXNM_ybAsE/s1600/vlcsnap-2011-08-19-13h33m00s162.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-n4dsNaVP5qw/TmzKV6ZLy2I/AAAAAAAAEHM/ATXNM_ybAsE/s1600/vlcsnap-2011-08-19-13h33m00s162.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cette deuxième lutte, entre envie de tout se rappeler et besoin d’oublier, que l’héroïne de David Lean a tenté de régler à Milford quelques minutes après le départ d’Alec Harvey à l’aide d’une tentative de suicide, laquelle indique qu’elle a tout d’abord opté pour l’oubli, laquelle, ratée, m’a permis de voir une bien jolie tête épouvantée, m’a totalement accaparé, je dois dire. Et pour cause, il m’avait semblé qu’on ne peut pas vraiment interpréter le rabibochage final de Laura Jesson avec son mari, et donc dire si Brève Rencontre œuvrait pour défendre les bonnes vieilles valeurs de la famille, si on ne s’intéresse pas de près à la manière dont cette femme va vivre ce deuxième conflit intérieur. Après deux visionnages, eh oui, il m’a fallu ça, j’en suis venu à me dire que quand Fred dit à Laura Jesson : &lt;i&gt;« Tu étais partie bien loin, merci de m’être revenue »&lt;/i&gt;, elle, qui est alors pendue à son cou, elle, qui donne alors l’impression qu’elle va pouvoir désormais &lt;i&gt;« regarder en arrière et sourire paisiblement »&lt;/i&gt;, est encore prisonnière de son aventure extraconjugale et le restera toujours. Avec cette Laura Jesson-là, plus tête ailleurs que revenue, on ne peut bien évidemment pas dire que David Lean besognait ici, dans ce superbe film datant de 1945, en petit père la morale.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-qXfWrr5LCDk/TmzKWGOSVXI/AAAAAAAAEHQ/wjKBdigN2g0/s1600/vlcsnap-2011-08-19-13h34m10s200.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-qXfWrr5LCDk/TmzKWGOSVXI/AAAAAAAAEHQ/wjKBdigN2g0/s1600/vlcsnap-2011-08-19-13h34m10s200.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce qui m’a permis de dire que Laura Jesson ne revient à son mari et à ses deux enfants que partiellement – l’autre part d’elle, celle qui ne dit pas, résignée : &lt;i&gt;« Ceci est mon foyer, ceci est tout mon univers et il me suffit »&lt;/i&gt; restant définitivement accrochée à Milford, Milford, berceau de ses plus beaux jours,  Milford, certes devenue, avec le départ irrévocable d’Alec Harvey pour la lointaine Johannesburg, cimetière de ses amours, mais  Milford, cimetière au puissant don de hantise pour elle qui y a enterré, à côté de son amour de certitudes, tous ses rêves de jeune fille redevenus possibles grâce à lui, des rêves de valses à Vienne, des rêves d’opéras à Paris, des rêves de gondoles à Venise, des rêves de palmiers amants de la mer, des rêves anciens et romanesques, des rêves idiots quand on les regarde de trop haut ou de trop loin, mais des rêves dont on dirait bien, comme Robert Kincaid dans la Route de Madison, qu’ils sont les bons, attendu que ce sont eux qui nous racontent le mieux  – c’est que cette femme, qui est toujours assise dans ce train qui la ramène à Ketchworth, va piquer contre Dolly Messiter, contre cette dame qui l’accompagne dans son voyage de retour comme une malédiction accompagnerait un damné, à la souler de sa vie faussement pleine, une colère assez peu en rapport avec le fait qu’elle ne peut pas lui confier sa magnifique aventure, raconter tous ses beaux jeudis d’amours interdites, tout lui dire d’Alec Harvey, de cet homme qui sera venu se ficher dans son cœur après lui avoir retiré une escarbille de l’œil – une escarbille reçue dans l’œil aux allures de flèche d’Eros plantée dans le cœur.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-kcwPIXvQRXA/TmzKUX3OmXI/AAAAAAAAEHE/6phkz4nmNA4/s1600/vlcsnap-2011-08-17-23h56m16s151.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-kcwPIXvQRXA/TmzKUX3OmXI/AAAAAAAAEHE/6phkz4nmNA4/s1600/vlcsnap-2011-08-17-23h56m16s151.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Je voudrais que tu sois morte »&lt;/i&gt; dit, en effet, Laura Jesson dans son immense colère contre son encombrante voisine. Fichtre, pourquoi tant de haine, un tel niveau d’animosité chez cette femme plutôt discrète et sensée, chez cette femme qui place la &lt;i&gt;« bienséance au-delà de l’amour » &lt;/i&gt;contre Dolly Messiter? A savoir par avance qu’elle n’a strictement rien à espérer de ce moulin à paroles qu’elle n’a guère besoin de relancer pour qu’il mouline&amp;nbsp; – ni oreille, ni conseil –&amp;nbsp; ce ne peut être que ses incessants bavardages, parce que ce flot irréfrénable de paroles futiles, qui a déjà barré son envie de confidence –&amp;nbsp; &lt;i&gt;« Si seulement je pouvais me confier à toi, si seulement tu étais une amie sincère au lieu d’être une relation jacassante »&lt;/i&gt; dit-elle – va encore, à la distraire, à la perturber, l’empêcher de penser à Alec Harvey, de se concentrer sur lui, de faire remonter à la surface de sa mémoire tous les souvenirs qu’elle en a gardé. Et, comme à cet instant, la rupture est encore fraiche – elle ne date que de quelques minutes –&amp;nbsp; il n’est pas impossible de dire aussi que ce puissant désir de souvenirs est largement motivé par le vœu de n’en perdre aucun, pas même le plus petit d’entre eux, Laura Jesson sachant, comme n’importe qui, que le temps n’est pas la meilleure amie de la mémoire&amp;nbsp; et qu’un souvenir élagué de ses détails charmants ne réchauffe pas plus que la flamme d’une bougie. Soit dit en passant, après avoir souhaité les pires maux à sa voisine, Laura Jesson va ajouter : &lt;i&gt;« Non, ce serait méchant »&lt;/i&gt;, et pour cause, seule son extrême colère lui a fait dire&amp;nbsp;&lt;i&gt; « Je voudrais que tu sois morte »&lt;/i&gt; au lieu de «&amp;nbsp; je voudrais que tu te taises. »&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-sRjwHYqTGIg/TmzKVIJhUAI/AAAAAAAAEHI/6TU0A980bIU/s1600/vlcsnap-2011-08-18-01h10m26s59.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-sRjwHYqTGIg/TmzKVIJhUAI/AAAAAAAAEHI/6TU0A980bIU/s1600/vlcsnap-2011-08-18-01h10m26s59.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Dans ce train qui la ramène à Ketchworth, Laura Jesson ne cesse donc de vouloir se remémorer Alec Harvey, sa violente colère contre Dolly Messiter le prouvant. Fort, impérieux, tyrannique au point de lui faire désirer la mort de cette bavarde, ce désir de ne pas perdre ne serait-ce qu’une miette de ses amours interdites va bien évidemment l’accompagner chez elle, et pour cause, il ne peut pas s’éteindre comme on éteindrait la lumière en partant de chez soi. C’est du reste&amp;nbsp; pour le satisfaire qu’elle franchit la porte d’entrée du domicile familial à pas de loup, qu’elle grimpe&amp;nbsp; tout aussi silencieusement l’escalier qui conduit aux chambres, son but, son espoir, étant de trouver là-haut, à l’étage, un coin tranquille, un coin sans rien ni personne, un coin pour faire revivre Alec Harvey.&amp;nbsp; Interrompue dans sa démarche par un mari qui la remarque depuis le salon où il s’est confortablement installé avec une nouvelle fois, sur les genoux, une grille de mots-croisés et, dans la bouche, une énième chamaillerie de gosses à raconter, Laura Jesson, que sa vie de famille vient de reprendre et à laquelle elle semble vouloir se refaire, on la voit même à un moment sourire, va alors se détacher de son envie de souvenirs. Il lui reviendra au premier instant de solitude à deux venu, aiguillonné, encouragé par ce moment où son esprit, seulement occupé de travaux de couture, peut pleinement mesurer la différence entre les riches heures vécues auprès d’Alec Harvey et la platitude de son quotidien de mère et d’épouse, un quotidien si ennuyeux et si répétitif d’ailleurs dans ses actes que ses travaux de couture, à exiger de sa main toujours les mêmes gestes, semble en être une sorte de métaphore visuelle. Et il fera ce retour à son insu, déguisé, sous la forme d’aveux forcément, parce qu’à l’instant où Laura Jesson se trouve dans la possibilité d’exaucer son vœu de remémoration, cette femme à la moralité exemplaire, cette femme hautement gendarmée par son éducation toute en points sur les i et en barres sur les t, cette femme qui est, avec Alec Harvey, seulement piégée par l’amour – elle ne l’a en effet pas cherché –&amp;nbsp; a alors dans son champ de vision son mari, un mari qui est si bon avec elle qu’il l’oblige à faire une confidence muette pour ne pas le faire souffrir, un mari qui est si bon avec elle que ses sentiments de culpabilité envers lui ne sont même pas émoussés, bien qu’elle les ait largement vécus durant son aventure : au cinéma, par le truchement d’une publicité pour landau, dans le train du retour à Ketchworth, par le biais de ce pasteur qui la regarde par-dessus sa Bible, au buffet de la gare de Milford, par l’intermédiaire de l’histoire du mari volage de Myrtle Bagot dont elle est, en amour, une sorte de contraire, Godby ravissant la tenancière du buffet de la gare à la force de son poignet, elle, aimant Alec Harvey pour son enthousiasme et son romantisme juvéniles, à son domicile, où son fils Bobbie, renversé par une voiture, va indirectement lui rappeler ses devoirs de mère, à l’Hôtel Royal, où Miss Norton et Miss Rolandson, deux vieilles connaissances, vont lui faire connaitre combien est lourd le poids d’un mensonge commis pour couvrir une histoire d’amours clandestines.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-vl0n__5tB9o/TmzKWuB2-3I/AAAAAAAAEHU/TF3oDzgU-k0/s1600/vlcsnap-2011-09-10-13h34m45s164.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-vl0n__5tB9o/TmzKWuB2-3I/AAAAAAAAEHU/TF3oDzgU-k0/s1600/vlcsnap-2011-09-10-13h34m45s164.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-NQPoBeTSLW8/TmzKXV-WkKI/AAAAAAAAEHY/t2nIULi1bas/s1600/vlcsnap-2011-09-11-14h44m54s136.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-NQPoBeTSLW8/TmzKXV-WkKI/AAAAAAAAEHY/t2nIULi1bas/s1600/vlcsnap-2011-09-11-14h44m54s136.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si Laura Jesson émet le désir d’absolument tout garder d’Alec Harvey, c’est&amp;nbsp; bien évidemment dans&amp;nbsp; l’optique de pouvoir supporter la morosité de son quotidien. Mais est-ce que le petit souvenir par-ci et le petit souvenir par-là, quand ils sont attachés à une heureuse histoire d’amours mortes, définitivement mortes, peuvent vraiment colorer la vie d’après, une vie redevenue terne? Après avoir listés, et du coup pu stocker en sa mémoire, tous les détails qui ont fait la richesse de son aventure, l’héroïne de Brève Rencontre va se rendre compte que non et pour échapper un temps à l’inguérissable douleur que ces souvenirs provoquent, inguérissable en effet car Alec Harvey et elle ne faisaient qu’un – il savait se mettre dans sa tête, connaissait ses tourments de femme en bisbille avec sa conscience et l’aimait au point de lui proposer une rupture qu’il ne souhaitait pas&amp;nbsp; – elle va se précipiter dans les bras de son mari,&amp;nbsp; à la recherche d’un réconfort bien légitime, bien légitime certes, mais qui ne la fait revenir à lui que partiellement. Au fond, elle lui revient avec les mots de la Marguerite de la Damnation de Faust de Berlioz, des mots qui disent : &lt;i&gt;« Ah! La paix de mon âme a donc fui pour toujours! Son départ, son absence sont pour moi le cercueil, et loin de sa présence tout me parait en deuil. »&lt;/i&gt;, des mots qu’elle risque fort de répéter longtemps, peut-être toujours, toujours, jusqu’à la fin de ses jours.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1081497535291830922?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1081497535291830922/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/09/breve-rencontre-david-lean.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1081497535291830922'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1081497535291830922'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/09/breve-rencontre-david-lean.html' title='Brève Rencontre (David Lean)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-n4dsNaVP5qw/TmzKV6ZLy2I/AAAAAAAAEHM/ATXNM_ybAsE/s72-c/vlcsnap-2011-08-19-13h33m00s162.png' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-326263125185323920</id><published>2011-08-16T10:03:00.000-07:00</published><updated>2011-08-16T10:03:28.984-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Clin d'oeil à | Lauren Bacall</title><content type='html'>&lt;i&gt;Tanti affetti in un momento ...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;table align="center" cellpadding="0" cellspacing="0" class="tr-caption-container" style="margin-left: auto; margin-right: auto; text-align: center;"&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td style="text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-yRLgMAZgoTU/TkqiLpKAtrI/AAAAAAAAEHA/juAN0BiAlzU/s1600/lb.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: auto; margin-right: auto;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-yRLgMAZgoTU/TkqiLpKAtrI/AAAAAAAAEHA/juAN0BiAlzU/s1600/lb.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td class="tr-caption" style="text-align: center;"&gt;[Lauren Bacall &amp;amp; Gregory Peck dans La femme modèle de Vincente Minnelli]&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-326263125185323920?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/326263125185323920/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/clin-doeil-lauren-bacall.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/326263125185323920'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/326263125185323920'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/clin-doeil-lauren-bacall.html' title='Clin d&apos;oeil à | Lauren Bacall'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-yRLgMAZgoTU/TkqiLpKAtrI/AAAAAAAAEHA/juAN0BiAlzU/s72-c/lb.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7562334508273683885</id><published>2011-08-11T20:25:00.000-07:00</published><updated>2011-08-13T12:02:59.817-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Opera'/><title type='text'>Opera | Allo Madame Butterfly ? Ici la terre ...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;D’une manière générale, les mises en scène d’opéras minimalistes ne me font pas grimper aux rideaux. Surtout quand ce travail du peu &lt;i&gt;préférable au beaucoup&lt;/i&gt; me semble ne pas trop aller dans le sens de l’opéra dont il s’occupe. En dotant sa Madame Butterfly des gestes avares, un peu mécaniques et aristocratiques des artistes de théâtre Nô, Robert Wilson ne m’avait, par exemple, qu'assez peu emballé. Selon moi, les attitudes pincées de sa Cio Cio San disaient mal les battements d’ailes agités du papillon puccinien, ses frénétiques désirs d’envol, ses émois exaltés. Elles me semblaient également mal choisies pour transmettre la hardiesse et le dynamisme dont&amp;nbsp;Butterfly&amp;nbsp;peut parfois faire preuve. Agissante, en rien figée&amp;nbsp;est en effet la petite héroïne japonaise de Puccini,&amp;nbsp;lorsque, par amour pour Pinkerton, elle envoie valdinguer sa religion et l’ensemble de sa famille, et elle nage dans les mêmes eaux rebelles, quand, libérée de son engagement auprès de Pinkerton par la loi japonaise, elle refuse, contre l’avis fort pressant du maigre entourage qui lui reste alors, la main fortunée et propre, propre car lavée de toutes ses amours antérieures, du prince Yamadori. Et cette mise en scène m’avait encore incommodé parce qu’à la percevoir très calculée avec ses artifices empruntés au théâtre Nô et ses éclairages, fort beaux certes, mais terriblement&amp;nbsp;tarabiscotés en écoutant la musique du maestro de Lucques qui, elle, me parait franchement directe, frontale, bien plus&amp;nbsp;nerfs et coeur que raison, c’était pour moi, oui, comme regarder un ciel bleu d’été raconter une grise pluie d’automne ou écouter la colère d’une personne qui soulignerait sa colère d’une posture zen. Certes, la Butterfly du célèbre metteur en scène américain ne m’avait pas non plus totalement déplu, car, à n’exécuter que des pantomimes du théâtre traditionnel japonais, elle fait savoir – visuellement savoir – non seulement que Cio Cio San est fille des institutions et des rituels ancestraux de son pays, mais aussi qu’elle en est la prisonnière à vie, puisque ses gestes ne varient jamais quoiqu’elle fasse ou dise, même, quand pour vivre son amour avec&amp;nbsp;Pinkerton, elle décide de se séparer d’une partie de son héritage culturel. J’avais trouvé cela important, parce qu’au moment de son suicide on oublie un peu, à difficilement résister à la vague hautement émotionnelle que soulève  son désespoir d’avoir tout perdu, y compris son fils, qu’elle se donne avant tout la mort pour retrouver son honneur, et cela quand bien même elle y fait allusion par l’intermédiaire du sabre de son père.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Au passage, faut-il penser ici que les attitudes de Pinkerton, elles aussi très théâtre Nô, font partie de son arsenal de séduction? Le livret le dit américain de dessous la casquette jusqu'à la pointe de ses chaussures...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-YHIHYdbeUhk/TkSKN0r2RrI/AAAAAAAAEFw/xKP0WctzQB0/s1600/butterfly1.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-YHIHYdbeUhk/TkSKN0r2RrI/AAAAAAAAEFw/xKP0WctzQB0/s1600/butterfly1.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Cela dit, les mises en scènes jouant la carte du minimalisme me réservent quelquefois de très bonnes surprises. La version d’Anthony Minghella du même opéra de Puccini, offerte par ma petite chérie il y a deux mois environ,&amp;nbsp;en relève d’ailleurs : des panneaux de bois pour suggérer la maison de Butterfly, de simples kimonos pour elle et&amp;nbsp;la dévouée Suzuki, un costume de consul pour habiller le consul, un uniforme stylisé de lieutenant de marine américaine pour faire savoir que Pinkerton est autant lieutenant de marine américaine que tombeur de dames, c’est, oui, à peu-près tout ce qu’on voit là-dedans. Certes, c’est peu pour les gens qui, comme moi, aiment les scènes d’opéras bien remplies, mais c’est bien quand même. Déjà, parce que sur cette scène-là, il n'y a pas de décalage entre le son et l’image, les gens bougeant bras et jambes synchronisés sur la parole qu’ils disent ou entendent. Mais mieux que cela, la maison de Butterfly bouge, et lorsque ses panneaux coulissants se mettent à coulisser, c’est franchement pour le mieux, parce qu’alors ce décor peut devenir tout ce qu’on veut : un nid pour l’amour, une&amp;nbsp;méchante garçonnière, un refuge pour femme abandonnée, le berceau d’un inextinguible regret, ou bien encore, parce que ces panneaux c’est vraiment selon son imagination ou son pouvoir de se mettre à la place de, de simples panneaux de bois coulissants qui coulissent. Mais mieux encore que la petite poésie de la maison qui bouge est la scénographie de &lt;i&gt;Vogliatemi bene&lt;/i&gt;. Parce qu’avec ses irréels pétales de couleurs qui dégringolent du ciel et ses lampions de fête imaginaires, cette mise en scène semble autant planter Butterfly, Pinkerton et leur nuit de noces dans un univers de roman d’amour que dire, poétiquement et à l’échelle d’une vaste&amp;nbsp;scène de théâtre, les pensées, les émotions de Butterfly durant sa nuit de noces. Et pour cause, quand celle-ci, encouragée par son futur amant, don juan qui sait y faire, s’élance vers lui, toute heureuse et pleine d’amour pour lui, ces lampions de fête s’animent et se figent dès lors qu’elle-même se fige pour n’avoir pas reçu la réponse ou le geste de tendresse qu’elle attend. Et il y a encore, sur &lt;i&gt;Vogliatemi bene&lt;/i&gt;, ce miraculeux rideau rouge qui tombe. Miraculeux, en effet, parce qu’il pourrait tout simplement&amp;nbsp;descendre des cintres pour venir&amp;nbsp;pudiquement masquer la consommation de la nuit de noces, ou pour dire, un peu avant l’heure, qu’avec l'acte d'amour charnel, le bonheur de Butterfly a pris fin, ce rideau tombant tel un rideau de théâtre à la fin d’une pièce, ou bien encore pour qu’on puisse peut-être y voir&amp;nbsp;la&amp;nbsp;porte&amp;nbsp;d'une geôle&amp;nbsp;que Butterfly, après le départ précipité de Pinkerton, abaisserait et verrouillerait sur elle-même. A s’enfermer non pas tant dans l’attente du retour de son bien-aimé que dans un rêve, Pinkerton ayant réussi, grâce à ce qu’il est, grâce&amp;nbsp;au pouvoir d'illusion dont il est naturellement doté, à se hisser au niveau de son idéal amoureux, et à ne tirer aucune leçon des multiples&amp;nbsp;occasions qu’il va lui donner pour s’apercevoir qu’il n’est pas du tout l’homme de son idéal, Butterfly devient, oui, prisonnière de son rêve ou&amp;nbsp;l’esclave d’un homme qui, en fait, ne sera&amp;nbsp;jamais venu que dans son imagination. A sa décharge, c'est une rêveuse, une vraie&amp;nbsp;fille de la Lune...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-pXxTbPF9MnQ/TkSKPx2H-AI/AAAAAAAAEF0/Gmsx5LUUxSM/s1600/butterfly2.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-pXxTbPF9MnQ/TkSKPx2H-AI/AAAAAAAAEF0/Gmsx5LUUxSM/s1600/butterfly2.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«  Je suis comme la déesse de la Lune qui descend la nuit sur la terre par un pont venu des cieux »&lt;/i&gt; confie Butterfly peu de temps avant le célèbre &lt;i&gt;Vogliatemi bene&lt;/i&gt;, l’un des plus beaux airs que Puccini a composés. Fichtre !, on la dit nippone, elle affirme&amp;nbsp;venir d'abord&amp;nbsp;du pays des rêves. A y séjourner, et sûrement plus souvent qu’à son tour, vu la formule qu’elle emploie, c’est donc forcément une rêveuse. Et parce que l’amour habite toujours les rêves d’une rêveuse, elle a bien évidemment rêvé d’amour. Elle, elle l’a fait autour d’un idéal formé de tout ce qu’elle n’est pas : la force, le rire facile, les choses&amp;nbsp; venues d’ailleurs. Ce n’est pas très original, ni franchement ce que j’aime, mais, après tout, pourquoi pas. La force, le rire facile et les choses venues d’ailleurs, c’est Pinkerton tout craché. Aussi, quand ce beau lieutenant de marine américaine débarque dans le port de sa ville puis dans sa vie, elle va l’aimer. Elle va même faire mieux que cela, parce qu’à voir dans cet homme, qui, lui, ne pense qu’à pénétrer son jardin fleuri, une image vivante de son idéal amoureux (il a la force, le rire facile, etc... de son idéal amoureux), elle va le sacraliser – &lt;i&gt;« &lt;b&gt;B-F&lt;/b&gt; Pinkerton! &lt;b&gt;B-F &lt;/b&gt;Pinkerton! »,&lt;/i&gt; l’appelle-t-elle du reste, comme on dirait &lt;b&gt;saint&lt;/b&gt; Pierre ou &lt;b&gt;saint&lt;/b&gt; Paul ou &lt;b&gt;saint&lt;/b&gt; Jacques; bigre!, une femme raisonnablement amoureuse aurait simplement nommé Pinkerton par son double prénom Benjamin-Franklin ou par Pinkerton, mon beau militaire, mon amour, mon chéri, mon brigand ou bien encore par mon chat, mon petit loup ou mon ange. Son souci, son problème, c’est qu’à sacraliser ce Pinkerton, ce Pinkerton qui ne mérite certainement pas d’être couronné de tels lauriers, et cela, même dans sa phase de repentance – les regrets, à quoi bon, en effet, quand, à son âge, on doit savoir, depuis longtemps, où se trouve le Mal? – elle&amp;nbsp;ne peut qu'évacuer tous ces petits signes de donjuanerie que son beau lieutenant de marine américaine distille tout au long du sublime &lt;i&gt;Vogliatemi bene&lt;/i&gt;, le désir qui le titille alors&amp;nbsp;de plus en plus fortement l'incitant à de moins en moins donner dans le rond de jambe.&amp;nbsp;Ces signaux, qu'elle rejette comme une croyante&amp;nbsp;qui se débarrasserait d'un doute enquiquinant sur Dieu,&amp;nbsp;elle les perçoit pourtant durement, au plus profond de son âme&amp;nbsp;:&amp;nbsp;du silence de son futur amant, lorsque, étonnée et déçue de ne pas l’avoir encore entendu lui dire je t’aime, elle lui quémande ces trois mots d’amour comme une morte de soif,&amp;nbsp;jusqu'aux baisers qu’il lui donne de plus en plus&amp;nbsp;gonflés&amp;nbsp;de&amp;nbsp;désir&amp;nbsp;et les&lt;i&gt; « viens, viens, viens »&lt;/i&gt; qu’il prononce de plus en plus impatiemment, car toutes&amp;nbsp;ces preuves d’amour qu’il avance, elle ne peut pas ne pas se rendre compte&amp;nbsp;qu'elles&amp;nbsp;sont toutes contraires à son unique&amp;nbsp;vœu d'amour,&amp;nbsp;qui est celui  d’être aimée &lt;i&gt;« comme on aimerait un enfant »,&lt;/i&gt; d’être entourée par des bras d’une tendresse aussi &lt;i&gt;« vaste que le ciel et la mer. »&lt;/i&gt; Mais, sous l’influence d’un Pinkerton qu’elle a revêtu de son idéal amoureux, parce qu’il a la force, le rire facile et les choses venues d’ailleurs que demande cette chimère, et qu’il a été habile à donner à cette chimère&amp;nbsp;un semblant de réalité, elle éludera tout. Tout ce qui sera contraire à son rêve. Tout. Absolument tout. Jusqu’au bout. Jusqu’au seppuku.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-75YsbT4dSk0/TkSKRWY3hYI/AAAAAAAAEF4/JJ2aBEx0y2g/s1600/butterfly3.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-75YsbT4dSk0/TkSKRWY3hYI/AAAAAAAAEF4/JJ2aBEx0y2g/s1600/butterfly3.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7562334508273683885?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7562334508273683885/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/opera-allo-madame-butterfly-ici-la.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7562334508273683885'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7562334508273683885'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/opera-allo-madame-butterfly-ici-la.html' title='Opera | Allo Madame Butterfly ? Ici la terre ...'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-YHIHYdbeUhk/TkSKN0r2RrI/AAAAAAAAEFw/xKP0WctzQB0/s72-c/butterfly1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7158102979655373793</id><published>2011-08-11T17:15:00.000-07:00</published><updated>2011-08-13T05:29:29.989-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Série TV'/><title type='text'>Clin d'oeil au | Maigret de Bruno Crémer</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai tellement vu et revu Bruno Crémer dans son Maigret qu'il fallait bien que je lui consacre un billet.Je l'ai fait sous la forme d'un diaporama, parce que voir cet acteur-là dans ce rôle-là, c'est pour moi toujours un régal. Cela m'a permis aussi de saluer quelques-uns des ses partenaires qui, par leur talent et leur implication, ont rendu certains épisodes de cette série inoubliables. Je pense notamment à Jacques Spiesser, Claude Piéplu, Roger Pierre, Emmanuel Salinger, Jeanne Herry, Christine Boisson, Maria Schneider, Agnès Soral, Heinz Bennent, Colette Renard, Alexandra Vandernoot, Denise Chalem, Etienne Chicot, etc,etc...&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt; &lt;embed flashvars="host=picasaweb.google.com&amp;amp;captions=1&amp;amp;hl=en_GB&amp;amp;feat=flashalbum&amp;amp;RGB=0x000000&amp;amp;feed=https%3A%2F%2Fpicasaweb.google.com%2Fdata%2Ffeed%2Fapi%2Fuser%2Fhereinmyhead59%2Falbumid%2F5639725104639524497%3Falt%3Drss%26kind%3Dphoto%26hl%3Den_GB" height="400" pluginspage="http://www.macromedia.com/go/getflashplayer" src="https://picasaweb.google.com/s/c/bin/slideshow.swf" type="application/x-shockwave-flash" width="600"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/center&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7158102979655373793?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7158102979655373793/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/clin-doeil-au-maigret-de-bruno-cremer.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7158102979655373793'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7158102979655373793'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/08/clin-doeil-au-maigret-de-bruno-cremer.html' title='Clin d&apos;oeil au | Maigret de Bruno Crémer'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1319413756494557122</id><published>2011-07-15T17:40:00.000-07:00</published><updated>2011-07-25T14:11:10.471-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Gens de Dublin (John Huston)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Si tu es, comme tu prétends l'être, la fille d'Aughrim,  donne-moi le premier gage qui fut échangé entre toi et moi. Ne te rappelles-tu pas cette nuit sur la colline quand nous nous rencontrâmes ? Ce que je regrette aujourd’hui amèrement. »&lt;/i&gt; – vieille complainte irlandaise.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/-wWQa5VR_0tE/TiDZu7cjNiI/AAAAAAAADxc/hy9uvlPjYJg/s1600/vlcsnap-2011-07-10-14h37m03s254.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://4.bp.blogspot.com/-wWQa5VR_0tE/TiDZu7cjNiI/AAAAAAAADxc/hy9uvlPjYJg/s1600/vlcsnap-2011-07-10-14h37m03s254.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quand, au bout de trois quarts d’heure de film, l’ensemble des invités de Kate et Julia Morkan et de leur nièce Mary Jane s’assoiraient  à la table de ces trois femmes pour y déguster une oie de Noel, moi, je me suis demandé s’il fallait vraiment que j’assiste à ce diner. Pour n’avoir étalé jusque-là que des bavardages guindés et superficiels, tous ces gens, de vieille connaissance pourtant, me faisait en effet un peu suer et leur rigoureuse éducation m’incitait fortement à croire que ce ne serait pas pendant ce repas que j’arriverais à me mettre sous la dent, ou plutôt dans l'oreille, quelques paroles enfin consistantes, car cette éducation, indiscutable métronome de leur existence à rythmer chacun de leurs gestes comme chacune de leurs paroles, c’était sûr !, elle ne les autoriserait pas à parler la bouche pleine.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Grâce à l’oie, j’ai finalement vu le diner. L’ayant jugée bien trop petite pour régaler la quinzaine de personnes présentes, j’étais en effet curieux de savoir ce que George Conroy  allait bien pouvoir mettre dans son assiette après l’avoir découpée dans les règles de l’art et servie avec les usages que son éducation lui imposait, c’est-à-dire en ne faisant pas sien ce proverbe qui dit que charité bien ordonnée commence par soi-même.   Et c’est grâce à l’évocation de la Bohème de Puccini, qui allait bientôt animer ce repas de fête et le faire contre toute attente, que j’ai pu voir jusqu’au bout la toute dernière œuvre de John Huston.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-NLILmSJA2VM/TiDZtrJQ-NI/AAAAAAAADxU/WAbfsU9Bj2k/s1600/vlcsnap-2011-07-10-14h23m23s243.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-NLILmSJA2VM/TiDZtrJQ-NI/AAAAAAAADxU/WAbfsU9Bj2k/s1600/vlcsnap-2011-07-10-14h23m23s243.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A mettre au menu de leurs conversations Rodolfo,  le héros de la Bohème, j’avoue, oui, que les convives des tantes Kate et Julia, et de leur nièce Mary Jane, m’ont aussitôt intéressé. Il faut dire que lorsqu’on aime l’opéra, les gens qui en parlent, qu’ils soient de Dublin ou d’ailleurs, intéressent forcément. A causer autour de l’air de la petite main gelée de Mimi, et non autour du non moins célèbre « O soave fanciulla » du même Rodolfo,  j’avoue même que tous ces gens m’ont franchement intéressés,  car bien plus intéressants encore que les gens qui parlent opéra pour parler opéra sont les gens qui parlent opéra pour parler d’eux-mêmes.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parler opéra pour parler de soi, c’est effectivement ce que vont faire Bartell D’Arcy, sa voisine de droite, la tante Kate, Gretta Conroy, Mr Grace et quelques autres encore. Certes, comme bon nombre de gens qui parlent opéra pour parler opéra, la technique du genre et les bons ou les mauvais souvenirs de représentations vont principalement nourrir leurs échanges, mais dans le même temps, qui  est à l’origine de ce débat, qui l’enflamme, sur qui lorgnent-ils tous et qui force vraiment leur admiration si ce n’est … le Rodolfo de l’air de la petite main gelée de Mimi? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Amour, spontanéité, hardiesse, franchise, dans son grand air du premier acte, Rodolfo est tout cela à la fois. Il est la vie, la vie qui pétille, la vie qui fait envie, et c’est précisément cette vie qui remue et qui fait vibrer que tous ces gens regardent sans jamais oser la nommer, la leur n’étant  qu’une longue enfilade de minutes déraisonnablement raisonnables. Certes, prisonniers d’une geôle dont la première pierre avait été posée le jour même de leur naissance  par la tradition, la religion et l’éducation, ils s’étaient habitués à leur condition. Ils s’étaient du reste si bien habitués à leur statut d’emmurés vivants que le goût de se rebeller contre ces trois vieilles mères de la société irlandaise du début du siècle ne leur venait jamais. Avec l’âge, leur était même venue l’illusion du bonheur, fichtre, ils n’étaient pas pauvres, n’allaient jamais seuls à tous traverser la vie dans la même barque étroite, et si les rêves abandonnés en cours de route par crainte des réprimandes, voire de l’exclusion, n’étaient que déceptions et amertume  sur le coup, les années qui passaient les transformaient en souvenirs de plus en plus chauds :  &lt;i&gt;« Parkinson, c'était pour moi le plus suave et le plus mélodieux des ténors anglais »&lt;/i&gt; allait du reste dire la tante Kate, en accompagnant cette déclaration, que Puccini lui avait très certainement inspirée, d’yeux si grands ouverts sur son cœur que sa passion secrète pour ce chanteur inconnu de tous ne fut plus un secret pour personne. Mais, ils avaient beau être des prisonniers habitués à ne voir la vie qu’à travers des barreaux, la vie, ses envies et ses folies, ne les habitaient pas moins.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Rodolfo, si admiré par eux et dans le même temps si  contraire à la morne mécanique de leurs existences, à leurs jours privés de toute spontanéité, à leurs heures académiques,  à leurs minutes sans amour, me faisait donc soudainement et clairement comprendre ce que je n’avais pas cru possible jusque-là, soit que bien loin d’aimer la petite vie bien rangée qu’ils avaient, tous la subissaient, faisaient contre mauvaise fortune bon cœur, policée qu’elle était  à la fois par la tradition, la religion et l’éducation. Par curiosité, mais aussi par envie de savoir si le film de John Huston ne contenait pas dans ses trois premiers quarts d’heures d’autres indices qui auraient pu m’amener à faire ce constat plus tôt -  petits trésors d’écriture que je n’avais peut-être pas vus  parce qu’il a su merveilleusement transmettre l’ennui - j’ai quitté là ses Gens de Dublin pour le reprendre de zéro, certes en ayant recours à la touche d’avance rapide de mon lecteur. Cela dit, même relues rapidement, ces 45 premières minutes m’ont permis d’en récolter cinq ou six, comme le morceau de piano qui autorise à Mary Jane de parler un langage interdit en son pays, celui du cœur ; comme cette allocution longtemps préparée à l’avance de George Conroy, attendu que lui, du fait de son éducation, n’est même plus capable de parler le langage du cœur ; comme le poème de Mr Grace parce qu’il prône la passion amoureuse, la rébellion et la bravoure ; comme Julia évincée du chœur de l’église par l’Eglise parce qu’elle n’était pas un homme ; comme encore l’alcoolisme de Freddy Malins, la bouteille et son ivresse lui permettant d’oublier un peu l’autorité de sa mère, et avec elle, celles des trois vieilles mères de la société irlandaise du début du siècle, la vieille dame, très à cheval sur les principes, traditionaliste et si pieuse qu’elle pouvait faire allusion à la mort sans avoir de frisson, étant, oui, fidèlement taillée à leur image. Elle était même mieux que cela, elle était les trois à la fois. &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-mQfW0mKJp0s/TiDZsmuJWHI/AAAAAAAADxQ/Ujm9cbIRKdA/s1600/vlcsnap-2011-07-10-13h46m54s61.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-mQfW0mKJp0s/TiDZsmuJWHI/AAAAAAAADxQ/Ujm9cbIRKdA/s1600/vlcsnap-2011-07-10-13h46m54s61.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si, à causer opéra pour parler d’eux-mêmes, je m’étais largement rabiboché avec ces gens de Dublin,  la longue descente d’escalier que Gretta Conroy va entreprendre sur l’air de la fille d'Aughrim, la douloureuse confidence que cette femme va faire à son mari dans leur chambre d’hôtel et les conséquences que cet homme va rapidement en tirer me feraient carrément aimer ce Gens de Dublin que, soit dit en passant, John Huston produisait l’année de sa mort. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut dire qu’Angelica Huston descendait l’escalier des tantes Kate et Julia, et de leur nièce Mary Jane, à la manière d’une actrice-vedette du meilleur Hollywood. Il faut dire encore que Gretta, lors de sa confidence, n’est pas qu’une femme qui pleure sur un amour de jeunesse mort, car, bien que son cœur y soit toujours attaché, ce qui la tourmente avant tout c’est ce geste qu’elle n’a pas osé faire pour donner vie à cet amour. Et son drame est terrible parce qu’elle se reproche une lâcheté dont elle n’est pas directement responsable, victime qu’elle est, comme bon nombre de ses contemporains, du conservatisme rigide de son pays. Et quelle horreur, vraiment, de la voir se punir, se punir pour une couardise qu’elle n’a pas réellement commise, en prêtant à son amoureux de 17 ans, fragile poète épris d’elle au point de pouvoir mourir pour elle  – ce qu’il fera d’ailleurs – les mots de l’amant déçu de la fille d'Aughrim, des mots que, s'il les avait chantés, il ne les avait jamais pensés. Il faut dire enfin que le discours que George Conroy va tirer des aveux de son épouse n’est pas du tout celui  d’un mari jaloux. C’est celui d’un homme qui en a désormais fini avec le mensonge, avec tous les mensonges, mensonges d’autrui, mensonges sur lui-même et déni de la mort. A pouvoir maintenant regarder la grande Faucheuse en face, il la verra du reste partout – c’est là chose inévitable – et du coup, conseillera sur la vie. Comme John Huston lui a fait si joliment dire tout cela – ou serait-ce Joyce ? – laissons-le dire :&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-y1Lx9twbZcs/TiDZwX1o5AI/AAAAAAAADxk/HNP8jtgZ5y0/s1600/vlcsnap-2011-07-10-15h17m41s197.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-y1Lx9twbZcs/TiDZwX1o5AI/AAAAAAAADxk/HNP8jtgZ5y0/s1600/vlcsnap-2011-07-10-15h17m41s197.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Oui les journaux ont raison qui annoncent des chutes de neige sur l'ensemble du pays. La neige tombe partout, sur les sombres plaines du centre, sur les collines sans arbres. Elle tombe, feutrée, sur les tourbières d'Allen, et plus loin vers l'ouest, feutrée, sur les vagues sombres de Shannon. Combien de temps as-tu enfermé dans le secret de ton cœur l'image des yeux de ton amant lorsqu'il t'a dit qu'il ne voulait pas vivre? C'est un sentiment qu'aucune femme ne m'a jamais inspiré, à moi, mais je sais que ce sentiment doit être l'amour. L'un après l'autre, nous deviendrons tous des ombres, mieux vaut passer  audacieusement dans l'autre monde sous l'empire glorieux d'une passion que de s'estomper et se faner tristement avec l’âge. Songe à la multitude de ceux qui furent depuis l'origine des temps, et moi, aussi passager qu'eux, m'effaçant moi aussi peu à peu pour me fondre dans leur grisaille. Comme tout ce qui m'entoure, ce monde massif lui-même, qu'ils ont bâti pour y vivre, décline peu à peu et se dissout. La neige tombe,  elle tombe sur le cimetière solitaire ou Michael Furey est enterré. Frêle chute à travers tout l'univers, elle chute, frêle, comme la descente de leur fin dernière, sur tous les vivants et les morts. »&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;Gens de Dublin, gens de partout et de tout temps finalement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1319413756494557122?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1319413756494557122/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/07/gens-de-dublin-john-huston.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1319413756494557122'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1319413756494557122'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/07/gens-de-dublin-john-huston.html' title='Gens de Dublin (John Huston)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/-wWQa5VR_0tE/TiDZu7cjNiI/AAAAAAAADxc/hy9uvlPjYJg/s72-c/vlcsnap-2011-07-10-14h37m03s254.png' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2269109831166622768</id><published>2011-06-12T15:35:00.000-07:00</published><updated>2011-06-12T15:59:12.804-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>La Résurrection de Mozart (Nina Berberova)</title><content type='html'>&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ermj1tZ1Adw/TfU5CtZnXII/AAAAAAAADwY/R78osaw3jTs/s1600/berberova.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-ermj1tZ1Adw/TfU5CtZnXII/AAAAAAAADwY/R78osaw3jTs/s1600/berberova.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est à Sedan que le roman de Nina Berberova commence. A Sedan, où l’Histoire semble vouloir se répéter, puisqu’au mois de mai 1940, Guderian s’empare de cette ville, &lt;i&gt;« depuis longtemps démodée comme la crinoline »&lt;/i&gt;, comme l’avait fait, soixante-dix ans plus tôt, l’implacable comte Helmuth von&amp;nbsp; Moltke.&amp;nbsp; En Juin, mois de la résurrection de Mozart, la mobilité des panzers du général,&amp;nbsp; plus efficace que la statique ligne Maginot, permet&amp;nbsp; à Hitler de faire plier la France selon son vœu, soit depuis le wagon-restaurant de la clairière de Rethondes, et c’est peu de temps avant ce jour de revanche longtemps ruminée, que l’on fait connaissance avec les héros de l’auteure russe à la plume à la fois simple comme bonjour et élégante comme une robe du soir.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces héros sont au nombre de neuf, cinq hommes et quatre femmes, immigrés russes pour la plupart, et lorsqu’on les rencontre pour la première fois, ils tentent de vivre du mieux qu’ils peuvent les derniers instants de paix que leur accordent les cinquante kilomètres qui séparent la ligne de front de ce pavillon de banlieue parisienne où ils sont tous réunis.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Instants de paix, encore que, comment l’être en paix, lorsque le temps ne se compte plus aux tic-tacs des horloges mais au bruit des bombes qui se rapproche? De même, comment ces neuf-là pourraient-ils pleinement profiter d’une table qui ne manque de rien et d’un début d’été prometteur quand la majorité d’entre eux, exilés forcés, savent quel espoir il faut remettre en l’homme pour pouvoir sortir des jours sombres le moins abimé possible? Quant aux autres, à tout ignorer de la guerre,&amp;nbsp; leur ignorance les incitent naturellement à interroger l’effroyable et tapageuse inconnue.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cela dit, on a beau se savoir un pied dans le vide, l’instinct de vie nous incite toujours à privilégier celui qui nous tient sur la terre ferme. Aussi, quand la fine et toujours jeune&amp;nbsp; Maria Leonidovna,&amp;nbsp; &lt;i&gt;« Tout en elle, hormis son visage, était jeune, svelte et charmant »&lt;/i&gt;, lance à ses invités l’idée d’un jeu,&amp;nbsp; tous, absolument tous, acceptent d’y participer. Seulement voilà, l’instinct de vie a beau nous commander de ne voir que le pied qui nous tient sur la terre ferme, on n’en oublie pas pour autant complètement le pied qui se balance dans le vide.&amp;nbsp; Ainsi quand Maria Leonidovna demande à&amp;nbsp; ses compagnons d’infortune qui ils aimeraient ressusciter, ceux-ci lui renvoient de joyeuses réponses de condamnés. Liesse et relent de dernière volonté en effet pour Manioura Krein, le Pouchkine qu’elle choisit, en gai testament qu’elle se fait à elle-même, la remboursant de toute une vie empoisonnée par l’ennui. Et il en va de même pour son mari Fédor Egorovitch, une rage provoquée par certaines théories de Tolstoï, une rage de toute une existence et que seul un face à face pourrait apaiser, le poussant à faire renaître le géant d’Iasnaïa Poliana. Quant à Madeleine, ce sont les bras &lt;i&gt;« d’un simple mortel »&lt;/i&gt;, d’un simple mortel, certes, mais quand même du genre &lt;i&gt;« jeune homme du début du siècle dernier »&lt;/i&gt; qu’elle &lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-Yk6fnrOhFzY/TfU5Jbb9GPI/AAAAAAAADwc/V3wSFz1INZA/s1600/mozart.png" imageanchor="1" style="clear: left; float: left; margin-bottom: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-Yk6fnrOhFzY/TfU5Jbb9GPI/AAAAAAAADwc/V3wSFz1INZA/s1600/mozart.png" /&gt;&lt;/a&gt; désire s’offrir&amp;nbsp; en ultime vœu, et cela, afin de se consoler de cette vie qui lui a faite des &lt;i&gt;« épaules comme des boules »&lt;/i&gt;, bien trop rondes, en fait, pour qu’un homme, même moche, puisse s’intéresser à elle. Et puis, il y a tous les autres qui crient, dans la joie, leur vie faite de rien, de rien d’autre que d’eux-mêmes. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Bien évidemment, Maria Leonidovna n'échappe pas au jeu qu'elle a elle-même initié. Comment le pourrait-elle d’ailleurs, pour y avoir joué, intérieurement, bien avant tout le monde? Au reste, pour elle, ce jeu n’est pas véritablement un jeu, mais plutôt un test, et c’est parce qu’elle est fortement déçue par l’égoïsme de son entourage,&amp;nbsp; par ces huit personnes seulement préoccupées d’elles-mêmes, que la dame &lt;i&gt;« au visage fané, mais aux mains restées belles »&lt;/i&gt; va taire sa propre réponse.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mozart. Personne donc n’entendra ce Mozart qu’elle cite, non en &lt;i&gt;« vieille dame qui cultiverait pour la musique une passion maladive »&lt;/i&gt;, ni par concupiscence, &lt;i&gt;« heureusement, j’ai passé l’âge »&lt;/i&gt; dit-elle, mais parce que le petit génie de Salzbourg, &lt;i&gt;« pur, transparent et éternel »&lt;/i&gt; en son esprit, lui fait répéter les sublimes mots de Schubert :&amp;nbsp; &lt;i&gt;« Ô Mozart, immortel Mozart, comme elles sont nombreuses, comme elles sont innombrables, les visions que tu as laissées dans notre âme d'une vie meilleure, plus heureuse! »&lt;/i&gt;, des mots qui, en cette période troublée, résonnent, dans sa tête de femme en quête d’espoir et d’amour, comme une prière faite à Dieu Lui-même, le musicien, tout imprégné d’amour et d’humanité qu’il était, ne lui servant pour ainsi dire que d’intermédiaire entre elle et Lui.&amp;nbsp; Connu de tous, tout aussi bien du postier que du jardinier, que de l’épicier ou que du chef de gare, &lt;i&gt;« ils viendraient tous pour l’écouter, quelle joie ce serait alors, car il n’y aurait plus de guerre ! »&lt;/i&gt; ajoute-t-elle encore, avant d’éteindre cette joie, comme on éteindrait la lumière, car pour l’heure, la seule musique qu’elle entend, ce n’est pas franchement du Mozart,&amp;nbsp; ce signe de Dieu, c’est le crépitement des bombes et les huit&lt;i&gt; « Il est temps de partir »&lt;/i&gt; inquiets de ses invités.&lt;br /&gt;Dans les jours qui vont suivre, Maria Leonidovna, restée seule en son pavillon, mais pas plus seule dans ce pavillon à ce moment-là déserté par tous qu’elle ne l’était du temps où elle recevait, et spectatrice désolée d’un exode dans lequel elle va bientôt prendre place, va recevoir, à plusieurs reprises, la visite de ce Mozart qui, pour avoir su si bien &lt;i&gt;« mettre les notes qui s’aiment ensemble »&lt;/i&gt;, je le cite, semble avoir été inspiré par Dieu en personne. Des visites? Que nenni, нет (niet) pour utiliser la langue maternelle de Nina Berberova, plutôt des songes, des désirs et des envies de femme ensommeillée qui sont, en fait, autant d’appels du pied à Dieu pour que de là-haut, Il lui fasse signe. Prisonnière de son attente de divin, parce qu’esclave de sa foi vacillante, sans déraison cela dit, car Maria Leonidovna, femme d’esprit, le sait bien, elle, qu’il n’y a que la foi qui pourra l’aider à supporter un nouvel exil, une nouvelle guerre, elle finira même par imaginer dans le réfugié, qu'elle va bientôt héberger, le céleste messager qu’elle attend. Mais, fichtre, point de miracle pour l’admirable Maria Leonidovna, seulement un mirage, car si cet homme possède bien la silhouette bonhomme de Mozart, où trouver chez ce personnage de triste mine, mutique et errant, le rire, la grâce, la soif d’amour tout divine du maestro, ce rire et cette grâce qu’on entend si bien dans le &lt;i&gt;« Non più di fiori&amp;nbsp; »&lt;/i&gt; de la Clémence de Titus, aria dans laquelle on perçoit également sa soif d’amour et une incroyable capacité de le donner par l’intermédiaire de cette clarinette qui vient soutenir, solide, tendre et caressante, le chant, comme on soutiendrait le bras d’un aveugle qui traverserait une rue encombrée de voitures? Et la pauvre Maria, trop déçue et trop abattue, ne trouvera pas le courage pour se dire que Dieu, que Dieu peut-être, lui a envoyé là, par le biais de cet homme, le Mozart que notre monde mérite.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Dans le ciel, avec un bruit inconnu jusque-là, ressemblant à un hurlement, planaient deux bombardiers allemands. »&lt;/i&gt; Finalement, c’est là, sur la route de l’exode, du sauve-qui-peut généralisé, sans cesse harcelée par les Stukas doublement terrorisants à semer la mort et à l’annoncer par avance grâce à leur sirène, que Maria Leonidovna trouvera le courage qu'elle espérait tant trouver ailleurs. Elle espérait du ciel la foi,&amp;nbsp; il allait seulement titiller son instinct de conservation. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-2269109831166622768?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/2269109831166622768/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/06/la-resurrection-de-mozart-nina.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2269109831166622768'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2269109831166622768'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/06/la-resurrection-de-mozart-nina.html' title='La Résurrection de Mozart (Nina Berberova)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-ermj1tZ1Adw/TfU5CtZnXII/AAAAAAAADwY/R78osaw3jTs/s72-c/berberova.png' height='72' width='72'/><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2667698437834133651</id><published>2011-05-01T12:09:00.000-07:00</published><updated>2011-05-01T12:21:47.598-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Apostrophes | Spéciale Albert Cohen</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En décembre 1977, Bernard Pivot apostrophait Albert Cohen depuis son antre genevoise; fin décembre 2010, la précieuse interview, publiée entretemps par les éditions Gallimard et l’INA, sortait de la hotte à cadeaux de ma petite chérie. Ce fut un beau cadeau de Noel, attendu que je voue à l’auteur de Solal, du Livre de ma Mère et de Belle du Seigneur une admiration sans borne, une admiration telle en fait que je ne pourrais qu’applaudir lorsque, la galette enfournée dans son lecteur, j’entendrais le célèbre journaliste regretter qu’&lt;em&gt;« Albert Cohen était un écrivain bien moins connu que d’autres qui n’ont pas le tiers de sa verve, le quart de son invention et le dixième de sa sensibilité »&lt;/em&gt; et, bien sûr, répéter ces applaudissements lorsqu’ en toute fin d’émission François Mitterrand dirait à-propos du romancier que &lt;em&gt;« depuis Proust, il n’y a pas eu un écrivain de langue française de ce niveau. »&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce fut un beau cadeau de Noel, disais-je, car si d’une part cette émission allait pleinement régaler mon côté fan de base à me montrer un Albert Cohen rigoureusement fidèle à l’image toute « solalienne » que je m’étais faite de lui,  de l’autre, elle allait aussi fichûment me ravir à dérouler une conversation dont le moins que l’on puisse en dire est qu’à mêler le séduisant au lucide, l’émouvant au désagréable, elle lui ressemblait en tout point.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-gP4X-4NMqEc/Tb2qowSpJUI/AAAAAAAADvU/easxVImQMhI/s1600/vlcsnap-2010-12-28-20h14m54s89.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-gP4X-4NMqEc/Tb2qowSpJUI/AAAAAAAADvU/easxVImQMhI/s1600/vlcsnap-2010-12-28-20h14m54s89.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Désagréable, brutal même, Albert Cohen, revêtu pour l’occasion d’un T-shirt blanc et d’une robe de chambre rouge, d’une robe de chambre rouge qui n’avait rien de balzacien cependant car cette tenue de soirée, préciserait-il, c’était son &lt;em&gt;« uniforme national »,&lt;/em&gt; le serait du reste d’entrée. A évoquer presto, à vrai dire aussitôt après avoir reçu les éloges du bon Pivot, le thème principal du Livre de ma Mère par ces mots : &lt;em&gt;« Les fils sont une engeance affreuse, ils ne savent pas que leurs mères sont mortelles »&lt;/em&gt; et à enchainer sur une confidence&amp;nbsp;qui aurait pu être glaçante pour bon nombre de spectateurs de ce soir-là : &lt;em&gt;« Ma mère n'avait pas de moi, son moi c'était moi »,&lt;/em&gt; on aurait même pu croire qu’il tenait à ce que son émission ne verse pas trop dans cette sorte de flatterie à trois qu’on pratique souvent à la télévision ou à la radio, le journaliste flattant l’invité qui à son tour flatte le public en lui débitant sans fin des propos d’homme politique en campagne.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cela dit, cette glaciale entrée en matière, glaciale pour bon nombre de fils du moins, contenait aussi ce qui fut peut-être la plus grande douleur de l’écrivain, et puisqu’un homme en connait toujours plus d’une, de grande douleur, et qu’on se trouvait alors dans le bon tempo, on saurait tout de suite après, et cela par l’entremise d’une anecdote chutant sur une belle pointe d’humour morbide, quelle avait été la seconde, en fait, la première, si on la regarde du seul point de vue du temps : &lt;em&gt;« En sortant du lycée, je vois un camelot qui vend un détacheur universel. J'étais à l'affut d'entendre parler français, qui était devenu ma langue. […] Tout à coup, je vois ce camelot qui s'arrête de parler et qui me regarde. A ce moment-là, l’une de ses canines sort de ses lèvres, quelque chose d'animal, et il me dit : toi t'es un petit youpin, j'ai l'œil américain, moi. On n’aime pas les juifs par ici. Ton père est de la finance internationale, ton père trahit comme Dreyfus .A ce moment-là, j'ai eu un mouvement qui me gêne à dire : j'ai essayé d'obtenir sa bonté et j'ai souri […] et à ce sourire d'enfant qui était si content d'entendre parler français et qui voulait partager sa joie et son admiration avec ceux qui étaient là, à côté de lui, il me dit : fous le camp, retourne à Jérusalem voir si j'y suis ! C'était un tout petit pogrom, on a fait beaucoup mieux depuis. »&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La seconde grande douleur d’Albert Cohen fut donc, du moins c’est que je pense, l’antisémitisme, celui de la rue, du préjugé, comme celui des théories raciales colportées sans aucun fondement à travers les siècles. Quand il y sera confronté, Solal, le héros magnifique de Belle du Seigneur, quittera le confort douillet de son poste de dirlo à la SDN pour rejoindre les siens. Et étrangement, dans son émission, Albert Cohen allait entreprendre une démarche similaire, puisqu’après avoir évoqué l’antisémitique vendeur de rue, il se mettrait à énumérer les gens de son clan. Ce serait tout d’abord Marcel Pagnol, &lt;em&gt;« Avec lui, j'ai senti qu'un juif pouvait être aimé »&lt;/em&gt; dirait-il de l’écrivain juste avant d’honorer la mémoire de cet ami de toujours en récitant, de tête, l’un de ses nombreux poèmes de jeunesse, puis viendraient les filles du Gentil, car  &lt;em&gt;« séduire les filles du Gentil »,&lt;/em&gt; manie de Cohen, manie de Solal,&lt;em&gt; « c'était une manière de s'intégrer »&lt;/em&gt; et les femmes quand on les aime, ajouterait-il encore, peuvent, bien plus que les hommes, devenir prosémites. Ah les femmes, l’amour, la grande affaire d’Albert,&lt;em&gt; « J'écris pour une femme, toujours »&lt;/em&gt; confierait-il, charmant charmeur.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-mYx4xLREiNo/Tb2qrfUaWGI/AAAAAAAADvY/epsmexp6kNs/s1600/vlcsnap-2010-12-28-20h09m34s21.jpg" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-mYx4xLREiNo/Tb2qrfUaWGI/AAAAAAAADvY/epsmexp6kNs/s1600/vlcsnap-2010-12-28-20h09m34s21.jpg" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Puis, parce qu’il fallait bien aborder l’œuvre, Bernard Pivot ressortirait de sa bibliothèque idéale cette pépite de 1000 pages qu’est Belle du Seigneur. Toujours aussi convaincu que l’amour a besoin d’air pour pouvoir survivre, sinon&lt;em&gt; « il y a avitaminose »,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;« que la vie devient vraiment lamentable lorsque l'amour devient chimiquement pur, c’est-à-dire lorsqu'on ne fait que ça »&lt;/em&gt; et que &lt;em&gt;« l’amour d'Anna Karenine ne pèse que le poids des deux incisives de Vronski »&lt;/em&gt;, ce qu’apparemment pensait aussi Tolstoï, on l’entendrait bien évidemment réciter, avec le feu original, la litanie des dix manèges de la séduction, et redire la crasse faite quarante plus tôt à Bach&lt;em&gt; « Bach est un ordinateur »&lt;/em&gt; et celle faite à certaines femmes à penser encore et toujours qu’il faut aux hommes, pour être aimés, être forts car&lt;em&gt; « ces dames aiment la force »,&lt;/em&gt; cette force qu’il détestait tant, parce qu’il l’associait au pouvoir de tuer. Toujours amoureux de ses propres lignes, et il pouvait l'être avec décence, il arracherait bien évidemment aussi de la bouche de Bernard Pivot cet extrait qui raconte dans Belle du Seigneur la beauté des débuts de la passion. &lt;em&gt;« Je voudrais le lire, moi »&lt;/em&gt; dirait-il en effet, et à le faire,&amp;nbsp;cet homme de lettres&amp;nbsp;de nous séduire totalement&amp;nbsp;&amp;nbsp;: &lt;em&gt;« O débuts, ô plaisirs de la femme à la bouche de l'homme, sucs de jeunesse, trêves soudaines, et ils se considéraient avec enthousiasme, se reconnaissaient, se donnaient furieusement des baisers fraternels, sur les joues, sur le front, sur les mains. Dites, c'est Dieu, n'est-ce pas? demandait-elle, égarée, souriante. Dites, vous m'aimez? Dites, rien que moi, n'est-ce pas? Aucune autre, n'est-ce pas? demandait-elle, et elle donnait à sa voix des inflexions dorées pour lui plaire et être plus aimée, et elle baisait les mains de l'inconnu, puis touchait ses épaules et le repoussait pour le chérir d'une divine moue. »&lt;/em&gt; Fichtre, c’est sûr que quand on lit ce genre de prose on pense que depuis Proust…&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;A la fin de l’émission, pour moi, arrivée bien trop vite, Albert Cohen dirait sur Dieu qu’il y croyait sans y croire, qu’il était en cela &lt;em&gt;« un hébreu inconséquent »&lt;/em&gt; Pour avoir lu Belle du Seigneur, je serais presque tenté de dire qu’il aurait pu évoquer l’amour en ces termes : l’amour, je n’y crois pas tout en y croyant. C’est que le fond de ce roman dit une chose et sa forme, le style, le contraire de cette chose. Et cela me va bien, je dois dire, car il me semble qu’il n’y a jamais eu de grands hommes sans grandes contradictions.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-2667698437834133651?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/2667698437834133651/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/05/apostrophes-speciale-albert-cohen.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2667698437834133651'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2667698437834133651'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/05/apostrophes-speciale-albert-cohen.html' title='Apostrophes | Spéciale Albert Cohen'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-gP4X-4NMqEc/Tb2qowSpJUI/AAAAAAAADvU/easxVImQMhI/s72-c/vlcsnap-2010-12-28-20h14m54s89.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4825690434087951076</id><published>2011-04-12T12:39:00.000-07:00</published><updated>2011-04-12T12:43:49.560-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Clin d'Oeil à | Jean &amp; Jean</title><content type='html'>« Il fut un moment où les français crurent vraiment qu’ils allaient s’aimer les uns les autres. » Jean Renoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://3.bp.blogspot.com/-P_nPfpBwIrM/TaSqGYvWLYI/AAAAAAAADvI/rjt1n-CYStE/s1600/vlcsnap-2010-09-14-00h32m32s109.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://3.bp.blogspot.com/-P_nPfpBwIrM/TaSqGYvWLYI/AAAAAAAADvI/rjt1n-CYStE/s1600/vlcsnap-2010-09-14-00h32m32s109.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4825690434087951076?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4825690434087951076/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/04/clin-doeil-jean-jean.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4825690434087951076'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4825690434087951076'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/04/clin-doeil-jean-jean.html' title='Clin d&apos;Oeil à | Jean &amp; Jean'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/-P_nPfpBwIrM/TaSqGYvWLYI/AAAAAAAADvI/rjt1n-CYStE/s72-c/vlcsnap-2010-09-14-00h32m32s109.png' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7280924652542611855</id><published>2011-04-10T12:55:00.000-07:00</published><updated>2011-04-10T14:15:23.505-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>Crime Passionnel (Otto Preminger)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;em&gt;« Nous devons errer sur la terre, tels des anges à la recherche du Paradis céleste. Mais ceux qui cheminent seuls trébucheront dans le noir et perdront la grâce. Alors, seul l'amour saura relever l'ange déchu car le Paradis n'est ouvert qu'à ceux qui sont deux. »&lt;/em&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-BtIPXoUjS30/TaIFJNh8UFI/AAAAAAAADu8/ObeC8tgvIug/s1600/vlcsnap-2011-04-03-16h04m40s18.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-BtIPXoUjS30/TaIFJNh8UFI/AAAAAAAADu8/ObeC8tgvIug/s1600/vlcsnap-2011-04-03-16h04m40s18.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Contrairement à Eric Stanton, le héros de Crime Passionnel, qui s’endormira comme un bébé à l’écoute de cette sentence que va prononcer son épouse June - June qui semble alors plus mystique  qu’éprise de cet homme qui, lui, ne deviendra véritablement son mari qu’à partir du moment où il comprendra ces mots - moi, ces mots, ces mots qui résonnent presque comme un onzième commandement, m’ont réveillé. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C’est que, jusque-là, le film d’Otto Preminger m’avait quelque peu engourdi d’ennui à trop bien dérouler les ficelles blanches du film noir et cela, malgré une mise en scène plutôt nerveuse et une Linda Darnell franchement agréable à regarder. Et pour cause, femmes fatales aux manières de chatte et aux yeux de biche vues là , chez Huston, Wilder et consorts, femme fatale aux manières de chatte et aux yeux de biche revue ici, Stella, la serveuse de bar au prénom joliment menteur à ne pas être, pour le héros, la bonne étoile à suivre, en jouant le rôle rebattu ; chevalier guignard, pas tout à fait blanc mais presque, combattant seul et au petit bonheur la chance une société corrompue jusque dans sa police vu là, chez Huston, Wilder et consorts, chevalier guignard, pas tout à fait blanc mais presque, combattant seul et au petit bonheur la chance une société corrompue jusque dans sa police revu ici, Eric Stanton qu’interprète, soit dit en passant, un Dana Andrews on ne peut plus droit dans ses bottes, en portant le stetson et le veston, tout en mâchonnant, comme il se doit, entre deux poses de mannequin qu’aurait soldé un manufacturier de cigarettes, les mêmes confidences de beautiful looser que ses illustres confrères wilderiens ou hustoniens ; passion puis crime et intrigue suffisamment sophistiquée pour que le spectateur se perde en conjonctures vus là , chez Huston, Wilder et consorts, passion puis crime et intrigue suffisamment sophistiquée pour que le spectateur se perde en conjonctures revécus ici, Stella, la mal nommée, en fournissant l’idéale matière à trop faire tourner la tête des hommes et à n’en choisir  aucune,  de tant de têtes d’hommes du reste qu’il faudra réellement attendre la toute fin du film pour savoir laquelle d’entre elles pouvait faire rimer passion avec crime ; extérieurs urbains mouillés de désespoir humain et intérieurs tout rikiki et sombres pour que la vision pessimiste du monde ne s’arrête pas sur le seuil des portes vus là, chez Huston, Wilder et consorts, extérieurs urbains mouillés de désespoir humain et intérieurs tout rikiki et sombres pour que la vision pessimiste du monde ne s’arrête pas sur le seuil des portes revus ici, la Walton de Stanton, avec son asphalte trempé et son bistrot de la grandeur de ma salle de bains, valant bien les décors-chagrins filmés par le Kid ou par le cinéaste qui avait pris pour dada les bidets. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://1.bp.blogspot.com/-ga_kv7gvonE/TaIFGsenfCI/AAAAAAAADu4/tbyl5KGG9vE/s1600/vlcsnap-2011-04-03-15h56m46s72.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://1.bp.blogspot.com/-ga_kv7gvonE/TaIFGsenfCI/AAAAAAAADu4/tbyl5KGG9vE/s1600/vlcsnap-2011-04-03-15h56m46s72.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un peu ennuyé par le visionnage de ce film, que le bon Preminger commettait l’année où de grands hommes politiques signaient la paix pour aussitôt devenir ennemis, je l’étais donc jusqu’à ce que June s’affale de tout son long sur le corps de son époux, entichée de lui, de lui qui venait tout juste de nous débobiner une énième ficelle de film noir à pester contre le destin contraire et immaitrisable, entichée de lui si fort du reste qu’elle semblait vouloir ignorer - pour la vie -  qu’il l’avait d’abord mariée pour que la petite fortune qu’elle avait héritée de son père puisse alimenter l’histoire d’amour bancale et fauchée qu’il avait bâtie sur Stella, et dise, tout en se relevant et en faisant des yeux ronds comme des hosties, sa chevelure blonde prenant alors des airs d’auréole d’ange, sa sentence sur l’amour. Ah oui ! Comment aurais-je pu rester tout raplapla en mon fauteuil quand tout à coup ce film se mettait à débiter, par-dessus la très peu motivante fable de la femme fatale et de son lot de marionnettes, de si séduisantes paroles ? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Séduit, et donc réveillé, par ces bonnes paroles sur l’amour vécu entre quatre yeux, je l’étais aussi, je l’avoue, par cette June qui élevait la passion au rang de la compassion ou de l’amour sacré, seules bonnes clés, à mon sens, pour filer « recta in Paradisum », l’heure venue. Car il y avait là une incompréhensible erreur qui sonnait terriblement juste, un propos qui n’avait rien de cinématographique, à avoir été prononcé par une femme qui n’avait pour seule religion que l’amour entre homme et femme et pour l’exprimer le vocabulaire pieux, dévot, inculqué, imposé par sa sœur ainée Clara ; cette Clara qui, après la mort du père et de la mère, s’était chargée de son éducation, en n’oubliant jamais de lui rappeler sa propre histoire d’amour malheureuse, une déconvenue suivie de beaucoup de chagrin qu’elle répétait sans cesse aux oreilles de sa cadette afin d’extirper de son cœur, comme un prêtre exorciste tenterait chasser le démon chez une personne possédée, l’irrépressible, mais &lt;em&gt;diamantesque&lt;/em&gt;, désir d’amour qui s’y trouvait.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais, il y avait mieux encore, parce que  les mots de June, lorsqu’on les débarrasse du vernis religieux dont elle les a enrobés par les seuls faits de son éducation dévote et de sa très forte croyance en l’amour profane,  ces mots ont alors quelques jolies accointances avec ceux que Platon prête à Aristophane dans son Banquet. La discrète héroïne d’Otto Preminger parle en effet d’errance, de perte de grâce, et de Paradis qui ne serait accessible qu’à ceux qui sont deux - fichtre!, que voulait-elle dire exactement ? - et de son côté, le philosophe grec parle d’êtres bulles coupés en deux, de leur disgrâce divine et de leur besoin impérieux de se reconstituer afin de retrouver la félicité de leur nature première. Certes ce parallèle fait entre cinéma hollywoodien et la Grèce des philosophes en veux-tu en voilà peut paraitre osé, mais mazette ! que de similitudes, de correspondances il s’en dégage pour ne pas être tenté de dire que les propos un peu abscons de June expriment une formule du bonheur connue depuis longtemps, depuis 2500 ans exactement : de deux ne devenir qu’un. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"&gt;&lt;a href="http://2.bp.blogspot.com/-yZoLEgcRNmE/TaIFDrskGGI/AAAAAAAADu0/2jD5TgMx_1E/s1600/vlcsnap-2011-04-03-15h55m24s138.png" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"&gt;&lt;img border="0" src="http://2.bp.blogspot.com/-yZoLEgcRNmE/TaIFDrskGGI/AAAAAAAADu0/2jD5TgMx_1E/s1600/vlcsnap-2011-04-03-15h55m24s138.png" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;De deux ne devenir qu’un.  Eric Stanton aura mis un temps fou avant de comprendre que se trouve là la clé de la félicité, félicité que June, sa June, appelait Paradis par conviction et conditionnement religieux. A l’ignorer et pour avoir passé une bonne partie de sa vie à ne devenir qu’un as de la publicité, on pourrait presque dire que le destin, ce destin contre lequel il pestait à ne rien y entendre, l’a puni de ses égarements comme Zeus coupait en deux les êtres bulles pour leur présomption. Mais de deux ne devenir qu’un, n’était-ce pas aussi le rêve le plus cher de Stella ? &lt;em&gt;« Maison, je veux une maison ! »&lt;/em&gt; répondait-elle à Eric Stanton, quand celui-ci tentait, par soirée de mer agitée, de la séduire à grands coups d’ &lt;em&gt;« entends-tu le bruit des pays lointains ? »&lt;/em&gt; , trompé par ses manières de chatte et ses yeux de biche, ses manières de chatte et ses yeux de biche qui ne faisaient pourtant pas d’elle une femme fatale ordinaire.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7280924652542611855?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7280924652542611855/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/04/crime-passionnel-otto-preminger.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7280924652542611855'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7280924652542611855'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/04/crime-passionnel-otto-preminger.html' title='Crime Passionnel (Otto Preminger)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/-BtIPXoUjS30/TaIFJNh8UFI/AAAAAAAADu8/ObeC8tgvIug/s72-c/vlcsnap-2011-04-03-16h04m40s18.png' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-8541722869735075846</id><published>2011-03-08T12:52:00.000-08:00</published><updated>2011-04-12T12:34:19.809-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Clin d'Oeil à | Ginette Leclerc</title><content type='html'>&lt;span style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;Parlez-moi d'amour...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family: Arial;"&gt;Dites-moi des choses tendres ...&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="https://lh3.googleusercontent.com/-YdzKnQo1s4w/TXaV05HtJdI/AAAAAAAADuw/BCCp3UNmbaQ/s1600/vlcsnap-2010-09-18-01h47m52s71.jpg" style="display: block; height: 300px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"&gt;[Ginette Leclerc dans Le Corbeau]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-8541722869735075846?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/8541722869735075846/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/03/clin-doeil-la-journee-internationale-de.html#comment-form' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8541722869735075846'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8541722869735075846'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/03/clin-doeil-la-journee-internationale-de.html' title='Clin d&apos;Oeil à | Ginette Leclerc'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='https://lh3.googleusercontent.com/-YdzKnQo1s4w/TXaV05HtJdI/AAAAAAAADuw/BCCp3UNmbaQ/s72-c/vlcsnap-2010-09-18-01h47m52s71.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7095532741315844714</id><published>2011-02-19T15:20:00.000-08:00</published><updated>2011-02-19T19:54:32.063-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Monsieur Ripois (René Clément)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Qand une scène d’un film me plait, il m’arrive souvent de la visionner image par image. En regardant l’autre soir Monsieur Ripois, un film que René Clément tourne en 1954 et que je n’ai vu que grâce au billet de &lt;a href="http://memoiredejade.blogspot.com/2010/12/monsieur-ripois-ren%C3%A9-cl%C3%A9ment-1953.html"&gt;Jade&lt;/a&gt;, c’est du reste ce que j’ai fait, interpellé que je fus alors par ce magnifique baiser que s’échangent Gérard Philipe, ici plus insolent de beauté et de talent que jamais, et Margaret Johnston, une actrice dont je dirais bien, pour taquiner ma chérie, qu’elle n’est pas moche, elle non plus. Mais alors que je n’attendais rien de plus qu’un tout petit plaisir de spectateur, en l’occurrence celui de me régaler de la superbe plastique de ce baiser, de ce baiser si romantique vu dans son ensemble que je ne doute pas une seule seconde qu’il a dû, et devrait encore, en faire craquer plus d’une et si joliment inscrit dans son époque, avec son superbe noir et blanc d’avant l’arrivée de la couleur, avec sa grande ville sous la pluie et avec ses amants enlacés et comme pris sur le vif qu’il m’a aussitôt rappelé certains clichés fameux de Boubat ou bien de Doisneau, quelle ne fut pas ma surprise quand tout à coup, dans l’une de ces images arrêtées, j’ai pu lire ce que je crois bien être tout le discours du film.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/-TAYgFGOICEI/TWBN2yukqyI/AAAAAAAADuM/-1oerMLwJDU/s1600/vlcsnap-2011-02-07-22h44m05s214.jpg" style="display: block; height: 293px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Certes, pour percevoir dans l’image arrêtée ce discours à mon sens entièrement porté sur le désir dans le couple, tel qu’on peut parfois le vivre, il faut commencer par débarrasser Monsieur Ripois de ces peaux de séducteurs cyniques ou opportunistes dans lesquelles on le glisse un peu trop souvent; à tort, me semble-t-il, Monsieur Ripois n’ayant ni le cerveau ni la perversité du vicomte de Valmont, et ne ressemble en rien à Georges Duroy, le héros de Maupassant, à ne pas appartenir, comme lui, à cette catégorie d’hommes qui n’usent leur charme que sur des femmes de position sociale élevée afin de pouvoir dire adieu aux fins de mois difficiles. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Cela dit, avec Norah, la première conquête du héros, j’étais plutôt mal parti pour extirper&amp;nbsp; Monsieur Ripois de ces deux peaux collantes tant le bonhomme me donnait l’impression que ce qui l’intéressait avant tout chez elle c’était son statut de chef de service, un statut qui pouvait, s’il réussissait dans son entreprise de séduction, lui permettre de tirer un trait définitif sur ce peu gratifiant travail d’employé de bureau qu’il effectuait pour elle. De plus, il lui faisait la cour à la manière d’un stratège militaire pugnace qui envoie ses troupes sur l’aile droite de son ennemi après avoir échoué du côté droit, c’est-à-dire inlassablement, et soulignait chacun de ses assauts d’un sentiment de victoire désagréable, désagréable, en effet, car fleurant bon la prétention du séducteur, le culot de ces gens qui savent, à les posséder depuis toujours, que la beauté et l’allure, beauté et allure que Monsieur Ripois avaient assurément, sont des armes contre lesquelles il est quasiment impossible de se défendre. Et pour cause, ces armes désarment leurs cibles en les flattant, et parfois le font si bien que certaines d’entre elles, passées entretemps du statut de cible à celui de victime, n’hésitent pas à pardonner. Pardonner pour avoir été un temps la cible de la beauté et de l’allure, c’est du reste ce que fera Norah quand le beau Monsieur Ripois, lassé de bichonner son intérieur à grands coups de pinceaux désordonnés, la quittera pour le spectaculaire baiser sous la pluie d'Anna.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://4.bp.blogspot.com/-TR-HpUDXecw/TWBN7LmEeaI/AAAAAAAADuQ/06-aVK9WTjA/s1600/vlcsnap-2011-02-07-22h44m28s92.jpg" style="display: block; height: 293px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Avec Catherine, l’épouse officielle, je dois avouer que je n’étais pas mieux loti, car si cette femme, immensément riche et immensément mondaine, va bien cueillir le héros du film de René Clément sous sa soupente londonienne où il officie en tant que professeur de français, c’est encore lui qui va la séduire, l‘embobiner, en ajoutant à sa prestance et à son charme innés un bel esprit qu’on ne lui soupçonnait pas. Aux doutes qu’elle émettrait sur ses capacités à enseigner la littérature et à cette culture qu’elle étalerait devant lui comme si c’était elle le professeur et lui l’élève, il répondrait en effet par un séduisant &lt;i&gt;« Vous venez de me donner ma première leçon de français! »,&lt;/i&gt; ce qui lui permettrait, la tirade faisant mouche, de reprendre la main dans une affaire de cœur où, au départ, alourdi d’handicaps littéraires, il semblait ne pas peser bien lourd.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Et avec Marcelle, la prostituée au grand cœur qui va le recueillir une nuit où il n’avait même plus sa radio pour vivre, cette radio qu’il sauvait du désir du propriétaire de sa chambre de se faire rembourser sur ses affaires personnelles les loyers que, suite à la perte de son emploi, il ne payait plus, cette radio qu’il sauvait un peu inutilement d‘ailleurs, car où brancher une radio quand on a plus de chez soi?, et qui, à finir brisée par un automobiliste pressé, ne serait pas loin de lui arracher quelques larmes, cette radio que je cite surtout parce qu’elle me pousse à dire, qu’à la sauver, qu’à ne pas l’avoir vendue malgré ses deux nuits de vagabondage et cette faim terrible qui le tenaillait alors, que si ce dom juan calculait parfois ça n’était que pour s’offrir du plaisir, car cette radio ça n’est quand même que cela, du plaisir, du rêve, du bonheur possible, et avec la très romantique Patricia, si fleur bleue dans sa tête que pour pouvoir s’immiscer dans son cœur il lui faudrait en arriver aux intimes confidences, faire chanter par-dessus les deux bougies du repas pris en tête en tête, des bougies toutes deux allumées d’arrière-pensées douteuses, une voix de violon sincère afin qu’elle puisse y croire, je n’étais guère plus avancé, car si d’une part, Marcelle lui offrirait bien le gîte et le couvert, et même une partie de son héritage pour qu‘il puisse lancer sa petite affaire, elle ne le ferait qu’en tant que femme séduite par son allure et sa beauté retrouvées, et d’autre, Patricia ne répondrait à ses avances que, lorsqu’à court d’arguments pour la convaincre, il simulerait un suicide; cette simulation, ce geste ultime de séduction, qui dit tout sur ses véritables intentions avec elle.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Seulement voilà, avec Monsieur Ripois, il faut faire comme Jade, soit principalement le regarder du côté de ses femmes, car, à emprunter ce regard, on comprend alors que si Monsieur Ripois s’agite beaucoup, tant et tant du reste qu’il donne l’impression de ne laisser aux autres personnages que des miettes d’action et, du coup, que le film ne doit être vu qu’à travers lui, il ne fait jamais que s’agiter pour quelque chose que seules ces cinq femmes maîtrisent et attendent elles-mêmes ardemment. Ce quelque chose, qui n’a jamais été l’argent, Anna, pour ne citer qu’elle, étant bien trop modeste socialement et professionnellement pour que Monsieur Ripois puisse la confondre avec Madeleine, la femme tremplin de Bel-Ami, et qui n’a jamais relevé non plus de la jouissance vaniteuse que Valmont soutirait de ses jeux cruels, le héros du chef-d’œuvre méconnu de René Clément, contrairement à celui de Laclos, n’ayant jamais pris de plaisir à manipuler une femme conquise, c’est, bien sûr, l’accomplissement de son désir. Car si Anna, Norah, Catherine, Marcelle et Patricia dominent effectivement Monsieur Ripois à posséder des jupes qu’il ambitionne de relever, elles sont également devant lui, à être toutes sans enfant et désireuses, comme presque toutes les femmes, de fonder une famille - il est là leur unique point commun - aussi prisonnières de lui que le sont les fleurs, l'été, de l’insecte qui doit leur apporter la petite graine de la fécondation. L’image sur laquelle je m’étais arrêtée le montre fort bien d’ailleurs, puisqu’on peut y voir Anna se dresser devant Monsieur Ripois comme si elle n’était plus que l’une de ces fleurs, sa bouche grande ouverte, fonctionnelle devant lui, qui n’est plus qu’insecte alors, l’invitant, l’attirant, comme le font les pétales écartés de ces fleurs. Et si sa bouche prend des airs sauvages, semble vouloir l'avaler tout cru, c’est parce qu’à ce moment-là, Anna est moins portée par l'amour que par l'impérieux désir qu'elle éprouve de devenir mère.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/-fj2WU_w8KM4/TWBN-qhngwI/AAAAAAAADuU/117UUln0ilY/s1600/vlcsnap-2011-02-07-22h46m46s126.jpg" style="display: block; height: 293px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Dans chacun des baisers que Monsieur Ripois recevait de ces femmes, il y avait donc sous l’amour un espoir de maternité caché. Tel était le désir de ces femmes, tel est le désir de la femme sans enfant, souvent. A cet espoir de maternité, le héros de René Clément ne répondrait favorablement que par l’entremise d’une paralysie, celle qu’il devrait à sa fausse tentative de suicide. Empêché de par cet accident d'aller et venir à sa guise, dépendant désormais d'autrui comme l'enfant l'est de sa mère, il allait ainsi combler, comme le dit fort justement Jade, Catherine, son épouse, à devenir lui-même l'enfant qu’il n’avait jamais souhaité lui donner. Mais Monsieur Ripois avait beau être prisonnier d’un fauteuil roulant, le papillon sans ailes qu’il était devenu continuerait à papillonner, du regard, s'obstinerait encore longtemps à déshabiller des jolies filles de passage que ses jambes amorphes interdisaient d'approcher. Tel était son désir, tel est le désir de l’homme, bien souvent.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7095532741315844714?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7095532741315844714/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/02/monsieur-ripois-rene-clement.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7095532741315844714'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7095532741315844714'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/02/monsieur-ripois-rene-clement.html' title='Monsieur Ripois (René Clément)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/-TAYgFGOICEI/TWBN2yukqyI/AAAAAAAADuM/-1oerMLwJDU/s72-c/vlcsnap-2011-02-07-22h44m05s214.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3707550655309483588</id><published>2011-01-08T19:52:00.000-08:00</published><updated>2011-01-08T20:02:27.991-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Manèges (Yves Allégret)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Manèges, qu’Yves Allégret tourne en 1950, est-il un film passablement misogyne? Non, assurent la plupart des cinéphiles avertis; peut-être bien que si, je serais tenté de dire pour ma part, quitte à passer aux yeux des cinéphiles avertis pour un cinéphile du dimanche.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Certes, il n’est pas impossible de voir dans les agissements de Dora et de sa mère commis contre ce pauvre Robert, honnête et timide directeur d’un centre d’équitation parisien qu’elles vont grugé et mettre sur la paille, celle-là même sur laquelle dorment ses chevaux, ses beaux chevaux que bien vite il n’aura plus, forcé qu’il sera de les vendre pour satisfaire les besoins toujours plus grands de ces deux femmes, les basses manœuvres de séduction auxquelles ont été obligées de recourir certaines femmes d’extraction modeste pour pouvoir enfin quitter le dernier barreau de l’échelle sociale sur laquelle elles se trouvaient par la faute d’une société, à l’époque du film, toujours aussi sexiste, et de là, pouvoir imaginer que Manèges s’en est fait fièrement l’avocat, parce que c’est vrai qu’en cherchant bien, le très défendable discours peut se trouver. Privée de toute fortune à n’être pas née dans ces milieux où on alimente les bambins avec une cuiller en argent que tiendrait,&amp;nbsp; bien sûr, une main de nurse anglaise, dépossédée de cette éducation qui permet d’accéder à des métiers financièrement satisfaisants par le seul fait d’être une femme, la Dora du film, à l’instar de toutes les Dora non fictives de son époque, n’a en effet pas eu véritablement d’autres choix, pour pouvoir s’offrir un petit coin de paradis sur cette terre, que celui de faire appel à ses charmes. Et Manèges dira encore, dans sa scène finale, par l’intermédiaire d’une infirmière hautement indignée par l‘attitude d‘un Robert métamorphosé par la colère, que les femmes ne sont, et ne seront toujours, que le jouet des hommes.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Mais, nom d‘une pipe, comme le film d’Yves Allégret a des allures d’iceberg posé à l’envers, à noyer son subtil propos sous une masse glacée - et immédiatement perceptible celle-là - de scènes et de situations totalement défavorables aux femmes! Pour un peu, je dirais que n’envisager Manèges que sous son aspect brillant, c’est un peu comme vouloir planter un arbre devant la forêt pour pouvoir ne plus voir que lui.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TSkqqtaAMgI/AAAAAAAADtk/7UywQKi2xUg/s1600/vlcsnap-2011-01-09-04h14m38s114.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Parmi ces scènes et ces situations, il y a bien sûr toutes celles où l’on peut entendre Dora et sa mère rire de la crédulité de ce bon vieux Robert, ces rires répétés et répétés qui ne font pas d’elles de belles héroïnes diaboliques mais de simples et vulgaires criminelles et qui, à être traitres, sournois, déloyaux, tels ces coups de couteaux qu’on porte dans le dos, nous incitent d’une part, à ne percevoir cet homme que comme une victime, une victime qu’on aurait en plus envie de secourir tant la face infiniment bonhomme de Bernard Blier qui l’interprète va bien les exprimer, et la bonté innée du monsieur, et sa niaiserie née seulement de l’ignorance des mauvais coups qu’on lui porte, et d’autre, nous renvoie à l’image - on ne peut plus rebattue  - de la femme naturellement fourbe puisque toutes les méchancetés de Dora et de sa mère, sans exception aucune, vont être ponctuées par ces rires féroces, comme si ces rires féroces, à en être l’accompagnement obligé, relevaient ni plus ni moins du réflexe, n’avaient pas d’autre source que celle de l’instinct. Certes, Louis, ce playboy au chic plus grand que la fortune et à la moustache moins menteuse que ne l‘est sa montre, en acceptant de devenir l’amant de Dora, d’une Dora alors désireuse de s’offrir &lt;i&gt;«&amp;nbsp;pour une fois un beau garçon&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; se paiera lui aussi la tête de ce bon vieux Robert. Mais très vite, à vrai dire, dès que le couple aura consommé leur première nuit d’amour dans cette minable chambre d’hôtel de Neuilly que le galant habite, le scénario va réhabiliter cet homme en lui donnant un séduisant début de conscience : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Il est tard, tu devrais te rhabiller et rentrer&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;dira en effet Louis à Dora, à une Dora qui semble alors aussi incapable de lui obéir, le furieux désir de remettre ça qui la tient toute entière à ce moment-là l‘en empêchant, que de comprendre ce que ces mots expriment, qu’ils disent, en fait, un besoin énorme, celui que son amant ressent de mettre fin au plus vite aux baisers et aux caresses, chacun de ces actes d’amour agissant sur lui à la manière d’un souffle d’air jeté sur un feu à aiguillonner ce sentiment de culpabilité qu’il a soudainement éprouvé envers Robert. Au fond, quand Louis dit et redit à Dora : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Il est tard, tu devrais te rhabiller et rentrer&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;, celle-ci aurait dû entendre :&amp;nbsp; N’exagérons pas le mal que je fais à Robert à prolonger notre nuit d‘amour. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TSkqqIrvMlI/AAAAAAAADtg/nn6dxvgO80A/s1600/vlcsnap-2011-01-09-04h13m57s189.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Et puisque chez ce type, qu’on avait d’abord pris pour un frère en combines de Dora, cette prise de conscience «&amp;nbsp;du mal qu’il fait à Robert » va aller en s’élargissant - et pour s’élargir elle s’élargira, Manèges au fil des minutes qui passent cédant tout à Louis, de la pitié d’abord pour son héros floué : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Ca me gêne, Robert est un homme bon&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; dira-t-il en effet  à Dora, de la bonté et la repentance ensuite : en quittant le service de Robert, notre homme, oui,  osera lui tendre un chèque!, et même un joli rôle de prédicateur, certes indélicat en paroles à gifler Dora de ces mots : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Tes manières sentiront toujours l’écurie&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;mais ô combien précieux et moral, à tenter de raisonner les folles et friponnes aspirations de la dame - et qu’il grimpe un à un les barreaux de l’échelle de l’honnêteté plus rapidement encore que l’héroïne de Manèges, avec ses manigances et ses intrigues sans cesse renouvelées, en est descendue, l’image de cette femme, par comparaison, en devient d’autant plus détestable. Pour tout dire de Louis, à entrer en scène en une sorte de pendant masculin de Dora et à s’en démarquer très vite pour ne plus lui ressembler du tout, il laisse trainer derrière lui la fâcheuse impression de faire partie de ces personnages qu’un écrivain, qu’un cinéaste, qu’un scénariste invente et développe longuement dans l’unique but d’amener lecteurs, lectrices ou cinéphiles, à penser tout comme lui.&amp;nbsp; Autrement dit,&amp;nbsp; le beau Louis à devenir saint Louis nous force la main. Et comme Louis est un homme et que Dora est une femme, et comme dans ce Manèges, la femme qui aurait pu apporter de la distance, du recul, de l’objectivité à ne pas plagier Dora ou sa mère, n’est pas entrée en piste, et comme dans Manèges, les deux méprisables héroïnes ne sont pas que de simples amies qu‘un goût commun pour la fourberie aurait réunies, mais une mère et sa fille et que cette filiation, à n’être ici contrariée  par rien, tant les deux femmes se ressemblent et occupent tout le terrain féminin, laisse la porte ouverte au très misogyne ainsi sont-elles toutes, nous faut-il vraiment attendre la scène finale, y entendre Robert jouir d’une vengeance toute masculine, les deux jambes paralysées par accident de Dora lui permettant de laver&amp;nbsp; dans un sourire sadique son orgueil de mâle cent fois bafoué, une revanche dont je dirais bien au passage qu’on l’a voulue aussi très propre sur elle, difficilement reprochable, les deux jambes paralysées par accident de Dora, à l’empêcher désormais de courir après l’homme fortuné ayant quelques accointances avec le célèbre &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Tu as vécu par l'épée, tu périras par l'épée&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;de saint Matthieu, pour pouvoir se dire que cinq ans après avoir obtenu le droit de vote, les femmes, au cinéma, marchaient encore loin derrière les hommes?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3707550655309483588?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3707550655309483588/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/01/maneges-yves-allegret.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3707550655309483588'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3707550655309483588'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2011/01/maneges-yves-allegret.html' title='Manèges (Yves Allégret)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TSkqqtaAMgI/AAAAAAAADtk/7UywQKi2xUg/s72-c/vlcsnap-2011-01-09-04h14m38s114.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3457110740722542731</id><published>2010-12-20T15:17:00.000-08:00</published><updated>2010-12-20T15:25:47.721-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Les Yeux Noirs (Nikita Mikhalkov)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;« Il sera toujours le fils d’un boutiquier, d’un aubergiste, un pauvre bougre qui a seulement eu la chance d’épouser une femme riche.&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Ces mots, à la fois assassins et hypocrites, hypocrites dans la mesure où ils sont dits dans le dos de la personne à qui ils sont destinés, sortent de la bouche de la belle-mère de Romano Patroni, le héros du très beau film de Nikita Mikhalkov. La vieille femme s’adressait alors à sa fille Elisa et comme toujours, avant de prononcer son verdict, elle lui avait posé la question suivante : comment elle, une Salghetti, fille unique d’un richissime banquier romain, avait pu épouser ce Romano, cet homme qui, en plus de s’être marié  sans le sou, avait le culot de singer les hérons dans les magnifiques jardins de la propriété familiale, faisant tache ainsi avec cette faune on ne peut plus distinguée qu’on y invitait chaque jour de fête? Et comme toujours, Elisa avait répondu à l’éternel étonnement de sa mère par un sourire, un sourire que cette dernière, avec le temps, avait fini par accepter et même par lui rendre, parce qu’elle pouvait y lire l’aveu d’une bêtise commise au nom de la jeunesse libre, romanesque et insouciante : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Vous savez comment ça se passe, promenades nocturnes, rendez-vous secrets. Nous étions jeunes. Nous pensions que nos rêves suffisaient.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; dirait Romano au tout début du film à Pavel Alexeiev, à ce ressortissant russe auquel il allait confier toute sa vie, et, en effet, ce sont ces mots, ces mêmes mots, qu’Elisa faisait passer dans son sourire à chaque fois que celle qui lui avait donné le jour l’interrogeait sur le choix désastreux de son mari. &lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dMNjV9UI/AAAAAAAADs8/D4DEK6A9WSI/s1600/vlcsnap-2010-12-04-13h20m01s42.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Mais Elisa se trompait, comme elle trompait aussi sa mère, et elle aurait pu ainsi longtemps suivre la voie du double mensonge si un événement, un mauvais placement en bourse, n’avait pas mis en péril l’immense fortune familiale, celle pour laquelle elle s’était battue et sacrifiée après la mort de son père, abandonnant pour les bilans et autres réjouissances du même type tout ce que ses jeunes années avaient placé dans son âme, celle encore qui ferait dire à Romano que le doux confort d’une vie, que le plaisir de se lever tard ou d’avoir de beaux vêtements tuent inexorablement tout ce qu‘on porte en soi, y compris la liberté et l’amour. Avec ce revers de fortune, cette banqueroute complète, oui, Elisa se rendrait compte qu’elle n’avait plus rien à elle, pas même un rêve, et la succession de son père l’avait irrémédiablement éloignée de son mari, de ce mari qu’elle avait aimée puis  enterré sous les chiffres largement positifs de ses nombreux comptes en banque.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dMtjzrEI/AAAAAAAADtA/ceqnTdmWH1Y/s1600/vlcsnap-2010-12-04-13h32m07s106.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Certes, cette maitresse femme n’avouerait jamais être passée au travers de sa vie, de s’être trompée de route, mais comment ne pas comprendre que suite à sa faillite elle en ferait l’amer constat, quand dans cette scène géniale, l’une des plus belles du film, Nikita Mikhalkov l’a fait douloureusement regarder un couple de jeunes enfants tenant à la main un cerf-volant, un cerf-volant flottant aussi libre là haut dans l’air qu’elle l’avait été elle-même dans la vie avant que le travail de l’argent ne vienne définitivement la clouer au sol, et qui courent dans une allée qui, à être à la fois droite et nimbée de lumière en son bout, évoque la flèche du bon chemin à suivre, celui de la liberté d’action et de la fraicheur de sentiments, celui-là même qu’elle avait un jour emprunté et que, pour ne pas tout perdre, elle aurait dû continuer de poursuivre, puis la fait lentement traverser et quitter l’écran, la tête un peu basse, comme si son intention avait été celle de dire au spectateur que pour son héroïne la messe était dite, et même définitivement dite.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dM18cS_I/AAAAAAAADtE/3IhaJEoNQ94/s1600/vlcsnap-2010-12-18-14h39m20s215.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Romano n’est qu’un pauvre bougre qui a seulement eu la chance d’épouser une femme riche.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; dirait donc la mère d’Elisa de son gendre. Et elle n’aurait pas vraiment tort d’employer le mot chance plutôt qu’un autre. D’une part, parce que s’il n’avait pas eu cette chance-là, cette chance qui lui avait fait abandonner son grand projet d’urbanisme, le bonhomme étant architecte de formation et, comme tout le monde, avait eu en son temps les dents terriblement longues, au point du reste qu’il avait pu accepter le fait que ses parents se saignent aux quatre veines pour financer l’intégralité de ses études, pour le confort tranquille et luxueux d’une vie de mari entretenu, il serait sûrement devenu l’égal détestable de tous ces gens de fortune qui, chaque jour de fête, peuplaient les magnifiques jardins de la propriété familiale, des gens dont l’argent et le goût pour les affaires avaient asséché le cœur : &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Je n’aime pas la musique, parce que cela ne sert à rien!&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; avouera l’un deux, des gens aux manières si guindées et si affectées qu’il lui était venu l’idée de s’en moquer en imitant les gestes un peu mécaniques des hérons qui se déplacent. Et d’autre, parce que somme toute il n’y avait que la chance ou son inverse, soit un événement qui ne dépendait pas de lui, qui faisaient avancer Romano dans sa vie. Pour le dire autrement, s’il s’en était retourné au pays des songes et de l‘inertie, ce n’était que par la seule volonté des autres. En cela, il était aussi prisonnier de son statut d’incorrigible rêveur qu’Elisa l’avait été longtemps de sa fonction de femme d’affaires. Et c’est fort bien ainsi, car extrêmement rares sont ceux qui peuvent se targuer d’avoir totalement choisi leur vie.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dNc53D1I/AAAAAAAADtI/9oTzWNi0E3s/s1600/vlcsnap-2010-12-18-14h44m29s198.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Cette manière d’être, cette façon de traverser l’existence tel un éternel gamin  épris d’idéaux et qui serait en même temps incapable de prendre une décision ou de se soustraire à l’autorité du plus fort, et pour cause, pour avoir pris l’habitude de dire oui à l’immense fortune de son épouse il ne pouvait plus dire non à personne et cela, bien qu‘il en ait eu très souvent envie, une femme allait douloureusement en faire les frais. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Cette femme s’appellerait Anna Sergeyevna et notre héros la rencontrerait lors d’un séjour en cure. Pour cet homme qui passait le plus clair de son temps à bâtir des châteaux en Espagne sur des terres qu‘il avait autrefois foulées, Anna, avec ses voiles blancs, sa candeur et ses manières à la fois délicates et rebelles au petit monde pincé des hérons, semblait apparaitre comme une suite possible à ce sublime roman d’amour qui n’aurait pas connu de fin si Elisa, qui en était l’adorée co-auteure, n’en avait pas été détournée par de sombres affaires d‘argent. Pour cette femme qui ne désirait qu’une chose, celle de refermer le plus rapidement possible ce mauvais livre qu’elle était en train d’écrire en compagnie d’un homme qui ne savait rien de l’amour, ni d‘elle d‘ailleurs, à faire partie lui aussi du petit monde mécanique et sans âme des hérons, Romano, qu’elle voyait romantique comme elle l‘était elle-même, Romano, ce navigateur privé de navire mais tout aussi désireux qu’elle de reprendre la mer, semblait comme tomber du Ciel, d’un Ciel enfin bien disposé à son égard.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Bien évidemment, à contenir autant d’espoir de bonheur, le premier tête-à-tête, forcément provoqué par Anna puisqu’il fallait toujours à Romano que l’événement fasse le premier pas, ne se ferait pas attendre; la déception et les larmes d’Anna non plus d’ailleurs, parce que, somme toute, si elle avait pu très vite imaginer qu’avec son absence de fortune et son sens moral exemplaire elle ne pourrait pas si facilement se désunir de celui qui l’avait achetée à sa famille pour quelques roubles, elle ne mettrait guère de temps non plus pour comprendre que Romano n’aurait jamais le courage de donner une suite à leur histoire. Comme Tina, la plus fidèle amie de Romano, comme toutes les femmes d‘ailleurs, semble dire le cinéaste russe, Anna pouvait en effet lire dans les âmes des êtres proches, et dans celle de Romano, elle avait vu, écrits en grand, des mots comme inconséquence, irresponsabilité, désinvolture, capitulation, toute une liste de mots en fait qui exprimaient tout le contraire de ce qu’elle attendait de lui. Et du reste, à savoir lire dans cette âme comme on lit dans un livre, elle en avait aussi extirpé une question qui la gênait terriblement, et cette question était la suivante : l’aimait-il seulement pour elle ou pour tout autre chose? Fichtre!, cette joie qu’il avait ressentie lorsqu’à sa demande elle avait dit &lt;i&gt;«&amp;nbsp;sabatchka&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;avait-elle pu être allumée par un amour adulte? Avec sa consonance mignonne et enfantine, ce petit chien en russe, source de tant de délices pour lui, évoquait plutôt celui qu’un tout jeune garçon porte à sa mère. Ou alors, ce n’était pas elle qu’il entendait prononcer ce &lt;i&gt;«&amp;nbsp;sabatchka&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; mais la Russie toute entière!&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dNsC2rFI/AAAAAAAADtM/8RYl121LvuE/s1600/vlcsnap-2010-12-18-14h59m57s22.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Du néant de sa vie à Saint-Pétersbourg Anna était donc venue, et après le big bang de la station thermale qui n’avait finalement produit pour elle qu‘un bref instant lumière, cette femme repartirait vers le néant de sa vie de Saint-Pétersbourg. Certes, Romano entreprendrait un voyage pour la retrouver, &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Je revoyais ses yeux. Je sentais son parfum. Je repensais à ses gants ajourés, à ses cheveux sur sa nuque, aussi fins que le duvet d’un poussin »,&lt;/i&gt; comme les tiens, ma belle, dirait-il, trompé par le manque, mais ces milliers de kilomètres, à avoir été avalés par un homme qui singerait cette fois l’irréel  héros d’un roman d’aventures, du genre de ceux qu’on lit à l’adolescence, ne pouvaient que mener à des larmes qui avaient déjà coulé. Fermé à tout ce qui ne rentrait pas dans le cadre de ses rêveries, étanche à tout ce qui pouvait leur être contraire, coupé de tout monde non idéalisé, une attitude que Nikita Mikhalkov va, à mon sens, joliment métaphoriser à l’aide d’une vitre incassable, Romano ne verrait même pas les yeux d’Anna lui dire qu’à cause de son immaturité et de son goût pour l’inaction jamais plus ils ne se reverraient. Ses yeux qui seraient alors comme des dents à le manger tout cru.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dOPoVIlI/AAAAAAAADtQ/iocw6gp9BAg/s1600/vlcsnap-2010-12-18-15h07m20s81.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Chaque jour de ma vie a été comme une mauvaise copie, un brouillon. Jai eu tout et rien. Je n’ai aucun souvenir. Si je mourrais à l’instant et que le Seigneur me demandait quels souvenirs gardes-tu de ta vie? Je lui répondrais la berceuse que me chantait ma mère, tout petit, le visage d’Elisa, la première nuit, et les brumes de Russie.&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; dirait Romano, cinq minutes avant que le très beau film de Nikita Mikhalkov ne s’achève, à Pavel Alexeiev, à ce ressortissant russe auquel il venait de finir de raconter sa vie. Il pleurerait alors, non cette fois en gamin, mais en homme, en adulte, parce qu’il avait compris, enfin!, grâce à son confident, qui était son exact contraire à avoir tout entrepris pour celle qu’il aimait - un dévouement qui l’avait amené à réussir l’impossible - sa légèreté, son détachement, son désengagement de la vie, et même son égoïsme.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dOYTNCxI/AAAAAAAADtU/17Vv_hKZnl4/s1600/vlcsnap-2010-12-18-15h18m34s243.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 312px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 416px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Cela dit, quand je relis le bilan que Romano tire de sa vie, de ce Romano qu’interprète un Marcello Mastroianni ici absolument &lt;i&gt;«&amp;nbsp;ghinial!&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; j’aurais tendance à dire qu’il avait largement de quoi se consoler. Bigre!, il avait reçu les deux amours que tout être humain devrait, à mon sens, recevoir et il avait, ignorée de lui certes, une très belle âme, au fond celle des vrais poètes, puisque comme eux il spleenait à chaque fois que l’idéal le taquinait.&lt;br /&gt;Ah! voir les brumes de Russie et n’en plus jamais revenir…&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3457110740722542731?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3457110740722542731/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/12/les-yeux-noirs-nikita-mikhalkov.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3457110740722542731'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3457110740722542731'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/12/les-yeux-noirs-nikita-mikhalkov.html' title='Les Yeux Noirs (Nikita Mikhalkov)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TQ_dMNjV9UI/AAAAAAAADs8/D4DEK6A9WSI/s72-c/vlcsnap-2010-12-04-13h20m01s42.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4037135360959135629</id><published>2010-11-07T15:03:00.000-08:00</published><updated>2010-11-07T15:15:11.837-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Les Liaisons Dangereuses (Stephen Frears)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Serti de dialogues si passionnés et si passionnants que l’oreille, qu’ils piquent et repiquent sans cesse, en rougirait de plaisir, élégamment monté, et cela, même si certaines de ses scènes, à s’embourber dans ce trop plein de pathos qui tue le drame, auraient dû être évitées pour qu’il le soit vraiment de bout en bout, je pense notamment à la séquence du duel volontairement perdu par Valmont, à ces litres et litres de sang rouge sortant de son corps agonisant et au décor de neige dans lequel ils se déversent, un décor glacé comme sa mort à venir et blanc comme sa pureté retrouvée, son sacrifice le lavant de tous ses péchés, parce qu’ils nuisent, à relever pour les premiers de l’excès d’effets tragiques et pour le second de la métaphore usée jusqu’à la corde, à la poésie de ce geste hautement désespéré qu’il allait commettre après avoir perdu, par vanité, l’amour de madame de Tourvel, et magistralement interprété par Glenn Close, John Malkovich et Michelle Pfeiffer, oui, le film de Stephen Frears, commis en 1988 à partir du roman de Choderlos de Laclos, est, en dépit de quelques facilités de mise en scène, brillant comme le diamant d’une bague de marquise. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Mais si le bijou éblouit et séduit de par sa forme quasi parfaite que lui a donnée l’orfèvre britannique, force est de constater que la pierre d’origine dans laquelle il est taillé est quant à elle bien sombre, puisqu’elle est constituée de trois drames, celui du vicomte de Valmont, celui de madame de Tourvel et celui de la marquise de Merteuil, auquel on peut peut-être accrocher celui en devenir de Cécile de Volanges tant la jeune fille, initiée au libertinage sur l’ordre de la marquise et convaincue que là était la bonne philosophie, semble ne précéder que de quelques années la chute de celle qui n’était en définitive que la vraie fausse amie de sa mère. Et je me suis demandé, après les avoir comparés et un peu par jeu, lequel des trois était le plus grand. &lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TNcqfgSiSxI/AAAAAAAADrw/tnWwJM1UPek/s1600/Bitmap-2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 220px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Etait-ce celui de Valmont? Je l'ai bien cru à un moment, je dois dire, parce que sa vanité naturelle et la réputation de dom juan qu'il avait à tenir à la fois pour ne pas décevoir ses innombrables conquêtes - à ne plus être celui que toutes les femmes ou presque recherchaient, ne minimisait-il pas en effet rétrospectivement la victoire de toutes celles qui avaient réussi à le mettre dans leur lit, et du coup, ne risquait-il pas en retour d’attirer sur lui leurs moqueries, voire leur colère? - que pour ne pas perdre la face devant la marquise de Merteuil - le pacte d’entraide, qu’il le liait à elle depuis leur séparation s’étant au fil du temps dénaturé en une sorte de joute fratricide que tous deux désirait gagner, exigeait en effet de lui de rester à la hauteur de cette remarque qu’elle lui avait faite un jour :&amp;nbsp;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Amour et trahison, n’est-ce pas là tout votre plaisir?&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;- le contraignaient à tirer un trait définitif sur ce qu’il avait alors de plus cher : l'amour qu'il portait sincèrement à Madame de Tourvel. &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Ce n'est pas ma faute!&amp;nbsp;» &lt;/i&gt;dirait-il, ou plutôt répéterait-il à cette femme lors de leur scène de rupture sans savoir hélas que ces mots qu'il allait prononcer sur la demande de la marquise de Merteuil, d’une marquise alors soucieuse de débarrasser son cher vicomte d’un amour qui, s’il avait vécu, aurait pu l’éloigner d’elle, exprimeraient exactement ce que serait son drame, soit agir contre sa propre volonté, par la seule faute d’un rôle qui, pour avoir tant plu à cette noblesse un peu décadente du 18ème siècle, lui était désormais imposé. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Je l'ai bien cru à un moment disais-je, en fait, tant que je n'avais pas remarqué que la fortune personnelle de Valmont pouvait largement le libérer du lien contraignant qui l’attachait à la société. Avec cet argent, le bonhomme avait la clé de sa geôle et avec l’amour de madame de Tourvel largement de quoi se consoler de la perte de son double statut de roi des intrigues et de prince des alcôves, perte que lui aurait très certainement valu cet amour, si bien sûr, il y avait consenti. Finalement, à garder les deux fesses collées sur ces deux trônes par la seule volonté de son entourage, le drame du vicomte n’était plus celui d’un simple prisonnier mais celui d’un prisonnier volontaire. Et son drame, à mes yeux, en perdait du coup toutes ses couleurs.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TNcqn7FaTnI/AAAAAAAADr0/63u0JK1Dlf0/s1600/Bitmap-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 220px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Etait-ce alors celui de madame de Tourvel? A payer chèrement le prix de sa rupture d'avec Valmont pour des valeurs qui n'en sont pas, et à être le jouet permanent de paris franchement détestables, je dois avouer que son triste sort m'a beaucoup ému mais en même temps que pèse vraiment son drame quand on se rend compte que l’amour qu’elle porte à Valmont l’incite, dans le seul but de ne pas le perdre, à tout accepter de lui, aussi bien ses frasques que ses mille et une trahisons, et qu’elle danse, dans ce qui devrait être pour elle la fête des cœurs, aussi rampante et obéissante qu’elle l’a toujours été? De plus, à tomber si facilement dans les bras d'un homme qu'elle sait cruel et éhonté coureur de jupons, sa solitude, hélas, n'excuse pas tout, ne relègue-t-elle pas l’ensemble de ses vertus, de ses vertus qu'elle vante et qu'on vante, au rang de saintes hypocrisies? &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Quelle volupté de la voir trahir tout ce qui compte pour elle&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; dirait d’elle Valmont avant de la conquérir, il ne savait pas alors que celle qu’il allait aimer avait choisi la vertu comme refuge, par manque d’amour.&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TNcqr20XSPI/AAAAAAAADr4/I-nL4fn6ucE/s1600/Bitmap-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 220px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Restait donc celui de madame la marquise. Je lui ai donné ma préférence, même si cette femme n'est pas défendable à utiliser contre autrui des armes qu’elle ne voulait pas qu’on utilise contre elle. Et si je lui ai donné ma préférence, c'est tout bonnement parce que son drame à elle est construit sur l'échec d'une rébellion, d'une rébellion qui n'a rien d'une folie en fait, puisque elle n'est jamais que le produit d'une injustice de son époque : comme toutes les femmes du 18ème siècle, la marquise de Merteuil était en effet destinée à devenir une épouse totalement soumise à son mari, à un mari qu‘elle n‘aurait, bien sûr, pas pu choisir. A échouer dans son vœu d'indépendance, à rater à la fois la liberté et l’amour, les raisons de sa révolte, le drame de cette femme dit encore bien haut qu'il faut bien plus qu'une volonté de fer pour vivre, dans ce monde, selon ses goûts et ses désirs, peut-être parce qu'on y déteste tous ceux qui ne cadencent pas leurs pas sur les battements de la machine. &lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Cette machine, qui veut qu'on marche tous dans le même sens et qui n’aime les têtes qui dépassent que lorsque elle les fait dépasser elle-même, comme celle d’un Valmont, on l'entend du reste hurler son désaccord dans la scène finale du film. Car ce qu'on entend vraiment dans ce théâtre où elle la Merteuil se rend après la mort du vicomte et l'improbable publication de ses lettres par Danceny, c’est la foule, la machine, qui bannit l’un de ses éléments pour sa différence et son insubordination.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: century gothic,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;L’obéissance est ennuyeuse, la révolte impossible et la lutte incertaine&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; aurait pu dire la marquise après sa chute si, bien sûr, elle s’était appelée de Balzac.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4037135360959135629?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4037135360959135629/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/11/les-liaisons-dangereuses-stephen-frears.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4037135360959135629'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4037135360959135629'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/11/les-liaisons-dangereuses-stephen-frears.html' title='Les Liaisons Dangereuses (Stephen Frears)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TNcqfgSiSxI/AAAAAAAADrw/tnWwJM1UPek/s72-c/Bitmap-2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4680281948029465872</id><published>2010-07-04T17:25:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:03:13.147-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1990'/><title type='text'>Alice (Woody Allen)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: arial; text-align: justify;"&gt;Quand, au tout début de ce film que Woody Allen commettait en 1990, le cinéaste nous fait pénétrer dans l’appartement de son héroïne Alice,  soit dit en passant, par l’intermédiaire d’une caméra qui, pour en avoir ouvert les portes avec la discrétion de celui qui veut voir sans être vu, nous donnerait presque l’impression d’être son complice en voyeurisme, on ne met pas plus d’une minute pour se dire : quel bol, quelle fichue chance elle a eue dans sa vie, cette Alice! C’est que cet appartement tout habillé de luxe et de silence, de silence qui est lui-même un luxe, Alice n’habitant pas franchement la campagne, on n’aurait pas de mal à s’y installer soi-même. Et j’imagine bien que son businessman de mari, par sa fière allure, et ses deux enfants, qu’on entend à peine, feraient le bonheur de plus d’une épouse. Et du reste, si l’on pouvait chiffrer la vie facile d’Alice, on aimerait bien pouvoir écrire ce chiffre, sans signe moins ni chipoteuse virgule, pour son propre compte.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211907521118370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TDEmpDlqgKI/AAAAAAAAC4Y/LpmLsOAVl9k/s400/ALICE-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 217px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Seulement voila, lorsqu’on voit Alice pour la première fois, la dame, qui a tout  pour être heureuse, se trouve exactement dans la position de ces gens qui sont là tout en étant autre part. Assise devant un pamplemousse qu’elle a a peine touché, la tête posée sur un bras qui semble suppléer l’oreiller qu’elle vient de quitter, l’oreille en veille et les yeux dans le vague, elle est, en effet, à ce moment-là, comme eux, en train de rêver. Et puisque le rêve d’Alice est alors lié, non pas à ce qu’on aurait pu croire, soit à un désir de toujours plus de Baccarat sur ses étagères, ou bien encore à l’achat de robes de haute couture, si attirantes et si élégantes dans leur vitrine qu’elles la poussent à fourrer toujours plus de vêtements dans ses placards, des placards eux-mêmes taillés par des menuisiers qui ne travailleraient pas pour tout le monde, mais à une affaire de cœur qui a commencé on ne peut plus idéalement, on a même pas besoin de remarquer le peignoir qu’elle porte encore sur ses épaules, alors que tous les siens ont déjà le mors aux dents, ni même encore de faire attention à ces petits riens qu’elle échange avec son époux qui disent, à ne pas dépasser le stade de la prise de rendez-vous, que cette femme n’est plus pour son mari que l’organisatrice de son foyer, pour pouvoir se dire que l’argent n’a pas véritablement fait son bonheur.&lt;br /&gt;En fait, Alice n’a plus qu’une seule envie : ficher le camp, scier les barreaux de la prison dorée, botter en touche la fadeur et la vacuité de sa petite vie de bourgeoise bien rangée, ne plus donner d’ordres à la bonne et ne plus entendre les directives du mari, fuir les magasins de luxe qu’elle fréquente tout le jour afin de tuer le temps et renvoyer, à leurs potins et à leur méchanceté gratuite, les vraies-fausses amies qu’elle y rencontre, pour s’en revenir à elle, à elle et à ses passions, lesquelles, à pouvoir être enfin vécues, useraient cette belle énergie qu’on ne peut que lui soupçonner. Mal canalisée, mal utilisée à ne faire que des choses qui la font marcher à mille lieues de son jardin secret, jusqu’à parfois se retourner contre elle, à la manière d’une autopunition, car cette dame, en bonne chrétienne, se sent terriblement coupable d’éprouver de telles envies d’ailleurs, cette belle énergie est en effet à l’origine de tous ses maux de dos.&lt;br /&gt;Et quoi de plus normal, en somme, pour prendre la poudre d’escampette, pour tout recommencer de zéro, qu’une histoire d’amour qui débute gentiment? C’est qu’Alice, malgré son train de vie dispendieux qui la mettrait un peu au-dessus de tout le monde, n’est, au fond d’elle-même, pas bien différente de la plus démunie des mortelles. Comme elle, en effet, elle veut qu’on l’aime pour ce qu’elle est, et pense que l’amour, promesse de compréhension mutuelle et de réalisation de soi-même, est la solution à tout. Et comme elle, hélas, elle a tendance, lorsque l’amour repointe le bout de son museau, pour elle ce sera sous la forme d’un saxophoniste de jazz au nom fleurant bon le héros de western, à purger sa mémoire de tout ce qui pourrait l’empêcher d’y succomber à nouveau. Evacués de sa tête, en effet, tous les soucis que pose inévitablement toute vie à deux, ceux-là même qu’elle veut précisément fuir pour en avoir connu, avec son mari, toute la gamme, lorsque, dans son songe commis devant le pamplemousse à peine entamé, elle colle tendrement ses lèvres sur celles du musicien. De même, oubliées toutes les petites différences et autres failles de même acabit qu’au tout début d’une histoire d’amour les amants parviennent à colmater à grands coups de baisers, mais qui, avec le temps, les baisers n’officiant plus vraiment à prendre alors le sale goût de l’habitude, deviennent des abîmes infranchissables, quand, un peu plus tard, pour retenir l’attention, puis obtenir les faveurs, du nouveau prince de son cœur, elle feint s’y connaitre autant que lui en jazz. Bref, en un mot comme en mille, Alice, à n’avoir rien voulu retenir de son  échec passé, va s’engager dans cette nouvelle histoire d’amour exactement comme elle l’avait fait avec son mari. Du reste, cette histoire  commence rigoureusement de la même façon, soit par le même : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Vous êtes beau. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490212057235330338" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TDEmxxUUFSI/AAAAAAAAC4o/UK8QN8R3YCk/s400/ALICE-3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 216px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490211989457247858" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TDEmt00wnnI/AAAAAAAAC4g/Appluja_JzE/s400/ALICE-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 215px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Et, à mon sens, il faut retenir ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Vous êtes beau. »,&lt;/span&gt; car non seulement il dit parfaitement l’erreur d’Alice, une Alice sempiternellement piégée par la beauté, une Alice qui semble décidément ne pas vouloir comprendre qu’il faut bien plus qu’une attirance physique pour réussir un mariage, et cela, bien qu’elle en ait fait la douloureuse expérience, mais il donne aussi la mesure, le ton, la cadence, le la à la mise en scène que Woody Allen a employée pour raconter la romance entre l’héroïne de son film et son prince charmant.&lt;br /&gt;Certes, on pourra trouver cette manière de faire un brin conventionnelle, voire un peu fainéante en écriture puisque Alice et Joe le saxophoniste vont s’aimer comme on s’aime au cinéma, soit, pour faire court, sur fond rebattu de parc inondé de pluie tout en se murmurant aux oreilles mille choses agréables que les nôtres, bien sûr, n’entendront pas afin de renforcer l’aspect romantique de ces mille choses agréables qu’ils auront à se dire, l’absence de paroles recentrant notre attention sur le cadre idyllique et un peu mystérieux de la scène qu‘ils composent alors. Mais, dans le même temps, comme on voit là la vie comme la rêve Alice, on ne peut que souscrire, et parce qu’on y voit également un cinéaste se laisser aller au genre romanesque en toute bonne foi, comme s’il en avait lui-même le goût, il faut, pourquoi pas, applaudir et des deux mains encore, car si le cinéma compliqué c’est bien parfois, une romance sans queue ni tête, tournée que pour du donner du plaisir et du beau, c’est bien tout le temps. Et du reste, c’est avec le même bonheur que j’ai accueilli le médecin chinois, le mentor d’Alice, car s’il en dénonce tous les travers, notamment sa facilité à s’illusionner, une disposition dont elle n’a malheureusement pas l’exclusivité, si c‘était vrai, le monde ne serait pas la farce qu’il est, il le fait toujours sous le couvert d’une certaine poésie.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5490212108026693442" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TDEm0uh6x0I/AAAAAAAAC4w/mdN1a6qi2bM/s400/ALICE-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 217px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Après avoir vécu le septième ciel tout en haut d’un immeuble si peu avare de lumière que la pauvre Alice, qui se trouvait, comme toutes les femmes, pas assez mince, avait préféré se donner toute habillée, non sans avoir hurler auparavant des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« je vais faire un régime! »&lt;/span&gt; épouvantés, Joe le saxo, dont le pistolet était toujours prêt à dégainer, peu lui importait la cible, sacré Woody à faire de l’homme un obsédé sexuel, finirait par renoncer à la main d’Alice, préférant à son amour, qu’elle avait pour lui sincère, celui de son ex-épouse Vicki, un amour pour le moins douteux à lui avoir été insufflé par un psychiatre à la mode. Il rejoignait ainsi tous ces gens qui optent pour les affaires de cœur compliquées, les angoisses qu’elles génèrent restant parfaitement gérables et sont suffisamment bouffeuses de temps pour leur éviter de penser. Mais cette rupture, qui tombait tel un couperet, ce serait la chance d’Alice, car ce type c’était de la vie comme elle la rêvait et non de la vie comme elle la voulait. Après un bref retour chez elle, séjour qui lui apprendrait, entre autres, qu’elle avait bien eu tort de culpabiliser pour son aventure extraconjugale, son mari courant la working-girl avec la bénédiction de sa conscience, elle s’envolerait pour la Calcutta de Mère Theresa. Au pays des merveilles, Alice disait alors adieu. Et ma foi, il y a des jours, où je ferais bien pareil.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4680281948029465872?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4680281948029465872/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/07/alice-woody-allen.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4680281948029465872'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4680281948029465872'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/07/alice-woody-allen.html' title='Alice (Woody Allen)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TDEmpDlqgKI/AAAAAAAAC4Y/LpmLsOAVl9k/s72-c/ALICE-0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-5677766768556779345</id><published>2010-06-19T11:03:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:05:07.765-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Drôle de Frimousse (Stanley Donen)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Si j’avais à classer par ordre de préférence tous les films de Fred Astaire que j’ai vus, je serais assez tenté de mettre cette Drôle de Frimousse que Stanley Donen commettait en 1957 à l’avant dernière place de cette liste. Elle se positionnerait ainsi juste devant La Grande Farandole de H.C. Potter, mon indévissable lanterne rouge à manquer de tout, à se satisfaire de riens, tant et si bien d’ailleurs que Ginger et Fred, qui en étaient les vedettes principales, n’allaient pas pouvoir y  survivre.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Bien évidemment, ce n’est pas la minceur de l’intrigue du film de Stanley Donen qui m’a incité à lui attribuer cette médiocre place, car, comme je le disais &lt;a href="http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/mariage-royal-stanley-donen.html"&gt;ici&lt;/a&gt;, on ne va pas à la comédie musicale dans l’espoir de trouver sur son chemin des cheveux à couper en quatre, et du reste, les amours longtemps remises de Dick Avery, un photographe de mode plutôt branchouille, et de Joëlle Stockton, une souris de bibliothèque un peu bégueule, certes, mais en rien grise sous sa robe grise, valent bien celles que nous faisaient vivre Dale Tremont et Jerry Travers dans ce bijou qu’était Top Hat, puisque entre ces deux œuvres c’est kif kif bourricot, comme on dit, puisqu’on entend ici ce qu’on entendait là, soit un homme et une femme, que pas grand-chose sépare, se dire mille fois non pour finir par prononcer un oui qu’on a tôt fait de deviner, à vrai dire, aussitôt qu’ils se sont échangés leur premier non.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 20px auto 10px; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 224px; font-family: arial;" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TB0nVfEYwuI/AAAAAAAAC4E/GlzoOA6ibhw/s400/FUNNY_FACE2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5484583171277767394" border="0" /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Comme ce n’est pas non plus le discours que tient ici Stanley Donen qui m’a décidé d’envoyer sa Drôle de Frimousse au fin fond de mon classement.   Certes, dans son film, il pique plus souvent qu’à son tour et on ne peut plus gratuitement le monde des intellectuels, gratuitement, en effet, puisqu’on ne  trouve dans ce monde, que sa caméra restitue en se marrant, que des gens en quête de quelque chose qu’ils ne savent pas eux-mêmes et qui restent figés dans cet état d’attente jusqu’au jour où un intellectuel plus malin qu’eux leur fait découvrir ce qu’ils attendaient grâce à sa belle gueule et uniquement grâce à elle. Comme on y trouve encore quelques personnes plus futées que la moyenne, telle Joëlle, à n’avoir pas attendu que passe la belle gueule pour flirter avec la philosophie, mais on se rend bien vite compte que le cinéaste n’a servi ce pain quotidien de métaphysique à ses personnages que parce qu’ils ont le cœur vide. F&lt;span style="font-style: italic;"&gt;aute de bœuf, on fait labourer par son âne&lt;/span&gt;, dit le proverbe, ramené au film de Stanley Donen, le dicton donnerait : sans amour, on se rabat sur les livres. Quant aux brillants discours tenus par les penseurs de tout poil, on serait tenté de dire que, pour le cinéaste, ils sont pleinement à l’image de l&lt;span style="font-style: italic;"&gt;’empathicalisme&lt;/span&gt; de son professeur Flostre, soit une habile manière de se faire du fric et des nanas, soit encore, qu’un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;-isme &lt;/span&gt;accroché, à la fois superfétatoire, pédant et flatteur d’orgueil, à un principe pas tombé de la dernière pluie, ici, l’empathie. Certes, tout cela, à manquer cruellement de mesure et de recul, peut agacer l’œil et l’oreille, mais en même temps, comment ne pas y laisser un sourire, quand on sait que la chose moquée contient une bonne part de vérité, tout art ayant ses singes. De même, comment résister à Maggie Prescott, dans le film, la patronne du magazine féminin qui emploie Dick, lorsqu’on réalise qu’à travers son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Think Pink!&lt;/span&gt;, qu’à travers cet argument publicitaire qu’elle invente et soutient, comme un général en campagne, dans le but de relancer les ventes de son journal et cela, malgré un profond dégoût pour la couleur rose, elle dénonce, non pas le monde du travail, mais ce qu’on est capable d’entreprendre pour l’argent? Au fond, la seule chose qui pourrait vraiment déplaire dans ce discours principalement anti-intello, c’est le trait que le réalisateur s’est permis de tirer entre le professeur Flostre et Sartre, l’allusion au Café de Flore, inscrite dans son scénario, nous servant, pour ainsi dire, le père de l’existentialisme sur un plateau.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Enfin, si je n’ai pas craqué pour cette Drôle de Frimousse, ce n’était pas non plus de la faute à Fred Astaire, car il sort de cette quasi bérézina cinématographique vainqueur comme Napoléon à Austerlitz, le bonhomme, au nom de victoire &lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;célèbre&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;, y réussissant tous ses paris, y compris celui de paraître debout lors d'un numéro où il lui faut pourtant largement se rouler à terre, son incomparable élégance le lui permettant. Pour condamner ce film, il restait donc Audrey Hepburn,  laquelle, soit dit en passant, prêtait ses traits à l’intellectuelle Joëlle.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Certes, dans Drôle de Frimousse, l’actrice au sourire si ample qu‘il pourrait la contenir toute entière, ne manque pas de charme, elle en a tant d’ailleurs qu’il faudrait bien plus que la stricte robe grise qu’elle porte au tout début du film pour nous en distraire, mais, dans le même temps, lorsqu’on la voit répondre à son partenaire, qui vient la cueillir avec la souplesse du roseau sous le vent, par une gymnastique de jambes à la fois un peu raide et un peu chiche, au point du reste qu’il a fallu l’entourer de flous pour qu’on puisse y croire, on se demande  bien où on va pouvoir trouver ici  et la grâce et la technique sans faille d’une Ginger Rogers dansant sur le sublime &lt;span style="font-style: italic;"&gt;cheeks to cheeks&lt;/span&gt; de Top Hat ou d’une Rita Hayworth, étourdissante de fluidité, dans le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;So near and yet so far&lt;/span&gt; de You’ll Never Get Rich!&lt;br /&gt;Cette rigidité, presque mécanique, et ces pas de danse si simples, à s’opposer, pour la première, au  style amplement coulé de Fred Astaire, et à l'obliger, pour les seconds, de danser bien en-deçà de ce qu’il savait faire, s’ils ne nous privent pas totalement du spectacle de l’harmonie que doit offrir toute danse professionnelle, ils ne nous en servent qu’une version amoindrie, un peu tiède, et on se retrouve alors, dans ce musical qui nous le vole à moitié, comme dans un jardin que le printemps aurait oublié de fleurir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 20px auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 224px; font-family: arial;" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TB0nPCEXjeI/AAAAAAAAC38/Cc7ag2rHyk4/s400/FUNNY_FACE1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5484583060413844962" border="0" /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;[Audrey Hepburn &amp;amp; Fred Astaire dans Drôle de Frimousse : en scène, pour un Drôle de Couple en vérité]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img style="display: block; margin: 20px auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 307px; font-family: arial;" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TB0nJDeorWI/AAAAAAAAC30/z-bwP9sZxR0/s400/DVD_VIDEO-4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5484582957713239394" border="0" /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-family:arial;" &gt;[Une fleur d'harmonie : Rita Hayworth &amp;amp; Fred Astaire dans You'll Never Get Rich]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:arial;"&gt;Mais il y a pire, car ces jambes droites comme les bras d’un compas et aussi simples dans leur mouvement que cet instrument qui ne sert qu’à faire des cercles, à ne pas être dues à un manque d’aisance mais à provenir d’une nouvelle manière de danser plus gymnique qu’esthétique, plus années soixante qu’années trente ou quarante, explosent complément le couple vedette de Drôle de Frimousse. Du fait qu’elle les pratique, Audrey Hepburn donne en effet l’impression de la jeunesse et de l‘avenir, tandis que Fred Astaire, à ne pas pratiquer ce genre de modernités ou à tenter de s’y conformer, semble, du coup, prendre l’âge de ses artères et n’être revenu des temps qui ont fait sa gloire que pour se glisser dans la peau de ceux qui ont été, et du reste, dans ce numéro de danse au ton résolument moderne d’où ces jambes paraissent avoir pris naissance et auquel le bonhomme ne participe pas, on serait presque tenté de parier que celui-ci est alors, sur son siège, en train de méditer sur le héros vieillissant qu’il interprétait pour le compte de Vincente Minnelli. De même, si ici Audrey Hepburn n’est pas en dessous de la très bonne comédienne qu’elle fut dans Vacances Romaines de William Wyler ou dans la Sabrina de Billy Wilder, on est quand même heureux, quand, dans Drôle de Frimousse, la comédie se pique de danses ou de chants, d’avoir sous la main une Kay Thompson pour nous la servir.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-5677766768556779345?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/5677766768556779345/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/06/drole-de-frimousse-stanley-donen.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5677766768556779345'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5677766768556779345'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/06/drole-de-frimousse-stanley-donen.html' title='Drôle de Frimousse (Stanley Donen)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TB0nVfEYwuI/AAAAAAAAC4E/GlzoOA6ibhw/s72-c/FUNNY_FACE2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2823178697713386157</id><published>2010-05-30T18:12:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:07:25.549-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>Le Train (Pierre Granier-Deferre)</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:arial;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« C’est eux, je les reconnais. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Anna Kupfer, l’héroïne du Train de Pierre Granier-Deferre, film que le réalisateur français commettait en 1973 à partir d‘un roman de Georges Simenon, n’aurait pas besoin de regarder par la fenêtre de cette toute petite chambre d’hôtel qu’elle occuperait à son arrivée à La Rochelle pour mettre un nom sur les bruits de moteurs qui, depuis la rue, monteraient vers elle comme montent les souvenirs à la surface de la mémoire. C’est que cette suite de sons assourdissants et discordants, elle ne les connaissait que trop bien. Et pour cause, quelques années plus tôt, ils avaient préludé l’arrestation de son père, bien trop démocrate et bien trop épris de justice et de liberté pour plaire à la dictature hitlérienne qui s’installait alors dans son Allemagne natale, puis celle de sa mère, bien trop juive pour qu’on ne puisse pas appliquer sur elle l’une de ces nombreuses lois raciales qui avaient vu le jour à Nuremberg, et enfin la sienne, inévitable, puisque elle était le rejeton fâcheux de parents comme on n’en voulait plus.&lt;br /&gt;&lt;img style="display: block; margin: 10px auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 247px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TAMNUOWf5yI/AAAAAAAAC3k/o0ulL1YBtqY/s400/LE+TRAIN-4.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5477236212913661730" border="0" /&gt;A réentendre là, dans cette chambre minuscule et par le truchement de la pétarade, le chant, pour la quatrième fois répété de sa misère, il n’est d’ailleurs pas impossible de penser qu’elle en était arrivée à faire l’amer constat qu’en bougeant, qu’en changeant de lieu pour fuir une douleur que les uniformes vert-de-gris lui réadministrait sans cesse en allant partout et en allant partout plus vite qu’elle, elle n’avait fait que transplanter cette douleur dans un autre décor. Pour Anna Kupfer, l’échappée, la fuite qu’elle espérait au départ salutaire, s’était traduite par un très long voyage en train qui l’avait menée de la Belgique, de la Belgique d’où elle avait été hypocritement libérée, jusqu‘à cette belle ville de La Rochelle qui, à être déjà occupée par ses bourreaux, la renvoyait ni plus ni moins à son point de départ belge.&lt;br /&gt;Huit cents kilomètres de périple éprouvant effectués pour des prunes ou pour seulement s’apercevoir qu’il est parfois possible de se baigner dans le même fleuve, un Styx en l‘occurrence pour Anna Kupfer, à charrier depuis Berlin les eaux de la haine. La cruelle constatation lui faisait vouter le dos, mais, de cet affaissement amplement pardonnable, celle-ci n’en était que la demie coupable, car l’arche construite par ses épaules fatiguées avait aussi pour maitre d’œuvres la fin plus que probable d’un amour merveilleux, celui que ce voyage sans solution lui avait permis de vivre en lui faisant connaître Julien Maroyeur, un réparateur de radio dont le seul tort était celui d’avoir déjà femme et enfant.&lt;br /&gt;&lt;img style="display: block; margin: 10px auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 245px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TAMNQq6wFyI/AAAAAAAAC3c/KWwx_ZbytOY/s400/LE+TRAIN-0.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5477236151862433570" border="0" /&gt;Entre eux, tout commencerait à la frontière belge, en fait, dès que Julien Maroyeur, fuyant alors comme toute la France l’arrivée de l’occupant allemand, monterait dans ce train où elle se trouvait déjà. De suite, elle le remarquerait, au moins en ami possible, le gris discret de son costume allié à des manières de parfait gentleman, signes évidents d’une éducation qui n’avait pas été donnée depuis la rue, faisant écho au noir honorable de sa robe simple, signe évident de son propre raffinement, et le trouverait drôlement attachant à la regarder avec des yeux d’adolescent que le dieu amour, pour la première fois, appellerait. Et de suite, il la remarquerait, le plaqué-lissé de ses cheveux et la stricte robe noire lui faisant illico savoir qu’elle était bien de son monde, et la trouverait bigrement attachante à être imprégnée d’une mélancolie qui, parce qu’il en ignorait le sens, ajoutait du mystère au mystère qu’elle était déjà pour lui à n’être qu’une belle inconnue. Et le destin, qui avait déjà permis ce rapprochement par l’intermédiaire de ce chef de gare qui avait envoyé l’épouse enceinte de Julien Maroyeur vers les confortables voitures de tête et en le dirigeant, lui, vers les wagons de queue, bien moins confortables, ceux-là, puisqu’en temps de paix ils ne servaient qu’à transporter le bétail, parlerait une fois encore par l’entremise d’actes parfaitement humains, comme il le fait toujours du reste car c’est là son seul vecteur, puisque ce serait une secousse provoquée par une locomotive qui s’alimenterait en eau qui pousserait Anna dans les bras de Julien, brisant ainsi une glace de timidité qui ne demandait qu’à être brisée.&lt;br /&gt;A partir de ce moment les deux fugitifs fileraient le parfait amour, un amour du reste si fort entre eux qu’il permettrait au réservé Julien, sacré amour à lui demander de briller, de prendre les commandes de ce train qui les emportait afin qu’il puisse franchir l’obstacle administrativement infranchissable que formerait un pont supposé miné, et de tenir tête à deux enquiquineurs bien prêts à mettre à exécution sur le beau corps d’Anna les sifflets salaces avec lesquels ils exprimaient, depuis qu’ils l’avaient vue, leurs désirs d’elle, et à la non moins réservée Anna de décharger son cœur, chaque gramme de douleur, ôté par le fait même qu’elle pouvait enfin confier cette douleur à quelqu'un, lui rendant petit à petit sa beauté d'avant, et bien évidemment de relever, ici, un coin de robe, et là, le même coin de robe mais plus haut cette fois, incitée qu’elle serait à le faire par ce sacré amour qui veut qu’on se donne tout entier et sans pudeur à l’être qu’on aime.&lt;br /&gt;Leur amour, en fait, serait tellement fort qu’ils en vivraient également la part douloureuse, celle que connaissent tous les amants lorsqu’ils se séparent sans véritable espoir de se retrouver un jour, comme il en serait à Moulins, à Moulins où Julien, parti à la recherche de sa famille, sa femme et sa fille ayant, par le biais d’un train totalement recomposé, rejoint cette ville bien avant lui, va laisser Anna dans une solitude si dure qu’on en vient carrément à espérer pour elle que cet homme ne retrouve jamais la voie de chemin de fer sur laquelle on a engagé les siens et de féliciter, en même temps, ce sublime cinéma français  pour le fait qu’il peut, en jouant la carte du possible et du simple, faire renaitre en nous des émotions qu’on croyait usées jusqu‘à la corde. Au passage, l’improbable retour de Julien aurait bien lieu, Moulins ne lui ayant pas rendu sa famille, et fichtre!, comment oublier cette scène de retrouvailles quand Romy Schneider interprète à merveille cette femme qui ne peut alors que contenir sa joie, celle-ci se heurtant à une absence dont le moins que l’on puisse en dire est qu’elle a franchement de quoi faire paniquer son amant Julien, et quand Jean-Louis Trintignant se montre au moins l’égal de son idéale partenaire à si bien restituer à l’écran ces sentiments un peu troubles, mélange qu’ils sont de culpabilité et de plaisir volé sur le plaisir à venir, qu’on peut éprouver lorsqu’on sait pertinemment qu’on a profité d’un incident, qu’on a fait de lui un prétexte afin de privilégier, au devoir moral à accomplir, l’être qui transporte, l’être qui est capable de nous faire marcher dans le ciel bien avant l‘heure, somme toute, ce qu’allait faire Julien à s‘en retourner auprès d‘Anna au premier hurlement de sirène d’alerte entendu.&lt;br /&gt;&lt;img style="display: block; margin: 10px auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 245px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TAMNXg2AEvI/AAAAAAAAC3s/VmjevmI-kSA/s400/LE+TRAIN-6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5477236269417239282" border="0" /&gt;En vérité, leur amour serait tel qu’ils finiraient par ne plus regarder l’ensemble de ces gens qui les accompagnaient durant ce voyage plié en sauve-qui-peut avec l’œil qu’ils avaient sur eux au commencement de l’aventure, rond, dans un premier temps, comme celui d’un Roublev fraichement sorti de son monastère, à s’étonner de la différence qu’il y avait entre eux et le monde tel qu’il était, puis, dans un second temps, détourné de ce monde pour échapper à sa déplaisante trivialité. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« A cause de la guerre, ils sont différents » &lt;/span&gt;dirait Julien Maroyeur à Anna Kupfer, sans savoir que c’était principalement l’amour qu’il portait à cette femme qui lui faisait tout voir différemment. A ce moment-là de leur histoire, il était également loin d’imaginer que ce serait le même amour puissant qui allait l’inciter, dans un bureau de commissaire de police, à tendre une main à la fois secourable et compromettante à une Anna qui, par amour pour lui, avait tenté d’oublier le douloureux épisode du retour de l’épouse officielle, de cette dame de droits et non de cœur, en rejoignant les combattants de la Résistance.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-2823178697713386157?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/2823178697713386157/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/le-train-pierre-granier-deffere.html#comment-form' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2823178697713386157'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2823178697713386157'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/le-train-pierre-granier-deffere.html' title='Le Train (Pierre Granier-Deferre)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/TAMNUOWf5yI/AAAAAAAAC3k/o0ulL1YBtqY/s72-c/LE+TRAIN-4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-6042280319718690473</id><published>2010-05-24T14:46:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:14:34.943-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Gervaise (René Clément)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Le matin était revenu, il était toujours pas là, pas rentré de la nuit. J'étais si fière d'avoir le plus beau garçon du quartier, moi la boiteuse. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ainsi s’exprimerait Gervaise, l’héroïne du beau film de René Clément, lorsqu’elle constaterait, depuis le balcon de son modeste appartement, que Lantier, que son Lantier, avait pour la première fois découché. De l’autre côté de la rue, trois  personnages l’observeraient et derrière leur fenêtre s’amuseraient beaucoup de son tourment, et ils auraient une très bonne raison pour pouvoir le faire, en fait, la meilleure comme la pire, puisque ce trio moqueur, à être composé de son homme et des deux cocottes - Adèle et Virginie - avec lesquelles il avait passé la nuit, était la source même de son tourment, de ce tourment que depuis ce balcon elle afficherait d’une manière  on ne peut plus naïve. Un peu plus tard, à vrai dire, quand l’oiseau rejoindrait son nid, Gervaise, malgré sa colère et sa grande tristesse de tout savoir de la sale manie que son compagnon avait de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« retourner les dames »&lt;/span&gt;, lui pardonnerait une fois encore. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Il n'avait qu'à me regarder, faire un sourire, pour que je dise : c’est bon » &lt;/span&gt;reconnaitrait-elle, en effet, un peu vaincue.&lt;br /&gt;Hélas, ce ne serait là que l’une de ces nombreuses demies vérités que l’on dit sur soi-même, un voile, en somme, posé par elle sur elle par méconnaissance d’elle-même mais sans qu‘on puisse le moins du monde la lui reprocher, certains traits de caractère ne pouvant être révélés que si les circonstances s’y prêtent et leur perception véritable n’appartient le plus souvent, pour ne pas dire toujours, qu’au seul observateur neutre.&lt;br /&gt;Pour cette fille, blanchisseuse de profession, ce hasard rimerait avec lavoir et avec une Virginie qui, à savoir avant tout le monde la fuite de Lantier avec sa sœur Adèle, feindrait le lavage de son linge sale dans le seul but de la narguer, quant à cette vérité qu’elle n’apprendrait pas sur elle, adepte forcée elle aussi, comme nous tous, de l’aveuglement sur soi, elle sortirait d’une victoire, voire d’un triomphe, Virginie, qu’elle déculotterait puis fesserait sous les yeux de toutes repartant du lavoir on ne peut plus humiliée, et elle aurait pour nom : l’orgueil. L’orgueil en effet car quel autre sentiment que l’orgueil aurait pu inciter cette jeune femme à prendre une revanche aussi brutale? De même, n’était-ce pas plutôt l’amour-propre que l’amour tout court qui lui faisait tant aimer Lantier, cet homme dont la marotte était de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« retourner les dames »&lt;/span&gt; et dont le métier était celui de ne strictement rien faire? «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; J'étais si fière d'avoir le plus beau garçon du quartier, moi la boiteuse. »&lt;/span&gt;, ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;j'étais si fière &lt;/span&gt;et ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;moi, la boiteuse&lt;/span&gt; parlent tellement d'eux-mêmes que  les commenter ce serait perdre son temps.&lt;br /&gt;Quand Virginie repartirait du lavoir, les fesses rougies par les coups de battoir et laissant flotter dans l’air un nuage lourd de menaces, un nuage lourd de menaces qu’elle expulserait de sa bouche par un revanchard &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« tu me retrouveras, peau de vache »&lt;/span&gt;, on saurait donc la petite Gervaise armée de sentiments d’orgueil qui, bien loin servir ses ambitions personnelles et légitimes, vont leur nuire, la démesure de cette fierté qu’elle a pour elle, à sous-tendre chacun de ses actes, du moins ceux qu’elle commet au nom de sa réussite, ne trouvant comme seule interlocutrice que la fierté exagérée d’autrui, l’orgueil n’échappant pas, lui non plus, au bête principe qui veut qu’on ne récolte que ce qu’on sème, comme le prouve d’ailleurs cette Virginie à tant désirer lui faire la peau. Ceci dit, quand on sait qu’on ne peut jamais savoir sur quelle sale pente notre propre estime de soi pourrait nous faire glisser, on a un peu de mal à prendre son péché de haut. Pour être tout à fait franc, on devrait même pouvoir dire qu’on l’aime cette Gervaise, son orgueil un peu excessif, élément prépondérant dans son destin fatal, ayant quelques accointances avec le notre, et comme le notre, il n’est pas dénué non plus d’une part qui, elle, n’a rien de condamnable.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5474956516439641682" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S_rz8bMYTlI/AAAAAAAAC28/CTArg4vOITQ/s400/GERVAISE-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 298px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Car c’est bien de cette part d’orgueil qui sauve que naitrait son idée de se marier, une envie dont le moins que l’on puisse en dire est qu’elle vient comme une suite logique à ce volontaire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je me défendrais seule »&lt;/span&gt; qu’elle  émettait après avoir converti Virginie en ennemie jurée. A choisir Coupeau, ce travailleur honnête, gentil et même &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« beau »&lt;/span&gt;, cet homme dont le seul défaut était, en définitive, celui d’avoir des parents méchants, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« méchants à cause de l’or qu’ils travaillaient »&lt;/span&gt;, Gervaise  semble du reste avoir tiré de l’épisode Lantier la leçon qui s’imposait. Malheureusement, après un mariage heureux, durant lequel tout son petit monde allait, au Louvre, beaucoup rire de la Kermesse de Rubens sans se rendre compte qu’il le ferait à ses dépens, une nuit de noces fichtrement charmante à décliner sept sous (pour le ménage) en &lt;span style="font-style: italic;"&gt;ses d’ssous,&lt;/span&gt; et une vie de couple plutôt harmonieuse à être couronnée par la naissance de Nana, les économies faites par Gervaise ne serviraient nullement son rêve de devenir la patronne d’une blanchisserie mais à soigner son mari tombé d’un toit. Guidée par sa volonté orgueilleuse de réussir, que seule la location d’une boutique pouvait apaiser, Gervaise accepterait alors les cinq cents francs généreusement prêtés par Goujet, par ce forgeron qui n’était décidemment pas comme les autres à ne pas rire pour un rien, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« à penser à autre chose »&lt;/span&gt; et à donner son argent sans garantie de le retrouver un jour mais dont le rôle ici est avant tout celui de dire que la vie n’assemble jamais ceux qui devraient l‘être, Gervaise et lui vivant, au premier contact, le moment à la fois magique et tragique que provoquent toujours ces rencontres qui arrivent trop tard. A accepter l'offre du forgeron,  elle mettrait ainsi, sans le savoir, plus d’une pièce dans la machine infernale qui allait l’emmener vers ce bistrot où l’alcool, ingurgité à hautes doses, l‘assommerait définitivement, car cet argent jamais elle ne pourrait le rembourser, Coupeau, que son accident transformerait en pochard genre égrillard, buvant une bonne partie du bénéfice que son commerce, à ses débuts  plutôt florissant, dégagerait.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5474956748082935874" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S_r0J6IceEI/AAAAAAAAC3M/KRvSdhDcRHo/s400/GERVAISE-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 298px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5474956629651769922" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S_r0DA8QSkI/AAAAAAAAC3E/Op2MaRi7RSs/s400/GERVAISE-2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 301px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Mais alors qu’on s’étonne de la ressemblance entre Maria Schell, magistrale dans le rôle de Gervaise, et cette autre grande actrice qu’était Romy Schneider, voilà que Coupeau, qui était déjà étonnant à passer, le temps d’une chute et d’une convalescence, du statut d’honnête homme à celui d’ivrogne patenté, étonne encore plus à faire de Lantier, qui est de retour dans le quartier, son ami à la vie à la mort. C’est qu’il fleure bon le roman, celui-là, à nous faire croire qu’un mari peut abriter sous son toit l’ex-partenaire de son épouse. Et on pense bien sûr, puisque cette union, conclue contre nature mais établie aux premiers regards échangés, n’aura pas d’autre explication que la sacro-sainte amitié virile, à cette ribambelle de personnages qui ont été créés dans le seul souci d’appuyer un discours, ici celui de la fatalité, délétère conjonction du destin imprévisible et  de l‘orgueil qui aveugle.&lt;br /&gt;Car il fallait bien pour que Gervaise puisse tomber dans son trou, soit pour que la grand-messe sur la fatalité puisse être dite, que Coupeau et Lantier fassent ami-ami. En effet, après le départ en apprentissage de son fils Etienne et de Goujet qui l‘accompagnait, trésors d’amour, trésors précieux dont elle dirait, d’une larme qui pique le spectateur à l’œil : «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; qu’il n’y avait que ces deux-là de propre dans ma vie »&lt;/span&gt;, Gervaise n’avait plus que sa boutique pour se raccrocher à son existence et il fallait bien, pour qu’elle chute, que quelqu’un coupe ce fil. A lui seul, Coupeau n’y serait pas parvenu, la blanchisserie ayant toujours assuré les revenus du ménage, même aux moments les plus difficiles. Ramené par une Virginie, plutôt fourbe vis-à-vis de Gervaise à lui cacher sa vengeance, son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« tu me retrouveras, peau de vache »&lt;/span&gt;, sous des airs affables et des ronds de jambe e&lt;span style="font-style: italic;"&gt;n veux-tu deux je t’en donne trois&lt;/span&gt;, Lantier, jouet entre ses mains et transformé par ces deux habiles manipulatrices en arme fatale, jouerait à merveille le rôle du poids mort, du poids de trop, de ces poids qui empêchent les grilles d’une boutique à être relevées. Mais avant de connaitre ses ruines financière, morale et physique, la petite Gervaise saurait encore l’outrage de ces nuits d’amour qu’on vole sur un complet désarroi, et, dans un troquet, dans lequel Coupeau dilapiderait le fruit de son travail en gueulant, droit comme un I et rond comme deux O, «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Je bois tes draps, je bois tes draps! »&lt;/span&gt;, la stupidité des gens en leur capacité de placer dans une scène de tragédie un espace suffisant pour rire.&lt;br /&gt;Et tiens, c’est aussi pour cela qu’on doit aimer Gervaise.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5474956821209315954" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S_r0OKjIenI/AAAAAAAAC3U/8eRKIlgNTUk/s400/GERVAISE-9.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 299px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-6042280319718690473?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/6042280319718690473/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/gervaise-rene-clement.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/6042280319718690473'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/6042280319718690473'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/gervaise-rene-clement.html' title='Gervaise (René Clément)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S_rz8bMYTlI/AAAAAAAAC28/CTArg4vOITQ/s72-c/GERVAISE-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2281919451104473454</id><published>2010-05-15T16:27:00.001-07:00</published><updated>2011-03-06T13:15:23.034-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Mariage Royal (Stanley Donen)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Je pourrais raconter en long, en large et en travers l’histoire de Mariage Royal, de ce musical que Stanley Donen commettait en 1951, mais si je le faisais, si je me mettais à développer, avec force détails, les aventures de Tom et Ellen Bowen, de ce couple de danseurs qui sont frère et sœur dans la vie et tout aussi frère et sœur dans leur volonté de se préserver du mariage, le premier parce qu’il lui préfère largement la danse et la confortable tranquillité de sa vie de célibataire et la seconde parce qu’elle, aussi, lui préfère largement la danse et ces amours qui n’engagent à rien à se vivre sans le moindre bout de contrat, je ne ferais que desservir ce film, puisque la seule chose à laquelle je parviendrais, ce serait celle d’avoir mis en relief l’extrême platitude de l’intrigue concoctée par Alan Jay Lerner, et pour être plate elle l’est même plutôt deux fois qu’une, comme l'est du reste la plupart des artifices que le bonhomme a employés pour l’épicer un peu, qu’ils relèvent du comique ou du domaine sentimental, oui, tous, ou presque tous, font plouf  comme ces pavés qui tombent dans la mare sans éclabousser personne, je pense notamment à la paire de drôles formée par Irving et Edgar Klinger, les deux managers de Tom et d'Ellen, si différents de tournures et de langages certes, mais aux dialogues ô combien cousus de fil blanc, comme je pense encore au revirement final des Bowen, leurs mariages respectifs avec Anne Ashmond, la jolie danseuse au cœur délaissé, et Mister John Brindale, le lord anglais à la liste de conquêtes plus longue encore que celle de dom Juan, étant, eux aussi, cousus de fil blanc, vu qu’en ces années cinquante aucune comédie musicale n’aurait osé dire non au saint sacrement du mariage après l’avoir inscrit à son scénario et offrir au public une fin à laquelle le genre ne l‘avait pas préparé. Pire assurément, car si j’avais pris ce Mariage Royal par le petit bout de l’analyse froide, ce billet se faisant alors le reflet de ses innombrables faiblesses, dont, soit dit en passant, je ne pourrais peut-être pas totalement exclure Jane Powell tant son bel enthousiasme à interpréter Ellen semble quelque peu proportionnel au remplacement de Judy Garland qu’elle avait à assurer, je n’aurais fait là que casser du sucre sur un film qui, durant quatre-vingt dix bonnes minutes, va quand même exposer, dérouler, débobiner, l'exacte histoire faite de riens, échouant un peu partout sauf dans sa fonction de divertir, que j’étais venu chercher.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5471642595292183074" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-8t805JeiI/AAAAAAAAC2k/LLROhOwOGow/s400/MARIAGE_ROYAL-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 309px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Parce qu’il faut tout de même savoir, ou se souvenir, que quand on s’embarque pour un film de Fred Astaire et de sa belle partenaire du moment, on ne le fait pas dans l'espoir de trouver sur son chemin quelque nourriture alléchante pour neurones affamés de critiques, non, on ne le fait que pour  Fred Astaire et sa belle partenaire du moment, pour la maison du bonheur que tous deux ouvraient  en chantant et à grands coups de petits pas de danse racés et élégants, leurs corps soudés ensemble par une gymnastique moins acrobatique qu’aristocratique, auxquels ils ne manquaient jamais d’ajouter des enfilades de sourires pétillants et une myriade de clins d’œil rieurs, comme s’ils s’amusaient de la joie qu‘ils se donnaient ou qu’ils pouvaient donner par delà l’écran, n‘ignorant pas, à coup sûr, depuis le plateau d’enregistrement où ils enchainaient leurs petits pas de danse racés et élégants, du bonheur qu’ils donnaient aux gens. Comme on va encore vers les films de Fred Astaire pour la romance, parce que les amours cinématographiques de cet acteur, qu’il déclarait toujours par l’entremise de chansons langoureusement susurrées, une main posée sur le cœur et une fleur bleue accrochée à la boutonnière de son smoking couleur de nuit, une fleur bleue qui semblait attendre là, depuis cet avant-poste distingué, la réponse que lui ferait une jolie rose épinglée sur une robe coupée dans une étoffe on ne peut plus chic et recouvrant un corps on ne peut plus ravissant, c’est du pur roman justement, du roman d’amour sans prise de tête existentielle, du roman plié en rêve rose, soit taillé dans cette matière un peu cotonneuse dans laquelle on aimerait pouvoir se fourrer de temps en temps et qui, somme toute, n’est pas si éloigné de la vie qu‘on le suppose, n’est-ce pas, ma petite chérie! Enfin, regarder un film de Fred Astaire c’est encore pouvoir rire d‘une valse, comme on pourra le faire ici, Tom et Ellen ayant bien du mal à assurer la leur sur ce bateau qui les emmène en Angleterre, et bien évidemment, tomber sous le charme de séquences de danse extrêmement brillantes, un étonnement, un ahurissement à vrai dire, que ce danseur qui semblait pouvoir faire disparaitre la sophistication de ces numéros qu’on créait spécialement pour lui par la facilité qu’il avait de cacher l’effort derrière un sourire et par son aisance à se mouvoir sur une scène, tel un cosmonaute affranchi de l’apesanteur terrestre ou tel un homme libéré des ennuis de la vie.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-2281919451104473454?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/2281919451104473454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/mariage-royal-stanley-donen.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2281919451104473454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2281919451104473454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/mariage-royal-stanley-donen.html' title='Mariage Royal (Stanley Donen)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-8t805JeiI/AAAAAAAAC2k/LLROhOwOGow/s72-c/MARIAGE_ROYAL-0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-5452687087858911749</id><published>2010-05-11T15:52:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:15:52.341-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Opera'/><title type='text'>Opéra |  Rien ne vaut la scène ...</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Malgré tout le respect que je dois à certains opéras filmés comme on tourne des films, je pense notamment à ceux que mettait en scène le regretté Jean Pierre Ponnelle et plus particulièrement à son Mitridate, Re di Ponto de Mozart, d'un Mozart qui se mettait alors plus au service de la voix de ses interprètes que de sa propre voix, l'inverse viendrait après, je garderai toujours une nette préférence pour l'opéra qui se donne sur une scène. La raison?, elle vient du chant, du chant lui-même, parce que  ce chant,  qui n'est alors pas susurré du bout des dents, mimé, singé, depuis une bande son pré-enregistrée, peut, par exemple, donner à un air de fureur la vraie fureur qui convient à cet air, comme en témoigne Marylin Horne qui interprète sur cette photo, laquelle me demanderait bien cinq minutes pour la capter, le rôle  phare du Roland Furieux de Vivaldi, un opéra, dont j'aimerais dire au passage, qu'il m'aurait paru bien ennuyeux sans la présence à son générique de la sublime mezzo soprano américaine. Pour tout dire de ma pensée à propos de cet Orlando Furioso donné pour la première fois au Théâtre Sant'Angelo de Venise en 1727, j'ai entendu Antonio mais n'ait écouté que Marylin.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5470149568277267810" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-ngDN1sRWI/AAAAAAAAC2c/sDzAg4yuM2w/s400/%5B000046%5D.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 313px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-5452687087858911749?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/5452687087858911749/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/opera-rien-ne-vaut-la-scene.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5452687087858911749'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5452687087858911749'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/opera-rien-ne-vaut-la-scene.html' title='Opéra |  Rien ne vaut la scène ...'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-ngDN1sRWI/AAAAAAAAC2c/sDzAg4yuM2w/s72-c/%5B000046%5D.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7018284388554270520</id><published>2010-05-08T19:09:00.001-07:00</published><updated>2011-03-06T13:16:09.598-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>The Shining (Stanley Kubrick)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Depuis sa sortie en 1980 j’ai bien dû voir Shining, le film de Stanley Kubrick, quatre fois, et je ne l’aurais sûrement pas regardé une cinquième fois, comme je l’ai fait hier soir, si je n’avais pas trouvé un truc, un truc qui m’est tout à fait personnel, sinon à quoi bon l’écrire?, qui puisse expliquer, de manière parfaitement raisonnable, l’étrange faculté qui permettait à Dany, le très jeune héros du film, de pouvoir à la fois voir le passé, prédire l’avenir et même de communiquer avec certains êtres sans qu’il lui était  pour cela nécessaire de remuer les lèvres ou de leur tendre une oreille, un truc qui puisse, oui, expliquer d’une manière parfaitement raisonnable ce don qui, pour moi, devait forcément s’expliquer de façon rationnelle car jamais, au cours de mes précédents visionnages,  je n’avais cru que le réalisateur entré dans la légende de son vivant, un fait qui, à mon sens, est suffisamment rare pour être signalé, avait été capable, si je puis dire, de le lier à l’un de ces artifices plutôt douteux, car tout tendus de surnaturel,  qui agrémentent les films d’épouvante ou qui doivent, pour rester efficaces dans leur fonction de nous faire peur, s’expliquer le moins possible.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5469086884896694546" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-YZi5wD4RI/AAAAAAAAC2M/d047Bs4AiRw/s400/THE_SHINING-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 302px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Je le dis de suite, c’est en écoutant ma belle me dire qu’elle est à la fois miraculeuse et bien pesante cette possibilité qu’ont certaines personnes de pouvoir se mettre à la place d’autrui, miraculeuse dans la mesure où cet état  naturel d’empathie peut favoriser les échanges et bigrement pesante parce qu’à réagir telles des antennes qui ne seraient pas passives, les soucis des autres,  soucis qu’elles parviennent à capter sans chercher à les capter, deviennent un peu les leurs, que je me suis rappelé l’étrange pouvoir du gamin de Kubrick, du fils de Jack, de cet homme qui, parce qu’il s’était senti une forte vocation littéraire et que cet appel, qu‘il était le seul à avoir entendu à n‘avoir pas donné jusqu’alors la preuve de son talent, exigeait le calme d’une tombe, avait fini par accepter de devenir le gardien d’un luxueux hôtel de moyennes montagnes que son  propriétaire, comme chaque année, s’apprêtait à fermer pour cause d’hivers trop rigoureux. Certes, cette remarque, au demeurant fort juste, n’expliquerait pas tout, notamment la vieille femme de la chambre 237 et la scène finale et sa mystérieuse photo datée de 1921, mais, fichtre!, comme elle pouvait s’insinuer partout dès lors que je mettais un peu de côté le Stanley Kubrick grand re-liseur de genres, son Shining recréant le film d’horreur comme Barry Lyndon et 2001 dépoussiéraient respectivement le film d’époque et le film de science fiction, et admettais, bien sûr, que l’habillage horrifique du film était à celui-ci ce qu’est la métaphore au poème, soit une forme de langage, une façon colorée de dire les choses.&lt;br /&gt;Et du reste, comme cela commençait bien puisqu’après avoir vu la voiture de Jack grimper jusqu’au sommet de cette montagne où se trouvait l’hôtel dans lequel il allait bientôt officier en tant qu’homme à tout faire, et compris, d’ores et déjà, qu’il courait là à sa perte, la caméra de Kubrick quittant brusquement la route serpentine et la jaune mécanique en forme de coccinelle qui l’empruntait pour s’en aller filmer le décor comme si elle-même était victime d’un dérapage, je me rendrais compte que si je pouvais mettre sur le dos de l’empathie le don de Dany, la parfaite connaissance qu‘il avait de l’extrême motivation de son père jointe à cette capacité de se glisser facilement dans la peau de l’autre que je lui  soupçonnais m’ayant autorisé à faire ce rapprochement, je pouvais également mettre sur le dos de Shining le don d’empathie, Jack, lors de son entretien avec le gérant de l’hôtel, ayant continuellement agi selon son exact contraire -  parler d'empathie ou de son contraire, c'est oui encore parler d'empathie - son égoïsme crasse, éhonté, et exposé d’entrée, l’ayant même incité à mentir à propos de son épouse Wendy. A affirmer qu’elle adorait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« les fantômes et les films d’épouvante »&lt;/span&gt;, des goûts purement inventés pour la circonstance car totalement incompatibles avec la tournure de cette femme plutôt peureuse, il ne pouvait en effet pas mieux barrer ce petit doute qui se serait immédiatement et immanquablement installé chez son interlocuteur si celui-ci avait pu apprendre la vérité, soit que la mère de Dany n’aurait certainement pas vu d’un très bon œil un poste qui pouvait mener à la folie, un état auquel était arrivé Charles Grady, ce concierge, que l'on avait engagé dans le même hôtel quelques années plus tôt et juste le temps que dure un hiver, ayant assassiné toute sa famille en ne s'oubliant pas lui-même, les nerfs brisés par le mal d’enfermement.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5469086822856390594" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-YZfSof98I/AAAAAAAAC2E/obFE1T46qYI/s400/THE_SHINING-3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 301px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5469086761522422978" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-YZbuJV5MI/AAAAAAAAC18/iclf7x4xIoI/s400/THE_SHINING-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 302px; margin: 20px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Et si ce début était prometteur, la suite ne le serait pas moins, puisque quand apparaitrait Dick Hallorann, le chef cuisinier et grand possesseur lui aussi du don de Shining, celui-ci, à dire à Dany qu’il pouvait avoir  &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« des conversations pendant des heures sans jamais devoir ouvrir la bouche » &lt;/span&gt; avec sa grand-mère, puis à faire exactement de même avec ce gamin qui, à ce moment-là, l’écouterait comme on écouterait une personne qui nous comprendrait enfin, par le biais de ce surnom de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;canard &lt;/span&gt;qu’il lui devinerait sans jamais l’avoir entendu et de cette offre de glace que Dany allait saisir chez lui à l’état de pensée non encore exprimée, il expliquerait, en une phrase simple et en un acte pas si simple à mettre en scène, ce que peut permettre l’empathie quand on la pratique dans son aspect le plus lumineux. De même, ce bon vieux Dick allait drôlement me réjouir lorsqu’il dirait, de sa bouche quasi  angélique, que le don qu’il possédait était le lot de bon nombre de gens, parce qu’à le distribuer ainsi largement autour de lui il excluait le côté surnaturel de la chose, et du reste, sur ce plan-là, Dany le vaudrait bien car son pouvoir de voir au-delà du visible semblait, comme l’empathie, ne pouvoir fonctionner qu’avec les sentiments et les émotions des gens et non sur les choses comme en témoignerait cette séquence où on le verrait perdu, à vrai dire autant que le serait sa mère, et ne sortir de ce labyrinthe fait d’arbres dont l’hôtel s’était pourvu que par la force du hasard et sans qu‘on sache, qui plus est, si cette force avait guidé ses pas ou ceux de sa mère. Et le film aurait beau avancer, et avancer dans la folie de Jack, la petite remarque faite par ma belle parviendrait toujours à se placer, les visions cauchemardesques de Dany, et celles qui allaient pousser Dick à quitter son confortable appartement qu’il possédait en ville pour s’en aller rejoindre l‘hôtel perdu dans les glaces, n’étant, somme toute, que le produit de leur imagination que leur extrême empathie, dont ils vivaient maintenant le côté pesant, et pour cause, elle leur avait permis d’anticiper l’irréversibilité et la dangerosité de la folie de Jack, à laquelle, il faut bien le dire, Jack Nicholson donnait un sacré coup de main, a guidé, non pas n’importe comment, mais selon un fil qui s’était tendu comme par avance tant le pauvre Jack, à ne pas plus résister  au mal d’enfermement que ne l‘avait fait son prédécesseur Grady, semblait emprunter la même route que lui. Et encore une fois, fallait-il à Dany ou à Dick un don de voyance, une surnaturelle capacité, pour entrevoir le drame qui se déroulait sous leurs yeux?&lt;br /&gt;Après une cinquième lecture, Shining m’était donc apparu comme un long discours sur l’empathie mais dont le but n’avait pas été seulement celui d’en décrire les deux principaux états, avec d’un côté, la part belle qui débouche sur de la bonté, et de la meilleure, à être servie gratuitement, et de l’autre, sa force noire, foncièrement destructrice, à peser terriblement sur celui qui la possède, et dont la triste fin de Dick m'apparait maintenant en être la métaphore. C’est qu’à reprendre les cartes que Stanley Kubrick distribuait d’entrée, comme pour dire que c’était avec elles qu’il nous fallait exclusivement jouer, et qui étaient celles de l’empathie de Dany, de l’égoïsme de Jack et du mal d’enfermement de Grady, j’avais fini par conclure qu’il fallait posséder un petit quelque chose du premier pour ne pas succomber au troisième comme le ferait le second, l’écriture, monomaniaque et stérile, étant sa prison à lui. La monomanie : une prison véritablement terrible à posséder des barreaux invisibles et des murs qui se construisent pierre par pierre, et dont la première, la plus discrète de toutes, tombe, se pose, dès lors que l’obsession impose à celui qu’elle va phagocyter sans qu’il s’en rende compte le moins du monde des échappatoires en forme de petits riens coléreux. Pour Jack, ce serait une balle de tennis lancée violemment contre les murs luxueux d’un hall d’hôtel glacé de neige.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5469086936871454482" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-YZl7XzxxI/AAAAAAAAC2U/BBnltSjuVDI/s400/THE_SHINING-5.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 301px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7018284388554270520?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7018284388554270520/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/shining-stanley-kubrick.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7018284388554270520'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7018284388554270520'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/shining-stanley-kubrick.html' title='The Shining (Stanley Kubrick)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S-YZi5wD4RI/AAAAAAAAC2M/d047Bs4AiRw/s72-c/THE_SHINING-4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-8942031759543012624</id><published>2010-05-01T16:12:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:16:30.975-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Peintres'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Peintres | Trois mots sur le  Bal de Pierre-Auguste</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;C’est marrant comme un tableau de maitre peut parfois extirper de notre mémoire, le souvenir de quelque chose qui, à-priori, n’a pas franchement de rapport avec lui. Et ce qui est encore plus drôle, c’est que le tiroir où dormait cette petite chose est capable de s’ouvrir de manière quasi  instantanée, autrement dit sans qu’il soit nécessaire de regarder longuement le tableau qui l’a éveillée.&lt;br /&gt;Ainsi, l’autre jour, alors que mon écran d’ordinateur venait de m’afficher le Moulin de la Galette de Pierre-Auguste Renoir, j’entendais, dans ma tête et en moins de temps qu‘il n‘en faut pour l‘écrire, Jean Gabin entonner « Quand on se promène au bord de l’eau », la chanson bien connue de la Belle Equipe,  de ce  film de Julien Duvivier dont j‘aimerais dire, au passage, qu’à faire partie du patrimoine cinématographique français, il est quand même dommage que,   pour le voir, on nous oblige encore à recourir à la bonne vieille cassette VHS.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466444887835856498" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S9y2qbu0znI/AAAAAAAAC1s/lcGjWFAT6xk/s400/moulin+de+la+galette1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 295px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Cela dit, après avoir retrouvé les paroles de cet air, de cet air où Jean Gabin roule des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;r&lt;/span&gt; à peine croyables, des &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;r&lt;/span&gt; qui sont, somme toute, plus typiques des airs d’avant-guerre que de sa diction, tout finirait par s’expliquer, puisque le tableau de Renoir met en scène la même parenthèse de bonheur que la chanson transmettait exactement soixante ans plus tard. La même  parenthèse de bonheur, en effet, car à savoir que le peintre n’avait pas posé son chevalet dans un quartier huppé de Paris et qu’il avait de manière totalement délibérée évacué du Montmartre de l’époque, soit du cadre de son tableau, le cauchemar de misère formé par ces baraques qui s’y tenaient à peine debout, il n’est nul besoin d’avoir fait histoire de l’Art à l’école pour pouvoir conclure que les gens qui virevoltaient dans son bal tout de bleu costumé, que cette foule de danseurs admirables à susciter chez leurs belles des œillades à la ronde, des tonnes de sourires charmants et peut-être même le croquignolet, car tout hérissé de doutes, « Je me sens, dans tes bras, si petite » cher, certes, à Lucienne Boyer, mais aussi à ma princesse ;-), s’en iraient retrouver, après en avoir terminé avec les infatigables petits pas de danse et remisé, en leurs armoires, les beaux habits du dimanche qu’ils n’avaient peut-être pas, « les radis du boulot quotidien qu‘on gagne sans entrain, le propriétai-reuh!, le percepteu-reuh! et la boulangè-reuh! », bref, tous les moteurs et acteurs de cette « vie de chien » que menaient les héros de la Belle Equipe lorsque la pendule ne sonnait pas l’heure des beaux dimanches à passer à Nogent. Du reste, si pour tous ceux-là, l’instant de bonheur fugace, à ne coûter que l’odeur des fleurs, le bleu et le vert d’une promenade effectuée au bord de l’eau, les rendait souls pour pas cher, il en allait sûrement de même pour les personnages du tableau de Renoir, le prix de leur parenthèse à eux se réduisant à la gratuité d’une danse, au pire, à l‘effort qu‘il faut fournir pour inviter une cavalière.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5466444965093591634" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S9y2u7igSlI/AAAAAAAAC10/4CdHbRJtB2A/s400/moulin+de+la+galette2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 295px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Le fait que le Moulin de la Galette m’avait remis en mémoire l’hymne de la Belle Equipe n’avait donc rien d’extraordinaire, l’idée générale véhiculée par le tableau ayant tout simplement excitée chez moi une oreille qui, pour l’avoir déjà entendue ailleurs, réagissait comme par réflexe. Ceci dit, quelle veine que cette chanson qui ne manquait pas d’&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;r&lt;/span&gt;, car, à y entendre Jeannot, qu’interprétait un Gabin dont on ne dira jamais assez qu’il fut bien meilleur beautiful looser chez Duvivier que papy gangster sous la plume toujours un peu trop avide de bons mots d’Audiard,  dire qu’il connaissait « des gens cafa&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;deux qui tout le temps se font des cheveux et &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;êvent de filer ailleu&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;s, dans un monde meilleu&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;, et qu’ils dépensent des tas d'oseill-euh! pour découvrir des merrrrveille-euh! » et que ça lui faisait mal au cœur « car y a pas besoin, pou&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrrrrr&lt;/span&gt; t&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;ouver un coin, où l'on se t&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr&lt;/span&gt;ouve bien, de chercher si loooooooin… », j’avais fini par trouver ce coin de ciel que le peintre n’avait pas voulu peindre au-dessus de sa scène de bal. A l’imaginer dans ce fond bleu parsemé de taches blanches, comme peut l’être tout ciel de printemps qui se respecte, et placé exactement sous les pieds de ces deux danseurs qui, à gauche, semblent quelque peu s’isoler du groupe, donnant ainsi l’impression que ces deux-là valsent sur un nuage, ou flottent dans l'air ou encore qu’ils ne reposent sur rien, sur rien qui les ramèneraient illico à la terre parisienne et à la probable vie de chien qu’ils y mènent, j’ai même cru que Renoir l’avait placé là exprès comme si son intention était celle de dire que le sol du Moulin de la Galette - coin où l'on se trouve bien et qu'il est inutile d'aller chercher plus loin - représentait pour l’ensemble de ses danseurs non pas le seul bout de ciel possible, mais celui que « pour pas che&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;rrrr!&lt;/span&gt; » ils pouvaient s’offrir, le temps d'une danse, le temps d’un dimanche après-midi.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-8942031759543012624?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/8942031759543012624/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/peintres-trois-mots-sur-le-bal-de.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8942031759543012624'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8942031759543012624'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/05/peintres-trois-mots-sur-le-bal-de.html' title='Peintres | Trois mots sur le  Bal de Pierre-Auguste'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S9y2qbu0znI/AAAAAAAAC1s/lcGjWFAT6xk/s72-c/moulin+de+la+galette1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-8571326819959185883</id><published>2010-04-17T19:59:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:16:45.402-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Série TV'/><title type='text'>Série TV | La petite rose de Sherlock Holmes</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;En regardant, l’autre soir, un épisode de la série que lui a joliment concoctée  Granada, je me suis rendu compte que ce bon vieux Sherlock Holmes,  auquel Jeremy Brett prêtait sa haute taille et sa classe folle, une classe toute britannique, pouvait fort bien être plus admirable pour avoir mis, au moins une fois dans sa vie, dans sa vie de héros totalement imaginée, son talent de logicien au service d’une poursuite qui n’avait pas pour objet, cette fois, l’arrestation de l’un de ces criminels plutôt fine-mouche à avoir tout prévu sauf ... l'impossible Sherlock Holmes que pour son formidable génie policier, pour cette facilité, presque trop facile, qu’il a à résoudre les enquêtes, même les plus difficiles. &lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5461307435410104866" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S8p2LWDRoiI/AAAAAAAAC1c/2b5a8AhzRbA/s400/Sherlock_Holmes_01-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 306px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;En effet, dans cet épisode où un jeune homme de bonne famille l’avait chargé de retrouver son voleur, un voleur qui, à voler un document estampillé secret défense dont il avait la charge, avait, à la fois, mis à mal son honneur de parfait gentleman et risqué la sécurité de l‘état, le détective, à la caquette singulière et au culte de soi assumé, avait, après avoir longtemps questionné et écouté ce commanditaire qui depuis l’incident n’avait plus quitté son lit,  arraché, sans raison, une rose d’un vase et dit de cette resplendissante qui, en ce vase finissait tranquillement sa vie, des mots tout imprégnés de poésie, d’une poésie plutôt bizarre à avoir été prononcée par un homme pour qui un plus un n’ont jamais faits trois : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Que c'est merveilleux une rose. Il n'y a rien en ce bas monde qui soit plus séduisant que la religion des fleurs. Elle peut être transformée en science exacte par le raisonneur mais pour moi, la plus grande preuve de la bonté de la providence se trouve dans les fleurs. Seule la bonté nous fait aimer la vie et je suis sûr que l'espoir de l'homme se trouve dans les fleurs. »&lt;/span&gt; Quelque temps plus tard, le policier à poigne et à méthodes s’en irait s’asseoir sous un arbre. A garder les yeux parfaitement clos, bien que la campagne anglaise, à s’étaler devant lui tel un parterre qu’aurait dessiné un ange jardinier, aurait incité n’importe qui à ne pas opter pour le regard d’en-dedans, on aurait juré alors que la petite phrase poétique articulée dans le salon du jeune homme distingué résonnait encore dans son esprit.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5461307493151725234" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S8p2OtJ81rI/AAAAAAAAC1k/uJMouEz3pOk/s400/Sherlock_Holmes_01-3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 306px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;/div&gt;Intrigué par ce Sherlock Holmes de pure métaphysique, moins cartésien que d’habitude, et à l’être au moins autant que l’était le Docteur Watson lorsque, témoin de la scène, il avait vu son compagnon de vingt ans se diriger, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;con spirito&lt;/span&gt;, presque &lt;span style="font-style: italic;"&gt;religioso&lt;/span&gt;, vers une fenêtre, comme si la petite rose qu’il tenait dans la main le guidait vers elle, comme si la lumière qui s’en dégageait appelait plus de lumière encore, je m’étais promis d’aller, dès le lendemain, lire Sherlock Holmes dans le texte de Sir Conan Doyle afin de savoir si on ne l‘avait point trahi.&lt;br /&gt;Après cette lecture, je devais conclure que pour une fois cinéma et littérature avait fait bon ménage, la seule petite altération trouvée étant un dièse, l’écrivain ayant été bien plus prolixe que le scénariste de la série pour soutenir qu’il y a comme de la lumière sainte dans les fleurs.&lt;br /&gt;Et de fait, leur beauté est si inutile qu’elle inciterait presque à voir entre leurs pétales un nectar qui n’est pas vraiment celui des abeilles, voire de faire sien, un jour de plus grande foi, l&lt;span style="font-style: italic;"&gt;e bon sang, mais c’est bien sûr&lt;/span&gt; cher à un autre détective bien connu, pour répondre, comme gens partageant le même lot de manières, à ce Sherlock Holmes qui, pour une fois, avait mis son fichu talent de logicien au service d’une quête toute personnelle.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-8571326819959185883?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/8571326819959185883/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/serie-tv-la-petite-rose-de-sherlock.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8571326819959185883'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8571326819959185883'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/serie-tv-la-petite-rose-de-sherlock.html' title='Série TV | La petite rose de Sherlock Holmes'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S8p2LWDRoiI/AAAAAAAAC1c/2b5a8AhzRbA/s72-c/Sherlock_Holmes_01-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3414526640465130120</id><published>2010-04-11T18:59:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:17:03.794-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1990'/><title type='text'>La Rencontre (Alain Cavalier)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Dépouiller. C’est le mot qui m’est venu à l’esprit après avoir vu La Rencontre, un film qu’Alain Cavalier commettait en 1996. Dépouiller, le verbe, et non l’adjectif, car contrairement à ce dernier qui sous-entend le plus souvent, lorsqu’il est prononcé par la bouche d’un spectateur, une insuffisance, voire un manque ou un défaut - c’est dépouillé, donc c’est dépourvu de quelque chose, de quelque chose qu‘on aurait aimé voir - dépouiller, le verbe, lui dit l’action et le vœu qu’il en soit ainsi.&lt;br /&gt;Dépouiller, oui, telle m’a semblé être la volonté du cinéaste sur ce film; un film qui, si je m’en réfère au triste score de 28 votes qu’il a reçu sur Imdb.com, le site bien connu des cinéphiles, me fait dire, en passant, qu’il n’a pas dû faire se déplacer les foules. Mais finalement qu’importe cette marque de désintérêt, car comme le disait Proust, ce qui fait vivre et perdurer une œuvre, c’est l’œuvre elle-même et non le public.&lt;br /&gt;Dépouiller, donc. Et le cinéma tout d’abord, de l’ensemble de ses mensonges; illusions et artifices que du reste Buster Keaton, dans son grandiose Sherlock Jr de 1924, a été le premier a dénoncer. En effet, ici, dans ce film d’à peine 80 minutes, point de manières et de filouteries, comme fi des effets spéciaux trompeurs et autres machins choses, allant du bidule esthétisant jusqu’aux courbes callipyges de nymphettes exposées en carottes au bout du bâton afin que les spectateurs, foule dont, héhé, je ne m’exclue pas, ne quittent pas leur siège et leur rêve durant les deux heures que dure généralement une séance de cinéma, Alain Cavalier n’ayant fait appel qu’à une seule technique, celle de transmettre au plus près la vie, à vrai dire, telle qu’elle s’offre à nous.&lt;br /&gt;Dans cette histoire de rencontre entre un homme et une femme, personnages dont l’identification m’a semblé n’avoir pas le moindre intérêt car ce qui importe vraiment ici c’est leur rencontre et la manière dont ils vont la vivre, il n’y a, en effet,  quasiment pas une seule séquence, pas un seul cadrage, qu’il ait  pour objet le pied caressé, en relique sacrée, de la femme aimée, une pierre porte-bonheur ramenée du Brésil, un vase brisé reçu en héritage, la mélancolique image d’une plage arrosée de pluie ou le visage d’un père que la vieillesse a tant usé qu'elle l'a rendu diaphane, que nos propres yeux n’auraient pas pu voir ou faire. Pour le dire autrement, l’objectif de la caméra du cinéaste ne dénature jamais notre regard, ni ne le force, il est notre regard et il l’est tout le temps, et en tout point, et c’est là toute sa magie, magie, oui, parce qu’il faut un fichu talent pour transmettre cette belle ligne de vérité, et, bien sûr énormément de volonté ou de croyance en ce qu’on fait pour ne pas être tenté de s’en écarter, la vie filmée telle qu’elle est pouvant fort bien, quand on ne l’édulcore pas avec des subterfuges et des feintes, assez mal restituer la joie ou l’ennui que l’on voudrait graver dans la pellicule. Certes, il y a bien dans ces trop courtes minutes, toutes, absolument toutes conteuses de petits riens, de ces petits riens qui remplissent et réchauffent une vie, des plans comme pliés en nature morte, restitués à la manière des peintres, notre écran de télévision se confondant alors avec leurs tableaux, comme vont l’être cette feuille jaunie par l’automne, feuille dont les nervures parfaitement symétriques et se dispersant à partir et tout au long d‘une longue tige centrale, vont venir, pour l’auteur de ces images, se paralléliser avec le dos de la femme adorée, et ce bouquet d’immortelles nouées par une autre fleur, rose d’entre les roses celle-là, puisque c’est l’aimée qui l’a composé, un bouquet d’immortelles dont le jaune corsé est si merveilleusement rendu et si vrai, malgré la pose, que l’on peut en sentir le parfum épicé sans qu’on ait besoin pour cela d’entendre cette voix-off nous le décrire, et à côté de cette feuille évocatrice d’un dos et de ce bouquet cueilli un jour de mer et de dunes, se trouvent bien d’autres objets encore, des objets que l’on reçoit invariablement avec le même plaisir puisqu’un art vrai, de ceux qui disent la vérité des choses, les relient tous ensemble. Mais en même temps, il n’est pas impossible de voir au travers de cette feuille et de ce bouquet d’immortelles talentueusement photographiés, ces images, fourmillant d’objets bavards eux aussi, que composent inlassablement notre mémoire, bien évidemment la belle manière de faire d‘Alain Cavalier en moins. Issus de celle de l’auteur, car déjà vécus à l’instant où il les expose à l‘écran, cette feuille et ce bouquet peuvent en effet trouver leurs équivalences dans la notre, et sa caméra, qui avait déjà l’orientation de notre regard, semble maintenant pouvoir dire aussi la couleur de nos propres souvenirs, et toute la chaleur dont ils sont capables. Cette remarque, je te la dois, ma belle, grâce à tes propres immortelles et aux mots que tu as employés pour me les raconter, car ces fleurs et ces mots, ils étaient comme tout droits sortis du film, de ce film qu'à l'époque tu n’avais pas encore vu.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5459064965082871346" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S8J-qZGLdjI/AAAAAAAAC1U/hpqAa6jPkEI/s400/KMP-DVD%5B04-37-56%5D.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 299px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Dépouiller le cinéma de l‘ensemble de ses oripeaux menteurs et lui donner en échange, comme seul vêtement, le langage vrai de la vie, mais aussi dépouiller la vie de tout ce qui pèse, de tout ce qui tâche, de tout ce qui ennuie, c’est aussi, du moins me semble-t-il, l’une des intentions du cinéaste. Car que voit-on dans ce film si ce n’est deux vies qui, grâce au miracle d’une rencontre, ont exclues d’elles, d’elles qui ne font en fait plus qu’une seule, la belle complicité que connaissent ces deux êtres, ex-moitiés d’orange que la chance a recomposée, ayant soudées leurs existences ensemble, tout ce qui ne fait pas leur union, tout ce qui ne se rapporte pas à elle, comme tout ce qui ne l‘enrichirait pas? En dehors de ce cercle allégé de tout, de tout sauf d’eux, lequel cercle contient quand même une famille de proches suffisamment large et ouverte pour contenir un gros chat et un oiseau blessé, restera en effet la grande agitation du monde, cette nausée - ce vertige que je souligne dans seul le but d’appeler un chat un chat car loin de moi l’idée de dire des choses que les deux héros du film ne prononcent pas - ce monde n'ayant que pour principaux moteurs des conflits d‘opinion ou d’intérêts, de la misère quotidienne, de la richesse à ne plus savoir qu‘en faire, des petites vanités, des flatteries et des bassesses en veux-tu en voilà, de l’humour tête de turc, des gadgets technologiques et du people élevé en idoles par-dessus Dieu et plus de mystères qu’on ne sache expliquer, la science ou la philosophie, ayant trouvé réponse à tout. A ce monde déplaisant à marcher continuellement sur la tête, le couple de La Rencontre aura donc dit non, un non certes frontal et volontaire mais en aucun cas voulu comme une rébellion puisque acquis sur l’expérience, une expérience solide, les deux amants formidables du film ayant en effet tous deux atteint ces âges où il devient possible de tirer des conclusions décentes sur la vie. A cette place dans le monde qui fait turbiner tant de gens, ces deux-là sembleraient même bien partis pour continuer à lui préférer cette  parfaite connaissance qu’ils ont d’eux-mêmes, bénissant heure après heure l’épatant miracle de leurs âmes supérieurement confondues, comme le jour de leur rencontre, plus précieux pour eux qu’une perle rare ou que le jour de leur anniversaire, au fond, seule marque à inscrire sur un calendrier, à leur avoir permis de vivre cette félicité, ce bout de ciel d’avant le ciel, que peut offrir la certitude d’être toujours parfaitement compris.&lt;br /&gt;On ne saura jamais si tel sera le destin des deux amoureux de la Rencontre, le film finissant comme si on nous faisait savoir qu’on en avait assez appris sur eux, par contre ce que l’on sait, après avoir consommé cette tranche de vie franchement appétissante, c’est qu’il n’y a pas mieux que le poids de l’amour pour s’alléger du poids du monde.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3414526640465130120?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3414526640465130120/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/la-rencontre-alain-cavalier.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3414526640465130120'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3414526640465130120'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/la-rencontre-alain-cavalier.html' title='La Rencontre (Alain Cavalier)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S8J-qZGLdjI/AAAAAAAAC1U/hpqAa6jPkEI/s72-c/KMP-DVD%5B04-37-56%5D.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-5543533331201440244</id><published>2010-04-03T20:01:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:17:48.949-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Opera'/><title type='text'>Opéra | L'Enlèvement au Sérail, L'Envol de Mozart et la Flamme de Karl</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Aujourd’hui commence mon bonheur » &lt;/span&gt;écrivait Wolfgang Amadeus Mozart à la mi-mai 1781. Il était alors à Vienne, heureux d’y être, la capitale autrichienne, à accueillir chaleureusement ses premiers concerts, si chaleureusement du reste qu’il avait dû parfois tout rejouer - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’ai dû tout recommencer parce que les applaudissements ne prenaient pas fin »&lt;/span&gt; disait-il en effet dans une lettre datant d’avril - l’ayant largement rassuré sur cette attente qu’il avait placée en elle, une attente qu’il avait exprimée à son père en ces termes : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Vienne est le meilleur endroit qui soit au monde pour exercer mon métier. »&lt;/span&gt;  Et sûrement était-il d’autant plus heureux d’y être qu’il comptait bien cette fois y rester toujours, ou du moins tant qu’il le souhaiterait, les mots qu’il avait employés pour se débarrasser de l’archevêque Colloredo qui le tenait en laisse à Salzbourg, Salzbourg dont il disait qu’elle était&lt;span style="font-style: italic;"&gt; « un lieu de gueuserie et qu’y rester c’était enterrer mes années de jeunesse et mon talent »&lt;/span&gt;, étant suffisamment contraires à toutes ces règles de langage et de comportement un peu fausses et révoltantes  auxquelles il devait se soumettre, son statut de musicien-domestique, hélas, l’y obligeant, pour qu’il puisse émettre en toute décence  cet  espoir de liberté.&lt;br /&gt;Et parce qu’en définitive, dans cette affaire d’émancipation qui lui tenait tant à cœur, la personne qui lui serait la plus difficile à convaincre ce serait son père, je ne peux pas m’empêcher d’évoquer ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« chacun vous le dira! »&lt;/span&gt; qu’il ajoutait à la suite de ce jugement favorable qu’il portait sur Vienne, parce que, fichtre!, comme il est craquant à recourir ainsi à la bonne vieille méthode de ceux qui, pour avoir épuisé sans résultat la liste plus ou moins longue de leurs arguments, se voient contraints de tirer à eux l’irrésistible et très convaincante couverture de l’opinion publique. Pour un peu, on le verrait écrire le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;- et toc! -&lt;/span&gt; qui va généralement de pair avec ce genre de déclaration, un - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et toc! - &lt;/span&gt;que finalement seul l’éléphantesque respect que lui inspirait son père allait coincer au fin fond de son encrier.&lt;br /&gt;Mais, diantre!, pourquoi introduire ce billet consacré à l’Enlèvement au Sérail par ce Mozart qui écrivait à la mi-mai 1781 : «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Aujourd’hui commence mon bonheur »? &lt;/span&gt;Une question que l’on pourrait d’ailleurs d’autant plus se poser qu’entre le moment où le compositeur rédigeait ces mots et celui où on allait exécuter son opéra, un an complet se serait écoulé.&lt;br /&gt;Eh bien, c'est parce qu’après avoir vécu les un peu plus de deux heures trente que dure cette œuvre flamboyante, je me suis rendu compte que ce qui l’anime vraiment, que la flamme, un peu folle, pétillante à la limite de l’exubérance, qui l’illumine au point du reste qu’on en viendrait presque à oublier cette incommensurable détresse que ressent Constance d’avoir été enlevée à son fiancé Belmonte, rapt suivi d’inconsolable désolation qu’elle devait au Pacha Selim et à l’amour qu’il lui portait, n’est née que de cet immense bonheur de se sentir libre, que ce souffle de liberté qui le ramenait à la vie était, somme toute, bien plus probant pour expliquer la belle vitalité de cet opéra, de cet opéra plutôt unique dans la production du maestro puisque jamais plus il n’en écrira de pareil, que le seul et simple enthousiasme que Mozart aurait pu éprouver du fait de sa jeunesse, et cela même si à l’époque de la création de l’Enlèvement au Sérail, il en avait effectivement l‘âge.&lt;br /&gt;Certes, ce n’est là qu’une opinion personnelle. Du reste, à ne rien savoir des réelles motivations qui ont conduit Mozart à créer cette turquerie, je n’aurais pas le moindre mal à admettre que seul le vent de la jeunesse a gonflé les voiles de cet opéra dont on dirait bien des chœurs que si les morts pouvaient les entendre, ils se réveilleraient, tant ils sont pêchus, survitaminés, bourrés de vie vivante. Mais, dans le même temps, il y a ce fichu livret qui m’a semblé bien plus causer de vœux de liberté que de préoccupations de jeunesse. Certes, dans cette histoire de kidnapping et de séquestration, on y aime comme on aime en ces temps de tendres années où l’amour monte à la tête, où les gens ne sont plus que des roses que l’amour fait éclore, et on y aime même plus souvent qu’à son tour puisque Constance, qui en pince pour Belmonte, est courtisée par Selim, et Blonde, la servante, qui a pour amoureux Pedrillo, est espérée par Osmin, le fidèle serviteur du Pacha, mais d’une part, Mozart n’a pas chanté l’amour que sous le chaud soleil de ses jeunes jours, à faire siffler une bonne partie de sa Flûte Enchantée qu’il commettait peu de temps avant que la mort nous vole tout ce qu’il aurait pu nous donner encore, on serait même tenté de dire qu’il avait fait du plus noble des sentiments la grande affaire de sa vie - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;comme toi, ma petite puce&lt;/span&gt; -  et d’autre, qu’il n’est pas impossible tirer un lien entre bon nombre de situations que l’opéra met en scène et des événements, des états d’esprit ou des statuts que le compositeur avait personnellement vécus avant son affranchissement viennois. Ainsi, sans qu’on ait trop besoin de tirer sur la ficelle toujours trop élastique de son imagination, on peut voir, dans le statut de prisonnière de Constance, la position servile, entravée, que le compositeur occupait à Salzbourg, Selim, le geôlier, endossant le rôle du prince-archevêque; dans l’air de fureur de celle-ci, le célèbre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Martern aller Arten »&lt;/span&gt; avec lequel cette noblesse va faire savoir à son ravisseur qu’elle en a terminé avec la soumission, le chant de sa propre rébellion; dans le personnage de Blonde, servante parlant d’égale à égale avec sa maîtresse jusqu’à parfois pouvoir lui servir de modèle - n’est-elle pas en effet la grande instigatrice du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Martern aller Arten »&lt;/span&gt; de Constance? - les revendications salzbourgeoises du maestro, des souhaits qui, s’ils pouvaient paraître fâcheux à l’époque, et pour cause, si un musicien pouvait obtenir de son richissime employeur au sang bleu un peu d’air et de monnaie pour lui et sa musique et une voix qu’on entendrait désormais d’en haut, pourquoi il n’en irait pas de même pour le valet de chambre ou la camériste qu‘il employait aussi?, mais qui semblent aujourd’hui bien ordinaires et légitimes à ne se résumer qu’à cela et enfin, dans le discours d’oppression des femmes tenu par Osmin, lequel, rétrograde, n’est pas sans rappeler les propos d’un certain Colloredo envers le domestique Mozart, lequel va aussi trouver un bel écho chez Blonde, puisqu’on peut trouver dans ce désir qu’elle émet de lui arracher les yeux à la fois la colère qui répond à la barbarie et un acte purement symbolique, Osmin n’ayant pas besoin de ses yeux à se laisser entièrement guider par les traditions transmises par ses ancêtres, une caractéristique qui semble aussi définir un certain Colloredo, la tyrannie et l’assujettissement que mon compositeur préféré subissait à la Cour de Salzbourg, ici, même la réaction vive et presque démesurée de Blonde trouve un écho chez Mozart : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je hais l’archevêque jusqu’à la frénésie »&lt;/span&gt; disait-il en effet de l‘homme d‘Eglise incapable de tendre la main à son prochain. Au fond, la seule chose que le maestro n’aura pas vécue du temps où il rompait ses chaines et que son Enlèvement au Sérail de 1782 met en scène, c’est la sagesse finale de Selim, puisque sa liberté, contrairement aux héros de son opéra qui la recevront d’un homme qui aura finalement compris qu’on n’obtient rien, jamais rien, d’une personne qu’on retient contre son gré, il ne la devra qu’à lui-même.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5456112861019448626" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S7gBvUeBJTI/AAAAAAAAC1M/eRzBka5ejr8/s400/DGG-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 300px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Je ne voudrais pas terminer ce billet consacré au premier grand opéra de Mozart sans saluer la mémoire de Karl Boehm. Et pour cause, il avait du Mozart dans les veines. Oui, du Mozart dans les veines. De plus, quand il dirigeait cette œuvre pour la dernière fois, il avait quatre-vingt six ans et possédait toujours la même flamme, à dire vrai, tout juste cet âge avancé l’avait obligé à agiter sa baguette depuis une chaise. Du reste, ce qui illumine cette photo qui accompagne mes scribouillis d’amateur de musique lyrique, ce n’est pas la lumière d’une lampe, celle-ci ne fait qu’éclairer un pupitre sur lequel on avait déposé une partition qu’il connaissait par cœur, mais les rayons invariablement ardents de cette flamme.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-5543533331201440244?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/5543533331201440244/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/opera-lenlevement-au-serail-mozart-et.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5543533331201440244'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5543533331201440244'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/04/opera-lenlevement-au-serail-mozart-et.html' title='Opéra | L&apos;Enlèvement au Sérail, L&apos;Envol de Mozart et la Flamme de Karl'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S7gBvUeBJTI/AAAAAAAAC1M/eRzBka5ejr8/s72-c/DGG-4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3733851434869958228</id><published>2010-03-21T16:05:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:24:41.109-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='[Mes Poètes]'/><title type='text'>[Mes poètes] Gemma, dans la Main de Nick</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: left;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5451227997322888850" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S6am-1IYRpI/AAAAAAAAC0s/Ub5SXgtJRlQ/s400/nt.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 230px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 220px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;[...] Depuis quand faisait-elle des rêves éveillés où elle s'infligeait à elle-même des petites morts de la main droite, ces &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mortiti di mano destra?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Elle avait été une enfant repliée sur elle-même, heureuse néanmoins dans la tristesse un peu nébuleuse où elle se complaisait, préférant se perdre dans les récits fabuleux que sa nourrice lui confiait ou lui chantait que de se mêler aux rondes, aux comptines et aux jeux des autres jouvencelles des familles de haut rang. Elle trouvait un peu intimidants les grands airs et la tapageuse méchanceté de ces fillettes, dont la plupart étaient de meilleure extraction qu’elle. Mais concurremment, elle s’attristait en voyant d’autres fillettes qui s’ébattaient sales et guenilleuses en des rondes et des chants moins maniérés, et plus encore en voyant des filles de ferme parfois plus jeunes qu’elle trimer aux champs comme des bêtes de somme. Ce n’était que dans les contes et les récits de sa bonne nourrice qu’elle trouvait des moments de joie, de transport passionné, de ris éclatants et de musardise éveillée. Dans ces contes, elle voyait la vie telle qu’elle aurait dû être : les fielleux et les morgueux y trouvaient leur punition, les cœurs purs dépourvus de fortune s’y voyaient justement récompensés. En ce monde tel qu’il aurait dû être, elle n’aimait rien tant que de s’y attarder, comme dans quelque val aux doux parfums où l’air, la lumière et les ombres enchanteresses n’engendraient la mélancolie que dans la mesure où elle savait qu’ils étaient seulement issus de son imagination. Mais cette mélancolie n’était rien à côté de celle du monde qui l’intimidait ou l’attristait, le monde dont elle aurait voulu qu’il fût seulement issu de son imagination. Et ce fut ainsi, sous les nuages, parmi les arbres et les fleurs des jardins paternels, en s’abîmant dans la contemplation du ciel étoilé, dans la transe délicieuse où la plongeait la voix de sa nourrice, dans les échos sans fin qu’elle faisait naître en elle, dans la veille aussi bien que dans ses rêves, qu’elle vécut du berceau jusqu’à l’enfance.&lt;br /&gt;Son univers magique fut bientôt borné par la cléricature. Un pesant magistère imposa sa loi au Dieu qui résidait dans les nuages et les arbres, les fleurs et le ciel étoilé, dans les mélodieuses chansons de sa nourrice et les échos sans fin qu’elles faisaient naître en elle, dans la veille comme dans les rêves.&lt;br /&gt;Un jour, alors que sa nourrice était venue l’arracher comme tous les midis à la salle d’étude où officiaient les clercs enseignants, la brave femme, qui la connaissait plus intimement que quiconque, y compris ses père et mère, décela en elle un mélange de trouble et d’humeur noire.&lt;br /&gt;- Te serait-il arrivé malheur, ma douce enfant?&lt;br /&gt;Longtemps elle protesta, jurant ses grands dieux qu’elle n’était ni malheureuse ni triste; et ce fut seulement quand sa nourrice eut sagement cessé de la presser de questions qu’au bout d’un moment de silence elle se décida à se soulager du poids qui lui comprimait le cœur.&lt;br /&gt;- Si Dieu, étant Dieu, peut jouir à jamais d’un bonheur éternel au-delà de tout ce que nous pouvons rêver, pourquoi faut-il qu’Il soit si sévère et revêche?&lt;br /&gt;- Ma petite, voilà une question que tu ne devras jamais poser aux frères enseignants.&lt;br /&gt;Pour la jeune Gemma, ce fut en quelque sorte la confirmation de ses pires craintes. Elle pencha la tête, qu’elle avait à présent si lourde que le cœur, et murmura :&lt;br /&gt;- J’ai péché.&lt;br /&gt;La bonne nourrice secoua gentiment sa menotte afin de lui relever les yeux.&lt;br /&gt;- Non, lui dit-elle avec un sourire très doux, tu n’as point péché. C’est simplement que Dieu est différent selon celui qui Le voit. Étant eux-mêmes sévères et revêches, les frères enseignants voient Dieu ainsi. Toi qui es d’une nature joyeuse, tu Le vois tel qu’Il est vraiment. Et si tu ne cesses jamais de Le voir ainsi, c’est le visage qu’Il aura toujours pour toi.&lt;br /&gt;« Ta gaité réjouit le cœur de Jésus, qui ne veut voir souffrir personne comme Il a souffert. Jadis, ce fut le cœur empli de joie qu’Il jeta au loin la couronne d’épines. Ce sont les sévères et les revêches, ceux-là même qui Lui en avaient ceint le front, qui ont plaisir à croire qu’Il la porte encore.&lt;br /&gt;- Si ma question n’est pas péché, pourquoi devrais-je m’interdire de la poser?&lt;br /&gt;- Parce que, étant hommes sévères et revêches, ils seront jaloux de toi qu’ils le sont des oiseaux qui volent et élèvent jusqu’au ciel la vraie chanson du bon Dieu.&lt;br /&gt;La fillette se sentit de nouveau toute légère, et Dieu fut de nouveau dans l’air ensoleillé, tout autant que dans la légèreté qui était revenue en elle; et il lui semblait qu’elle irait à tout jamais ainsi, la main dans la main de sa bonne nourrice, dans la douceur d’un éternel midi.&lt;br /&gt;- Chantons alors!&lt;br /&gt;- Puisque nous ne pouvons chanter comme l’oiseau, chantons une chanson à sa gloire.&lt;br /&gt;- Oh oui! Oh oui! « Le gai rossignolet »!&lt;br /&gt;Elle aurait voulu que chants et fables durent éternellement; et ce fut sa bonne nourrice, quoique ne sachant ni lire ni écrire, qui lui enseigna tout ce qui importe vraiment. Ayant appris d’elle à ne jamais poser aux frères abbés d’autres questions que celles qu’ils sollicitaient implicitement, étant tout prêts à y répondre par de doctes sermons, elle subit en se montrant la meilleure des élèves leurs sévères leçons sur Dieu, l’arithmétique, la rhétorique et la grammaire, ne manquant jamais de retourner s’en abreuver sous de plus attrayants abords auprès de sa gente nourrice, dont les chants et les récits, en vers et en prose, débordaient du charme merveilleux qui est celui-là même de la lumière de Dieu, de la gaité éperdue d’un flot continuel de merles, d’écureuils et de noix chapardées, d’une éloquence qui ne tarissait jamais et d’un style d’une pureté sans égal.&lt;br /&gt;L’enseignement qu’elle recevait était conçu pour faire l’agrément d’une future dame. On ne lui apprit donc de latin que le strict nécessaire. Mais les cours de latin firent surgir devant elle sur le pupitre, sous la forme du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Liber Esopi,&lt;/span&gt; les merveilleuses fables d’Esope. A dater de ce moment, la bonne nourrice et Gemma devinrent sœurs dans un monde enchanté, car elles pouvaient désormais se raconter des histoires chacune son tour. Quand la petite Gemma tomba sur la fable du renard, elle réfréna à grand-peine une envie de partir en courant pour annoncer à sa bonne nourrice qu’elle était en tout point semblable à l’histoire que celle-ci lui avait contée dans sa petite enfance, que la fable d’Esope et le conte de bonne femme ne faisaient qu’un, que c’était chose bien merveilleuse qu’Esope eût fleuri ainsi au jardin de ses songes sans écriture ni lecture, et qu’elle n’aurait pas été surprise que sa bonne nourrice illettrée lui ait déjà transmis une bonne part de la philosophie d’Aristote, sous forme moins aride, à leur insu à toutes deux.&lt;br /&gt;Ce fut la magie d’Esope qui l’incita à se plonger dans le latin plus qu’on ne le jugeait nécessaire ou convenable s’agissant d’une future dame; et bientôt elle fut capable de réciter à sa nourrice des poésies d’Horace, de Virgile et d’Ovide.&lt;br /&gt;Gemma goûtait la musique courtoise alors en vogue, qui mariait si adroitement rime et mélodie. Un beau jour, une troupe de ménestrels venus du pays d’Oc se produisit à Florence. Elle ne comprit pas un traître mot de ce qu’ils chantaient, mais elle n’avait jamais ouï d’aussi délicieuses harmonies. Jamais non plus elle n’avait vu des dames chanter aussi bien, avec un art tellement consommé que les membres masculins de la troupe leur témoignaient une déférence visible. Bien qu’elle ne comprît point les paroles, leurs voix et les sons grêles et suaves qu’ils arrachaient à leurs cordes étaient suffisamment éloquents; elle comprit que le domaine qu’ils occupaient était voué à une magie d’espèce nouvelle et encore jamais vue.&lt;br /&gt;Les hommes qui pratiquaient cette magie d’espèce nouvelle, ainsi qu’elle allait l’apprendre plus tard, portaient le nom de troubadours, et les dames qui la pratiquaient avec eux celui de trobairitzes. Elle allait aussi apprendre plus tard que cette magie d’espèce nouvelle datait en réalité de plus d’un siècle, et qu’on lui donnait le nom de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;fin’amors&lt;/span&gt; : amour très-pur et très-sincère s’étendant à tout un royaume où régnaient la plus grande pureté, la plus grande maîtrise et la plus grande passion. Ce royaume était celui des troubadours et des trobairitzes : ce qu’il pouvait exister de plus beau entre une gente dame et un gentilhomme de mœurs courtoises.[...]&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;Extrait d'In the Hand of Dante | Nick Tosches&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;center style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;object height="344" width="425"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/gp989xdRt-E&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/gp989xdRt-E&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;rel=0" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="425" height="344"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3733851434869958228?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3733851434869958228/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/03/mes-poetes-gemma-dans-la-main-de-nick.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3733851434869958228'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3733851434869958228'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/03/mes-poetes-gemma-dans-la-main-de-nick.html' title='[Mes poètes] Gemma, dans la Main de Nick'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S6am-1IYRpI/AAAAAAAAC0s/Ub5SXgtJRlQ/s72-c/nt.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-70807722493186742</id><published>2010-03-20T20:52:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:25:01.654-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Opera'/><title type='text'>Opéra | Cosi Fan Tutte (Wolfgang Amadeus Mozart)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;La première fois que j’ai vu Cosi Fan Tutte, opéra que Wolfgang Amadeus Mozart commettait durant la dernière année de sa trop brève existence, je me suis dit : en voilà un livret qui ne méritait pas pareilles notes! Le génie du musicien des musiciens mis au service, que dis-je, mise au service? réduit, rabaissé à donner de véritables airs de reines à deux gamines qui, bien qu’elles connaissaient leurs fiancés par cœur à les aimer du fond du cœur, ne seraient jamais capables de les reconnaître sous le déguisement léger qu'ils avaient revêtu afin de se les échanger, non pas par goût du vice ou pour le plaisir de la farce, mais dans le but de tester leur constance en amour, l’opéra était certes annoncé &lt;span style="font-style: italic;"&gt;drama giocoso&lt;/span&gt;, on pouvait donc en rire, mais fichtre! où pouvaient-elles bien se cacher les grandes eaux du drame, celles-là même qui emportent le Don Giovanni du maestro, autre opéra &lt;span style="font-style: italic;"&gt;drama giocoso,&lt;/span&gt; dans cette affaire de couples recomposés que, finalement,  l’on aura recomposés pour rien puisqu’après avoir cédées à la tentation de plaire, fichu orgueil qui donne au flatteur la place du roi et aux mensonges le goût de la sincérité, et ainsi prouver leur infidélité, les deux gamines allaient retrouver leurs prétendants respectifs, pour les épouser, eux et leurs vies à avenirs &lt;span style="font-style: italic;"&gt;papagenesquement &lt;/span&gt;déclinés puisqu’un chœur, un chœur qui n’avait rien d’invisible celui-là, après avoir célébré le double mariage les engageait alors fortement à se reproduire comme des lapins, des lapins que j’aurais dû entourer de guillemets car ce n’est pas moi qui les aient inventés mais Lorenzo da Ponte, le presque attitré librettiste de Mozart. Oui, cet opéra, la première fois que je m’y suis frotté, c’était un peu comme si j’avais vu un vaudeville que la sublime romance du Taon de Chostakovitch aurait musicalement relevé. Et puis, il y aurait un nouveau soir de Cosi, parce que j’avais gardé le souvenir de cette sorte de félicité que les deux héroïnes vivaient au commencement de leur histoire - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Vois, ma sœur, a-t-on déjà vu plus beau portrait? »&lt;/span&gt; roucoulait en effet l’une de ces bienheureuses - et que ce souvenir était embêtant à m’en faire venir un autre qui lui était drôlement contraire à me remettre en tête l’enthousiasme un peu mitigé, comme piqué de rancœur ou de nostalgie, avec lequel les deux jeunes femmes avaient accueilli le dénouement, plutôt heureux pour elles, du procès qu’on leur avait intenté. Se pouvait-il - c’est la grande question que me posait la confrontation de mes souvenirs - que les grandes eaux du drame, que je n’avais pas décelées la première fois, trouvent leur source là, dans la différence d’état d’esprit des deux jeunes femmes entre l’avant et l’après mauvais tour que leur avaient joué leurs soupirants, ou pour le dire autrement, dans l’amoindrissement de leur bonheur? Après un deuxième visionnage, j’allais me rendre compte qu’il se pouvait, et que Cosi était finalement un opéra plus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;drama&lt;/span&gt; que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;giocoso.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5450931222762943234" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S6WZERve8wI/AAAAAAAAC0U/sQ3DZ8zco-s/s400/Sans+titre+1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 291px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 461px;" /&gt;Deux jeunes femmes, à vrai dire encore bien plus jeunes que femmes, chantent, sous le chaud soleil napolitain qui les recouvre, l’amour qu’elles portent à leurs prétendants, tous deux absents de cette charmante scène, et pour cause, ils sont à ce moment-là tous deux en train d’enfiler ces costumes de soldats albanais qui doivent les aider à tester la fidélité de leurs promises. Ce déguisement, comme le stratagème qui l’a exigé, n’est pas de leur fait, il est celui de don Alfonso, un vieux vendeur d’idées dont on dirait bien que c’est autant la misogynie que la sagesse qui anime sa langue, puisqu’au cours de leur conversation, trio qui introduit l’opéra, il annonce d’une part comme un fait acquis alors que, célibataire, il n’a aucune expérience personnelle des femmes, leur totale inconstance en amour, au passage, on entend ici le premier &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« cosi fan tutte »&lt;/span&gt; - ainsi sont-elles toutes -  que l’opéra destinait aux femmes, c’est celui du livret de da Ponte, et d’autre, entoure ce précepte de tant de prévenance et de lucidité sur le monde des hommes qu’on en oublierait presque le regard obscurantiste qu’il porte sur le monde des femmes, ce qui fait de lui un personnage à la fois repoussant et attachant. Du reste, à ignorer totalement la mise en garde du vieil homme, à rester sourds à ces vérités pas bonnes à être expérimentées par soi-même qu’il répéterait et répéterait, attitude qui leur vaudrait de mener leur entreprise au but inavouable comme on relève ces défis que l’orgueil fait gagner d’avance, les deux soldats de métier, travestis en soldats d’opérette pour confondre leurs belles, prouvent une fois de plus que si le nombre des années accumulées ne fait pas toujours le sage, la jeunesse, quant à elle, marche le plus souvent dans la nuit de sa fougue.&lt;br /&gt;Deux jeunes femmes chantent donc, sous le chaud soleil napolitain qui les recouvre, l’amour qu’elles portent à leurs prétendants. Fiordiligi et Dorabella, puisque tels sont les prénoms de ces deux jeunes femmes, sont sœurs dans la vie, sœurs par le grand hasard de la vie, mais à louer l’amour, à inscrire en lui chaque particule de leur âme comme chaque fibre de leurs corps encore juvéniles et à déposer sur ce nuage de coton qui, pour, l’instant les soulèvent et les soulèvent jusqu‘à leur faire oublier le chaud soleil napolitain qui les recouvre, tous leurs jours à venir, l’on pourrait presque dire que c’est surtout en cela qu’elles sont sœurs. Du reste, les mots qui jaillissent de leurs bouches, que l’amour et la rondeur mozartienne a arrondies en cœurs, sont si jumeaux, si complices entre eux, qu’on n’entend pas vraiment chanter un duo de demoiselles  mais un chant qu’aurait entrepris la seule voix de l’amour. Et quand bien même ces deux demoiselles auraient des plastiques qui rendraient difficile d’établir par les yeux leur lien de parenté, ou posséderaient des timbres de voix qui feraient qu‘on aurait même pas besoin d'ouvrir les yeux pour les distinguer, que cela ne changerait rien à l’affaire, parce qu’alors on pourrait entendre dans leur chant le chant de toutes celles que l’on ne voit pas sur la scène, fantômes de  jeunes femmes du temps passé, fantômes de jeunes femmes du temps présent et spectres de jeunes femmes à venir, que l’amour, leur souffle à toutes, fait confondre en une seule, Mozart, grâce au haut génie de sa musique, ayant réussi, du moins me semble-t-il, la gageure d’élargir le tableau charmant formé par ses deux héroïnes auquel le livret parait s’être arrêté en un théâtre suffisamment spacieux pour les contenir toutes, un second &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« cosi fan tutte »&lt;/span&gt; que le maestro soulignait d’un câlin de notes si soutenues et si convaincues de leur ardeur qu’il semblait provenir d’un vieux rêve adolescent que le bonhomme, malgré les dures lois de la vie et les estafilades reçues, n’aurait pas totalement chassé. Son côté Tamino sûrement, celui-là même qui ne pouvait que l’inciter à bémoliser le très piquant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« ainsi sont-elles toutes »&lt;/span&gt; laissé par le livret de da Ponte.&lt;br /&gt;Cette scène qui montre deux jeunes femmes faire de chaque minute qu’elles vivent un délice et qui n’espèrent même pas de chaque minute à venir qu’elle leur offre une nouvelle occasion de vivre le même délice, leur belle foi en l’amour leur ayant fait entrevoir le monde comme s’il était le paradis, ne serait  bientôt plus pour elles qu’un douloureux souvenir. Avec le pari stupide de Ferrando et Guglielmo, puisque tels sont les prénoms de leurs fiancés, lesquels, soit dit en passant, recevraient  bien vite le concours appuyé de la servante Despina, un concours dont on ne saurait jamais vraiment si elle allait le commettre pour le meilleur ou pour le pire tant ce carpe diem, cet &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« amusez-vous comme le font vos fiancés de soldats lorsqu’ils sont en campagne &lt;/span&gt;» qu’elle prônerait et répéterait au point du reste qu’il finirait par convaincre Dorabella, fleure bon la revendication féministe justifiée, une hésitation à son sujet que renforce encore son statut de domestique qui cause d’égale à égale avec ses maitresses, qui endosse successivement les costumes de médecin et de notaire,  des postes pour rire certes mais des postes également occupés par des gens qui sont leurs propres maitres, parce qu’on est pas sans savoir que Mozart, avant son émancipation viennoise, avait vécu ou souhaité tout cela lui-même, s’envoleraient en effet le jardin d’Eden et la tendre naïveté qui allait avec, Fiordiligi et Dorabella ayant compris, par son entremise et par le fait que toutes deux étaient tombées réellement amoureuses du prétendant qu’elles n’avaient pas choisi, lesquels d’ailleurs à leur faire si bien la cour sous le léger déguisement semblaient vivre exactement la même émotion, que l’amour n’était pas le roi en lequel elle croyait, que la vie, à avoir pour seul principe celui de la perpétuation de l’espèce - les fameux &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« lapins »&lt;/span&gt; de da Ponte - en avait fait un valet à la livrée suffisamment séduisante pour tromper les jeunes filles.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5450931299542141218" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S6WZIvxEiSI/AAAAAAAAC0c/sHI4RC7vwWc/s400/Sans+titre+2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 291px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 461px;" /&gt;L’amour : le valet au service de la vie, et qui peut s’en accommoder sait alors passer de l’enchantement le plus complet aux petits bonheurs résignés,  elles sont là les grandes eaux de Cosi, dans cet amoindrissement, et il faut toute la sagesse d’un don Alfonso, dont la misogynie, en définitive, semble avoir été plus feinte que pensée, car sans cette provocation de sa part au départ point de philosophie à l’arrivée, pour accepter que la vie puisse, pour accomplir sa besogne, mélanger les lumineuses Fiordiligi avec les un peu moins lumineux Guglielmo et les Dorabella un peu terriennes avec les  un peu plus célestes Ferrando, soit un peu les Pamina avec les Papageno et les  Papagena avec les Tamino, dont, somme toute, ils annonçaient la splendide couleur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-70807722493186742?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/70807722493186742/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/03/opera-cosi-fan-tutte-wolfgang-amadeus.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/70807722493186742'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/70807722493186742'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/03/opera-cosi-fan-tutte-wolfgang-amadeus.html' title='Opéra | Cosi Fan Tutte (Wolfgang Amadeus Mozart)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S6WZERve8wI/AAAAAAAAC0U/sQ3DZ8zco-s/s72-c/Sans+titre+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1221380486128667274</id><published>2010-02-21T14:46:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:28:05.225-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Opera'/><title type='text'>Opéra | Quelques mots sur une Bohème...</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;A l’opéra, une mise en scène mettant un peu trop le travail du metteur en scène sur le devant de la scène peut parfois gâcher le plaisir offert par l’œuvre qu’on y exécute. J’ai encore en tête une Traviata, et bien plus encore une Madame Butterfly, où il m’arrivait, à être constamment dérangé, distrait, bousculé par la gestuelle imposée aux chanteurs, par leurs costumes et le décor dans lesquels on les faisait voyager, de ne plus entendre que de loin les airs de Verdi ou de Puccini qu’ils interprétaient, des airs pourtant adorés au disque. Et des fois, des fois qui sont heureusement fréquentes, cette même mise en scène est si parfaite dans sa manière de restituer un opéra qu’elle devient un véritable régal en soi.&lt;br /&gt;Parmi ces scénographies qui savent rester en deçà du livret et de la musique tout en se faisant voir, l’opéra étant aussi du théâtre, une trop grande discrétion y serait en effet l’ennemi du bien, et qui savent se faire voir sans trop faire appel à l’innovation, je voudrais citer celle dont ont pu bénéficier Mirella Freni et Luciano Pavarotti pour leur Bohème commise en 1988 à l’Opéra de San Francisco, une Bohème dont je dirais bien au passage qu’elle pourrait bien être ma version définitive au DVD à moins bien sûr qu’un jour ne parviennent à mes oreilles et à mes yeux, aujourd’hui peut-être bien plus ouverts à l’opéra qu’au cinéma, la faute en revenant principalement à  Mozart, car ce diable d’ange m’a permis de découvrir qu’à l’opéra on pouvait passer, en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, d’un rire franchement bonhomme, presque trivial, à ces états de vague à l’âme, nostalgiques de je ne sais quoi, que provoquent toujours les vraies rencontres avec la beauté, une Mimi qui soit plus Mimi que Mirella Freni, une éventualité que je qualifierais de douteuse, la diva italienne étant à l’héroïne de La Bohème ce qu’était Callas à Tosca, et un Rodolfo aussi convaincant que pouvait l’être Luciano Pavarotti dans ce rôle, un Luciano Pavarotti qui, par ailleurs, m’enchante aussi, quand bien même la ligne claire de sa voix, raison principale de mon addiction, n’aurait ténorisée qu’un modeste chant de salle de bains.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5440833523722595010" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S4G5Q1eFqsI/AAAAAAAACzY/ukopjlEnIWs/s400/DVDVolume-62.jpg" style="display: block; height: 150px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;D’entre toutes ces petites trouvailles qui illuminent cette Bohème et la refont tout en ne la refaisant pas, c’est là tout son mérite, j’ai été tenté, à un moment, d’élire celle qui sert si bien le personnage de Musetta, parce que l’idée de la faire sauter dans les bras de Marcello après qu’elle en ait terminé avec son célèbre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quando me'n vo' &lt;/span&gt;du deuxième acte telle une jeune fille qui se donnerait toute entière au premier amour,  un premier amour qui prendrait la forme d'un prince charmant forcément, et surtout de la faire tourner longuement et romantiquement dans ces bras-là, pensionnaire heureuse de ces bras-là, comme le serait une fleur bleue coincée entre les dents du jardinier de ses rêves, nous amène à entrevoir la Musetta capable de bonté du dernier acte, la courtisane un peu cynique à prendre beaucoup de plaisir sur le désir des hommes qu'elle est au moment où on la découvre démasquant en effet un cœur d’or à lâcher les chevaux de l’amour, le beau, le vrai,  l'unique, que ce cœur, trop souvent illusionné par la vanité de plaire, retient. Et du reste comme cet envol de Colombine revenue pour un temps à son Arlequin rendu ici de manière absolument romanesque colle merveilleusement bien à la musique qui le précède car on entend dans les notes du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quando m’en vo' &lt;/span&gt;de Musetta battre le cœur de toutes les grandes héroïnes pucciniennes, c‘est dire si le maestro ne la voyait pas d‘un mauvais œil!&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5440832061109885234" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S4G37s0C2TI/AAAAAAAACzA/j2wejIHXfFI/s400/DVDVolume-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 150px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Mais il y avait bien mieux au premier acte, sur l’air de la petite main gelée de Mimi. Car au beau milieu de cette scie, scie certes mais scie en rien sciante, l’air n’étant que trop largement diffusé, comme peut l’être le Boléro de Ravel, Rodolfo, qui la chante cette scie, va laisser tomber de ses mains un livre en un geste qui, sur un plan strictement chorégraphique, m’a paru bigrement inspiré. Bigrement inspiré, en effet, car il y a à la fois dans ce lâcher de bouquin un triomphe, celui-là même que le héros de la Bohème revendique pour avoir passé tout son temps à la rédaction de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« rimes et hymnes d‘amour »&lt;/span&gt;, le livre, qui réunit tous ces poèmes, à chuter devant lui comme chute tout riche patrimoine qu’on voudrait exposer, venant même, comme un écho, répéter cette phrase qu’il dit alors : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« A travers mes rêves et mes chimères, à travers mes châteaux en Espagne, j'ai l'âme d'un millionnaire! »,&lt;/span&gt; et un lumineux renoncement, le recueil de poèmes glissant encore des mains de Rodolfo comme si ce dernier en avait terminé avec lui, l’arrivée de Mimi dont il tombe immédiatement amoureux - à vrai dire, au premier contact de sa petite main gelée - le poussant à agir ainsi, qui préfigure, tant il met de volonté et de force à rejeter ce livre, à se détourner de lui, à tourner définitivement la page des bavasseries certes jolies mais qui ne valent pas un amour vrai, un amour à vivre, comme le tien ma chérie, toute sa démarche future, qui sera celle de se consacrer entièrement à son amour. Dans le troisième acte, lequel fait basculer dans le drame cette Bohème qui jusque là peut presque se vivre comme un opéra rossinien, on va pouvoir se rendre compte que le courage de Rodolfo pourra inclure le plus grand des sacrifices que l’on peut commettre au nom de l’amour.&lt;br /&gt;Rodolfo, comme la scénographie de cette Bohème, assurément pour  moi deux exemples à suivre.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1221380486128667274?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1221380486128667274/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/02/opera-quelques-mots-sur-une-boheme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1221380486128667274'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1221380486128667274'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/02/opera-quelques-mots-sur-une-boheme.html' title='Opéra | Quelques mots sur une Bohème...'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S4G5Q1eFqsI/AAAAAAAACzY/ukopjlEnIWs/s72-c/DVDVolume-62.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1116670591153204779</id><published>2010-02-11T11:06:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:19:39.542-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>Une Histoire Simple (Claude Sautet)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’aimerais un peu plus d’hésitation et de douceur. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;C’est cette toute petite phrase que Marcel Proust fait dire à son héros de la Recherche, et qu’on peut lire dans Combray, qui m’a incité à revoir une Histoire Simple, un film que Claude Sautet tournait en 1978, parce que le souvenir que j’avais gardé du discours de son héroïne, ou plutôt de son vœu le plus cher, tenait tout entier dans ce : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’aimerais un peu plus d’hésitation et de douceur. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437149150855227762" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S3SiWG-K6XI/AAAAAAAACxA/S0-CE8AiV98/s400/histoiresimple%5B%28061467%2917-38-44%5D.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 258px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Après un deuxième visionnage, commis pas plus tard que le weekend dernier, j’allais pouvoir me rendre compte que non seulement les mots dits par le romancier exprimaient parfaitement ce que Marie, le personnage principal d’Une Histoire Simple qu’interprète, il faut bien le dire, une Romy Schneider absolument bouleversante de réalisme puisqu‘ici, lorsqu’elle joue les femmes aimées, elle est comme toutes les femmes aimées, c'est à dire comme illuminée du dedans et prend aussitôt dix, voire quinze ans de plus, quand elle doit endosser le rôle de ces femmes qu’on malmène, et elle a sans cesse ses yeux qui parlent, des yeux qui parlent non comme ceux d’une actrice qu’on dirige mais comme ceux de ces gens qu’on rencontre dans la vraie vie à trahir, comme les leurs, des élans du cœur, des jardins intimes, que par pudeur et parfois par orgueil, ils freinent ou masquent à l’aide d’un geste évasif de la main ou bien encore d’un sourire trompeur, désirait sur le plan de sa vie amoureuse, sur laquelle, soit dit en passant, mon souvenir s’était entièrement fixé, mais traduisaient également ce qu’elle exigeait de la société dans laquelle elle vivait, une revendication qui n’avait rien de politique et qui ne tenait pas non plus de l’espoir fou, car son idéalisme à elle se limitait à tenter de modifier le comportement un peu trop bon petit soldat de l’un de ses amis, autrefois son mari, que son entreprise avait largement récompensé de ses efforts, pour qu‘il puisse, depuis son bureau de meneur d’hommes âprement acquis, venir en aide à un autre de ses amis que son haut salaire de cadre, bien plus que sa cinquantaine bien tapée, prédisposait aux charrettes de licenciement.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437148947984499106" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S3SiKTOBQaI/AAAAAAAACwo/SasxFYSgEdo/s400/histoiresimple%5B%28003289%2915-05-41%5D.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 258px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Bien évidemment, Marie, l'héroïne de Claude Sautet, ne prononcera jamais les mots de Proust, mais il n’empêche que le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« un peu plus d’hésitation et de douceur »&lt;/span&gt; du romancier, forme bel et bien le motif de sa rupture totale et définitive d’avec le monde des hommes, un choix de vie totalement nouveau que Serge, l’amant, serait le premier à connaitre.&lt;br /&gt;Et pour cause, hésitation et douceur, clés d’accès, assurément, au monde de Marie et à celui de sa meilleure amie Gabrielle, ont en effet avec le temps complètement disparues chez ce quadragénaire. A cause de l'habitude? Certes, car il fut un temps où Serge était capable de délicatesses, c’était le temps de l’amour et de la révélation honnête de soi, c’était le temps où il ne jugeait pas encore Marie acquise pour la vie, c’était le temps, où pour lui faire plaisir et la ménager, il savait mettre de la distance entre lui et sa place dans la société, entre lui et la vitesse des voitures, entre lui et les copains de virées viriles, mais aussi parce que, comme bon nombre d’hommes, Serge n'a ni goût ni inclination pour l'intime et le sensible, ses penchants naturels pour la force et l'orgueil l'incitant à poursuivre des chemins qui leur sont totalement contraires.&lt;br /&gt;Pour cette démission, car c’en était une, Serge recevrait de la part de Marie une lettre de rupture, laquelle serait à la fois brutale, à lui annoncer un avortement dont il ignorait tout, et pleine de délicatesse car ce n’est que dans le vague de cette phrase : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Ce ne sont pas tes voyages tout le temps et pour rien qui t’ont éloignés de moi. Depuis longtemps, c’est quand nous sommes ensemble que tu me manques le plus »&lt;/span&gt; qu’elle lui dirait qu’il n’était plus celui qu‘il avait été au commencement de leur histoire. &lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437149252412002338" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S3SicBTMUCI/AAAAAAAACxQ/AomnmPkCegU/s400/histoiresimple%5B%28090859%2918-50-28%5D.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 258px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;Puis viendrait le tour de Georges, et par l’entremise de cet ex-mari, resté son ami, l’univers des hommes tout entier - duquel, soit dit en passant, elle n’excluait peut-être pas son propre fils car quelle peine dans ses yeux&amp;nbsp; lorsqu’elle apprendrait que sa petite amie Nicole avait «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; du mal avec son caractère »&lt;/span&gt; et que son amour pour elle pouvait être exprimé non par l’intermédiaire du verbe aimer mais par le biais du médiocre, viril et pudique &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« avoir ses chances » - &lt;/span&gt;puisque cet homme-là, sorte de parangon de réussite sociale et professionnelle, allait lui aussi beaucoup la décevoir à d'une part,&amp;nbsp; préférer à son amour, à cet amour qui la poussait à l'aimer du lit jusqu'aux idées, celui d'une jeunesse de vingt ans et de l'autre, à laisser Jérôme,&amp;nbsp; le cadre au préavis de licenciement, dans la charrette où son entreprise l'avait mis, sa volonté de l'en sortir, qu'il exprimait par un très charitable &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Tout le monde doit avoir sa chance », &lt;/span&gt; n'ayant pas dépassé le stade de la promesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5437149200869467122" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S3SiZBSfo_I/AAAAAAAACxI/_s37fstBD0w/s400/histoiresimple%5B%28076600%2917-57-22%5D.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 258px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 400px;" /&gt;&lt;br /&gt;Après le suicide de Jérôme, une mort qu’il se donnait autant par détresse que par orgueil, Gabrielle, son épouse, rejoindrait Marie dans son appartement parisien. Et nul doute qu'à être élevée par ces deux femmes aimantes, par ces deux femmes aux prénoms d'ange pour la première et de sainte d'entre les saintes pour la seconde, la petite graine semée par Georges dans le ventre de Marie ne ferait pas redire, à cette dernière, ces mots qu'au contact de Serge ou de Georges, elle avait eus si souvent sur le bout de la langue : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’aimerais un peu plus d’hésitation et de douceur. »&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1116670591153204779?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1116670591153204779/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/02/une-histoire-simple-claude-sautet.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1116670591153204779'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1116670591153204779'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/02/une-histoire-simple-claude-sautet.html' title='Une Histoire Simple (Claude Sautet)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S3SiWG-K6XI/AAAAAAAACxA/S0-CE8AiV98/s72-c/histoiresimple%5B%28061467%2917-38-44%5D.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4284669127115854080</id><published>2010-01-26T16:34:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:20:03.287-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Janvier 2010 | C’est la fête à Chopin!</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1-KdOlmNqI/AAAAAAAACwg/XY9uEGCdiPc/s1600-h/chopin.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5431211910368736930" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1-KdOlmNqI/AAAAAAAACwg/XY9uEGCdiPc/s400/chopin.jpg" style="cursor: pointer; float: left; height: 181px; margin: 0pt 10px 10px 0pt; width: 200px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Bach est un astronome qui découvre les plus merveilleuses étoiles. Beethoven se mesure à l'univers. Moi, je ne cherche qu'à exprimer l'âme et le cœur de l'homme. »&lt;/span&gt; disait Chopin de sa musique, Chopin dont on va fêter ce mois-ci le bicentenaire, un Chopin qui me semble ici bien modeste à placer son œuvre derrière celle de Bach, qu’il aimait beaucoup, et derrière celle de Beethoven, qui, parait-il, le terrorisait un peu.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Mais, parce que dans cette déclaration, il nous faut avant tout retenir que Chopin avait fait de l’âme humaine un terrain de fouilles et son territoire de prédilection, et qu’il en va un peu de même pour le grand Marcel Proust, je me suis dit qui mieux que ce dernier pour célébrer le 200ème anniversaire de la naissance du compositeur polonais? Voici ce que Marcel Proust écrivait sur Fréderic Chopin dans Un Amour de Swann :&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;[…] Le pianiste ayant terminé le morceau de Liszt et ayant commencé un prélude de Chopin, Madame de Cambremer lança à Madame de Franquetot un sourire attendri de satisfaction compétente et d’allusion au passé. Elle avait appris dans sa jeunesse à caresser les phrases, au long col sinueux et démesuré, de Chopin, si libres, si flexibles, si tactiles, qui commencent par chercher et essayer leur place en dehors et bien loin de la direction de leur départ, bien loin du point où on avait pu espérer qu’attendrait leur attouchement, et qui ne se jouent dans cet écart de fantaisie que pour revenir plus délibérément - d’un retour plus prémédité, avec plus de précision, comme sur un cristal qui résonnerait jusqu’à faire crier - vous frapper au cœur.&lt;/blockquote&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Ce que dit le romancier sur le musicien est si joli et si profondément vrai que j’ai été longtemps tenté de limiter cet hommage à cette seule phrase que j’ai extraite du tome 1 de la Recherche. Et puis, en furetant sur Youtube, je suis tombé sur une interprétation du nocturne n°1 de Chopin qui m’a radicalement fait changé d’avis. La raison de cette volte-face? Elle est toute simple : Claudio Arrau, en exécutant ce nocturne, n’a pas fait que jouer Chopin, un Chopin à la fois loin du chichi et du fla-fla et de cette sécheresse à laquelle l’on a recourt parfois pour se démarquer de ces mêmes chichis et fla-flas, mais a aussi fait chanter, en une intention à la fois tangible et délicate, sa propre petite musique intérieure. Quand Chopin disait qu'il ne cherchait qu'à exprimer l'âme et le cœur de l'homme!&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;center style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;&lt;center style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;object height="285" width="340"&gt;&lt;param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/wtjchP5NEt4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1"&gt;&lt;param name="allowFullScreen" value="true"&gt;&lt;param name="allowscriptaccess" value="always"&gt;&lt;embed src="http://www.youtube.com/v/wtjchP5NEt4&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&amp;amp;rel=0&amp;amp;border=1" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="340" height="285"&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4284669127115854080?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4284669127115854080/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/janvier-2010-cest-la-fete-chopin.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4284669127115854080'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4284669127115854080'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/janvier-2010-cest-la-fete-chopin.html' title='Janvier 2010 | C’est la fête à Chopin!'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1-KdOlmNqI/AAAAAAAACwg/XY9uEGCdiPc/s72-c/chopin.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7691419896493516281</id><published>2010-01-24T18:08:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:20:19.961-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>Le Narcisse Noir (Michael Powell/Emeric Pressburger)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Décidément, je n‘arrive pas à me régaler du cinéma de Michael Powell et d’Emeric Pressburger, leur Narcisse Noir, tourné en 1947, m’ayant, en effet, procuré aussi peu de plaisir que m’en avait donné leur Je Sais Où Je Vais commis deux ans plus tôt, avec cette différence quand même, que cette fois-ci, contrairement à ce qu’il m’avait fallu faire pour découvrir que, finalement, Joan Webster, l’héroïne qui était censée savoir où elle allait n’avait pas franchement l’air de le savoir, puisqu’elle n’avait épousé la belle idée de ce film, qui était de prêcher pour une existence totalement dématérialisée au sein d’une nature elle-même vantée, qu’après avoir connu l’amour auprès d’un châtelain écossais, un châtelain écossais si peu vert et si banal du reste dans son rôle de beau capitaine et d’amant formidable qu’il était lui-même une source de déception, oui, avec cette différence que cette fois-ci je n’ai pas dû débourser vingt-cinq euros pour visionner les aventures de Sœur Clodagh, le personnage phare du Narcisse Noir, ARTE ayant inscrit ce film, que beaucoup considèrent comme un chef-d’œuvre, dans leur programmation de janvier.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5430493922444806706" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1z9c1I9ijI/AAAAAAAACwY/sOF_Afovehk/s400/narcisse+noir.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Et si cette déception s’est répétée, ce n’est pas tant dû ce coup-ci, comme je le disais &lt;a href="http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2007/05/je-sais-o-je-vais-michael-powellemeric.html"&gt;là&lt;/a&gt;, à cette longue enfilade de belles images de cartes postales à laquelle les deux cinéastes anglais ont eu de nouveau recours ici, les paysages indiens que l’on voit dans ce film, avec leurs monastères typiques, leurs palais de légende typiques, comme tout droit sortis des contes des Mille et une Nuits et leurs maharadjahs et leurs sages et leurs pauvres typiques, n’étant, en effet, pas sans rappeler l’Ecosse conventionnelle, trop touristique à mon goût de leur Je Sais Où Je Vais, car en creusant un peu, autrement dit, en soumettant quelques uns de ces clichés bien léchés à l’imagination, on peut leur trouver une portée symbolique, je pense notamment, mais je peux me tromper, au très photogénique gouffre que Sœur Clodagh surplombe lorsqu’elle sonne la cloche de cet ex-harem où elle officie en tant que missionnaire et dans lequel Sœur Ruth, qu’elle dirige au titre de Mère Supérieure et qu’elle agace au plus haut point à accaparer tous les gestes d’attentions de Mister Dean, sorte de Torquil MacNeil local à relever lui aussi du beau capitaine et de l’amant formidable, essayera de la précipiter parce que ce gouffre, à la coller de près, pourrait bien être la métaphore de son propre manque de foi en sa mission sacerdotale, un doute qu’elle devra tout aussi bien à l’ambiance de concupiscence qui flotte encore dans l’ex-harem qui héberge sa mission qu’à Mister Dean, ce dernier, à lui conter fleurette, à la provoquer à grands coups d’amabilités déguisées et de guiboles velues que ne cachera jamais son short d’aventurier convenu, bref, à lui rappeler tous ses chauds désirs de femme, n’ayant guère perdu son temps, qu’au discours tenu par les deux inséparables complices du cinéma british.&lt;br /&gt;Et déjà, parce qu’il se dégage de ce discours et de leur scénario, de ce scénario qui, somme toute, aura pris pour hypothèse de départ qu’il suffit de placer un groupe de religieuses - ici, Sœur Clodagh, Philippa, Ruth et les deux ou trois autres qui les accompagnent dans leur mission humanitaire - dans un endroit où règne une atmosphère chargée de sensualité - cet ex-harem dans lequel elles vont exercer leurs talents de soignantes, d’éducatrices et même de jardinières - pour que la plupart d’entre elles, pour ne pas dire toutes, finissent par succomber à cette même atmosphère de sensualité, ce à quoi elles ne pourraient échapper, car cette ambiance, à agir comme une célèbre petite madeleine trempée de thé, leur rappellerait à  toutes le même souvenir de jeune fille désireuse d’épouser non pas le Christ mais un homme fait de chair et de sang, les forçant ainsi à admettre, puisque cette ambiance, presque charnelle, ferait ressurgir ce souvenir et pas un autre, voire rien du tout, que ce désir d’homme n’était pas mort en elles, qu’elles n’avaient fait que le refouler et l’avaient fait par la force des choses, l’homme rêvé, tant voulu à une époque de leur vie, étant resté dans le domaine de l’espérance ou s’étant, comme pour Sœur Clodagh, éclipsé, un érotisme qui, s’il m’a paru franchement malsain à mêler le fantasme à la chose sacrée, quelque peu déplacé à faire si peu de cas de la chose sacrée, m’a également semblé un tantinet timide, presque petit bourgeois dans ses intentions, à venir mourir aux pieds de la morale, lors du final, Sœur Clodagh, qui semble alors avoir tout oublié du trouble qu‘elle vient de vivre, laissant Mister Dean Grosjean comme devant et Sœur Ruth, la dévoyée, finissant, elle, dans le gouffre dans lequel elle avait tenté d’envoyer sa rivale.&lt;br /&gt;Ensuite, parce qu’il m’a semblé qu’expliquer le fiasco britannique aux Indes par l’entremise de ces religieuses qui, bien que dévouées à leur mission humanitaire, tâche qu’hormis Sœur Ruth elles accompliraient pleinement, allaient échouer, la croyance locale, à inciter la foule à la revanche suite au décès de l’un de leurs patients, les ayant poussées à fuir leur refuge avant même qu’elles n’aient pu comprendre ce que ce maharadjah voulait leur dire en payant les malades et les enfants qu’elles soignaient et éduquaient, soit ce qui est bon ou mauvais pour un anglais ne l’est pas forcément pour un indien, réduit à pas grand-chose un difficile conflit de cultures, un difficile conflit de cultures qui l’était d’autant plus du reste qu’il était né non d’une volonté d’aider mais de coloniser.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7691419896493516281?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7691419896493516281/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/le-narcisse-noir-michael-powellemeric.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7691419896493516281'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7691419896493516281'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/le-narcisse-noir-michael-powellemeric.html' title='Le Narcisse Noir (Michael Powell/Emeric Pressburger)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1z9c1I9ijI/AAAAAAAACwY/sOF_Afovehk/s72-c/narcisse+noir.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-5547497842363240018</id><published>2010-01-20T17:22:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:20:35.179-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Tous en Scène (Vincente Minnelli)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Après avoir vu Tous en scène, on dirait bien de Vincente Minnelli, qui commettait ce film en 1953, qu’il devait aimer par-dessus tout la comédie musicale comme on la tournait, ou la produisait, dans les années trente-quarante, quand elle était, pour reprendre les mots de son personnage principal Tony Hunter, un spectacle suffisamment chic et écrit pour attirer la fine fleur new-yorkaise sur les trottoirs de Broadway, alors &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« le centre de l’esprit »&lt;/span&gt;, celui-là même qu’il ne serait plus dès lors que des marchands de hot dogs et les machines à sous auraient pénétré ce temple de la culture. &lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428997745474791154" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1esr3lr5vI/AAAAAAAACv4/xWR4IniCueU/s400/THE_BANDWAGON_DISC1-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 261px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Pour penser cela du cinéaste, il y a bien sûr cette déclaration que cette vieille gloire de l’opérette qu’est Tony Hunter va jeter aux oreilles de Lester et de Lily Marton, de ce couple qui, parce qu’il est leur ami et qu’ils tous deux sont scénaristes, s’est juré de relancer sa carrière, une carrière qu’en définitive seuls les journalistes ont barrée, le public n’ayant pour unique charge contre lui que son attitude moutonnière, et en espérant le faire, bien sûr, de la meilleure manière qui soit puisque le scénario qui doit leur servir de catapulte a été bâti avec le bon goût d’inscrire tout numéro nouveau dans la belle tradition du genre, ce que, soit dit en passant, Vincente Minnelli s’attachait à faire ici et réussissait parfaitement du reste puisque si le Fred Astaire de Swing Time aurait pu fort bien entrainer sa blonde partenaire Ginger Rogers dans le très romantique Dancing in The Dark, ce régal de danse, ce plaisir des yeux, il aurait pu tout aussi bien endosser le costard trois pièces du héros de l’étourdissant et très créatif Girl Hunt : A Murder Mystery in Jazz  puisqu'on trouve dans Waltz in Swing Time et Bojangles of Harlem de l’excellent film de George Stevens les exacts pendants de ces deux numéros.&lt;br /&gt;Mais pour penser cela du cinéaste, il y a bien mieux, ou plutôt, devrais-je dire, bien pire.&lt;br /&gt;Bien pire, en effet, parce qu’à côté de ce discours tenu par Tony Hunter, discours qui, outre le fait qu’il définit clairement le temps béni de la comédie musicale, dit également de sa descendance qu’elle est une bien triste héritière, et de cette pique décochée, cette fois, par le cinéaste lors de la toute première scène, le chapeau haut-de-forme et la canne qu’on y voit et qui sont ici, si je puis dire, autant la marque de fabrique de notre héros que les signes distinctifs du danseur de musical du temps d’avant, à ne pas trouver preneur lors de leur mise en vente, pas même pour la modique somme de 50 cents, nous incitant, par le biais de son ironie, à mesurer toute l’étendue de la versatilité du public et de son total désintérêt pour un genre que le cinéaste affectionnait tout particulièrement, oui, à côté de ces deux séquences plaidant, somme toute, légitimement pour le musical du temps d’avant, celui de Top Hat comme celui, pour en revenir à Vincente Minnelli, du Chant du Missouri, même si dans ce film tourné en 1942 on pleure plus qu’on ne rit, on trouve une chose que personnellement j’aurais préféré ne pas voir, la cause du musical du temps d‘avant, que je défends aussi, mon goût pour les romances bien propres sur elles et ce plaisir que j’éprouve à chaque fois à voir l’élégant Fred taquiner le parquet depuis ses souliers vernis, quand ils s’y posent, et sa partenaire à grands coups de sourires éclatants et d’enlacements de taille si exquis pour elle à hésiter entre l’esquisse galante et le préliminaire amoureux m’y obligeant sûrement, ne justifiant pas, à mon sens, qu’on utilise n’importe quel moyen pour la défendre.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428998119203867602" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1etBn1pC9I/AAAAAAAACwQ/5F6bn7PB9xs/s400/THE_BANDWAGON_DISC1-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 261px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428997941303143058" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1es3RGzapI/AAAAAAAACwI/dHgaSiehFIY/s400/THE_BANDWAGON_DISC1-7.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 261px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;En effet, gonflée j’ai trouvé l’idée, non pas celle de faire de la comédie musicale du bon vieux temps d’avant, ou de celles qui s’en inspirent - et que celles-là, Tony Hunter, avec sa belle déclaration faite aux Marton, ayant d’entrée tiré un trait définitif sur le Broadway d’après sa disgrâce - l’égale de la tragédie classique, car moi aussi j’aime à dire comme Jeffrey Cordova, le génial metteur en scène que les Marton ont choisi pour monter leur spectacle, si génial du reste &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« que tout ce qu’il touche réussit »,&lt;/span&gt; &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« qu’il n’y a pas de barrières à mettre entre la tragédie et l’opérette, et que tout ce qui nous émeut, nous stimule ou distrait, c’est du théâtre »&lt;/span&gt;, mais celle d’être parti de ce constat, lequel sera, du reste, joliment métaphorisé par Vincente Minnelli, Gabrielle Gerard, la danseuse de ballets classiques et symbole ici de la culture érudite, ne surpassant en taille Tony Hunter, l’enseigne de la culture populaire, que grâce à ses talons hauts, et d’avoir déroulé à sa suite trois ou quatre numéros enchanteurs, ceux-là même que les Marton et Tony Hunter créeront quand ils reprendront les commandes de leur show, Jeffrey Cordova, à l’avoir détourné de sa finalité première, l’ayant mené au fiasco, afin que n’importe quel spectateur puisse, au moment du finale, et comment celui-ci ne le dirait-il pas puisque, grâce à ces trois ou quatre numéros enchanteurs, il aura alors vécu toute la palette de ses émotions, à la fois la romance avec Dancing in the Dark, le rire avec les irrésistibles Triplets et l’aventure avec l’éblouissant Girl Hunt, répondre oui, oui, oui, mille fois oui à Tony Hunter et à sa joyeuse troupe lorsque, dans ce finale, ils affirmeront tous en chœur que le théâtre, c’est un spectacle dont il faut ressortir plein d’ardeur, que le théâtre, c’est &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« une chanson qui donne des ailes ou une danse qui se termine en romance&lt;/span&gt; et pas &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« les morts de Macbeth ou le supplice de Camille »&lt;/span&gt;, et enfin que le théâtre cela ne devrait être que du divertissement, le monde l’étant, parce que, somme toute, toute cette manière de faire, c’est ni plus ni moins que vouloir imposer un point de vue, forcer la main du spectateur.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5428997849395712322" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1esx6uXUUI/AAAAAAAACwA/sXf0EM-cPD4/s400/THE_BANDWAGON_DISC1-10.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 261px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Certes, comme le disait Rabelais, le rire est le propre de l’homme, une citation que du reste Jeffrey Cordova ne contredira pas puisqu’il quittera son poste de metteur en scène sérieux pour devenir danseur comique dans la troupe de Tony Hunter en avouant clairement qu’il &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« s’était trompé de direction »&lt;/span&gt;, mais diantre!, il y a de la joie aussi à se frotter aux morts de Macbeth. Isn't it?&lt;br /&gt;Buvons aux fariboles élevées, Ô toi ma charmante!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-5547497842363240018?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/5547497842363240018/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/tous-en-scene-vincente-minnelli.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5547497842363240018'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5547497842363240018'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/tous-en-scene-vincente-minnelli.html' title='Tous en Scène (Vincente Minnelli)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S1esr3lr5vI/AAAAAAAACv4/xWR4IniCueU/s72-c/THE_BANDWAGON_DISC1-0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1819251208198164695</id><published>2010-01-10T18:02:00.001-08:00</published><updated>2011-03-06T13:20:53.186-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Pluie Noire (Shohei Imamura)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Qu’est-ce que la vie humaine? Ainsi que toutes choses, ce monde n’est qu’illusions. Le milieu, le début et la fin ne sont que de brèves étincelles. L’homme ne vit qu’un instant. La vie passe si vite : aujourd’hui est déjà hier. Partirai-je le premier ou sera-ce mon prochain? Aujourd’hui ou demain? Tous mourront tôt ou tard plus nombreux que les gouttes de rosée sur les branches ou les cimes. Au matin, un teint vermeil, le soir sera d’os blancs. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ainsi s’exprimerait Shigematsu Shizuma, l’un des personnages principaux de Pluie Noire, film que Shohei Imamura tournait en 1989, devant les corps des  victimes de Little Boy, la bombe atomique qui, quelques heures plus tôt, avait rasé sa bonne vieille ville d’Hiroshima, en portant sur ces morts, qu’on brûlerait, un regard qui trahirait autant l’intérêt qu’il portait à cette mission de dernier accompagnement que la stupéfaction de la mener, un sentiment que, soit dit en passant, il serait facile de comprendre puisque cet homme, en rien religieux, ne l’avait entreprise que sur l’ordre de son supérieur hiérarchique, lequel, pour avoir appris que la mairie et le temple étaient dans l’incapacité d’enregistrer toutes les victimes tant elles étaient nombreuses, s’était mis en tête de voler au secours de ces deux institutions largement dépassées par l’événement.&lt;br /&gt;Afin d‘exécuter, au mieux, ce devoir de mémoire qu‘on lui avait imposé, Shigematsu Shizuma avait rencontré un bonze de la secte Aki qui, entre deux précieux conseils bouddhiques, lui avait également fait part de sa grande colère contre ce monde qui, à se despiritualiser, se servait de la science et de la connaissance non pour s'élever mais pour jeter en enfer une ville dont la plupart des habitants  étaient vierges du crime qu’on leur imputait : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Le monde de la Doctrine dégénère, c’est vraiment l’époque de la fin des temps. » &lt;/span&gt;avait-il dit en effet.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5425297095207233602" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S0qG9rDJKEI/AAAAAAAACvo/hIjhQmKi2U0/s400/vlcsnap-2009-12-12-21h49m57s213.jpg" style="display: block; height: 190px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5425297034018442770" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S0qG6HGmThI/AAAAAAAACvg/mN-OhuWJ88w/s400/vlcsnap-2009-12-12-17h26m17s225.jpg" style="display: block; height: 190px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Ce serait donc un Shigematsu Shizuma quelque peu hébété par sa tâche qui prononcerait cette sentence qui, si elle est fort jolie, n’en est pas moins désagréable à entendre puisqu’elle renvoie la vie d’un homme ou celle d’une femme à pas grand-chose et une page de Marcel Proust ou un nocturne de Frédéric Chopin, comme la joie de celui ou de celle qui la lit ou l’entend, à de fugaces traits de lumière. Et j’avoue que, lorsque je l’ai entendue, j’étais moi-même interloqué, déjà, parce que j’attache à la vie, qu’elle soit humaine, animale et même végétale, une vraie importance, mais bien plus encore parce que la petite phrase du cinéaste japonais, à être dite après que celui-ci ait longuement rendu hommage aux victimes d’Hiroshima, vient, pour ainsi dire, se heurter à toutes ces images de considération et de compassion, les contredit même puisqu’à montrer, entre autres, un adolescent incapable de reconnaître son frère, l’incendie l’ayant totalement défiguré, une femme tentant, à l’aide de jets de pierres, d’extirper la douleur de son corps meurtri, une autre encore serrant dans ses bras, telle une mater dolorosa, son bébé calciné et enfin un homme se jetant par la fenêtre de son appartement en hurlant des &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Hiroshima, où es-tu? »&lt;/span&gt;, toutes, absolument toutes, incitent à penser que Shohei Imamura accordait de l’importance à ces vies humaines détruites, et à travers elles, bien sûr, à la vie humaine en général.&lt;br /&gt;Disons-le de suite, je n’ai pas cherché à trop creuser ce qu’il m’est apparu comme une contradiction, car l’ironie que la petite phrase citée plus haut contient, et pour en contenir, elle en contient puisqu’elle est dite en des lieux où généralement on ne dit pas ce qu’elle dit, et la grande sagesse qui en émane aussi, ont largement suffi à faire mon bonheur.&lt;br /&gt;Ironie, en effet, car quelque part, la sentence prononcée par le très peu convaincu Shigematsu Shizuma, qui était lui-même une victime de la bombe, une de ces victimes à retardement de la bombe puisque celle-ci, après l’avoir irradié, allait lentement le tuer, renvoie d’une part, les décideurs d’Hiroshima, comme tous ceux qui seraient tentés de reproduire cette horreur - dans le film, on entend en effet Truman dire à la radio qu’il envisageait d’utiliser, si le fallait, la bombe atomique contre les forces communistes qui agissaient en Corée - à leur propre insignifiance, leurs vies, comme celles de leurs éventuels successeurs, ayant, comme celles qu’ils avaient détruites ou envisageraient de détruire, la longueur d‘un souffle, et d’autre, met sur le même pied d’égalité, car encore une fois &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« l’homme ne vit qu’un instant »,&lt;/span&gt; victimes et personnes qui, par intérêt ou égoïsme, ont tendance à évacuer les premiers de leur mémoire, comme le fera du reste cette femme à railler Shigematsu et son ami Shokichi, parce que, pendant qu’on les bichonne et qu’ils taquinent la carpe, elle, elle trime comme une forcenée.&lt;br /&gt;Et bien sûr, sagesse, car nul doute que la petite phrase que Shigematsu Shizuma prononce devant et pour les morts d’Hiroshima s’adresse à lui aussi, à lui comme à tous ceux que l’orgueil anime, orgueil qui, chez le héros d‘Imamura, se traduit par ce désir impétueux et irréfrénable qu’il éprouve de voir Yasuko en femme mariée et qui s’exprime à chaque fois qu’il dit à cette jeune fille dont il a la charge : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Si tu ne te maries pas, que dire à ton père? »,&lt;/span&gt; car que pourront bien peser tous ces petits succès personnels, en rien entrepris pour le bonheur d’autrui, lorsque le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« soir d’os blancs »&lt;/span&gt; sera venu?; un train de valeurs futiles en fait, auquel Shohei Imamura n’accrocherait pas sa jeune héroïne puisqu’elle finirait par refuser la main du vaniteux Aono.&lt;br /&gt;Mais qu’il nous fallait envisager cette jeune fille qui, elle aussi, allait bientôt mourir de l’enfer d’Hiroshima, comme appartenant plus au monde vertueux et noble de l’Ancien Japon que de celui que défendait son quatrième et dernier prétendant, on le savait d’entrée, car dans ce bagage qu’elle emportait au petit matin de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« l’Eclair qui tue »,&lt;/span&gt; la seule chose qui avait de l’importance à ses yeux, ce n’était pas son diplôme de fin d’études, ni même encore ses  luxueux habits de fête, mais le kimono de mariage de sa grand-mère.&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5425297157820712546" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S0qHBUTXBmI/AAAAAAAACvw/Vj9vzwOMf-U/s400/vlcsnap-2009-12-12-22h40m12s107.jpg" style="display: block; height: 190px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1819251208198164695?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1819251208198164695/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/pluie-noire-shohei-imamura.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1819251208198164695'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1819251208198164695'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2010/01/pluie-noire-shohei-imamura.html' title='Pluie Noire (Shohei Imamura)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/S0qG9rDJKEI/AAAAAAAACvo/hIjhQmKi2U0/s72-c/vlcsnap-2009-12-12-21h49m57s213.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-4262358575194378236</id><published>2009-11-28T16:21:00.000-08:00</published><updated>2011-10-28T12:48:27.031-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1930'/><title type='text'>A l'Ouest Rien de Nouveau (Lewis Milestone)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Chaque putain de guerre représente les mille douleurs de celui qui la porte, mille morts de ceux que le combat a fauchés, et les mille jouissances des ventres et des bas-ventres de l’arrière.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Voilà ce qu’elle crie cette putain de guerre : Celui qui me porte est un naïf qui croit que les mots cachent des idées, que les idées feront du bonheur et qui n’a pas vu quelles bacchanales son dévouement permettait derrière le mur formidable des discours, des proclamations, des compliments et de la censure…&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Henri Aimé Gauthé, soldat de 2ème classe, extrait de son journal de guerre]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409314980915460578" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_ULuqOeI/AAAAAAAACqQ/mEzNImSbrJQ/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-11.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;C’est dans une ville d’Allemagne que le film de Lewis Milestone commence. Dans une ville d’Allemagne que le réalisateur d’origine russe n‘a pas nommée, et pour cause, en ce tout début de première guerre mondiale, toutes les villes d’Allemagne se ressemblent à fêter le départ pour le front de milliers d’hommes; un départ pour le front que tous effectuent dans la joie et la bonne humeur, la promesse qu’on leur a faite d’une victoire éclair sur l’ennemi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« assoiffé de sang allemand »&lt;/span&gt; accélérant même la cadence de leurs pas. Et comme dans toutes les villes d’Allemagne, il y a, en cette année 1914, des professeurs d’université qui, depuis leurs pupitres ou leurs estrades, tentent d’insuffler à des jeunes gars de vingt ans leur patriotisme ardent et d’autant plus déterminé qu’il est clamé loin de l’oreille ennemie. Dans cette ville que Lewis Milestone n’a pas eu besoin de nommer, cet homme s’appelle Kantorek et il serait si futé, à faire appel aux héros légendaires, à évoquer cette bravoure qui peut parfois rendre les jeunes femmes admiratives et à résoudre, par avance et en un tournemain, toutes les questions que ces jeunes hommes pourraient se poser s’ils décidaient d’abandonner leurs familles et leur chères études pour la défense et la gloire du Vaterland, que bientôt sa salle de classe se viderait pour s’en aller grossir les rangs de ces soldats dont on dirait bien, en définitive, que, pour la plupart, ils partaient à la guerre plus dupés par leur orgueil flatté que gonflés d’idéaux nationalistes. &lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Finalement, ce sont la fierté et l’ambition qui ont guidé mon choix. Était-ce juste?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;W. Tafel [Sous-lieutenant de Uhlans, dans une lettre datée de Mai 1916]&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;Son regard me réchauffe, son admiration me fait tendre le jarret, son sourire m’a donné du cœur. A mes côtés, sous son regard, mes camarades, eux aussi, se sont redressés (…) parce qu’une fillette les voyait, ils eurent un regard plus serein et plus clair, une démarche plus ferme, un front plus guerrier.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Henri Aimé Gauthé, soldat de 2ème classe, extrait de son journal de guerre]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409314477249334370" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG-23bTDGI/AAAAAAAACqI/O0NSTgC1DWE/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Bäumer, Kemmerich, Kropp, Mueller, Behn, et quinze autres encore que le professeur Kantorek avait ralliés à sa cause, quitteraient donc leur confortable et motivante petite vie estudiantine pour la carrière militaire. Mais avant de rejoindre cette caserne où Himmelstoss, le facteur devenu chef par le simple fait de la mobilisation générale, leur apprendrait que, pour devenir soldat, il leur faudrait tout oublier de leur passé et de leurs rêves de grandeur en y mettant cette pointe de sadisme qui caractérise si bien les gens qui tout à coup passent d’un statut de simple exécutant à celui de donneur d’ordres - pour eux, concrètement, cela voudrait dire ne pas rechigner quand il leur demanderait de s’aplatir dans la boue - ils vivraient ce moment, où, pour avoir quitté un monde et pas encore complètement rejoint le suivant, il n’y a qu’à se laisser vivre.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Je suis sur le point de prendre un Pernod chez l’Espagnol à côté du marché couvert avec Berry (…) Tout est très calme (…) Je ne suis pas encore habillé. Nous sommes libres. Je vais finir mon canard ce soir chez le frère de Berry.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Louis Hugon, 209ème RI de réserve, dans une lettre datée d’Août 1914. Louis Hugon, blessé au front, décéderait, trois mois plus tard, dans un hôpital militaire]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;Et puis, après les à plat ventre dans la boue et les une-deux une-deux des marches au pas cadencé d’Himmelstoss, les bleus arriveraient là où leur bon  professeur Kantorek, malgré son patriotisme ardent, ne mettrait jamais les pieds. Dans ce campement, qui se trouverait à trois enjambées de la ligne de front, des bombes signées par l’ennemi &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« assoiffé de sang allemand »&lt;/span&gt; leur feraient connaître leurs premières frousses. Quant aux anciens, ces vieux de la vieille trop peu gradés pour frayer avec le planqué de l’arrière mais suffisamment expérimentés pour faire d‘une tranchée un petit coin vivable, ils diraient tout ce qu’ils avaient appris pour que ces jeunes soldats ne tombent pas trop vite au champ d’honneur. Entre autres, qu’un accident de camion est préférable à un éclat d’obus &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« reçu dans les tripes »&lt;/span&gt;, que la dangerosité d’un obus se mesure au son qu’il émet et que la terre à la guerre, c’est comme une mère, car, comme elle, elle protège de presque tout. Après ce deuxième cours d’instruction militaire, donné principalement par la paire Katczinsky/Tjaden, tous s’en iraient en mission. Behn, lui, n’en reviendrait pas. Parce qu’il s’était engagé contre sa volonté, à vrai dire pour ne pas perdre la face, il est dans le film de Milestone la victime la plus dénonciatrice du patriotisme riche en paroles et en sermons mais frileux en actes du professeur Kantorek, lequel, soit dit en passant, trouve son exact jumeau dans le Nabucet de Louis Guilloux, et parce qu’il meurt en criant maman, il dit tout simplement le mot juste.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;La nuit s’avance, comme je souffre, je pense alors à mes parents, surtout à ma mère, comme quand j’étais malade et que j’étais tout petit, et je ne suis pas le seul à penser à ma mère, car j’entends les blessés et les mourants appeler leur maman.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Désiré Emile Renault, 77ème RI, dans une lettre datée d’Août 1914]&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;i&gt;On a marché, on lutte tout le jour, l’effort physique étouffait en nous la pensée (…) Brusquement, un frisson est venu, puis une lassitude infinie et le besoin immense d’être doux, d’aimer, de faire des caresses, d’avoir des paroles exquises, et de se fondre tout entier dans un seul cri : Maman!&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Marcel Rivier, extrait de son Journal de guerre. Marcel Rivier sera tué sur le front belge en Novembre 1914]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;Dans les rangs de la bleusaille on ne pleurerait pas longtemps la mort de Behn. Ce ne serait certes pas par manque d’envie - du reste, la perte de leur copain attristerait tellement Bäumer, Kemmerich et tous les autres qu’ils n’essaieraient même pas de comprendre pourquoi, à la guerre, quelqu’un d’intimement connu devait, lorsqu’il était tué, ne plus être qu’un cadavre, conseil que leur prodiguerait Katczinsky car lui savait depuis longtemps qu’un soldat qui ne sait pas tout oublier très vite ou qui cogite c’est un soldat qui aide son ennemi à le tuer - mais plutôt par manque de temps, les missions, au front, s’enchainant sur un rythme d‘enfer. Encore que, sur la ligne de feu, il leur arriverait parfois d’avoir du temps, mais, diable!, pour un soldat qui se trouve sur la ligne de feu ça veut dire quoi exactement avoir du temps?&lt;br /&gt;Eh bien, pour un soldat qui se trouve sur la ligne de feu, avoir du temps cela signifie attendre, attendre, d’une part, que l’ennemi cesse enfin ses abominables bombardements - pour fuir cette insoutenable attente, insoutenable en effet car rares sont les marmitages intensifs qui ne finissent pas par atteindre leurs cibles, Kemmerich, lors de sa deuxième mission, quitterait sa cagna faite de bois et de briques. Il n’irait pas assez loin cependant pour échapper à un éclat d’obus, pour lui, une méchante blessure, mais pour tous les autres habitants de son abri, celle-ci ne serait que superficielle, car il fallait bien, pour que la guerre continue, que la somme de leurs petites trouilles individuelles ne dégénère pas en panique générale - et d’autre, que l’ennemi veuille bien lui montrer le bout de son nez, et cette nouvelle attente génère chez lui tant d’anxiété et du coup, un irrépressible besoin de s’en venger, qu’il n’est pas impossible de croire que ce dernier l’ait quelque peu aidé à exécuter, à la lettre, les théories, parfois discutables, des généraux d‘état-major.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Les lauriers de la victoire flottent à la pointe des baïonnettes ennemies. C’est là qu’il faut aller les prendre, les conquérir par une lutte corps à corps si on les veut (…) Se jeter dans les rangs de l’adversaire et trancher la discussion à l’arme froide.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Ferdinand Foch]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409315117648054562" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_cJGQCSI/AAAAAAAACqg/vzQnYnRKN4A/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-9.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Après ce second épisode guerrier, que soit dit en passant Milestone aura filmé de fort belle manière, et pour cause, en le voyant on le croirait issu  d’images d’archives, nos jeunes héros goûteraient à un repos bien mérité. Se retrouvant alors loin des bombes et des combats harassants, leurs têtes pourraient se remettre à fonctionner et parmi toutes ces réponses qu’ils donneraient à la sempiternelle question du pourquoi fait-on la guerre, il faut retenir &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« cette sorte de fièvre qui fait qu’on se bat bien que personne n’ait souhaité se battre »&lt;/span&gt; parce qu’à être dite par un ex-élève du professeur Kantorek qui allait bientôt mourir, elle prouve qu’il y aurait, dans ce groupe de convertis, des types qui ne sauraient jamais ce que leur mentor avait titillé chez eux pour qu’un beau matin de liesse générale ils abandonnent leur statut d’étudiant pour celui d’engagé volontaire.&lt;br /&gt;Durant ce congé, et avec la mort imminente de Kemmerich, Bäumer, quant à lui, retrouverait un peu de goût pour la prière mais bien plus encore une forte envie de vivre, la vie qui s’échappait doucement du corps de son ami l’y incitant sûrement. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’ai senti que c’était merveilleux de vivre. Je voyais des champs de blé, des fleurs et des filles. Je courrais vers la vie en fuyant la mort. »&lt;/span&gt; dirait-il en effet juste avant de repartir au front; au front où il rencontrerait à nouveau Himmelstoss, lequel, il faut bien le dire, ne nous apprendrait pas grand-chose de neuf à faire partie, lui aussi, de ces hommes dont il suffit de taquiner l’orgueil pour les faire monter sur la ligne de feu. Certes, pour inciter un type à combattre, on peut ou flatter ou blesser son orgueil, Himmelstoss, à pisser dans son froc devant l’ennemi, relevant assurément de la seconde alternative, mais fichtre!, pourquoi développer ici cette subtile variante sur l’orgueil décideur de tout,  quand, par ailleurs, on ne dit rien, absolument rien de ces hommes qui se sont impliqués dans le conflit dans l’unique but de protéger les leurs? Le discours pacifique est ici, dans ce film, comme le patriotisme de Kantorek qu’il dénonce, un peu sourd aux voix qui le dérangent. Et c’est un tantinet dommage.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Je dis franchement : un homme de 35 ans qui meurt est un foyer détruit (…) mais je ne puis m’empêcher de me demander s’il n’y a pas encore plus de tristesse lorsque ce qui est brutalement détruit, c’est l’espoir même du foyer.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Lieutenant Desprès, dans une lettre datée d’Octobre 1916 qu’il destinait à son fils de neuf ans. Le lieutenant Desprès a été tué en Avril 1918]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;Au cours de cette bataille, où Bäumer enverrait Himmelstoss accomplir son destin de soldat, le même Bäumer, pour se protéger de la mitraille ennemie, devrait se réfugier dans un cratère d’obus. Dans un geste d’auto-défense il y blesserait un soldat français. Avec la nuit, les combats s’atténueraient, et dans le quasi silence qui s’instaurerait, les râles de ce compagnon d’infortune deviendraient si présents et si atroces à ses oreilles qu’il tenterait de les faire taire en lui offrant son aide. En vain, car l’homme, s’accrochant à la vie, continuerait de gémir. Il le maudirait alors. Mais qui haïrait-il vraiment? Cet homme qui, à refuser, bien involontairement, son secours, l’empêchait de repentance, ou, pour avoir tout-à-coup pris conscience, la promiscuité aidant, que le crime légal n’était au fond qu’une notion toute militaire, lui-même?&lt;br /&gt;Au petit matin, tout serait fini. Le soldat français dormirait pour l’éternité et pour avoir compris qu’il avait, dans cette mort, une bonne part de responsabilité, le soldat Bäumer aurait définitivement tiré un trait sur le combattant qu’il était devenu à gober, son sale orgueil oblige, les sinistres bavardages d’héroïsme et de patriotisme du professeur Kantorek.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Où est passé le grand enthousiasme de 14? Où que je tourne mes regards, je n’en vois plus de traces et je connais des gens parmi tous les grades, même les plus élevés.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Willi Lutz, adjudant de l’armée allemande, dans une lettre datée du 28 Juin 1916. Willi Lutz sera tué au front deux jours après l‘avoir écrite]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409315167533239730" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_fC7zjbI/AAAAAAAACqo/NOooNsgAyQE/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-12.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Pour le soldat Bäumer, avec la mort du soldat français, le temps du désenchantement était donc venu. Mais cette fille de papier, qui ornait un mur de ce bar pour militaires qu’il fréquenterait lors d’une permission, ne l’inciterait-elle pas à retomber aussitôt dans l’illusion? C’est qu’à être drôlement jolie et soigneusement habillée, elle lui évoquerait à la fois l’amour et la civilisation, toutes choses qui le décideraient à se laver, car l’amour et la civilisation cela ne se vit pas dans la crasse, surtout quand dans cette crasse on peut trouver quelques actes de guerre qui ont partiellement le parfum de crimes. Et c’est justement parce qu’il se trouverait alors dans cet état d'esprit de retour à l’amour et à la civilisation qu‘au cours de son bain, lequel s’effectuerait dans une rivière, à la guerre comme à la guerre, il aborderait, avec trois de ses compères plus suiveurs que moteurs, un trio de jeunes femmes françaises. Certes, Suzanne, l’une de ces trois femmes, lui donnerait un peu d’amour et de civilisation car elle lui ferait l’amour avec la manière et les mots qu’il désirait entendre, mais puisqu’elle le ferait contre de la nourriture et pour pallier son propre manque d’amour, tous les gars du coin étant montés au front, nul doute qu’entre ses bras, Bäumer se perdrait en illusions. Bien évidemment, la faute n’en reviendrait pas à Suzanne, mais à la guerre car celle-ci, à créer du manque et du manque difficile à combler, a le pouvoir de tout mettre à l'envers, y compris l‘amour.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Elles ont voulu, celles qui dorment dans des lits, être douces et bienfaisantes, et donner aux culs gelés l’illusion de la chaleur et de la tendresse. Les pauv’ gars! Y sont si malheureux!&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Henri Aimé Gauthé, soldat de 2ème classe, extrait de son journal de guerre]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409315057659004962" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_YpnvyCI/AAAAAAAACqY/JGML2wlI3uQ/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-13.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Et puis, au cours d’une énième bataille, Bäumer recevrait un éclat d’obus dans le ventre. Dans un hôpital, que l’extrême dévouement des médecins et des religieuses qui y officiaient faisait tenir debout, il ferait connaissance avec des types qui avaient perdu leur raison au front et avec des gars qui avaient eu bien raison de simuler des troubles de la raison pour ne plus jamais remonter au front. Il connaitrait aussi, sa blessure s’étant aggravée, ces endroits qu‘aucun soldat, tronqué par la guerre, ne désirait connaître, car on y alignait tous ceux qu’on estimait ne plus pouvoir sauver. Heureusement pour lui Bäumer reviendrait de ces antichambres de la mort.&lt;br /&gt;Après sa convalescence, Bäumer, alors en permission, rendrait visite à ses parents. Mais si la rencontre avec sa mère se passerait bien, celle avec son père tournerait au cauchemar. En effet, quel mauvais rêve ce riche bourgeois lui ferait vivre à lui laisser entendre qu’à l’arrière on se privait pour que le soldat de première ligne ne manque de rien, et, à jouer, comme ses petits copains d’ingratitude, aux stratèges militaires qui refaisaient la guerre, entre leurs quatre murs, afin de briser cet ennemi «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; assoiffé de sang allemand »&lt;/span&gt; que leurs fils tardaient à briser. Et pour cette bande de généraux de papier, qui décidément avaient réponse à tout et savaient tout mieux que personne, si la guerre traînait, c’était justement parce que, contrairement à eux, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« le soldat, qui  la faisait, il n’y connaissait rien! »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Ô injustice et ingratitude humaines! Tandis que vous vous promenez dans les rues ou les lieux de plaisirs de Paris, tandis que, mollement assis dans un bon fauteuil de velours (…) vous discutez pour savoir si l’absinthe est un poison (…), tandis que loin du danger vous vous demandez d’un air fâché et dédaigneux : Qu’est-ce qu’ils font? Pourquoi n’avancent-ils pas? Si j’étais au feu je ferais cela, pendant ce temps, Messieurs les Députés, (…) les soldats,  en général, sont en train de recommander leur âme à Dieu, avant d’accomplir (…) le plus grand des sacrifices, le sacrifice de leur vie.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Maurice Antoine Martin-Laval, médecin au 58ème RI, dans une lettre datée de Février 1916]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;Durant ce repos, Bäumer reverrait également le professeur Kantorek, qu’il retrouverait toujours debout sur son estrade, à clamer, devant des jeunes gars de vingt ans, le même patriotisme de planqué qui craint pour sa planque. Pour avoir combattu, et longuement combattu, et pour le croire encore identique à celui qu’il était lorsque, sur ses incantations, il embrassait la carrière militaire, Kantorek demanderait à Bäumer un discours. A révéler que le soldat se battait sur le terrain dans le principal souci de ne pas se faire tuer, il ferait de vingt jeunes gars de vingt ans tous gonflés à bloc par l'orgueil, vingt ennemis supplémentaires et à ajouter &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« qu’aucune souffrance n’est bonne même pour sauver nos frontières »&lt;/span&gt; et qu’il est toujours &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« plus facile d’encourager les autres à devenir des héros que d’aller se faire tuer »,&lt;/span&gt; le professeur Kantorek serait, bien évidemment, fortement déçu. Pour tout dire de lui, il ne reconnaitrait pas son ex-élève.&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Quel égoïsme de dire à son frère : tu mourras pour que je sois heureux! N’est-ce pas là toute la guerre et ce calcul n’est-il pas le squelette effarant qu’on cache sous les oripeaux d’honneur, de devoir militaire, de sacrifice?&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Henri Aimé Gauthé, soldat de 2ème classe, extrait de son journal de guerre]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;Dépité par l’attitude ingrate des uns et heurtant tous les autres par sa manière bien particulière de voir la guerre, Bäumer déciderait d’écourter son séjour au Vaterland. Lors de son retour au front, il apprendrait de la bouche de Tjaden qu’hormis eux et Katczinsky tous les anciens avaient disparu et que sa compagnie était maintenant faite d’un &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« tas de soldats pas assez vieux pour porter le barda. » &lt;/span&gt;Puis, il partirait à la recherche de Katczinsky, absent lors de ces retrouvailles. Mais lorsque ces deux-là se rencontreraient, ils auraient tout juste le temps de se réchauffer au foyer des souvenirs communs, car un tout petit éclat d’obus, venu de nulle part, viendrait se loger dans la tête du vieux de la vieille.&lt;br /&gt;Mourir par hasard, sur un sale coup du sort...&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;De la façon qu’il a été tué, il faut réellement croire que c’est la destinée. L’obus tomba peut-être à 100 mètres loin de nous deux, un petit éclat à peine gros comme un grain de maïs vint le frapper au front; le sang jaillit aussitôt...&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Joseph Gilles, dans une lettre datée de Mai 1916. Joseph Gilles sera tué au front moins de quatre mois après avoir rédigé cette lettre,  par un éclat d‘obus]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5409315230622160610" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_it9YFuI/AAAAAAAACqw/5otRBaiXngs/s400/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-14.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 257px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Quant au soldat Bäumer, qui lui aussi allait bientôt mourir, ce serait un papillon qui allait causer sa perte.&lt;br /&gt;Alors, on pourra toujours philosopher sur la présence de cette bestiole dans la grisaille ambiante, chichiter par exemple autour de son message ou de sa poésie, mais nous faut-il le faire, quand on peut trouver sa trace dans la réalité des combattants de 14-18? Personnellement, je veux laisser la parole aux poilus ...&lt;br /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;i&gt;Il n’y a plus aucune feuille verte ni brin d’herbe, et malgré tout, dans toute cette horreur, une merveilleuse apparition : au matin une alouette chante et des multitudes de hannetons bourdonnent autour de nous et nous rappellent qu’au-delà de cette guerre, que nous devons endurer, il y a encore un merveilleux printemps qui, après nous être battus, va encore nous réjouir.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;b&gt;[Christian Bordeching, lieutenant dans l’armée allemande, dans une lettre datée de Mai 1916. Christian Bordeching sera tué au front en Avril 1917]&lt;/b&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-4262358575194378236?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/4262358575194378236/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/louest-rien-de-nouveau-lewis-milestone.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4262358575194378236'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/4262358575194378236'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/louest-rien-de-nouveau-lewis-milestone.html' title='A l&apos;Ouest Rien de Nouveau (Lewis Milestone)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SxG_ULuqOeI/AAAAAAAACqQ/mEzNImSbrJQ/s72-c/ALL_QUITE_ON_THE_WESTERN_FRONT-11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2761542784964487034</id><published>2009-11-15T21:00:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:21:37.008-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 2000'/><title type='text'>Les Harmonies Werckmeister (Bela Tarr)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Il faut voir les films de Bela Tarr, ai-je lu quelque part. Et je suis bien d’accord, les films du réalisateur hongrois, complexes, offrant de très belles occasions pour faire fonctionner ce merveilleux outil dont nous sommes tous dotés qu’est le cerveau, occasions qui ne nous sont données, bien sûr, que lorsqu’on entreprend ces derniers totalement vierge du savoir des autres.&lt;br /&gt;Il faut voir les films de Bela Tarr, disait donc quelqu'un quelque part, mais faut-il pour autant écrire dessus, quand, comme moi, on ne les aborde que de manière totalement intuitive? C’est qu’à tout ignorer de ce qui a été dit et écrit sur eux par la presse spécialiste, on pourrait, en rédigeant des billets qui ne seraient que le produit d’une réflexion strictement personnelle, nettement amoindrir, voire mal interpréter, l’œuvre du génial cinéaste. Ce qui, avouons-le, serait fort regrettable puisqu’en agissant ainsi on ne la servirait pas. Mais en même temps, ne la desservirait-on pas aussi, si, pour éviter la honte d’un billet « léger », vanité quand tu nous tiens!, on se taisait, l’artiste, quel qu'il  soit, ayant, il me semble, toujours besoin d’échos, d’échos favorables ou non, pour pouvoir poursuivre sa route?&lt;br /&gt;Et puis, pour oser ce billet, que j’ai finalement commis, il y avait encore la phrase de Dostoïevski qui disait qu’il valait mieux entendre une bêtise originale qu’une vérité mille fois dites et bien sûr, la très forte envie de laisser une trace, sur ce blog, d’un fabuleux film que j’avais vu entièrement entouré des bras de ma belle.&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;Auprès de ma Belle&lt;br /&gt;Qu'il fait bon, fait bon, fait bon,&lt;br /&gt;Auprès de ma Belle&lt;br /&gt;Qu'il fait bon dormir.&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404815077361307474" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SwHCrUrLz1I/AAAAAAAACpY/Xo9RR3jX2Zs/s400/werckmeister+harmonies+1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 214px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Disons-le de suite, ce billet sera plus court qu‘à l‘accoutumée. Et pour cause, j’ai dû laisser de côté le Bela Tarr théoricien de son art, car nul doute qu’ici, dans ces Harmonies Werckmeister qu’il tournait en l’an 2000, il l’a bel et bien été puisque ce film, dont l’action est déjà insituable, et cela même si les paysages désolés et détrempés de pluie dans lesquels elle se déroule évoquent plus l’Europe de l’Est que celle de l‘Ouest - mais les évoquent-ils vraiment, où ne sont-ils qu’un décor pour renforcer la tonalité mélancolique et désespérée du film? - semble gérer le temps d‘une manière qui lui est propre, à vrai dire comme s’il n’était pas celui que l’on perçoit généralement dans une salle de cinéma, les scènes qui le composent, en plus de ne pas avoir de franche continuité entre elles, semblant parfois trainer en longueur, au point du reste de provoquer un malaise tant elles s’attardent, tant elles insistent à montrer des actes que le spectateur aura depuis longtemps assimilés achevés - je pense notamment à l’interminable passage de la remorque qui contient la baleine morte, comme je pense encore à la non moins interminable ballade que János et Eszter vont entreprendre afin de sauver leur ville de la barbarie.&lt;br /&gt;Cela dit, je me moque un peu de cette théorie sur le temps employé au cinéma, toute innovante et séduisante soit-elle, car mon temps à moi ne se mesure qu’à celui qui me reste à vivre. Et puis, mon goût à moi, ma préférence à moi, comme dirait le chanteur, va aux gens ou plutôt à ce qu’ils véhiculent. Et j’avoue qu’avec János Valushka, le principal personnage de ces Harmonies Werckmeister, j’ai été amplement servi.&lt;br /&gt;C’est que ce type m’a plu de suite. Car il est l’homme fondamentalement  bon, comme pouvait l’être le prince Mychkine de ce bon vieux Fédor. Du reste, c’est cette même infinie bonté, un peu naïve et totalement désintéressée, qui pousse ce héros qui n’en pas vraiment un à faire exécuter par une bande d’ivrognes une scène qui, si elle peut leur paraitre totalement ridicule à leur faire singer l’univers, la rotation de la terre autour du soleil et la rotation de la lune autour de la terre, va néanmoins leur faire comprendre qu’ils sont eux aussi, malgré leur marginalité, partie intégrante et harmonieuse de l’univers, partie harmonieuse de l’univers en effet car sous les couches de crasse apparaissent alors des visages illuminés de belle humanité, et que leur chaos personnel, fruit du chaos universel ou de la malchance, n’est que passager, comme peut l’être une éclipse de soleil, János, le bon, n’ayant pas oublié d’inclure dans sa pantomime le phénomène  longtemps redouté à tort.&lt;br /&gt;Comme c’est la même bonté innée et sans calcul qui va inciter ce gentil homme à prendre soin d’Eszter bien que ce musicologue réputé ne mériterait  pas tant d’attentions de sa part à tenter de prouver depuis son piano que l’harmonie n’appartient qu’à Dieu et à Lui seul, l’harmonie, dont la musique est faite, n’étant atteinte que grâce un tour de passe-passe mathématique inventé au 17ème siècle par le théoricien Andreas Werckmeister. Au passage, je dirais bien de cette séquence, qui nie toute essence divine à la musique, qui renvoie l’homme à encore un peu plus de solitude et de disharmonie, la passerelle céleste n’étant que le produit d’une cervelle futée, qu’elle répond de façon négative à une scène que l’on trouve dans un film d’Andrei Tarkovski : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« La musique, elle, qui procède le moins du réel, touche au fin fond de l’âme. Qui a fait qu’il en soit ainsi? »&lt;/span&gt; disait en effet son Stalker, son « qui » évoquant Dieu.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404815128158952050" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SwHCuR6SWnI/AAAAAAAACpg/CMEJf7PaeEg/s400/werckmeister+harmonies+2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 215px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Cela dit, si János Valushka me plait bien avec sa bonté naturelle et la foi qui l’habite, car nul doute que celui-ci croit fermement en Dieu - n’est-il pas en effet le seul habitant de cette ville qui ait eu le courage d’affronter cette baleine géante que l’on a exposée sur la grand place, sa foi le protégeant de la mort, de cette mort qu’elle est avant tout? De plus, à connaître ce repos de l’âme que d’autres iront chercher dans la destruction, la ruine pouvant elle aussi l’offrir dans la mesure où, toutes choses étant détruites, il n’y a plus rien à faire ni à penser, pour se rendre compte, en définitive, qu’ils auront tout entrepris en vain, la peur du néant de la mort, soit exactement ce qu’ils voulaient fuir, les rattrapant, le spectacle donné par un vieil homme décharné debout dans une baignoire à évoquer la mort prochaine et inéluctable, la leur rappelant, n’est-il pas aussi ici le seul qui puisse dire au petit prince, à ce petit prince qu’on ne verra certes jamais mais dont on peut quand même dire qu’à prôner l’anéantissement il relève des ténèbres, qu’il est celui qui sait puisque, miracle de la foi, pour lui la mort n’est pas la fin de tout? - c’est également parce que cette bonté qu’il donne sans compter agit sur lui comme un véritable piège.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404815182140873106" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SwHCxbAlGZI/AAAAAAAACpo/MY7zcz_j11Y/s400/werckmeister+harmonies+3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 213px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Du reste, à assister son prochain, sa compassion l’y incitant, et à constater  l’ampleur du mal qui régit ce monde foncièrement méchant, chaque geste de sollicitude qu’il commet l’y contraignant et pour cause la charité ne se donne qu’en se frottant au malheur, János, comme le prince Mychkine, deviendra fou. Certes, sa folie remettra Eszter sur la voie de l’amour et de l’harmonie avec autrui puisqu’il décidera de le  protéger, de le protéger comme un père le ferait pour un fils malade, mais bon sang, comme il en prend un coup, ici, l’homme faible défendu par ce cher Andrei Tarkovski, puisque János, parangon d’homme faible à n’être que bonté et candeur, plie plie plie pour finir par se rompre lui aussi.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-2761542784964487034?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/2761542784964487034/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/les-harmonies-werckmeister-bela-tarr.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2761542784964487034'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/2761542784964487034'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/les-harmonies-werckmeister-bela-tarr.html' title='Les Harmonies Werckmeister (Bela Tarr)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SwHCrUrLz1I/AAAAAAAACpY/Xo9RR3jX2Zs/s72-c/werckmeister+harmonies+1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-5363381671745041706</id><published>2009-11-11T20:18:00.000-08:00</published><updated>2011-09-18T09:13:38.655-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1940'/><title type='text'>The Shanghai Gesture (Josef von Sternberg)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Josef von Sternberg exploite dans The Shanghai Gesture, à travers le personnage de Poppy qu'incarne une Gene Tierney alors débutante, si débutante du reste qu’on peut largement lui pardonner de parfois surjouer le rôle qu’on lui a attribué, un thème qu'il avait déjà abordé dans l'Ange Bleu : la déchéance humaine.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5403067086927472498" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvuM443qp3I/AAAAAAAACoQ/lREZjH-1fhg/s400/sg2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 263px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Mais plutôt que de s'intéresser à la longue et douloureuse chute de cette jeune femme, sa destinée tragique rappelant un peu trop celle du héros de l’Ange Bleu - et pour cause, tout comme Emmanuel Rath, la belle Poppy tombe  après avoir assidument fréquenté un lieu de plaisirs, un lieu idéal pour démontrer le sempiternel triomphe du corps sur la tête, et, tout comme lui, elle incite, à posséder la même parfaite éducation, à penser que si celle-ci peut barrer le vice dans la mesure où elle élève l‘individu, le peaufine, le désanimalise, elle peut également, dans le cas où elle est donnée trop sévèrement, en être l'un des plus vigoureux moteurs - Poppy y fera du reste allusion, lorsqu’émerveillée par l’ambiance qui règne dans ce casino, qu’elle vient tout juste de découvrir grâce à un ami, elle dira de cet endroit &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« qu’il y plane l’esprit du mal, qu'il est comme une réminiscence de rêves oubliés. » &lt;/span&gt;Certes, ses mots restent vagues, mais comment ne pas y déceler son goût inné pour la chose interdite et qu'à le brider ses dix longues années d’éducation rigide, combinées à l’autorité d’un père qui l'aime en la surprotégeant, n'ont fait que rendre ce goût plus violent? - il vaut mieux focaliser son attention sur Mother Gin Sling, la redoutable propriétaire du casino. C'est que cette femme, aux allures de gorgone, réduit encore un peu plus l'intérêt que l'on peut porter à Poppy à faire d'elle un simple instrument pour une vengeance, celle qu'elle envisage contre son père Sir Guy Charteris, à la fois pour le punir de promesses de mariage non tenues et d'un vol qui lui a fait connaitre la honte de ces cages à filles que l’on suspendait par-dessus la foule des marins pour les vendre au plus offrant. &lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5403067010244366802" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvuM0bM_UdI/AAAAAAAACoI/xS0r6UatvZs/s400/sg1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 263px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5403067349737225570" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvuNIL6ZPWI/AAAAAAAACog/8AYpntbQiOE/s400/sg5.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 263px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Lors d’un premier visionnage de l’excellent film de Josef von Sternberg, j’avais lu dans cette terrible histoire de vengeance une sévère dénonciation du pouvoir, Mother Gin Sling - qui le possédait assurément et même doublement à d'une part, régner dans son casino à la manière des despotes, et d'autre, à résister aux attaques du Grand Business, lequel, soit dit en passant, était ici largement dénoncé puisque Sir Guy, qui le personnifiait, rasait des quartiers entiers de Shanghai non dans le souci d'assainir cette ville mais dans seul le but de faire prospérer sa sociét immobilière - le renvoyant à une méchante illusion, pour ne pas dire à la phrase du poète qui disait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Qui veut tout pouvoir ne doit pas tout oser »&lt;/span&gt; puisque sa revanche, entièrement commise sur l’idée que rien ni personne ne pouvait lui résister, allait finalement se retourner contre elle, Poppy, cette Poppy dont elle avait supervisé avec délectation la ruine puis la destruction, se révélant être sa fille. Du reste, à éliminer cette jeune femme qui allait l’injurier, incapable d’admettre la parenté, Mother Gin Sling semblait confirmer la chose puisqu'avec ce meurtre elle perdait tout, et la face et le casino et bien sûr le pouvoir qui allait avec.&lt;br /&gt;Et puis il y a eu ce mardi soir, où, pour me remettre d’un œuf du serpent totalement indigestible, pondu qu’il fut par un Bergman dont je dirais bien quelle mouche l’avait piqué pour être sur ce film si peu bergmanien, j’ai revisité The Shanghai Gesture. J'en suis revenu avec quelques mots de prince Omar, des mots qui disent : &lt;i&gt;« Je suis moi-même le ciel et l’enfer. »&lt;/i&gt;, des mots de pouvoir et de libre-arbitre qui, rapportés à Sir Guy Charteris ou Mother Gin Sling, disent tout bonnement qu'ils avaient eux-mêmes provoqué leur chute, que pour elle ils n'avaient eu besoin de personne. Qui sème le vent récolte la tempête, effectivement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5403067286919116610" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvuNEh5Y90I/AAAAAAAACoY/5FjrjXL0FaM/s400/sg3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 263px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-5363381671745041706?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/5363381671745041706/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/shanghai-gesture-josef-von-sternberg.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5363381671745041706'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/5363381671745041706'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/shanghai-gesture-josef-von-sternberg.html' title='The Shanghai Gesture (Josef von Sternberg)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvuM443qp3I/AAAAAAAACoQ/lREZjH-1fhg/s72-c/sg2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3292108323597403837</id><published>2009-11-03T14:44:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:30:44.095-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='[Mes Poètes]'/><title type='text'>[Mes Poètes] A travers les Étés - Alain-Fournier</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: center;"&gt;Attendue,&lt;br /&gt;A travers les étés qui s'ennuient dans les cours&lt;br /&gt;en silence&lt;br /&gt;et qui pleurent d'ennui,&lt;br /&gt;Sous le soleil ancien de mes après-midi&lt;br /&gt;lourds de silence&lt;br /&gt;solitaires et rêveurs d'amour&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;d'amours sous des glycines, à l'ombre, dans la cour&lt;br /&gt;de quelque maison calme et perdue sous les branches,&lt;br /&gt;A travers mes lointains, mes enfantins étés,&lt;br /&gt;ceux qui rêvaient d'amour&lt;br /&gt;et qui pleuraient d'enfance,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous êtes venue,&lt;br /&gt;une après-midi chaude dans les avenues,&lt;br /&gt;sous une ombrelle blanche,&lt;br /&gt;avec un air étonné, sérieux,&lt;br /&gt;un peu&lt;br /&gt;penché comme mon enfance.&lt;br /&gt;Vous êtes venue sous une ombrelle blanche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec toute la surprise&lt;br /&gt;inespérée d'être venue et d'être blonde,&lt;br /&gt;de vous être soudain&lt;br /&gt;mise&lt;br /&gt;sur mon chemin,&lt;br /&gt;et soudain, d'apporter la fraîcheur de vos mains&lt;br /&gt;avec, dans vos cheveux, tous les étés du Monde.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5400021658058794082" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvC7FmQCpGI/AAAAAAAACnw/R571ecMwSfc/s400/monet+la+femme+%C3%A0+l+ombrelle.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 285px; margin: 35px auto; text-align: center; width: 188px;" /&gt;Vous êtes venue :&lt;br /&gt;Tout mon rêve au soleil&lt;br /&gt;n'aurait jamais osé vous espérer si belle.&lt;br /&gt;Et pourtant, tout de suite, je vous ai reconnue.&lt;br /&gt;Tout de suite, près de vous, fière et très demoiselle&lt;br /&gt;et une vieille dame gaie à votre bras,&lt;br /&gt;il m'a semblé que vous me conduisiez, à pas&lt;br /&gt;lents, un peu, n'est-ce pas, un peu sous votre ombrelle,&lt;br /&gt;à la maison d'Été, à mon rêve d'enfant,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;à quelque maison calme, avec des nids aux toits,&lt;br /&gt;et l'ombre des glycines, dans la cour, sur le pas&lt;br /&gt;de la porte - Quelque maison à deux tourelles&lt;br /&gt;avec, peut-être, un nom comme les livres de prix&lt;br /&gt;qu'on lisait en juillet, quand on était petit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dites, vous m'emmeniez passer l'après-midi&lt;br /&gt;Oh! qui sait où!... à "La Maison des Tourelles"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous entriez, là-bas,&lt;br /&gt;dans tout le piaillement des oiseaux sur le toit,&lt;br /&gt;dans l'ombre de la grille qui se ferme. - Cela&lt;br /&gt;fait s'effeuiller, du mur et des rosiers grimpants,&lt;br /&gt;les pétales légers, embaumés et brûlants,&lt;br /&gt;couleur de neige et couleur d'or, couleur de feu,&lt;br /&gt;sur les fleurs des parterres et sur le vert des bancs&lt;br /&gt;et dans l'allée comme un chemin de Fête-Dieu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais entrer, nous allons suivre, tous les deux&lt;br /&gt;avec la vieille dame, l'allée où, doucement,&lt;br /&gt;votre robe, ce soir, en la reconduisant,&lt;br /&gt;balaiera des parfums couleur de vos cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis recevoir, tous deux,&lt;br /&gt;dans l'ombre du salon,&lt;br /&gt;des visites où nous dirons&lt;br /&gt;de jolis riens cérémonieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou bien lire avec vous, auprès du pigeonnier,&lt;br /&gt;sur un banc de jardin, et toute la soirée,&lt;br /&gt;aux roucoulements longs des colombes pleureuses&lt;br /&gt;et cachées  qui s'effarent de la page tournée,&lt;br /&gt;lire, avec vous, à l'ombre sous le marronnier,&lt;br /&gt;un roman d'autrefois, ou "Clara d'Ellébeuse"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et rester là, jusqu'au dîner, jusqu'à la nuit,&lt;br /&gt;à l'heure où l'on entend tirer de l'eau au puits&lt;br /&gt;et jouer les enfants rieurs dans les sentes fraîchies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Là ... qu'auprès de vous, oh ma lointaine,&lt;br /&gt;je m'en allais,&lt;br /&gt;et vous n'alliez,&lt;br /&gt;avec mon rêve sur vos pas,&lt;br /&gt;qu'à mon rêve, là-bas,&lt;br /&gt;à ce château dont vous étiez, douce et hautaine,&lt;br /&gt;la châtelaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est Là - que nous allions, tous les deux, n'est-ce pas,&lt;br /&gt;ce Dimanche, à Paris, dans l'avenue lointaine,&lt;br /&gt;qui s'était faite alors, pour plaire à notre rêve,&lt;br /&gt;plus silencieuse, et plus lointaine et solitaire...&lt;br /&gt;Puis, sur les quais déserts des berges de la Seine...&lt;br /&gt;Et puis, après, plus près de vous, sur le bateau,&lt;br /&gt;qui faisait un bruit calme de machine et d'eau...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;-*-&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il manque quelque chose à tout ce que je fais, pour être sérieux, évident, indiscutable. Mais aussi le plan sur lequel je circule n'est pas tout à fait le même que le vôtre; il me permet peut-être de passer là où vous voyez un abîme : il n'y a peut-être pas pour moi la même discontinuité que pour vous entre ce monde et l'autre. [Alain-Fournier]&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3292108323597403837?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3292108323597403837/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/mes-poetes-travers-les-etes-alain.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3292108323597403837'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3292108323597403837'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/mes-poetes-travers-les-etes-alain.html' title='[Mes Poètes] A travers les Étés - Alain-Fournier'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SvC7FmQCpGI/AAAAAAAACnw/R571ecMwSfc/s72-c/monet+la+femme+%C3%A0+l+ombrelle.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7887816028511037478</id><published>2009-11-01T12:11:00.000-08:00</published><updated>2011-03-06T13:31:09.370-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1930'/><title type='text'>Une Riche Affaire (Norman Z. McLeod)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Pour avoir osé pousser la chansonnette dans ce camping, lequel, à se trouver sur la route qui le menait à son rêve le plus fou, cette orangerie californienne qu’il s’était achetée en bradant l’épicerie-quincaillerie familiale afin de débarrasser, une fois pour toutes, de son odieuse clientèle, allait l’héberger, lui et sa petite famille, Harold Bissonette, Harold Bissonette dont l'évocation du seul nom prêterait à rire, raison pour laquelle, sûrement, il ordonnait aux gens de le prononcer Bis-on-ay, recevrait sur le sommet de son crâne une cafetière que lui lancerait Amelia son épouse, cette dernière ayant fait le triple effort de ramasser l‘ustensile de cuisine, d’ajuster sa cible et de tirer, agacée qu’elle était de l’entendre produire musique si gaie alors qu’elle était triste, triste d’avoir vu son transat brûlé par cet idiot de mari qui, incapable de le monter, l’avait jeté au feu mais bien plus triste encore d’avoir dû laisser derrière elle le New Jersey, sa boutique et ses ambitions de femme du monde, ce bric-à-brac où l’on pouvait tout aussi bien se fournir en kumquats qu’en ampoules électriques lui autorisant cette idée fixe de grandeur car, pour elle, il était clair que si son mari avait su s’y prendre avec l’odieuse clientèle qui fréquentait sa boutique, alors elle serait déjà tout là-haut, au sommet de l’échelle sociale. Comme cette scène, qui se situe à peu près à la moitié du film de Norman Z. McLeod, est interprétée par une Kathleen Howard et un WC Fields qui jouent dans la plus pure tradition burlesque, j’imagine qu’elle avait dû, en 1934, lors de la sortie du film, en faire sourire plus d’un. Seulement voilà, dans cette séquence, y-a-t-il vraiment matière à rire? &lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399230794313603362" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Su3rzRNpmSI/AAAAAAAACng/4QxeQ6il3Ho/s400/DVD-2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 262px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;C’est que, sous le couvert d’un gag style tarte à la crème, le réalisateur, ou plutôt WC Fields, car nul doute qu’ici c’est lui qui tire les ficelles, dénonce ni plus ni moins que le bien-fondé du mariage et même la pertinence du couple, cette violence que commet Amelia sur Harold n’étant, somme toute, que l’expression la plus manifeste de leurs dissensions permanentes, l’une étant  depuis toujours attirée par le train de vie confortable de la haute bourgeoisie quand l’autre n’avait fait que rêver au paradis sucré d’une bohème loin de toute civilité, et, bien sûr, ce qui vaut pour ce ménage qui se sera finalement uni en dépit du bon sens, chacun tirant la couverture à soi, le vaut également pour des unions qui n’ont rien de fictionnel celles-là, les profonds désaccords  d‘Amelia et d‘Harold étant suffisamment crédibles et élastiques pour qu'ils puissent aisément traverser l'écran.&lt;br /&gt;Soit dit en passant, lors de la scène finale, WC Fields allait de nouveau s’en prendre à l’institution du mariage, à l’époque, en Amérique, hautement intouchable, puisque le rabibochage du couple, le seul moment tendre du film, ne se ferait que par hasard et sur l‘argent, un duo d’hommes d’affaires, à racheter à prix d’or cette orangerie, qu’ils avaient découverte ruinée et du coup inexploitable, afin d’y construire une station-service, le leur permettant. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je t’aime »&lt;/span&gt;  avait alors dit Amelia à Harold, mais puisque ces deux mots d’amour, les plus beaux  mots qui soient au monde, étaient liés à une limousine avec chauffeur, peut-être celle-ci aurait-elle dû se contenter de dire juste merci à celui qui, à âprement marchander son carré de terrain desséché, s’était montré plus brigand que les deux gredins venus le voir.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399230700610817778" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Su3rt0JKjvI/AAAAAAAACnQ/f4QCC7pEBD4/s400/DVD-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 262px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Du reste, dans cette Riche Affaire, on ne rit jamais franchement ou autrement qu‘avec l‘impression de le faire à ses dépens puisque tout, absolument tout, fonctionne selon ce principe, une pitrerie de clown, à la lecture immédiate et drolatique, cachant toujours une vérité pas bonne à dire. Ainsi, un gag, du genre de ceux qui prennent toute la place car éminemment drôle, éminemment dôle en effet puisqu’on y voit Harold, que sa fille Mildred vient de chasser de l’armoire à glace devant laquelle il se rase, poursuivre ce brin de toilette matinal en se servant d’un tout petit miroir, lequel, à tournoyer, suspendu qu’il est au lustre de sa salle de bains, va l’obliger à prendre des poses toutes plus improbables les unes que les autres, couvre la peu enviable réalité du père qui n’est pas maître chez lui, et de là, car comment y échapper tant WC Fields semble vouloir nous y amener, à la bêtise que commet l’homme à fonder un foyer, l’enfant, irrespectueux et ingrat, comme l’est ici Mildred et comme le sera aussi Norman, le fils n‘ayant rien à envier à son ainée, étant considéré, au même titre que l‘épouse, comme un vrai frein à sa liberté et à son avenir.&lt;br /&gt;De même, ce sera sous le couvert de numéros comiques tout aussi vastes et drôles et lisibles que le précédent - jolis trains pouvant en cacher d’autres plus sournois - que l’humoriste va dénoncer l‘attitude du client-roi, Mister Muckle le symbolisant à être aveugle et sourd, et à casser, dans la boutique d’Harold, tout ce qui se trouve à la portée de sa canne sans même penser à le dédommager, puis le comportement peu citoyen de ses contemporains, ce bon vieux Harold massacrant, avec l’aide de sa petite famille, un joli coin de nature privé, puis, le monde de la fortune et du luxe puisque l’argent qu’il possède, à ne plus savoir qu‘en faire, bien loin de lui offrir de la liberté comme on pourrait le penser, l’oblige à s’isoler, à poser grilles et barrières autour de ses somptueuses propriétés afin d’empêcher des sagouins, comme Harold, d’y pénétrer, et enfin le petit monde bien ordinaire des gens ordinaires car si effectivement on plaint et on rit beaucoup à la vue de cet Harold que le bruit ambiant empêche de dormir, au point du reste de vouloir rester accroché à ces deux émotions, on finit quand même par s’apercevoir que ledit Harold est en train de nous dire que les choses iraient bien mieux pour lui si les livreurs de lait ne grimpaient pas les escaliers, un tintement de bouteilles suivi d’un claquement de godasses, si ses voisines avaient le bon gout d’échanger à voix basse, si les vendeurs de polices d’assurance ne tentaient pas de joindre à des heures indues des clients seulement connus d‘eux, si des gamins n’avaient pas une propension naturelle à jouer bruyamment et dangereusement et si, cerise sur le gâteau, les gens avaient suffisamment de jugeote pour comprendre qu’une noix de coco posé sur le rebord d’une fenêtre, ça peut tomber au moindre coup de vent et faire ainsi énormément de bruit, surtout quand, comme ici, le rebord de la fenêtre se situe au troisième étage et face à un escalier entièrement construit en bois.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5399230752464216994" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Su3rw1T-o6I/AAAAAAAACnY/5rs-KLtK4ec/s400/DVD-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 262px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Alors, bien sûr, je conçois qu’un tel humour qui avance masqué, tel un iceberg, la pitrerie de clown en formant la partie visible et inoffensive, et la vérité pas bonne à dire, la partie immergée plus traitre, peut largement déplaire et cela d’autant plus que ce manque de frontalité est piquée d’une forte misanthropie. Cela dit, même si je ne considère pas que le monde n’est qu’un vaste bal de casse-pieds et qu’il  faille  boire outre mesure pour pouvoir l'oublier - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Si je bois c'est pour rendre les autres intéressants, disait WC Fields &lt;/span&gt;-  je n’aurais pas de mal à m’inviter à la table d‘Harold, parce que, somme toute, ce qu’il défend ici, le bougre, c’est la liberté - à cette table où il fera  savoir encore qu’il préfère la compagnie d’un chien à celle des hommes, sans oublier toutefois de lui faire comprendre qu'il le déteste aussi puisque cette moitié d’orange qu'il va lui tendre, à être immangeable par lui, lui fera payer à la fois son extrême fidélité à l’homme et son goût pour la laisse. Cela tombe bien, puisque je préfère le chat au chien et ne me mets à genoux que devant Celle que j‘aime.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7887816028511037478?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7887816028511037478/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/une-riche-affaire-norman-z-mcleod.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7887816028511037478'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7887816028511037478'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/11/une-riche-affaire-norman-z-mcleod.html' title='Une Riche Affaire (Norman Z. McLeod)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Su3rzRNpmSI/AAAAAAAACng/4QxeQ6il3Ho/s72-c/DVD-2.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-7252787266453611769</id><published>2009-10-18T18:08:00.001-07:00</published><updated>2011-03-06T13:31:19.917-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>Cadavres Exquis (Francesco Rosi)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;A ce jour, Cadavres Exquis, contrairement à certains nanars hollywoodiens, productions si pauvres du reste que Woody Allen avait bien raison de dire des grands studios américains qu’ils n’étaient qu’une usine où l'on fabriquait dix-sept films sur une idée qui ne valait même pas un court métrage, ne bénéficie toujours pas d‘une réédition DVD. Disons-le de suite, c’est franchement regrettable car le film de Francesco Rosi, ça n’est pas qu’un excellent film, c’est aussi un fichu un chef-d’œuvre.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394112029446907602" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8T8HYJtI/AAAAAAAACnI/scxyafLSUq0/s400/vlcsnap-2009-10-19-03h01m23s75.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 197px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Un fichu chef-d’œuvre en effet et ne serait-ce déjà que pour les qualités de réalisme et de précision, d’engagement et de courage - de courage vraiment car il n’y a ici pas le moindre rond jambe - qu’on y trouve, toutes qualités  auxquelles son auteur a eu recours afin de démonter, un par un, tous les rouages d’un vaste complot politique, un par un avec réalisme en effet, puisque les meurtres des juges Varga, Sanza et Rasto, tous trois œuvres d’un pharmacien revanchard car injustement condamné par eux, vont être récupérés, comme cela pourrait se passer dans la vraie vie, par une petite bande de comploteurs, ici, représentée par un lobby militaro-policier avide de pouvoir, pour être utilisés dans les buts, bien sûr, de déstabiliser le gouvernement en place, jugé par eux bien trop laxiste, et de rallier l’opinion publique à leur cause : créer de l’insécurité étant, comme chacun sait, assez idéal pour cela. Du reste, pour eux, que le vent libertaire et gauchisant des années soixante-dix affole véritablement, parvenir à instaurer un tel climat ce n'est même plus une volonté de pouvoir mais une question de survie.&lt;br /&gt;De même, le réalisateur italien, qui, soit dit en passant, aura eu la très bonne idée de ne pas attribuer l’atmosphère de sédition, de mensonges et de corruption dans lequel baigne l’ensemble de son film à un pays particulier, son Italie n’est en effet pas l’Italie mais une contrée dont on dirait bien qu’elle est juste méditerranéenne, peut-être même n’a-t-elle pas de frontières du tout tant les noms des divers protagonistes qu’on y rencontre ont des consonances internationales, va filmer la longue et difficile enquête de l’inspecteur Rogas, longue et difficile enquête en effet car supervisée par un chef de la police particulièrement retors et directif et pour cause, il est, avec quelques généraux, l’un des initiateurs du coup d’état qui se prépare dans l‘ombre, puis l’assassinat de cet inspecteur avec la même rigueur et avec le même souci de coller au plus près de la vérité, puisque ce crime, qui va intervenir après que celui-ci ait découvert les identités des principaux conspirateurs, sera non seulement devenu une nécessité, comme il en aurait été dans la vraie vie, mais s’accompagnera également d’une mise en scène qui semble n’avoir eu pour source d’inspiration que la triste réalité de notre monde, Rogas, le meilleur policier de son pays, qu’interprète un Lino Ventura ici franchement remarquable, ayant, pour ce dernier acte, exécuté, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« un geste de folie patriotique »&lt;/span&gt; totalement incompatible avec le caractère bien trempé et rigoureux de sa personne, le chef du Parti communiste, soit, ici, pour le peuple le garant du contrepouvoir et pour les comploteurs le grand empêcheur de tourner en rond, déclenchant ainsi, au passage, une vaste campagne médiatique de désinformation dont on dirait bien, d’elle aussi, qu’elle n’a rien de purement cinématographique.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394111898485886562" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8MUP1jmI/AAAAAAAACm4/1gsLwWswe0I/s400/vlcsnap-2009-10-19-02h56m29s183.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 197px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;a href="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8HJIWm_I/AAAAAAAACmw/TwHvBBAp2Cs/s1600-h/vlcsnap-2009-10-19-02h56m13s19.jpg" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394111809602362354" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8HJIWm_I/AAAAAAAACmw/TwHvBBAp2Cs/s400/vlcsnap-2009-10-19-02h56m13s19.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 197px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;span style="color: #cccccc; font-style: italic;"&gt;[Que disent les momies des Catacombes au Juge Varga? Les petits secrets des vivants comme le veut la légende ou bien, à aimer le pouvoir et à pratiquer la haine et la discorde, qu'il fait déjà partie du monde des morts?]&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Chef-d’œuvre donc pour toutes ces qualités-là, disais-je, mais aussi parce que Francesco Rosi, qui produisait Cadavres Exquis en 1976, n’y a pas fait que démonter, pièce par pièce, la terrible machinerie qu’il faut mettre en place pour réussir un coup d’état mais y a aussi ajouté, du moins me semble-t-il, une vision du fonctionnement de nos sociétés et des rapports humains particulièrement séduisante à évoquer le célèbre jeu du cadavre exquis inventé par les surréalistes du début du siècle, un jeu qui consistait «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; à faire composer une phrase, ou un dessin, par plusieurs personnes sans qu'aucune d'elles puisse tenir compte des collaborations précédentes. »&lt;/span&gt;, sa finalité en moins, bien sûr, puisque si à son commencement on y jouait principalement pour se divertir, ici, dans le film de Francesco Rosi, il ne sert qu’à dénoncer le comportement individualiste des hommes et de l’inévitable chaos qui en résulte, leurs actions, toutes entreprises égoïstement et toutes incohérentes entre elles, le créant forcément, comme les surréalistes du reste devaient en produire à la pelle à rebondir chacun son tour sur des bouts de phrases ou de dessins qui leur étaient cachés.&lt;br /&gt;Dans le film de Francesco Rosi, ces balles lancées isolément, ces suites d’actes commis sans la moindre continuité entre eux, et pour cause ils sont le plus souvent commis dans l’esprit du tout ramené à soi, semblent d’ailleurs suffisamment nombreuses pour qu’on puisse tenter ce rapprochement. Parmi les plus remarquables, on peut citer la vengeance un peu folle du pharmacien Crès puisque l’ensemble de ses crimes, qu’il aura commis isolément et égoïstement, auront finis par lui échapper. Comme on pourrait citer encore cette enquête que mène l’inspecteur Rogas et la trahison que va connaître le président de la Cour Suprême Riches, l’honnêteté que déploie le premier, à venir se heurter à la corruption de son supérieur hiérarchique, et les théories anti-voltairiennes du second, à ne pas empêcher son assassinat par les conspirateurs, lesquels les partagent pourtant, recréant le même monde d’antagonisme et de rupture. Enfin, que dire du ministre de l’intérieur et du leader du groupuscule révolutionnaire Z si ce n’est que ces deux là, à entretenir des faux rapports amicaux dans le but de&lt;span style="font-style: italic;"&gt; « mal gouverner »&lt;/span&gt; un jour ensemble, une éventualité à laquelle tous deux se préparent, nagent dans cet univers de divergences insolubles comme requins dans l’eau?&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5394111978437467026" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8Q-Fx25I/AAAAAAAACnA/gaPEBM5ql7I/s400/vlcsnap-2009-10-19-03h00m09s81.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 197px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Une guirlande de jasmin blanc tombant d’un mur de pierres ensoleillé. C’est-ce que verra le juge Varga avant de mourir. Heureux homme que celui qui n’a pas dû attendre que vienne son dernier souffle pour humer l’enivrant parfum de la fleur de bonté!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-7252787266453611769?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/7252787266453611769/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/10/cadavres-exquis-francesco-rosi.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7252787266453611769'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/7252787266453611769'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/10/cadavres-exquis-francesco-rosi.html' title='Cadavres Exquis (Francesco Rosi)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Stu8T8HYJtI/AAAAAAAACnI/scxyafLSUq0/s72-c/vlcsnap-2009-10-19-03h01m23s75.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-1824061135549441445</id><published>2009-09-19T20:22:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:55:14.026-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 2000'/><title type='text'>Plus Tard Tu Comprendras (Amos Gitai)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Comme ça. » &lt;/span&gt;Ce serait la réponse que Victor Bastien, l’un des deux personnages principaux de Plus Tard Tu Comprendras d‘Amos Gitai, recevrait de sa secrétaire, lorsqu’il lui demanderait si &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« le procès de Klaus Barbie, ça l’intéressait »,&lt;/span&gt; l’émission de radio qu’elle écoutait alors l’ayant incité à le faire, non pas parce que le témoignage de l’une des nombreuses victimes du chef de la gestapo lyonnaise qu’on y entendait le dérangeait dans son travail, mais bel et bien, parce qu’il le renvoyait à ses propres travaux sur la shoah, des travaux qui, soit dit en passant, n’étaient guère ceux d’un historien puisque cet énarque quadragénaire les menait afin de connaitre l’identité de cet individu qui, à dénoncer ses grands-parents maternels à la milice du gouvernement de Vichy, avait envoyé ces deux juifs originaires d’Odessa aux chambres à gaz d’Auschwitz.&lt;br /&gt;Mais ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« comme ça » &lt;/span&gt;que Victor Bastien entendrait, ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« comme ça »&lt;/span&gt; qui renvoyait le procès du boucher de Lyon et le crime qu’il commettait contre l‘humanité à la banalité d’un fait divers, qui, dans le film d’Amos Gitai, le prononce vraiment? Cette seule secrétaire? Ou bien un peu nous tous, nous  tous que la barbarie a épargnée, nous tous que la Shoah ne peut que moyennement émouvoir tant sa monstruosité est mentalement irreprésentable, tant le cinéma de fiction l’a rendue abstraite à romantiser et même à esthétiser son mal, tant nous sommes coupés des témoins directs et pour cause, avec le temps, ils disparaissent et il en faut du courage pour aller les entendre parler de ce qu’ils ont vu ou vécu par l’intermédiaire de ces documentaires qu’on a filmés sur eux - à mon sens la seule voie qui vaille - tant enfin la vie impose qu’on ne se retourne pas. &lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5383385476682686146" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SrWgkZKrHsI/AAAAAAAAClI/zGXSHmJ0kdM/s400/vlcsnap-2009-08-26-17h28m31s69.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 199px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5383385565461504978" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SrWgpj5MY9I/AAAAAAAAClQ/79-ji_QV-cM/s400/vlcsnap-2009-08-26-17h39m35s63.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 199px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Si l’on peut admettre que le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« comme ça » p&lt;/span&gt;rononcé par cette secrétaire dit ce que nous-mêmes pensons de la Shoah, quand nous y pensons - n'oublions pas la totale indifférence pour le génocide industriel du peuple juif de la jeune collègue de cette secrétaire - on se demande alors pourquoi Victor Bastien remuait ciel et terre, fouillait archives officielles et familiales, au point du reste de négliger sa propre famille, oubliant ici son épouse, oubliant là ses gamins dont il rembarrait les dizaines de demandes bien innocentes à grands coups d’ &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« on verra plus tard »,&lt;/span&gt; afin de retrouver la personne responsable de la mort de ses grands-parents maternels. Car, quand bien même cette quête aboutirait, cette quête qui usait tout le monde y compris lui-même, que pouvait-il en espérer? Sur un plan strictement personnel, peut-être tout certes, mais sur notre manière de percevoir la Shoah, pas grand-chose assurément. Et il aurait pu le savoir puisqu'on le lui avait dit par le biais du procès  Barbie et du moyen intérêt qu'on lui portait et ce criminel était d’un autre calibre que son médiocre délateur.&lt;br /&gt;De plus, à tenter de faire ressortir la vérité de ce tas de papiers qu’il avait longuement accumulés, Victor Bastien, qui n’avait pas pour lui la rigueur d’un historien, ne risquait-il pas de se tromper de coupable? La question se pose en effet, car ces documents, mêlant rapports officiels, tendres échanges épistolaires et clichés de jeunes mariés amoureusement annotés, s’ils étaient nombreux, ils n’en formaient pas moins un puzzle impossible à reconstituer, la vie de ses chers disparus étant aussi formée d’une somme d’actes quotidiens non consignés, de joies et de peines dont il ne restait rien à n’intéresser que ceux qui les éprouvaient et de souvenirs qui n’en étaient plus pour personne à mourir avec ceux qu’ils réchauffaient.&lt;br /&gt;Enfin, était-ce seulement pour Georges et Sipa Gornick que ce haut fonctionnaire œuvrait comme un forcené? C’est qu’à découvrir, lors de ses recherches, la judaïcité de sa mère et le comportement peu glorieux de son père pendant l’occupation, et peu glorieux il l’avait été puisque cet homme avait, d’une part, mis un zèle incroyable à prouver aux autorités allemandes l’authenticité de ses origines aryennes et d’autre, n’avait guère été tenté de soustraire son épouse Rivka au sordide port de l’étoile jaune, le catholique qu‘il était, comme le fils, qu’il était aussi, se heurtait au terrifiant qui suis-je de la crise identitaire.&lt;br /&gt;Certes, à tenter de recomposer le passé suite à ces révélations qui le déstructuraient, Victor Bastien n’était pas condamnable, car il en va des hommes comme des arbres, sans racines profondément ancrées ils ne sont rien, mais, dans le même temps, force est de constater que son entreprise perdait beaucoup de sa noblesse première puisqu’elle s’axait autant sur un douloureux problème personnel à résoudre que sur le devoir de mémoire, celui-là même qu’il s’était promis de mener conformément à l‘inscription gravée sur le fronton du mémorial de la Shoah, du moins peut-on le supposer puisqu’il n’est pas impossible d’établir un parallèle entre ces mots qui disent :&lt;span style="font-style: italic;"&gt; « Devant le Martyr Juif Inconnu incline ton respect ta piété pour tous les martyrs, chemine en pensée avec eux le long de leur voie douloureuse, elle te conduira au plus haut sommet de justice et de vérité »&lt;/span&gt; et son attitude devant le Mur aux 76000 noms, agenouillé qu’il était alors devant lui, le corps et l’âme ankylosés de respect, et ses doigts parcourant les noms de ses grands-parents maternels comme s’il espérait que ces sillons creusés dans la pierre lui diraient le chemin à suivre.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5383385627337115458" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SrWgtKZfR0I/AAAAAAAAClY/_Nm8aKZ2Fls/s400/vlcsnap-2009-08-26-17h45m25s176.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 199px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5383385424223929234" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SrWghVviA5I/AAAAAAAAClA/R4uoy5FB9rA/s400/vlcsnap-2009-08-26-17h25m53s12.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 199px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Pour Amos Gitai, nul doute donc que son héros se trompe et se trompe doublement puisque sa quête, sa très longue quête, est aussi vaine qu’orientée, une difficile crise identitaire à résoudre s’étant au fil du temps substituée à l’honnête devoir de mémoire à accomplir. Mais il y a ici, à mon sens du moins, quelque chose de bien plus important que cela, c’est cette ferme volonté de dire qu’on ne sert pas les martyrs comme les survivants d’Auschwitz en remuant sans cesse ce pourquoi ils ont été niés, ce que Victor Bastien fait assurément lorsqu’il questionne sa mère sur ce qu‘elle fut pendant la guerre, ce que ne fera jamais son épouse à ne s’intéresser qu’à ce qu’elle fut avant et après la guerre. Du reste, si Rivka ne confie rien de son douloureux passé à son fils, ce n’est pas tant la pudeur qui l’en empêche que le désir bien légitime d’être perçue pour ce qu’elle est réellement : son enfance russe, la mère qu’elle est et qu’elle restera jusqu’à son dernier souffle, son amour pour les belles choses et les infusions de Darjeeling prises à cinq heures entre amis. Comme il y a encore chez ce cinéaste une très forte envie de contracter l’Histoire du génocide à la leçon que l’on doit en tirer. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-1824061135549441445?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/1824061135549441445/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/09/plus-tard-tu-comprendras-amos-gitai.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1824061135549441445'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/1824061135549441445'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/09/plus-tard-tu-comprendras-amos-gitai.html' title='Plus Tard Tu Comprendras (Amos Gitai)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SrWgkZKrHsI/AAAAAAAAClI/zGXSHmJ0kdM/s72-c/vlcsnap-2009-08-26-17h28m31s69.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3825037705677613109</id><published>2009-08-17T14:16:00.001-07:00</published><updated>2011-03-06T13:33:37.430-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1970'/><title type='text'>[Clin d'oeil à] Manhattan (de Woody Allen)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5371045023144301698" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SonI_dUlVII/AAAAAAAACkI/Mc1WNnrrA6A/s400/m11.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 148px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 351px;" /&gt;Sacré Isaac, pour &lt;span style="font-style: italic;"&gt;courir les filles&lt;/span&gt;, qui, elles-mêmes &lt;span style="font-style: italic;"&gt;couraient plusieurs lièvres à la fois,&lt;/span&gt; la pratique étant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;chose courante&lt;/span&gt; à Manhattan, et pour cause, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;courir la calabre&lt;/span&gt;, contrairement à ce temps qui &lt;span style="font-style: italic;"&gt;court&lt;/span&gt; toujours trop vite, ça ne génère que de l‘angoisse au &lt;span style="font-style: italic;"&gt;souffle court&lt;/span&gt;, il avait incité Tracy, son bel amour à l’état pur, à s’en aller c&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ourir sa chance&lt;/span&gt; à Londres. Après avoir réalisé que dans la vie rien ne vaut plus que l’amour vrai, car il est de toutes les émotions celle qui est la plus forte, ce quadragénaire, qui, jusque là, n’avait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;couru que la prétentaine&lt;/span&gt;, allait pour la première fois de sa vie &lt;span style="font-style: italic;"&gt;courir&lt;/span&gt; vraiment. A le faire comme on &lt;span style="font-style: italic;"&gt;court un cent mètres&lt;/span&gt;, il parviendrait à devancer l’avion qui allait emporter sa belle. Certes, avant son départ, Isaac, le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;coureur de jupons&lt;/span&gt; qui &lt;span style="font-style: italic;"&gt;courait à sa perte&lt;/span&gt;, serait rassuré sur son avenir puisqu’il réussirait à renouer les fils de son union sacrée, mais avant de pouvoir à nouveau serrer dans ses bras celle qui, pour avoir été aimée, chassée puis re-aimée, aurait très bien pu lui dire : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Tu commences vraiment à me courir! »&lt;/span&gt;, il lui faudrait attendre six mois.&lt;br /&gt;Six mois, ce serait, pour elle, le temps d’un stage et pour lui, celui d’un châtiment mérité car longtemps il avait ignoré qu’en matière d’amour&lt;span style="font-style: italic;"&gt; mieux vaut tenir que courir&lt;/span&gt;...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3825037705677613109?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3825037705677613109/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/08/clin-doeil-manhattan-de-woody-allen.html#comment-form' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3825037705677613109'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3825037705677613109'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/08/clin-doeil-manhattan-de-woody-allen.html' title='[Clin d&apos;oeil à] Manhattan (de Woody Allen)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SonI_dUlVII/AAAAAAAACkI/Mc1WNnrrA6A/s72-c/m11.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>8</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-6425657704478872338</id><published>2009-08-11T13:27:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:33:55.726-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1950'/><title type='text'>Le Secret Magnifique (Douglas Sirk)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Quand, au tout début du Secret Magnifique, j’ai vu Bob Merrick, son héros,  faire l'andouille à bord de son hors-bord, et pour faire l’andouille il le faisait vraiment puisque l’engin ne lui servait qu’à lui faire peur, qu’à lui procurer des sensations que sa vie de milliardaire oisif ne lui permettait pas, celle-ci étant, somme toute, aussi plate que ce lac sur lequel il naviguait, je me suis dit : en voilà un qui ne va pas rigoler longtemps, Douglas Sirk ayant toujours puni ou recadré les poursuiveurs de chimères, quelles que soient leurs fausses étoiles d‘ailleurs, une couleur de peau, un nom en haut de l’affiche, un orgueil bafoué ou une réputation à sauvegarder.&lt;br /&gt;De plus, la vie que menait ce garçon &lt;span style="font-style: italic;"&gt; « aux poches bourrées de millions » &lt;/span&gt;cadrait bien mal avec la perception qu’en avait le cinéaste. Certes, ce Bob Merrick s’aimait bien, s’acceptait tel qu‘il était, était en cela bien différent de la Sarah Jane du Mirage de la Vie, mais à confondre plaisirs immédiats et bonheur à construire dans la durée, la mort précoce de son père l’y incitant sûrement, et surtout à ne pas aimer, la jolie blonde qui l’accompagnait ne lui servant qu’à flatter son orgueil et sa virilité, son chemin de vie ne me paraissait pas &lt;span style="font-style: italic;"&gt;sirkiennement &lt;/span&gt;valable. Pour le dire autrement, cet homme  semblait ignorer que la vie c’est fait d’un temps pour aimer et d’un temps pour mourir, titre, comme chacun sait, de l’un des meilleurs films du réalisateur, mais, à revenir tel un leitmotiv dans toute son œuvre, ce titre n’était-il pas plutôt un mot d’ordre?&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368805936641118226" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUjeGAkBI/AAAAAAAACjw/VChChLn4IDw/s400/smag4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 180px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368805779351992706" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUaUJW-YI/AAAAAAAACjY/p6FiGo8qtLQ/s400/smag1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 180px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Seulement voilà, si effectivement j’avais eu raison de penser que Bob Merrick finirait par cesser de rigoler, j’étais loin de m’imaginer qu’il changerait si vite de vie, la plupart des héros sirkiens n’abandonnant pas si facilement les monstres qui les hantent. Si vite en effet puisqu’il ne faudrait pas plus d’un quart d’heure à Bob Merrick pour passer d’un statut de playboy égocentrique et jouisseur à celui de saint homme. Certes, ces quinze toutes petites minutes ramenées à l’échelle d’une vie humaine représenteraient quand même quelques jours puisque, durant ce laps de temps, Bob Merrick aurait un accident de bateau, lequel, soit dit en passant, était prévisible car sur ce lac, qui était aussi plat que l’était sa vie, il allait toujours plus vite; serait ensuite soigné à l’Hôpital Brightwood; rencontrerait peu de temps après Helen Philips, laquelle, à lui révéler sa part de responsabilité dans la mort de son mari, le ferait s’évanouir et il aurait toutes les raisons de s’évanouir car, à priver ce cardiaque de son inhalateur du fait de son stupide accident de bateau qui avait exigé qu‘on le ranime, il avait envoyé cet homme ad patres, faisant ainsi une veuve et deux orphelines puisqu’en plus de Joyce qui perdait son père, l’humanité, par sa bêtise, voyait disparaitre l’un des ses meilleurs  bergers, l’homme étant à la fois habile chirurgien et généreux mécène, si généreux du reste qu’il frôlait la faillite personnelle; puis tenterait dans la foulée de se dédommager de son inconséquence en versant à l’Hôpital Brightwood un chèque de 25000 dollars, une somme qu’Helen, qui en était l’administratrice, refuserait avec l’énergie de la colère, car, pour elle, cet argent, donné dans le but de rembourser une dette, salissait l’idéal philanthropique de son époux ; enfin rencontrerait, après une nouvelle nuit de débauches, une nuit de débauches qui, cette fois, n’avait pas été la conséquence de son ennui mais le fruit de sa honte, Edward Randolph, un peintre qui avait trouvé sa voie grâce au docteur Philips, la bonté qui émanait de cet homme, contagieuse comme un rhume mais lumineuse comme le divin néon qui ceint la tête de tout ange, l’ayant convaincu à actionner &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« son propre petit bouton intérieur »&lt;/span&gt;, concrètement, cela voulait dire se mettre entièrement au service de tout le monde et offrir cette aide le plus discrètement possible, le don ne devant profiter qu’à celui qui le reçoit, et, bien sûr, d’inciter quiconque à en faire de même car là se trouvait la véritable clé du bonheur, et pour cause, à répandre le bien et à aimer gratuitement, sans rien exiger en retour, l’homme ou la femme, Sirk n’ayant jamais établi de différence entre les deux, quoi qu’on en dise, n’étant alors plus en contradiction avec ce pour quoi ils ont été créés. Au passage, il y a du Christ dans ce Docteur Philips, car non seulement il dispense Sa bonne parole mais meurt du fait de l’inconséquence de l‘Homme. Quant à Edward Randolph, commettrais-je une erreur si je disais qu’il me fait penser à l’un de Ses apôtres? C‘est que cet homme ne fait ici que relayer le séraphique discours de son mentor et ne le fait qu’après avoir été « éclairé » par lui.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368805837414006658" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUdsca_4I/AAAAAAAACjg/9ZAuuHy4ty4/s400/smag2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 180px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368805887556608562" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUgnPWYjI/AAAAAAAACjo/p2fyOXpzBf0/s400/smag3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 180px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5368805986622397858" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUmYSeXaI/AAAAAAAACj4/b0B7gfojrUI/s400/smag5.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 180px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;La reconversion de Bob Merrick avait donc été brutale, et cela quand bien même un quart d’heure de film ne racontait pas un quart d’heure de sa vie. Cela dit, si elle avait été brutale, elle n’en était pas pour autant impossible, je dirais même plus, elle devenait tout à fait possible, car le playboy égocentrique et jouisseur n’allait pas passer de l’ombre à la lumière en empruntant la voie de l’Esprit, une voie de rééducation que, soit dit en passant, on ne peut pas imaginer autrement que longue, voire sans fin, tant pour lui le Bien ça voulait dire se faire du bien, mais grâce à l’amour qu’il éprouvait pour Helen Philips, cet amour, à être plus sûr qu'une parole d’évangile et à le faire aimer pour la première fois de sa vie, lui ayant permis de découvrir que lui aussi était fait pour aimer et pour commettre le bien. Du reste, pour être totalement convaincu que cette femme serait le seul véritable&lt;span style="font-style: italic;"&gt; « petit bouton intérieur » &lt;/span&gt;de Bob Merrick, il suffit de passer en revue tous les actes de générosité que celui-ci allait bientôt commettre. Des 300 dollars qu’il donnerait à Dan, certes, afin d’aider ce &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« pauvre diable » &lt;/span&gt;à joindre les deux bouts, mais aussi dans le but de conquérir le cœur d’Helen car il n’était pas sans savoir que pour se faire aimer d’elle il lui fallait d’abord épouser la doctrine de son époux, étant elle-même l’une de ces pierres, bien trop rares, sur lesquelles il avait bâti son église, jusqu’à cette salle d’opération, où, devenu neurochirurgien, il lui restituerait la vue, la pauvre femme l’ayant perdue dans un bête accident de circulation, en passant par le renflouement des caisses de l’Hôpital Brightwood, et pour cause elle en était l’administratrice, et le financement d’un voyage en Suisse, d’un voyage en Suisse effectué en vain, les éminents spécialistes qui l’y attendaient n’ayant rien pu faire pour elle - mais quoi de plus normal quand on peut imaginer qu’il fallait, pour lui &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« rendre ses yeux »,&lt;/span&gt; que l’amour prenne le pas sur la compétence, la cécité dont elle était atteinte nous renvoyant à son égarement, celui-là même qu’elle vivait à avoir pris pour prétexte son handicap afin de ne pas libérer l’amour qu’elle éprouvait pour Bob, se détournant ainsi de son propre destin, qui restait, malgré ses misères, celui d'aimer, puisqu’on est ici chez Sirk - tout en effet se ramènerait à elle, oui, tout tout tout tournerait autour de cette cour délicate qu’il lui ferait.&lt;br /&gt;Alors, bien sûr, qu’en optant pour ce choix, le cinéaste désacralisait quelque peu la belle métamorphose de son héros, puisque tous les actes de bonté que ce dernier avait commis n’avait eu pour origine que l’amour terrestre, celui qu’il portait à Helen, mais diable, en le faisant, comme sa caméra se rapprochait de la vie, de ses grands mirages et de ses petits miracles!&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-6425657704478872338?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/6425657704478872338/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/08/le-secret-magnifique-douglas-sirk.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/6425657704478872338'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/6425657704478872338'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/08/le-secret-magnifique-douglas-sirk.html' title='Le Secret Magnifique (Douglas Sirk)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SoHUjeGAkBI/AAAAAAAACjw/VChChLn4IDw/s72-c/smag4.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-8754434651779232908</id><published>2009-07-14T15:22:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:34:10.790-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Sous le Soleil de Satan (Maurice Pialat)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Il n’y a rien de plus malheureux qu’un prêtre. A quoi passe-t-il sa vie? A voir Dieu humilié […] Je ne peux plus rien leur dire. Je ne peux qu’absoudre ou pleurer. Vous savez, au début, je ne savais pas ce qu’était le Mal. Je l’ai appris de la bouche des pécheurs. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le doyen Menou-Segrais avait entendu l’abbé Donissan prononcer ces mots - on est alors au tout début de l'excellent film de Maurice Pialat - il n’avait eu  aucune peine à deviner que le malaise dont souffrait son jeune confrère ne relevait pas d’une simple fatigue passagère, une lassitude que, soit dit en passant, il aurait pu éprouver du fait de  son inexpérience, mais de sérieux doutes qu’il émettait sur l’utilité de sa fonction. Du reste, il avait su si bien déceler dans les paroles d’abattement de celui qu’il avait promis de chapeauter une profonde remise en question de sa vocation qu’il avait pu  imaginer ce grand gaillard, au doux regard d’oiseau tombé du nid, lui tendre, au cours d’une deuxième entrevue, une demande de révocation. En fait, la seule chose qu‘il ignorait alors, c’était quand cette dernière lui parviendrait. A réoccuper son bureau dès la nuit tombée, l’abbé Donissan ne ferait finalement que lui indiquer l’urgence de son douloureux problème.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445073430294530" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0FZ25BMAI/AAAAAAAACY8/Q9OWtiHmnvo/s400/SLSDS-0.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Car il est clair que le vieil homme d’Eglise avait immédiatement compris que son jeune confrère éprouvait d’insurmontables difficultés à aimer son prochain, cet autre, qui doit, selon le Christ, recevoir tout le bien que l’on est en droit d’espérer de lui, devait, oui, lui paraître indigne d’être aimé puisque, durant ses premières missions sacerdotales, il l’avait vu passer le plus clair de son temps à humilier Dieu et, comble de l’horreur pour lui, il avait aussi souillé sa belle pureté originelle. Comme il avait aussi su très vite que son protégé en était arrivé au point de douter des réelles intentions de Dieu, et de là, du bienfondé de sa mission de prêtre, puisque Sa Créature, cette Créature qui Lui avait fait dire : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur toute la terre »&lt;/span&gt;, passait le plus clair de son temps à L’humilier. Avec un peu de bon sens, la demande de révocation lui avait sauté aux yeux, mais comment ne lui aurait-elle pas sauté aux yeux quand il avait pu renifler tout ce qui la justifiait?&lt;br /&gt;L’abbé Donissan s’était donc éloigné de sa vocation de prêtre parce qu’il se trouvait dans l’incapacité d’aimer son prochain et sa foi était devenue une petite flamme vacillante parce qu’il ne comprenait pas pourquoi Dieu s’était cassé la tête à construire une Créature qui, bien que bâtie fidèlement à Son Image, Lui ressemblait si peu. Mais, il n’en avait pas pour autant fini avec Dieu, car, en dépit de ce bon à rien de prochain qui le taquinait, à marcher constamment loin de Sa lumière, il L’aimait toujours, et pour cause,&lt;span style="font-style: italic;"&gt; « à n’avoir appris le Mal que par la bouche des pécheurs »&lt;/span&gt;, il ne pouvait pas Le considérer autrement que comme étant l’essence même de son âme. Seulement voilà, comment pouvait-il obtenir du doyen Menou-Segrais son renvoi puis un appui, celui-là même qu’il espérait obtenir afin d’entrer au monastère, un lieu qui s’était imposé à lui, car là-bas, il n'y avait que Dieu et un prochain qui, à être moine, ne lui poserait pas de problème, s’il lui avouait de manière frontale qu’il était incapable d’amour?&lt;br /&gt;Au cours de cette deuxième confrontation que le doyen Menou-Segrais avait su si bien prévoir, l’abbé Donissan, pour masquer ses états d’âme totalement incompatibles avec sa fonction, avait finalement avancé que son ministère lui était devenu insupportable &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« parce qu’il était au-dessus de ses forces. »&lt;/span&gt; En refusant de préciser la véritable nature de son désenchantement, une indisposition qu'en secret il corrigeait en se mortifiant sévèrement, il avait donc  menti par omission. Mais, diable!, lorsque, peu de temps après, il avait osé avouer que jamais dans sa vie il n’avait manqué d’«&lt;span style="font-style: italic;"&gt; obstination »&lt;/span&gt; ne s’était-il pas aussitôt trahi? Pour confondre son jeune confrère qui, décidément, n’arrêtait pas de lui dissimuler les véritables motifs de sa défection, Menou-Segrais avait alors tiré sur la corde de sa belle pureté originelle. Certes, en lui faisant admettre qu’au tout au fond de lui il le détestait - et comme la chose lui serait facile car comment cet ascète, cet idéaliste, ce pur d’entre les purs aurait-il pu ne pas le haïr avec la vie qu’il menait, une vie qu’il définissait lui-même comme étant celle «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; d’un bourgeois aisé dont l’oisiveté et l’expérience sans profit pour personne devraient lui faire honte »&lt;/span&gt; ? - il s’était éloigné de son but, mais Donissan, à acquiescer, ne lui avait-il pas donné la preuve, la preuve irréfutable, qu’il pouvait lui cacher la vérité, et que s’il avait pu lui cacher la vérité au sujet de son inimitié, il avait pu tout aussi bien lui cacher les vraies raisons de sa demande de démission? A vrai dire, le doyen Menou-Segrais avait su si bien toucher l’âme de son protégé que ce dernier en était tombé dans les pommes. Mais, ce vieux renard, auquel Maurice Pialat prêtait ses traits,   n’avait-il pas lui aussi sa petite faille?&lt;br /&gt;Car il est quand même étrange que cet homme, qui savait pertinemment tout ce que ce jeune abbé voulait fuir, ait tout-à-coup décidé de tout entreprendre pour le convaincre de ne pas quitter son poste. A flatter son orgueil, que Donissan appelait, du fait de son statut de prêtre, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« obstination »&lt;/span&gt;, en lui disant, par exemple, que Dieu l’avait doté de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« l’esprit de force »&lt;/span&gt; afin qu’il puisse endurer les mille et une difficultés d’une mission entièrement exécutée en Son Nom, et en parvenant à ses fins grâce à ce moyen, Menou-Segrais avait-il, en effet, vraiment été guidé par la main divine?&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445121370016802" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0FcpevTCI/AAAAAAAACZE/mkxJF0lR4IQ/s400/SLSDS-1.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445280485139682" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0Fl6OvZOI/AAAAAAAACZc/D7miVXMMvFc/s400/SLSDS-4.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;L’abbé Donissan, exhorté par les paroles d’encouragement de son supérieur hiérarchique, s’en retournerait donc vers ce qu’il avait voulu quitter. Mais avant de rencontrer Mouchette, il recevrait la visite de Satan.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Regarde-moi bien en face. Tu vas te reconnaitre. Vois comme tu es transparent! Vois, vois, vois! Ici, tu connais toute ta vie! »&lt;/span&gt; lui dirait-il, sardonique, et lui, qui le chasserait, comme on chasse un mauvais rêve, ne comprendrait pas qu’il visait là son indéfectible &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« obstination »&lt;/span&gt; car celle-ci, à lui permettre l’ordination malgré le peu de dispositions qu’il possédait pour l’obtenir tant tout lui faisait naturellement défaut - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Intelligence, mémoire, assiduité, impuissance à me faire aimer, tout me manque! »&lt;/span&gt; avait-il en effet confié à Menou-Segrais - n’était au fond que fichu orgueil et fichu orgueil qui avait piloté toute sa vie d‘abbé. Il le chasserait, comme on chasse un mauvais rêve, mais le diabolique cauchemar serait pugnace puisqu’avant de battre en retraite, il lui dirait encore : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je t’ai pris dans mes bras, je t’ai bercé, combien de fois encore tu vas me dorloter, croyant dorloter l’Autre? »&lt;/span&gt;, pointant cette fois du doigt sa belle pureté originelle, car celle-ci ne lui faisait pas détester son prochain au nom de Dieu mais au nom du diable, car toute haine lui appartient.&lt;br /&gt;Puis, ce serait la rencontre avec Mouchette. Cela se passerait non loin du moulin que possédait le marquis de Cadignan, un homme qu’elle avait décider de tuer quelques heures après une énième nuit sans amour afin de se venger de tous ces amants qui tardaient à s’engager, de tous ces hommes qui prenaient d’elle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« seulement le plaisir et pas le reste »&lt;/span&gt;, de tous ces notables qui, après avoir joui du spectacle de sa jeunesse et de sa beauté, pour elle, assurément le seul moyen pour prendre place dans leur fichu monde, finissaient par la renvoyer chez elle, salie, profanée et totalement désespérée, au point parfois qu’elle pensait à se jeter dans la &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« mare aux grenouilles »,&lt;/span&gt; oui, totalement désespérée car non seulement, d’eux, elle n’obtenait jamais rien, mais elle vivait aussi le tout dans le plus profond dégoût de sa personne : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« On a honte, bien sûr » &lt;/span&gt;avait-elle, en effet, confié au député Gallet, autre personnage important qui l’avait forcé à recourir à ses charmes pour pouvoir exister; offrir sa jeunesse et sa beauté pour réussir sa vie, somme toute, le drame de bien des jeunes filles d’origine modeste.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445170392898162" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0FfgGtGnI/AAAAAAAACZM/phDTfQCsOjI/s400/SLSDS-2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445230040651890" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0Fi-T1mHI/AAAAAAAACZU/wWQkHS9b_7U/s400/SLSDS-3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Parce qu’au cours de leur rencontre, il jugerait Mouchette du haut de son indécrottable orgueil, du haut de sa belle pureté originelle, du haut de cette haine qu’il répandait partout au nom de Dieu mais que guidait la main du diable, toutes choses qu’il aurait pu apprendre de la bouche de Satan s’il ne l’avait pas chassé comme on chasse un mauvais rêve, l’abbé Donissan ne percevrait rien du drame que cette jeune fille vivait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« chaque jour et à chaque heure de sa vie. »&lt;/span&gt; Et elle, qui n’était, somme toute, que l’une des nombreuses victimes d’une société à la mentalité affreusement petite-bourgeoise, vaniteuse, lâche et égoïste, et elle, qui parfois se levait la nuit pour entendre l’appel du dehors, un appel qui venait de si loin qu’il ne lui semblait pas appartenir au monde des Cadignan et des Gallet, car il soufflait à son âme, mais sans que celle-ci puisse l'entendre, que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« son petit corps »&lt;/span&gt;, dans lequel elle se sentait si forte, n’était pas sa véritable richesse mais son piège, se tailladerait la gorge après s’être entendu dire, entre autres, qu’elle n’était «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; qu’une fibre d’un même cancer »,&lt;/span&gt; celui du Mal omniprésent qui rongeait l‘humanité depuis son commencement.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Tu la sens l’immense tromperie de ta vie? Tu l’entends, le rire de celui qui te trompe? »&lt;/span&gt; lui avait encore dit l‘abbé. Mais qui, de Donissan ou de Mouchette, subissait le plus l’influence  et la moquerie de Satan?&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445332028377714" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0Fo6PmynI/AAAAAAAACZk/dWENwioCtbs/s400/SLSDS-5.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445532569634610" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0F0lUXhzI/AAAAAAAACZ0/yt6-7MEdEh8/s400/SLSDS-6.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445402222586514" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0Fs_vNapI/AAAAAAAACZs/qlTS9zdoM40/s400/SLSDS-7.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Pour avoir osé déposer le corps de celle dont il avait tout ignoré de  l‘innocente blancheur, de ce joyau intérieur qu’elle possédait et que seul un monde dénué de toute véritable compassion avait dénaturé, au pied de l’autel de l’église dans laquelle il officiait, l’abbé Donissan serait démis de ses fonctions, son geste ayant été considéré, par l’évêque, comme étant &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« d’un autre âge. »&lt;/span&gt; Après avoir été sermonné puis averti sur la sournoiserie de l’esprit du Mal par le doyen Menou-Segrais, il partirait rejoindre les frères de La Trappe. Mais cette cure de vie contemplative ne le guérirait pas. En effet, lorsqu’il serait nommé prêtre dans cette toute petite paroisse à laquelle ses supérieurs le rattacherait parce qu’elle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« était proportionnelle à ses capacités »&lt;/span&gt; et qu’il y verrait la mère Havret se jeter à ses pieds afin de le conjurer de redonner la vie à son jeune fils qui venait de mourir de méningite, son orgueil, ce terrible orgueil né de sa belle pureté originelle, lui ferait dire : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Un seul mot de moi et je ressusciterai ce petit mort. » &lt;/span&gt;Certes, quand un souffle de vie viendrait réanimer le regard de ce jeune garçon, il croirait à son pouvoir, et pour cause, cette vie qui reviendrait dirait à la fois son élection divine, puisque Dieu aurait alors répondu à sa demande, et la victoire de Dieu sur Satan, la vie ayant vaincu le néant de la mort. Mais l’illusion ne durerait pas, car il sentirait bien vite le froid de la mort s’emparer du petit corps (1), et ce froid signifierait non pas l’impuissance de Dieu, ni même encore le triomphe de Satan sur Dieu, la méningite du fils Havret ne décidant de rien, mourir d’une telle maladie restant dans l’ordre naturel des choses, mais un abbé Donissan relégué au rang de simple mortel, et même au rang des pécheurs puisque si Dieu ne l’avait pas choisi, lui, par orgueil, longtemps l’avait cru.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Satan, quel jour t‘ai-je aidé pour la première fois? Tu priais avec moi. » &lt;/span&gt;dirait-il peu de temps avant que la mort ne le détache définitivement de la  pénible chose terrestre, un envol qu’il effectuerait les traits enfin détendus, car son âme était désormais délivrée de son péché et elle ne se heurtait plus à tous ces bénissez-moi mon Père qu’il avait entendus, plus nauséeux  que  miséricordieux, lorsqu'on lui demandait d’absoudre l’éternel péché du monde. (2)&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5358445580594326130" src="http://3.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0F3YOWKnI/AAAAAAAACZ8/EYW_5kj_od8/s400/SLSDS-8.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 208px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;(1) Que Donissan ait senti la mort accaparer le jeune Havret ne fait pas mystère car, si la vie avait gagné le combat, jamais il n’aurait prononcé ces mots d’inconsolable déception : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Mon Père, j’aurais sacrifié jusqu’à la vie éternelle »&lt;/span&gt; , sous-entendu, bien sûr, s'Il avait répondu.&lt;br /&gt;(2) Le film de Maurice Pialat a l’air comme ça religieux-religieux mais il ne l’est pas tant que ça, car il suffit de remplacer Donissan par un artiste de cinéma honnête, Dieu par son Art, et les doutes qu’émettait ce jeune abbé sur l’utilité de son sacerdoce par les hésitations que ce même artiste de cinéma connaitrait s’il savait son œuvre largement ignorée du public, pour en avoir une toute autre lecture; une lecture sous-marine dans laquelle, soit dit en passant, même Mouchette pourrait obtenir un rôle, car à posséder en elle une lumière qu’elle ignorait elle s’apparente au spectateur non éveillé. Certes, l’auteur de Sous le Soleil de Satan dénonçait l’orgueil de son héros mais en le nommant aussi, esprit de force, il semblait le louer et même l‘encourager. Parce que cette société oblige les meilleurs cinéastes à souvent recourir à cette &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« obstination »,&lt;/span&gt; comment, diable, pourrait-on lui jeter la pierre?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-8754434651779232908?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/8754434651779232908/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/07/sous-le-soleil-de-satan-maurice-pialat.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8754434651779232908'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/8754434651779232908'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/07/sous-le-soleil-de-satan-maurice-pialat.html' title='Sous le Soleil de Satan (Maurice Pialat)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/Sl0FZ25BMAI/AAAAAAAACY8/Q9OWtiHmnvo/s72-c/SLSDS-0.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-3174037333246455037</id><published>2009-06-17T17:33:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:34:20.635-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1980'/><title type='text'>Chambre avec Vue (James Ivory)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;Miss Eleanor Lavish, l’écrivaine qui aimait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« les fleurs hardies »&lt;/span&gt; - la rose audacieuse comme la tulipe fougueuse - et dont l’œuvre avait pour principal sujet la nature humaine, n’avait pas vraiment eu de tort de dire que la ville de Florence et sa campagne allaient complètement transfigurer Lucy Honeychurch puisque cette jeune fille de bonne famille, qui était arrivée en terre toscane peu de temps après elle, en ayant emporté dans ses bagages, par le biais de la sévère Charlotte Bartlett, un petit bout de la rigidité de son Angleterre, une Angleterre à son époque si rigide du reste qu’elle semblait aller totalement à l’encontre de la nature humaine, quitterait la pensione Bertolini, cet hôtel qu’elle avait occupé durant son court séjour italien, totalement chamboulée.&lt;br /&gt;En effet, elle ne s‘était pas véritablement trompée, l’écrivaine qui aimait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« les fleurs hardies » &lt;/span&gt;et dont le style était parfois si fleuri qu’il devenait possible de dire qu’elle le fleurissait exprès pour mieux se démarquer du petit monde gris de la bourgeoise traditionnelle, car même si la capitale de la Toscane avait laissé la jeune femme plutôt froide, aussi froide en fait que toutes ces statues de marbre qu’elle avait photographiées en solitaire, ce serait bel et bien ce joli coin d‘Italie, capable, pour la sympathique Miss Lavish, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« de pousser la nature la plus indifférente à l’amour »&lt;/span&gt;, qui serait à l’origine de sa métamorphose. Certes, la chose se ferait indirectement, à vrai dire par l’intermédiaire d’un baiser-révélation, Lucy le recevant comme Magda reçoit, chez Puccini, le poutou-vérité de Ruggiero, mais puisque ce baiser serait l’œuvre d’un George Emerson que la campagne florentine avait réconcilié avec la vie et l’amour, donnant ainsi raison à l’exquise Miss Lavish car c’était vrai qu’à ne pas encore avoir vu la Beauté et l’Amour dans le monde, George était devenu indifférent à tout, on peut dire que, oui, la plaisante Miss Eleanor Lavish n’avait pas vraiment eu de tort de dire que la ville de Florence et sa superbe campagne allaient complètement transformer Lucy Honeychurch.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348461472705258802" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SjmNXz91pTI/AAAAAAAACX8/SZXaIyOvDoo/s400/Chambre+avec+vue-9.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 195px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348461418701787890" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SjmNUqyaEvI/AAAAAAAACX0/zquWTf8GWik/s400/Chambre+avec+vue-7.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 195px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Certes, ce baiser enflammé, spontané et même osé, puisque George le lui avait volé  - &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« dans une mer agitée d’orge doré, parsemée des taches pourpres des coquelicots »&lt;/span&gt; pour citer encore une fois l’impayable Miss Lavish - chamboulerait Lucy. Mais pouvait-elle, d’un coup d’un seul, repousser Cecil Vyse, lui, sa mère et sa proposition de mariage raisonnable, pour s’abandonner toute entière à l’amour que lui tendait cet ange blond, cet ange blond qui partageait avec son père, le goût très transcendantaliste pour la vie authentique et la découverte de soi, un chemin de vie qui, soit dit en passant, n’était pas pour déplaire à la jeune fille car, comme eux, elle préférait, et de loin, au terrible mensonge du monde, la sincérité et la richesse de son jardin secret, une solitude qu’avec ce Beethoven qu’elle jouait à la perfection, à en faire rougir de plaisir le pasteur Beebe, cet ecclésiastique à la fois comique et transcendantaliste, elle ne craignait point? De même, pouvait-elle, à partir de ce baiser un peu fou tant il était impatient, tout plaquer pour la liberté, oui, pour la vivre, tirer un trait définitif sur une petite vingtaine d’années passées à respecter, à la lettre, les us et les coutumes de la petite bourgeoisie anglaise, milieu dont elle était issue, un milieu qui, s’il pouvait ressembler à un paradis, n’en était pas moins un enfer puisqu’il avait fait de Charlotte Bartlett une vieille fille quelque peu névrosée, ces ribambelles de règles, somme toute, toutes dictées pour contrarier la nature humaine, qui le gouvernaient, à l’avoir, d’une part, empêchée d’amour, sa belle histoire d’amour à elle ayant été jugée inconvenante, l’ayant poussée à se mêler des histoires d’amour des autres, et même à s’en délecter, et d’autre, si bien habituée à les observer - avec stupeur et mille et un tremblements - que tout manquement à son devoir se terminait en crise de nerfs : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« J’ai manqué à tous mes devoirs envers ta mère! » &lt;/span&gt;dirait-elle, en effet, affolée à Lucy, lorsqu’elle apprendrait de sa bouche l’impudent baiser de George, une faute, un égarement, un écart de conduite qu’à coup sûr personne ne prendrait à sa charge, s’il n’avait pas, bien  sûr, vécu, comme Charlotte Bartlett, dans l’Angleterre du début du siècle et même dans celle d’avant.&lt;br /&gt;Non, bien sûr que non, Lucy ne pouvait pas tomber si vite dans les bras de George, car vingt années d’éducation rigide ne se balayent pas d’un revers de manche, et cela d’autant plus, quand, comme elle, on quitte Florence et une tablée de libres-penseurs impudiques, pour retrouver, sur le sol anglais, des gentlemen et des ladies aux dégaines et au langage parfois si amidonnés qu’ils rappellent illico vingt années d’éducation rigide. De plus, à subir vingt années d’éducation rigide, Lucy n’était pas vraiment préparée pour vivre pleinement la liberté, car sous ces latitudes, le seul principe à respecter est celui qu’elle n’avait pas appris, car il est celui de n’en respecter aucun. Et puis, pour résister à la tentation, il y avait eu son orgueil, une extrême fierté qui l’avait poussé à rembarrer George, George et son &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« quelque chose d’immense qui leur était arrivé »&lt;/span&gt;, afin de lui faire comprendre qu’elle n’était pas de ces filles qu’on séduit et qu’on enlève sur un frottement de bouche impatient, aussi suave et convaincant soit-il. Du reste, ce serait ce même amour-propre un peu exagéré et dont on dirait bien qu’il était plus appris qu’inné puisque dans son milieu tous ou presque le pratiquaient comme s‘il faisait partie de leur éducation, qui ferait qu’elle accepterait bientôt, en fait, dès son retour en Angleterre, les avances de Cecil Vyse - son orgueil, en effet, parce que seul un manque d’humilité peut permettre aux gens de supporter les gens insupportables. Et insupportable, Cecil Vyse le serait plutôt, et pour cause, l&lt;span style="font-style: italic;"&gt;’inglese italionato e un diavolo incarnato&lt;/span&gt;, comme il aimait se définir, ouvrant ainsi à la jeune femme de belles perspectives romanesques et jamais d‘ennui dans leur vie future, cela va de soi, était son exact contraire. Elle était, en effet, fille de la petite bourgeoisie provinciale, il était fils de la haute bourgeoisie londonienne qui méprisait la petite bourgeoisie provinciale. Elle était romantique et exaltée, il était réaliste et même cynique. Elle était naturelle et vive, il possédait la rigidité de son faux-col - Oh, ce baiser guindé qu’il lui collerait sur les lèvres! - Elle ne détestait pas les livres, il ne croyait qu’au plaisir des livres. Elle voyait en lui un époux, il l’envisageait comme une pièce de collection. Elle voulait se marier avec, mais durant ses fiançailles, elle revivait le temps d’avant ses fiançailles, soit le temps de Florence et de sa tablée de libres-penseurs impudiques, y faisant émerger les deux sœurs Alan, certes, parce qu’elle pouvait les aider à se trouver un logement dans le Surrey, mais diable!, à tendre une main secourable à ces deux charmantes vieilles dames quand cette main n'avait qu'un but, s'en aller vers George, vers cet ange blond qui traçait alors dans le creux de son assiette des points d’interrogation existentiels, et pour cause, à cet instant précis de son histoire, il n’avait pas encore vu, dans la campagne florentine, à la fois la Beauté, la Vie et l’Amour, ces trois glorieuses qui seraient à l’origine d’un baiser impatient, en rien guindé celui-là, quel horrible mensonge l’orgueil lui faisait commettre! Et ce ne serait pas le dernier.&lt;br /&gt;Mais, pour que Lucy mente à nouveau par orgueil, un péché qui, soit dit en passant, chagrinerait beaucoup le pasteur Beebe, parce que, somme toute, lorsque celui-ci l’écoutait interpréter Beethoven, il se délectait moins de la musique de Beethoven que d’un Beethoven interprété avec la sincérité du cœur, il faudrait que son George s’en revienne. Et il reviendrait sur une vacherie de Cecil Vyse, le dandy, toujours soucieux d’empoisonner la vie du bourgeois local, ayant proposé aux Emerson le logement que Lucy réservait aux sœurs Alan, afin de punir, par la venue de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« ce père et ce fils un peu bizarres »,&lt;/span&gt; le snobisme crasse de Sir Otway, le propriétaire du logement à louer. Et comme George ferait son retour en rééditant le baiser impatient de Florence - c’était tout George ça! - Lucy le rembarrerait une seconde fois, et le ferait par orgueil et en mentant, car si, de fait, il manquait toujours à ce garçon les bonnes manières des gens de la haute, leur infinie patience et leurs demandes en mariage rédigées en bonne et due forme et déclarait une nouvelle fois son amour sans passer par une cour à n‘en plus finir, et si elle, elle  était  effectivement fiancée à Cecil Vyse, elle l’aimait toujours. Tant et si fort du reste qu’elle devrait se boucher les oreilles pour ne pas entendre sa déclaration, des mots merveilleux à dire, entre autres, le respect pour la femme aimée : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je veux que vous pensiez par vous-même, avec vos idées et avec vos émotions, même quand je vous tiendrais dans mes bras. Vous rendez vous compte du bonheur de ceux qui ont trouvé ce qui leur convient? C’est une telle bénédiction! »&lt;/span&gt; Quant à Cecil Vyse, Lucy le renverrait aussi, en mentant là encore, car si cet homme ne devait surtout pas croire qu’elle rompait ses fiançailles parce qu’elle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« en espérait un autre »,&lt;/span&gt; la chose étant communément perçue comme dégoûtante, si communément perçue comme dégoûtante que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« c’en était d’ailleurs dégoûtant »&lt;/span&gt;, elle rompait bel et bien parce qu’elle &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« en espérait un autre. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Et il lui faudrait le spectacle d’une maison vide, George ayant définitivement quitté le Surrey pour Londres, pour qu’elle abandonne enfin mensonges et superbe. En effet, à vivre là, l’absence et le manque, elle connaitrait le véritable poids de l’amour de George et même le poids de l’amour tout court. Désormais convaincue que dans sa vie, elle n’aurait plus à respecter qu’une seule règle, celle qui recommande de ne point se quitter quand on s’aime, elle ferait alors ce geste que George attendait. En allant vers lui, elle balaierait bien évidemment vingt années de préceptes rigides, si rigides du reste qu‘ils allaient à l‘encontre de la nature humaine, parachevant ainsi un chamboulement intérieur qu’un baiser impatient avait superbement initié. Et elle ne regretterait pas ce choix, car il était celui de son âme, une âme que seul le pasteur Beebe avait entendue, mais peut-être était-il finalement plus fin psychologue encore que comique, transcendantaliste et ecclésiastique. Et George, bien sûr, dorénavant sa chambre avec vue, car oui, c’était cela le besoin de chambre avec vue de toutes ces femmes : leur ennui né de leurs amours absentes.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348461364473677778" src="http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SjmNRgxax9I/AAAAAAAACXs/OkwF91c3pEo/s400/Chambre+avec+vue-3.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 195px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348461539927757842" src="http://1.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SjmNbuY7lBI/AAAAAAAACYE/dUCFdiYw0kE/s400/Chambre+avec+vue-14.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 195px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4842388596243609091-3174037333246455037?l=alapoursuiteduvent.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/feeds/3174037333246455037/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/06/chambre-avec-vue-james-ivory.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3174037333246455037'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/4842388596243609091/posts/default/3174037333246455037'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://alapoursuiteduvent.blogspot.com/2009/06/chambre-avec-vue-james-ivory.html' title='Chambre avec Vue (James Ivory)'/><author><name>karamzin</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SjmNXz91pTI/AAAAAAAACX8/SZXaIyOvDoo/s72-c/Chambre+avec+vue-9.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-4842388596243609091.post-2867949107510025391</id><published>2009-06-01T15:41:00.000-07:00</published><updated>2011-03-06T13:46:37.438-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Cinéma 1930'/><title type='text'>Le Quai des Brumes (Marcel Carné)</title><content type='html'>&lt;div style="font-family: Arial,Helvetica,sans-serif; text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Tu pensais vraiment ce que tu disais tout à l’heure? »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Lorsque Jean, le monumental héros du non moins monumental Marcel Carné, prononçait ces mots, il avait alors, dans le regard et l’attitude, quelque chose qui le ramenait à ce chien perdu qu’il avait sauvé des roues de ce camion qui l’avait emmené jusqu’au Havre, quand, celui-ci, debout sur ses deux pattes arrières, lui quémandait deux ou trois miettes de ce repas que Panama, gérant d’un bar qui n’en était pas vraiment un à accueillir sa clientèle le cœur à la place du portefeuille, lui avait préparé en vivant simultanément la joie du geste gratuit et l’éternel drame de ces personnes, dont Jean faisait indiscutablement partie, qui cachent leur faim, comme l’ensemble de leurs misères, sous une épaisse couche d’orgueil. Et si, à ce moment-là, il ressemblait à ce cabot, que, soit dit en passant, il détesterait longtemps car cette bête, à désirer un maître et à vagabonder, lui rappelait affreusement tout ce qu’il était lui-même, soit sa propre envie de poser ses valises et sa propre errance, celle-là même qui s’était imposée à lui depuis qu’il avait quitté la vie militaire, une décision qu’il avait prise parce qu’il ne supportait plus ses fichus règlements qui lui ordonnaient de tuer des gens, des fichus règlements qui faisaient que devant le spectacle de l’homme qui s’écroulait en un cri, son visage barré d’une petite grimace marrante, marrante comme celle que ferait &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« un môme qui aurait trop bouffé »&lt;/span&gt;, il se sentait atrocement seul, si atrocement seul du reste qu’il avait l’impression &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« que le paysage autour de lui se débinait »,&lt;/span&gt; c’était tout simplement parce que Nelly, cette jeune femme à qui il s’adressait, lui semblait pouvoir combler, grâce à sa vision de l’amour, son désir caché de terre d’asile, une envie d’île entièrement épargnée par ce brouillard que des années de Coloniale et de Tonkin avait installé dans sa tête, qui, à le serrer de trop près, qui, à la croire totalement insensée, l’avait poussé à rembarrer un chien errant car, sans cesse, à ses pieds, il s’en faisait magnifiquement le symbole, et même un peintre parce que dernier, à être capable de peindre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« les choses cachées derrière les choses »&lt;/span&gt;, avait su deviner, malgré l’épaisse couche d’orgueil, que ce type avait tout au fond de lui des aspirations de chien errant.&lt;br /&gt;&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342495276065528546" src="https://lh6.googleusercontent.com/-pzfvJWXfDEc/SiRm4ocfIdI/AAAAAAAACXU/qTAEm-EEWV4/s1600/qdb20.jpg" style="display: block; height: 283px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;&lt;br /&gt;Mais qu’avait cette Nelly de plus que ces femmes qui faisaient dire à Jean de toutes les femmes qu’elles &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« n’aimaient les grivetons que lorsqu’ils défilaient au pas cadencé, avec la musique et dans la poussière » &lt;/span&gt;et que, dès lors, qu’il se ramenait tout seul, le pauvre griveton, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« avec son petit kébour, ses molletières et son ceinturon »,&lt;/span&gt; elles lui tiraient la gueule? Et pourquoi, tout-à-coup, passant alors de la muflerie la plus vexante à la délicatesse la plus touchante, celle qu’on peut lire dans le regard des chiens errants, Nelly, à ses yeux, n’était plus une gourgandine qui, pour mieux appâter son client, profitait de sa belle jeunesse et d’un baratin si mystérieux qu’il faisait d’elle, à coup sûr, la gourgandine la plus futée du Havre, mais l‘axe sur lequel devait s’enrouler toute sa vie? Certes, cette fille était belle, d’une beauté qui, lorsqu’il la regardait, le poussait non seulement à dire &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« c’est le coup de foudre, le coup de bambou, l’amour quoi! »&lt;/span&gt; mais aussi à y croire. Certes, comme lui, elle était en fuite et comme lui, elle ne savait où aller, le monde qu’elle côtoyait était si méchant. Certes, quand Lucien, le fils de bonne famille qui avait mal tourné pour avoir eu «&lt;span style="font-style: italic;"&gt; trop d’argent de poche » &lt;/span&gt;tentait de cueillir, à grands de coups de revolver, Zabel, son tuteur, parce qu’il possédait des documents qui pouvaient le compromettre, elle était mignonne à croquer, si fragile habillée de sa peur que sa beauté en devenait accessible, si belle et si accessible habillée de sa peur que ses mains de griveton, il les aurait sorties de ses poches si ce petit monde de méchants, si petitement méchants, l’avait emportée avec lui.&lt;br /&gt;Dans cet hôtel pour âmes perdues, Nelly était donc tout cela, mais elle était bien plus encore que toutes ces choses qui, si elles étaient belles et alléchantes, n’étaient guère suffisantes pour l’embarquer au-delà d’une banale histoire d’amour. Elle était, en effet, bien plus que cela car elle posait sur le monde le même regard que le sien et sur l’amour, elle avait des idées qui le renvoyait au temps béni des fleurs, au temps d’avant le Tonkin, en des temps de jeunesse où il  pouvait croire, sans que cela le gêne, que, oui, un homme et une femme ça peut s’aimer même &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« s’ils n’ont pas le même vocabulaire. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Tu pensais vraiment ce que tu disais tout à l’heure? »&lt;/span&gt; lui avait-il dit, et elle avait répondu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Oui, bien sûr! »&lt;/span&gt; Comme il était maintenant lui-même persuadé qu’un homme et une femme ça  peut s’aimer même &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« s’ils n’ont pas le même vocabulaire »&lt;/span&gt;, le chien errant, à ne plus lui rappeler son errance, devenait son ami. Et ce serait à trois qu’ils aborderaient le jour nouveau, un jour vraiment nouveau puisque cette fois, sous le soleil, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« quelque chose de frais »&lt;/span&gt; était arrivé.&lt;img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342496277106646818" src="http://2.bp.blogspot.com/_bu8_Zr0IY0g/SiRcDurJ3yI/AAAAAAAACXM/mBbXDsByIaM/s400/qdb2.jpg" style="cursor: pointer; display: block; height: 283px; margin: 10px auto; text-align: center; width: 350px;" /&gt;Mais, diable!, que peut l’amour quand l’amour doit être vécu dans un monde où &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« à chaque fois qu’il se passe quelque chose de bien, il y a toujours des ordures qui viennent tout foutre en l’air »&lt;/span&gt; Et comme Jean, qui prononcerait bientôt ces mots, serait maladroit lorsqu'il rencontrerait  Lucien, car à s'abandonner un peu trop à la fierté et à l'honneur, Lucien deviendrait ce gêneur. Cela se passerait au bord de l’eau et de la manière la plus triviale qui soit puisque Lucien recevrait de la part de Jean un soufflet pour avoir manqué de respect envers Nelly. Comme cela se passerait encore un jour de foire et de la manière la plus triviale qui soit puisque Lucien recevrait cette fois de la part de Jean une double calotte pour avoir manqué de respect envers son chapeau. Humilié par deux fois, le fils de bonne famille qui avait mal tourné pour avoir eu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;« trop d’argent de poche »&lt;/span&gt; s’était juré de lui faire la peau et bien évidemment il le ferait sans la manière, soit de la manière la plus triviale qui soit puisqu‘il lui logerait une balle dans le dos. Quant à Nelly, il lui suffisait d’être belle pour s’attirer tout ce que Le Havre pouvait compter de gêneurs. Parmi eux, il y avait eu le beau Maurice, mais par chance celui-ci  avait disparu, et Lucien et Zabel, et ces deux là depuis toujours, car si le premier était du genre éternel enquiquineur, le second le valait bien puisque, quand il ne s’occupait pas de ses affaires de truanderie et de bimbeloterie, il passait son temps à initier cette belle à l’amour, une vilenie que, soit dit en passant, il tentait de laver en écoutant des programmes de musi
